C’est à se demander si Mme Calmy-Rey et M Schmid ne se sont pas mis d’accord pour assurer le casting du feuilleton de l’été politique suisse. Les médias, friands d’évènements « annexes » durant cette période de vacances, ont été servis durant tout l’été. Et comme l’appétit vient en mangeant, ils ne se sont pas privés d’en rajouter quelques couches. Mais il faut reconnaître qu’entre les révélations sur l’armée et l’activisme de Mme Calmy-Rey, les occasions de se gausser tombent comme des fruits mûrs, à un rythme soutenu.
Face à ce concert de klaxon, une manœuvre de diversion a presque réussi : la proposition de réfléchir à une éventuelle élection du Conseil fédéral par le peuple. « Ils osent me critiquer ! Et bien, changeons les institutions. » Drôle d’idée, véhiculée par les UDC durant quelques temps et reprise aujourd’hui par Mme Calmy-Rey. Mais la ficelle est un peu grosse. Mis à part redorer l’image un peu chahutée de notre Conseillère fédérale socialiste, on ne voit pas en quoi l’élection du Conseil fédéral par le peuple serait de nature à améliorer le fonctionnement des institutions de ce pays.
Mais au-delà du côté plaisanteries pour l’apéro ce que ces péripéties démontrent, pour autant qu’il soit encore nécessaire de le démontrer, c’est à quel point il est urgent de redonner de la vigueur aux forces libérales, raisonnables et surtout responsables de ce pays. La création le 25 octobre d’un nouveau parti suisse autour des Radicaux et des Libéraux constitue un premier pas dans cette direction. Ce parti rassemblera les citoyens qui ne veulent plus être à la merci de majorités de hasard comme c’est de plus en plus souvent le cas actuellement sous la coupole fédérale. Ceux qui veulent la prospérité du pays plutôt que des coups médiatiques. Ceux qui ont suffisamment confiance en eux pour accepter sans crainte non pas de se fondre dans l’Europe mais de passer des accords bilatéraux durables avec l’UE. Ceux qui veulent trouver un consensus rassembleur sur l’avenir des assurances sociales, et se méfient des promesses de raser gratis et des rodomontades. On aura d’ailleurs l’occasion dès le 30 novembre prochain de se prononcer sur une de ces rêveries ruineuses : l’initiative syndicale dite sur la retraite flexible, en réalité la retraite à 62 ans pour 85% des Suisses. Travailler moins longtemps alors que nous vivons plus longtemps en bonne santé et que nous avons moins d’enfants ne constitue manifestement pas un projet durable.
La voie libérale est peut-être moins spectaculaire, même quelques fois un peu terne, mais tellement plus durable. Et, comme le « durable » est dans l’air du temps, choisir le libéralisme c’est défendre ce qui se fait de plus tendance en cette saison.
A suivre dans les urnes…
Chantal Balet
vice-présidente du parti libéral suisse
