Valais Libre

octobre 15, 2008

Une politique familiale active

Classé dans : chroniques — vslibre @ 9:32
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Campagne électorale de ces dernières semaines oblige, plusieurs communes de notre canton ont, pour certaines inauguré, pour d’autres annoncé la mise en œuvre prochaine d’une structure d’accueil de la petite enfance.

Cette mise en évidence de la politique familiale locale est d’autant plus à saluer que les avis des communes n’étaient de loin pas unanimes lors de l’entrée en vigueur des prescriptions en matière d’accueil de la petite enfance (loi cantonale sur la jeunesse de 2001). Certes, il a fallu deux législatures pour observer la concrétisation à une assez large échelle des projets de crèches en Valais. Mais ce qui frappe c’est la fierté avec laquelle ces réalisations sont présentées. De toute évidence, le regard sur l’accueil extra-familial a changé. Et avec lui, également celui sur l’activité professionnelle des mères de famille.

Sur le plan économique, les mesures familiales sont favorables aux entreprises. Cela se manifeste notamment par un taux de retour plus élevé des salariées à leur poste après la naissance de leur enfant, par l’augmentation du taux de travail, par un absentéisme moins marqué, par un taux de rotation du personnel féminin moins élevé, par un maintien des compétences professionnelles acquises dans l’entreprise, etc. De plus, les offres d’accueil de la petite enfance mentionnées dans le dossier de promotion économique d’une région lui donnent une attractivité supplémentaire. Certes, les entreprises, qui bénéficient de toute mesure permettant à leur collaboratrices de concilier activité professionnelle et famille, doivent en être les premières responsables. Cependant, dans notre canton où PME/PMI sont largement prédominantes, les collectivités publiques doivent aussi faire leur part. Elles s’y retrouvent non seulement en retombées fiscales, mais également en promouvant une politique favorable à l’emploi tout en améliorant la qualité de vie de bon nombre de leurs concitoyens.

La possibilité pour la femme de poursuivre une carrière professionnelle et les facilités qui lui sont accordées pour l’organisation de la vie familiale dépassent les mesures financières telles que les allocations familiales ou les réductions fiscales dans l’inventaire des facteurs favorisant le taux de natalité. Intéressant donc dans la perspective du vieillissement de la population et d’un nécessaire rééquilibrage des générations. En matière de sécurité sociale, les conséquences positives se manifestent aussi individuellement pour les mères de famille. Lorsque près d’un mariage sur deux se termine par un divorce, permettre à la femme de poursuivre sa carrière professionnelle avec un minimum d’interruptions et donc peu de lacunes dans sa propre prévoyance, c’est lui assurer une autonomie financière, d’abord durant la vie active, puis ensuite durant sa retraite. Faut-il rappeler que la pauvreté touche prioritairement les familles monoparentales et les personnes qui ont subi des à-coups dans leur parcours professionnel.

Avec sa loi sur la jeunesse et la promotion des structures d’accueil de la petite enfance, le Valais n’a pas seulement tenté d’apporter des solutions concrètes à un problème quotidien de nombreuses familles, il a également renforcé l’inventaire des conditions cadres favorisant le développement économique, tout en contribuant à une politique familiale et sociale adaptée à l’évolution de notre société. Au moment de couper le ruban de leurs crèches flambantes neuves, les présidents de commune n’ont donc pas à cacher leur légitime fierté !

Dominique Germann, Sierre

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