Valais Libre

novembre 12, 2008

La Suisse se prive de cerveaux

Classé dans : chroniques — vslibre @ 2:32
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N. est une jeune femme d’à peine 25 ans. Il y a un bon mois, elle recevait avec fierté son diplôme d’ingénieure EPFL à l’issue d’une grandiose cérémonie. Après des études difficiles, de nombreux sacrifices et une existence spartiate commune à tous les bénéficiaires de bourse, elle tient enfin entre ses mains ce fameux sésame censé lui ouvrir toutes grandes les portes de la vie active … Censé, car il y a un « mais » : N. est de nationalité russe !

Attachée à notre pays, elle en apprécie le mode de vie, y a fait de nombreux contacts et parle évidemment notre langue. Son plus cher désir est d’y rester pour travailler. Hélas, notre Loi fédérale sur les étrangers stipule que seuls obtiennent un permis de séjour en Suisse les étudiants hors UE (« pays tiers ») qui s’engagent à quitter notre pays une fois leur titre obtenu. Pour déroger à cette règle, il faut trouver un emploi dans une entreprise pouvant obtenir un permis de travail. Cette première condition, malgré les recommandations de l’Ecole d’anticiper la recherche d’un poste avant la fin des études, s’avère très difficile à concrétiser. L’employeur potentiel prendra-t-il le risque d’engager un futur collaborateur qui n’a pas encore passé les épreuves finales ? L’autre condition est encore plus complexe à réaliser : il s’agit de démontrer « l’intérêt scientifique et économique […] prépondérant » d’une telle embauche. Donc, donner la preuve que l’on est le-la spécialiste introuvable en Suisse ou – libre circulation oblige – dans l’Europe des 27 ! L’Office fédéral des migrations à qui revient la décision d’accorder ou non le permis de séjour ne dispose pas forcément des compétences nécessaires pour évaluer les qualités professionnelles des requérants. Evidemment, tout cela doit se passer dans des délais extrêmement serrés. En trois mois, N. n’a en tout cas pas réussi à le faire, malgré des atouts certains : un master en technologies du vivant et un quasi parfait bilinguisme franco-russe.

Au-delà du destin individuel de N., il faut se demander pourquoi notre pays persiste à se priver des compétences de jeunes diplômés que nous avons formés à grands frais. Le cursus d’un seul ingénieur peut coûter plus de 500′000 francs à la Confédération ! L’argument qui veut que notre pays contribue à la dynamique de développement des régions d’origine en refusant le droit de séjour à ces anciens étudiants ne tient que très partiellement. En effet, il semble que le nombre de ceux qui choisissent de retourner dans leur pays est plutôt limité. Les fraîchement titrés préfèrent s’installer dans les contrées industrialisées plus attractives au niveau des conditions de travail, de la diversité des offres et de la possibilité d’assouvir leur intérêt purement professionnel. La Suisse met ainsi gratuitement à disposition de nos plus directs concurrents étrangers une main d’œuvre hautement qualifiée.

Heureusement, les choses et les esprits sont en train d’évoluer dans la bonne direction. Différentes démarches ont été initiées pour soit par des parlementaires (motion Neyrinck, motion du groupe libéral-radical, etc.), soit par les milieux académiques, soit enfin par certains cantons comme ceux de Vaud et de Genève. Dans un communiqué du 15 octobre dernier, la Commission des institutions politiques du Conseil des Etats a fait part de son souhait de faciliter l’accès au marché du travail des étrangers diplômés d’une haute école suisse. Jugeant que le droit en vigueur ne tient pas suffisamment compte des intérêts bien compris de la Suisse, elle reconnaît la nécessité d’assouplir certaines dispositions de la loi sur les étrangers. Pendant ce temps, N. recherche activement un logement dans les environs de Moscou !

Dominique Germann, Sierre

dessin de la semaine

Classé dans : Guyco - dessin — vslibre @ 2:29
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nouveaux-assures

Ecrits d’ailleurs

Classé dans : écrits d'ailleurs — vslibre @ 2:26
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Radislav Liliescu est un jeune homme de 23 ans. Il débarque en Valais en janvier 2028. Il arrive de ses Carpates natales pour une année d’échanges entre étudiants. Chaque semaine, il envoie une carte postale à sa famille.

Sierre, le 14 novembre 2028

Petite soeur,

J’espère que tu pourras bientôt me rejoindre, le sommet des montagnes se couvre de neige et la saison d’hiver s’annonce prometteuse. Le Valais est une région idéale pour la pratique des sports d’hiver. Neige et soleil font bon ménage. Ce cocktail a su fédérer toutes les énergies. Le canton accueille avec le sourire les amoureux de cette saison.

Le vacancier bénéficie de toutes les attentions et son séjour est simplifié à l’extrême. J’ai participé, avec mon école, à un stand de vente à Londres. L’offre est globale : un seul abonnement pour toutes les pistes, le choix d’un hôtel, d’un appartement en station ou en plaine ; tout encourage à venir en Valais. D’ailleurs nous ne vendions que ce nom-là. Un jour de ski au pied du Cervin, un jour de bains chauds à Ovronnaz, quelques jours de traversée des 4 Vallées et une fin de séjour sur les skis de fond au pied du glacier du Rhône : le rêve !

Ta petite cacahuète

Initiative de l’USS : non à la mise en péril de l’AVS !

Classé dans : Bender — vslibre @ 2:22
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En soi, l’idée de prendre sa retraite le plus tôt possible pour jouir de l’existence, après une vie de labeur, n’a rien de répréhensible. Mais la question que pose l’initiative des syndicats est essentiellement financière. Avons-nous les moyens de réduire l’âge légal de la retraite à 62 ans pour la quasi totalité des assurés ? Alors que le nombre, relatif, des actifs, qui financent cette retraite, est en forte diminution et que l’espérance de vie ne cesse de s’allonger. Le simple bon sens nous invite à répondre non. Les pays qui nous entourent l’ont d’ailleurs bien compris.

Le coût annuel de l’initiative est estimé à 1,5 milliards de francs. Comme il fallait s’y attendre, les partisans du projet sont avares de paroles quand il s’agit d’indiquer comment cette charge nouvelle serait couverte. Avec quelles économies ou quelles recettes supplémentaires ! D’autant qu’en cas d’acceptation du texte syndical, plus de 70′000 personnes, dont 40 % vivent à l’étranger, pourraient prétendre à une rente AVS anticipée non amputée. On peut à cet égard imaginer la complexité des contrôles à mettre en place pour vérifier si ces rentiers n’exercent plus aucune activité lucrative.

De plus, pour de nombreux actifs à bas et moyens revenus, la préretraite proposée ne répond pas aux attentes. En les obligeant à stopper tout travail pour bénéficier du nouveau régime, on les dissuade, en fait, d’opter pour la retraite anticipée. Parce que la plupart d’entre eux n’ont tout simplement pas de deuxième pilier suffisant pour joindre les deux bouts. L’initiative ne profiterait que très peu à ceux-là mêmes qu’elle prétend pourtant privilégier ! Une voie qui me paraît plus féconde est celle qui prône une sortie progressive du monde du travail, en développant le temps partiel, calquée sur des rentes modulées en conséquence. Mais cette flexibilité, moderne, n’a de sens que si elle est accompagnée d’un effort national et résolu en faveur d’une formation continue, propre à faciliter la reconversion professionnelle des jeunes sexagénaires.

Léonard Bender

Y a –t-il un pilote…

Classé dans : Ribordy — vslibre @ 2:21
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Des managers mégalos qui se font jusqu’à fr.20 millions de salaires par an, des bonus sur des gains qui étaient du vent, on se demande bien qui a pu laisser faire et même justifier pareil désordre.

Une gauche qui veut que les gens travaillent le moins possible en heures et en années mais qui s’inquiètent peu ou mal du financement.

Dans une campagne sur le droit de recours des organisations écologiques certains veulent opposer le peuple aux tribunaux, nous revoilà avant 1789 !

Un joueur invétéré prélève fr. 400′000. — à l’AI, alors que d’autres cas nécessiteux ceux-là sont oubliés.

En 20 ans le personnel de la fonction publique a grimpé les échelons et est devenu le deuxième bénéficiaire des prestations AI.

Dans le même temps policiers et membres de la fonction publique descendent dans la rue pour leurs heures supplémentaires et des grilles salariales.

Mais la prime du ridicule revient à coup sûr à ceux qui s’occupent d’agriculture dans les offices cantonaux et fédéraux.

Oubliant 2000 ans de savoir-faire en matière d’élevage, ils veulent « interdire » aux vaches de pisser car il y a trop d’ammoniaque.

Je suggère donc que les trente mille fonctionnaires fédéraux et autant cantonaux fassent pipi dans des récipients étanches ainsi on aura une diminution certaine de l’ammoniaque et un juste accroissement de la bêtise humaine !

La vache suisse pourra donner son lait et paître en paix !

Vivement un pilote dans l’avion suisse !

Sacré culot

Classé dans : le hibou — vslibre @ 2:20
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– la lettre aux actionnaires d’une banque helvétique explique que le résultat d’Investment Banking « reflète de nouveaux correctifs de valeur » et cela surtout dans les activités de « leveraged finance » ; et la bafouille sur papier glacé d’expliquer que la perte abyssale du 3ème trimestre « reste compréhensible » ; et ce serait la faute aux « auction rate securities » ; cette équipe-là devrait changer d’entraîneur ! trèfle comme disait Bérurier à San Antonio ; mais oui, bande de gougnafiers, avant de confier votre argent à des aigrefins fallait lire la « déclaration de mise en garde concernant les informations prospectives », un chef d’œuvre à la Prévert, qui vous énumère les « facteurs qui conduisent à des résultats s’écartant en substance de vos attentes » comme leur « incapacité [des dirigeants] de mettre en œuvre correctement des procédures », nom de bleu ! l’espace me manque alors je vous renvoie au formulaire « 20-F, point 3 Key Information – Risk Factors » ; du vrai Max Factor de quoi vous refaire une beauté avant d’encaisser votre prime de fin d’année.

novembre 5, 2008

dessin de la semaine

Classé dans : Guyco - dessin — vslibre @ 12:48
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constantin-entraineur

Plus de Rhône ?

Classé dans : Ribordy — vslibre @ 12:46
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Le glacier du Rhône pourrait disparaître d’ici 2100 selon les simulations de chercheurs des Ecoles polytechniques fédérales.

Et d’ajouter qu’une telle simulation numérique, sur une durée aussi longue et avec des données aussi complexes, est une première.

Le modèle numérique pourrait également être utilisé pour les calottes polaires.

Une première question vient à l’esprit est-ce que les chercheurs vantent leur méthode ou bien visent à alarmer la population ?

Une deuxième question paraît logique et inquiète toute la Suisse et le Valais en particulier: qu’allons-nous faire ?

La troisième elle est plus onirique et à dominante « optimisme américain » ( c’est la période) : qu’est-ce qui va changer ?

D’abord on peut se dire que les barrages seront bien utiles pour retenir l’eau de pluie à défaut de l’eau des glaciers : l’eau de consommation et d’arrosage est ainsi garantie.

La plaine du Rhône gagnera en surfaces agricoles et en terrains à construire.

Les vignes vaudoises se cultiveront trois cent mètres plus bas et les arrogantes villas de la l’arc lémanique ne seront plus les pieds dans l’eau.

Question villas ce sera aussi le cas au lac de Zurich et ils ne l’ont pas volé !

En conclusion ce que je n’arrive pas à comprendre c’est que si le réchauffement climatique gagne la partie d’autres chercheurs nous disent qu’il y aura une glaciation en Europe, et le glacier du Rhône que deviendra-t-il ?

Adolphe Ribordy

Rio de Janeiro

Classé dans : chroniques — vslibre @ 12:44
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Du 25 au 28 novembre prochain, le IIIe Congrès mondial contre l’exploitation sexuelle aura lieu à Rio-de-Janeiro, organisé par le Gouvernement brésilien et plusieurs agences de l’ONU, dont notamment l’UNICEF et le bien nommé Centre Innocenti de Florence. Ce congrès s’inscrit dans la lutte que mènent les Etats et la société civile contre cette affligeante réalité : les enfants sont victimes de l’exploitation sexuelle de la part des adultes.

Rio sera le 3e congrès, après Stockholm en 1996 et Yokohama en 2001. Notons que c’est à la fin du XXe siècle, pas avant, que la communauté internationale a pris conscience de la situation extrêmement sérieuse de l’exploitation des enfants à des fins sexuelles, soit dans le cadre proche de la famille, ou des familiers ; soit dans le cadre du trafic des enfants (et de jeunes femmes) ; soit dans le cadre de la prostitution infantile. L’arrivée des nouvelles technologies a encore noirci le tableau, avec l’exploitation des enfants à travers le net, sous les formes de la pornographie utilisant des enfants, ou de la pédophilie masquée derrière des adresses, des sites et des serveurs de complaisance. Au fond, à Stockholm, on a soulevé le couvercle de la marmite et on a vu ce qui bouillonnait à l’intérieur. Et ça ne sentait pas très bon !

Yokohama a été le point de départ d’un effort législatif intense, tant au plan international qu’au plan national. Plusieurs Conventions ont vu le jour après ce grand rendez-vous, comme le Protocole dit de Palerme sur l’élimination de la traite des femmes et des enfants, la Convention du Conseil de l’Europe contre la Cybercriminalité et le Protocole facultatif à la Convention des droits de l’enfant sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. En octobre 2007, le Conseil de l’Europe a ouvert à ratification une Convention pour la protection des enfants et des adolescents contre les abus sexuels ; cette Convention n’est pas encore entrée en vigueur, mais devrait l’être au début 2009. Et les pays, sous la pression de ces textes, doivent légiférer, comme la Suisse qui a adhéré au Protocole facultatif de la Convention et qui doit adapter son arsenal répressif. Donc, ça a été le temps de la norme légale ; et il a été produit de très nombreuses lois dans le monde.

Que sera le congrès de Rio ? A mes yeux, il doit être le congrès de l’action. Je pense qu’il y a assez de papiers et de belles déclarations. Il faut véritablement que les Etats s’engagent à mettre en œuvre tout ce qu’ils ont dit et écrit. Il faut qu’ils protègent mieux les enfants ; qu’ils punissent sérieusement les auteurs ; qu’ils s’occupent, soignent et réintègrent les victimes. Il faut assurément qu’ils investissent dans la prévention. Pas uniquement par spots télévisés, mais par un effort d’information / formation continu et construit pour les enfants et leurs parents. Et que cessent le tourisme sexuel, les attitudes de complaisance et l’impunité grâce à internet.

Rio-de-Janeiro devrait écrire le mot FIN à l’exploitation sexuelle des enfants !

Jean Zermatten

La crise

Classé dans : le hibou — vslibre @ 12:43
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– qu’elles sont extraordinaires ces circonvolutions répétées en boucle par une foule de savants experts et unanimement colportées comme la bonne parole par les média : « il n’y a pas de récession au sens classique », non, non, il ne s’agit que d’une « croissance négative » ; ah bon ! et voilà soudainement la récession se décline à toutes les sauces, la néo-classique, la systémique et bientôt la renaissance ; toute cette gesticulation rhétorique pour nous annoncer que : « nous sommes dans la mouise » et qu’il va falloir serrer la ceinture. Croissance a pour synonyme accroissement, agrandissement, augmentation – vous imaginez la tête des camarades à l’annonce du patronat d’une « augmentation négative » de salaire. Alors que faire ? se lamenter ou se voiler la face comme la Ségolène pour qui c’est pas très malin de parler de crise car si tous en parle, elle sera pire ! ou se bidonner comme au FMI où l’on fredonne « Dominique, nique, nique… » avant de nous annoncer l’entrée dans un nouveau cycle économico-financier, celui de la « diminution positive » !

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