Ixworth, la sonorité du nom nous plonge dans l’atmosphère mystérieuse d’un film à sensations ou d’une série télévisée au suspens d’enfer. Ixworth est perdu dans la forêt québécoise. Un îlot de clarté au centre d’un décor féérique, majestueux, mais quelque peu inquiétant où les traces de vie se raréfient à mesure que l’on s’éloigne de Sainte-Onésime, le dernier village sur la route.
C’est dans ce décor que je me réveille en ce dimanche matin de janvier. La tête est vaseuse, le corps fatigué. La douche réparatrice prise dans la petite cabine au sous-sol du refuge forestier me redonne un semblant de vie. Je ne veux pas déranger ma blonde qui se pavane toujours dans les bras de Morphée, alors je me dirige vers la grande salle. Le coup d’oeil sur l’extérieur est vivifiant.
Une petite troupe de chevreuils profite des premiers rayons du soleil pour venir s’alimenter à la mangeoire généreusement garnie par le responsable des lieux. Trois timides cervidés débutent leur repas en tournant sans cesse la tête. La tension est palpable. Chaudement réfugiés derrière les vitres de la cabane, nous sommes toujours plus nombreux à apprécier le spectacle. Ce sera finalement une quinzaine de chevreuils qui viendront se rassasier sous nos yeux émerveillés.
Tout avait commencé la veille dans un petit restaurant en bordure d’autoroute à la Pocatière. Nous avions innocemment rejoint la « Gang de St-Gervais ». En dégustant un sous-marin au bœuf bien relevé et ses frites insipides, j’avais découvert les principaux membres de l’équipe. Les principales devrai-je dire, car à l’évidence dans le groupe ce sont les femmes qui portent le pantalon. L’aventure pouvait commencer.
La route qui monte vers le domaine d’Ixworth devient très vite complètement enneigée. La vitesse de la caravane ne diminue pas pour autant. Nous nous enfonçons de plus en plus dans une forêt dense. Les traces humaines se font rares. Nous croisons quelques pistes de motoneiges qui se perdent dans la forêt. Soudain, sans avertissement, nous nous retrouvons dans une clairière. Le refuge annuel de la « Gang de St-Gervais » est baigné de soleil. La forêt nous attend.
La neige crisse sous mes pas, malheureusement une des raquettes semble sans cesse vouloir se dérober. Pas le temps de s’arrêter, le groupe m’a déjà distancé lors d’une première tentative de réajustement de la raquette récalcitrante. Il faut suivre le rythme, la solution viendra plus tard. L’étroit sentier grimpe une bosse, les arbres majestueux sont inondés de lumière solaire. La chute, objectif de l’expédition, est proche. Le sirop d’érable spécial « Elise » viendra très vite réconforter le groupe. Une photo souvenir et déjà il faut prendre le chemin du retour. La nuit tombe tôt et les repères s’effacent vite. Mais ce n’est pas la seule raison de la hâte de la petite troupe. Je vais le découvrir bientôt.
La soirée me montre de nouvelles valeurs de ce pays. Finalement c’est comme en Valais, tous les prétextes sont bons pour faire la fête. L’apéritif de la « Gang » lance la soirée. Le petit couloir entre les chambres est bien vite devenu une fourmilière babillante. La visite aux poulets qui tournaient devant le refuge nous avait mis en appétit, ce fut donc avec envie que nous avons passé à table.
La bière coule à flot, la piste de danse est complète, l’ambiance torride. 150 bûcherons québécois, y compris leur blonde, dans une grande salle au milieu de la forêt : ça fait des dégâts, mais surtout c’est une atmosphère inoubliable. Merci à la « Gang de St-Gervais » et au domaine d’Ixworth, l’aventure fut magnifique.
St-Jean-Chysostome
Jeudi 26 janvier 2012


Salut Pierrot, ravie de te lire… le virus ne t’a pas quitté heureusement. Tu vis dans un bien beau pays avec pas mal de traditions festives semble-t-il ”
Gros becs et à bientôt avec de nouvelles aventures
Commentaire par Anne-Marie Sauthier — 27 janvier 2012 @ 9 09 14 01141 |