Valais Libre

octobre 8, 2008

Le libéralisme en question

Classé dans : Bender — vslibre @ 10:02
Tags: , ,

La crise bancaire insuffle une nouvelle vigueur au débat sur le rôle de l’Etat et, partant, sur les limites du modèle libéral. Les uns voient dans la mauvaise passe actuelle des marchés et les sauvetages successifs d’établissements bancaires en péril, l’échec patent du libéralisme. Les autres, gardiens du temple, mettent en garde contre une intervention trop forte de l’Etat, et estiment que les « canards boiteux » n’avaient d’autres destins que de disparaître (la fameuse destruction créatrice !). N’étant pas spécialiste de ces questions et encore moins expert en matière de produits « structurés » et autres « titrisations », je me garderai bien de trancher en faveur d’une thèse ou de l’autre. Le libéralisme a bon dos.

L’autre soir, à la radio, mon excellent confrère, président du parti libéral genevois, Me Michel Halpérin, a heureusement remis les pendules à l’heure. En rappelant fort opportunément que le libéralisme ne postulait pas l’absence d’Etat. Et que le contraire du libéralisme était le « tout à l’Etat ». Que l’histoire avait montré, notamment avec la dislocation de l’ex-Union Soviétique qui s’est « écroulée sous son propre poids », l’inefficacité irrémédiable du modèle socialiste et collectiviste. En résumé, l’Etat doit assurer la cohésion et la solidarité sociales. Il doit intervenir quand la confiance est ébranlée. Vouloir réduire le libéralisme à sa seule dimension économique, c’est le méconnaître et le pervertir. Car sa vocation est avant tout de favoriser la liberté, dans tous ses aspects.

Bien sûr, les lois du marché sont têtues, mais la fameuse « main invisible » d’Adam Smith – le grand penseur du libéralisme – ne doit pas être mise devant les yeux, si je puis dire ! D’ailleurs sait-on que ce dernier était hostile aux grandes sociétés par actions. Il considérait les actionnaires comme peu au fait des réalités économiques, et il était critique à l’endroit des administrateurs. Ces derniers « étant appelés à gérer l’argent des autres plutôt que le leur, on ne peut guère s’attendre qu’ils le surveillent avec cette vigilance scrupuleuse dont les associés en coparticipation font preuve envers leurs professions. Tout comme l’intendant d’un homme fortuné, ils tendent à considérer qu’accorder trop d’attention aux petites choses n’est pas à l’honneur de leur maître, et il s’en dispensent très volontiers ». Libéralisme rime avec contrôle, mesure et responsabilité. Il ne serait pas mauvais de s’en souvenir !

Léonard Bender

Pas encore de commentaires »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article. URI de Trackback

Laisser un commentaire

Publié sur WordPress.