Valais Libre

novembre 12, 2008

La Suisse se prive de cerveaux

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N. est une jeune femme d’à peine 25 ans. Il y a un bon mois, elle recevait avec fierté son diplôme d’ingénieure EPFL à l’issue d’une grandiose cérémonie. Après des études difficiles, de nombreux sacrifices et une existence spartiate commune à tous les bénéficiaires de bourse, elle tient enfin entre ses mains ce fameux sésame censé lui ouvrir toutes grandes les portes de la vie active … Censé, car il y a un « mais » : N. est de nationalité russe !

Attachée à notre pays, elle en apprécie le mode de vie, y a fait de nombreux contacts et parle évidemment notre langue. Son plus cher désir est d’y rester pour travailler. Hélas, notre Loi fédérale sur les étrangers stipule que seuls obtiennent un permis de séjour en Suisse les étudiants hors UE (« pays tiers ») qui s’engagent à quitter notre pays une fois leur titre obtenu. Pour déroger à cette règle, il faut trouver un emploi dans une entreprise pouvant obtenir un permis de travail. Cette première condition, malgré les recommandations de l’Ecole d’anticiper la recherche d’un poste avant la fin des études, s’avère très difficile à concrétiser. L’employeur potentiel prendra-t-il le risque d’engager un futur collaborateur qui n’a pas encore passé les épreuves finales ? L’autre condition est encore plus complexe à réaliser : il s’agit de démontrer « l’intérêt scientifique et économique […] prépondérant » d’une telle embauche. Donc, donner la preuve que l’on est le-la spécialiste introuvable en Suisse ou – libre circulation oblige – dans l’Europe des 27 ! L’Office fédéral des migrations à qui revient la décision d’accorder ou non le permis de séjour ne dispose pas forcément des compétences nécessaires pour évaluer les qualités professionnelles des requérants. Evidemment, tout cela doit se passer dans des délais extrêmement serrés. En trois mois, N. n’a en tout cas pas réussi à le faire, malgré des atouts certains : un master en technologies du vivant et un quasi parfait bilinguisme franco-russe.

Au-delà du destin individuel de N., il faut se demander pourquoi notre pays persiste à se priver des compétences de jeunes diplômés que nous avons formés à grands frais. Le cursus d’un seul ingénieur peut coûter plus de 500′000 francs à la Confédération ! L’argument qui veut que notre pays contribue à la dynamique de développement des régions d’origine en refusant le droit de séjour à ces anciens étudiants ne tient que très partiellement. En effet, il semble que le nombre de ceux qui choisissent de retourner dans leur pays est plutôt limité. Les fraîchement titrés préfèrent s’installer dans les contrées industrialisées plus attractives au niveau des conditions de travail, de la diversité des offres et de la possibilité d’assouvir leur intérêt purement professionnel. La Suisse met ainsi gratuitement à disposition de nos plus directs concurrents étrangers une main d’œuvre hautement qualifiée.

Heureusement, les choses et les esprits sont en train d’évoluer dans la bonne direction. Différentes démarches ont été initiées pour soit par des parlementaires (motion Neyrinck, motion du groupe libéral-radical, etc.), soit par les milieux académiques, soit enfin par certains cantons comme ceux de Vaud et de Genève. Dans un communiqué du 15 octobre dernier, la Commission des institutions politiques du Conseil des Etats a fait part de son souhait de faciliter l’accès au marché du travail des étrangers diplômés d’une haute école suisse. Jugeant que le droit en vigueur ne tient pas suffisamment compte des intérêts bien compris de la Suisse, elle reconnaît la nécessité d’assouplir certaines dispositions de la loi sur les étrangers. Pendant ce temps, N. recherche activement un logement dans les environs de Moscou !

Dominique Germann, Sierre

novembre 5, 2008

Rio de Janeiro

Classé dans : chroniques — vslibre @ 12:44
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Du 25 au 28 novembre prochain, le IIIe Congrès mondial contre l’exploitation sexuelle aura lieu à Rio-de-Janeiro, organisé par le Gouvernement brésilien et plusieurs agences de l’ONU, dont notamment l’UNICEF et le bien nommé Centre Innocenti de Florence. Ce congrès s’inscrit dans la lutte que mènent les Etats et la société civile contre cette affligeante réalité : les enfants sont victimes de l’exploitation sexuelle de la part des adultes.

Rio sera le 3e congrès, après Stockholm en 1996 et Yokohama en 2001. Notons que c’est à la fin du XXe siècle, pas avant, que la communauté internationale a pris conscience de la situation extrêmement sérieuse de l’exploitation des enfants à des fins sexuelles, soit dans le cadre proche de la famille, ou des familiers ; soit dans le cadre du trafic des enfants (et de jeunes femmes) ; soit dans le cadre de la prostitution infantile. L’arrivée des nouvelles technologies a encore noirci le tableau, avec l’exploitation des enfants à travers le net, sous les formes de la pornographie utilisant des enfants, ou de la pédophilie masquée derrière des adresses, des sites et des serveurs de complaisance. Au fond, à Stockholm, on a soulevé le couvercle de la marmite et on a vu ce qui bouillonnait à l’intérieur. Et ça ne sentait pas très bon !

Yokohama a été le point de départ d’un effort législatif intense, tant au plan international qu’au plan national. Plusieurs Conventions ont vu le jour après ce grand rendez-vous, comme le Protocole dit de Palerme sur l’élimination de la traite des femmes et des enfants, la Convention du Conseil de l’Europe contre la Cybercriminalité et le Protocole facultatif à la Convention des droits de l’enfant sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. En octobre 2007, le Conseil de l’Europe a ouvert à ratification une Convention pour la protection des enfants et des adolescents contre les abus sexuels ; cette Convention n’est pas encore entrée en vigueur, mais devrait l’être au début 2009. Et les pays, sous la pression de ces textes, doivent légiférer, comme la Suisse qui a adhéré au Protocole facultatif de la Convention et qui doit adapter son arsenal répressif. Donc, ça a été le temps de la norme légale ; et il a été produit de très nombreuses lois dans le monde.

Que sera le congrès de Rio ? A mes yeux, il doit être le congrès de l’action. Je pense qu’il y a assez de papiers et de belles déclarations. Il faut véritablement que les Etats s’engagent à mettre en œuvre tout ce qu’ils ont dit et écrit. Il faut qu’ils protègent mieux les enfants ; qu’ils punissent sérieusement les auteurs ; qu’ils s’occupent, soignent et réintègrent les victimes. Il faut assurément qu’ils investissent dans la prévention. Pas uniquement par spots télévisés, mais par un effort d’information / formation continu et construit pour les enfants et leurs parents. Et que cessent le tourisme sexuel, les attitudes de complaisance et l’impunité grâce à internet.

Rio-de-Janeiro devrait écrire le mot FIN à l’exploitation sexuelle des enfants !

Jean Zermatten

octobre 29, 2008

Législation de la drogue 1951 – 2008 Hâte-toi lentement !

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Pas simple de s’y retrouver parmi les objets soumis au vote le 30 novembre prochain ! Par exemple, en matière de drogues. Si une nette majorité se démarque d’entrée de jeu contre l’initiative sur le chanvre, d’aucuns font un amalgame avec la révision partielle de la loi sur les stupéfiants (LStup). Ils pensent logique de dire deux fois non « à la drogue ». C’est oublier que l’initiative est née de la frustration des milieux insatisfaits par le mouvement de recul du législateur. En 1994 déjà, PRD, PDC et PS ne préconisaient-ils pas l’abolition de la pénalisation de toutes les drogues ? A la fermeture des scènes ouvertes a succédé un affrontement d’initiatives antagonistes balayées par le peuple en Suisse en 1997 et 1998. Le Conseil fédéral entamait alors une marche arrière mémorable. Passée l’envie de dépénaliser la consommation de toutes les drogues, l’objectif se réduisait à reconsidérer le statut des dérivés du cannabis. Mais le projet de révision soumis au Chambres fédérales, en juin 2004, enregistrait un refus d’entrée en matière des députés du Conseil National. La raison de ce cuisant échec résidait dans la proposition visant à dépénaliser la consommation et les actes préparatoires du cannabis. Le législateur renonçait alors au projet de dépénalisation. L’insatisfaction d’une poignée de politiciens, soutenus par les chanvriers, accouchait de l’initiative sur le chanvre. Les deux Chambres acceptaient enfin, en mars 2008, la révision partielle de la Lstup. Malgré l’unanimité des Conseillers aux Etats, un référendum était lancé par qui vous savez. Il est donc sensé de s’opposer à l’initiative tout en soutenant la révision de la LStup. Car le texte déjà accepté ne fait qu’ancrer dans la loi ce que tous les professionnels pratiquent depuis bientôt 20 ans. L’abstinence est l’objectif le plus élevé. Mais d’autres mesures s’imposent en amont. En Valais, il est dit que le canton devra ouvrir des locaux d’injection. Qu’il sera contraint de proposer la prescription médicale d’héroïne. Que les subventions à des centres résidentiels tels que les Rives du Rhône seront supprimées. Ou encore que, pour les initiés, l’article 19 b de la loi révisée ouvre les vannes à une forme de libéralisation. C’est faux. Le canton est autonome quant aux mesures qu’il entend développer. La Confédération ne peut rien imposer en la matière. Elle ne verse plus un centime de subvention aux centres résidentiels. Le fameux article 19 b n’est qu’une copie conforme du texte actuel, avant révision, avec un accent plus marqué pour la protection des mineurs ! Alors qui croire ? On devrait faire confiance aux professionnels engagés de longue date sur ce terrain sensible. Et se dire qu’à refuser encore cette révision, pourtant partielle, on court le risque de se retrouver, en 2008, dans un véritable cul-de-sac législatif avec une loi de 1951 certes modifiée en 1975. Mais 33 ans sans adaptation, quel décalage à la réalité !

Jean-Daniel Barman

octobre 15, 2008

Une politique familiale active

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Campagne électorale de ces dernières semaines oblige, plusieurs communes de notre canton ont, pour certaines inauguré, pour d’autres annoncé la mise en œuvre prochaine d’une structure d’accueil de la petite enfance.

Cette mise en évidence de la politique familiale locale est d’autant plus à saluer que les avis des communes n’étaient de loin pas unanimes lors de l’entrée en vigueur des prescriptions en matière d’accueil de la petite enfance (loi cantonale sur la jeunesse de 2001). Certes, il a fallu deux législatures pour observer la concrétisation à une assez large échelle des projets de crèches en Valais. Mais ce qui frappe c’est la fierté avec laquelle ces réalisations sont présentées. De toute évidence, le regard sur l’accueil extra-familial a changé. Et avec lui, également celui sur l’activité professionnelle des mères de famille.

Sur le plan économique, les mesures familiales sont favorables aux entreprises. Cela se manifeste notamment par un taux de retour plus élevé des salariées à leur poste après la naissance de leur enfant, par l’augmentation du taux de travail, par un absentéisme moins marqué, par un taux de rotation du personnel féminin moins élevé, par un maintien des compétences professionnelles acquises dans l’entreprise, etc. De plus, les offres d’accueil de la petite enfance mentionnées dans le dossier de promotion économique d’une région lui donnent une attractivité supplémentaire. Certes, les entreprises, qui bénéficient de toute mesure permettant à leur collaboratrices de concilier activité professionnelle et famille, doivent en être les premières responsables. Cependant, dans notre canton où PME/PMI sont largement prédominantes, les collectivités publiques doivent aussi faire leur part. Elles s’y retrouvent non seulement en retombées fiscales, mais également en promouvant une politique favorable à l’emploi tout en améliorant la qualité de vie de bon nombre de leurs concitoyens.

La possibilité pour la femme de poursuivre une carrière professionnelle et les facilités qui lui sont accordées pour l’organisation de la vie familiale dépassent les mesures financières telles que les allocations familiales ou les réductions fiscales dans l’inventaire des facteurs favorisant le taux de natalité. Intéressant donc dans la perspective du vieillissement de la population et d’un nécessaire rééquilibrage des générations. En matière de sécurité sociale, les conséquences positives se manifestent aussi individuellement pour les mères de famille. Lorsque près d’un mariage sur deux se termine par un divorce, permettre à la femme de poursuivre sa carrière professionnelle avec un minimum d’interruptions et donc peu de lacunes dans sa propre prévoyance, c’est lui assurer une autonomie financière, d’abord durant la vie active, puis ensuite durant sa retraite. Faut-il rappeler que la pauvreté touche prioritairement les familles monoparentales et les personnes qui ont subi des à-coups dans leur parcours professionnel.

Avec sa loi sur la jeunesse et la promotion des structures d’accueil de la petite enfance, le Valais n’a pas seulement tenté d’apporter des solutions concrètes à un problème quotidien de nombreuses familles, il a également renforcé l’inventaire des conditions cadres favorisant le développement économique, tout en contribuant à une politique familiale et sociale adaptée à l’évolution de notre société. Au moment de couper le ruban de leurs crèches flambantes neuves, les présidents de commune n’ont donc pas à cacher leur légitime fierté !

Dominique Germann, Sierre

octobre 8, 2008

Crise financière : Attention aux remèdes pires que le mal.

Classé dans : chroniques — vslibre @ 9:46
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Pour ce que nous savons actuellement, en Suisse, les banques n’ont pas appelé l’Etat au secours – et on croise les doigts en espérant vivement qu’elles ne doivent pas le faire demain. L’UBS s’était fort heureusement recapitalisée déjà en 2007, avant les autres, alors qu’on trouvait encore des fonds sur le marché. Et c’est tant mieux, car la taille de la banque n’est pas en relation avec celle du pays. Situation qui est au demeurant la rançon du succès économique d’un petit pays qui réussit très bien dans la concurrence internationale. On ne va quand même pas s’en plaindre. Aussi, après les mesures prises par l’UBS aux USA, honte aux mesquins qui prétendraient encore que la banque est trop grande.

Le fait que nos banques n’aient pas eu recours à l’Etat démontre qu’elles assument leurs responsabilités et ne demandent pas aux contribuables de payer leurs erreurs.

Gardons-nous donc aujourd’hui de suivre les sirènes de la gauche qui ne se privent pas de réclamer ce qu’elles ont toujours voulu : brider l’activité des banques.

Les règles rigides que proposent le PS aboutiraient à une déresponsabilisation des dirigeants de banques au détriment des contribuables. Ce qui se passe en Allemagne aujourd’hui, pays strictement règlementé, où les contribuables sont appelés à payer la facture des épargnants, devrait faire réfléchir les citoyens suisses.

Il faut certainement modifier, améliorer quelques règles. Les bonus, par exemple, ne peuvent pas simplement inciter à maximiser les profits à court terme sans se soucier de l’avenir de l’entreprise. L’incitation doit au contraire viser le moyen, voire le long terme. Augmenter le montant garanti aux épargnants peut également se discuter. Mais cette mesure aussi a un coût. Le contribuable pourrait bien le payer. Est-ce correct que le contribuable finance plus que l’épargne de la classe moyenne ? La question mérite d’être examinée avec circonspection. Attention aux gesticulations qui risqueraient bien d’aboutir à une sur réglementation. « Fonctionnariser » des entreprises, c’est un pas à ne pas franchir, sous peine de voir décliner notre secteur financier, sans lui éviter des erreurs, bien au contraire. Une analyse plus fine de la crise montre la capacité du système suisse à réagir et à s’adapter. Pour le reste, c’est un gag de prétendre qu’il n’y a pas de réglementation. Les banques américaines, anglaises, allemandes ou belges qui se débattent actuellement face à d’énormes difficultés, travaillaient dans un environnement règlementaire extrêmement strict. Et alors !

La situation est aujourd’hui très délicate pour le secteur financier, inutile de malmener encore plus par des mesures populistes des entreprises essentielles pour l’emploi en Suisse. Le procès de l’auto réglementation, modèle appliqué en Suisse avec rigueur, est non seulement injuste mais dangereux.

Chantal Balet

septembre 10, 2008

Renforcer les valeurs libérales, d’urgence !

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C’est à se demander si Mme Calmy-Rey et M Schmid ne se sont pas mis d’accord pour assurer le casting du feuilleton de l’été politique suisse. Les médias, friands d’évènements « annexes » durant cette période de vacances, ont été servis durant tout l’été. Et comme l’appétit vient en mangeant, ils ne se sont pas privés d’en rajouter quelques couches. Mais il faut reconnaître qu’entre les révélations sur l’armée et l’activisme de Mme Calmy-Rey, les occasions de se gausser tombent comme des fruits mûrs, à un rythme soutenu.

Face à ce concert de klaxon, une manœuvre de diversion a presque réussi : la proposition de réfléchir à une éventuelle élection du Conseil fédéral par le peuple. « Ils osent me critiquer ! Et bien, changeons les institutions. » Drôle d’idée, véhiculée par les UDC durant quelques temps et reprise aujourd’hui par Mme Calmy-Rey. Mais la ficelle est un peu grosse. Mis à part redorer l’image un peu chahutée de notre Conseillère fédérale socialiste, on ne voit pas en quoi l’élection du Conseil fédéral par le peuple serait de nature à améliorer le fonctionnement des institutions de ce pays.

Mais au-delà du côté plaisanteries pour l’apéro ce que ces péripéties démontrent, pour autant qu’il soit encore nécessaire de le démontrer, c’est à quel point il est urgent de redonner de la vigueur aux forces libérales, raisonnables et surtout responsables de ce pays. La création le 25 octobre d’un nouveau parti suisse autour des Radicaux et des Libéraux constitue un premier pas dans cette direction. Ce parti rassemblera les citoyens qui ne veulent plus être à la merci de majorités de hasard comme c’est de plus en plus souvent le cas actuellement sous la coupole fédérale. Ceux qui veulent la prospérité du pays plutôt que des coups médiatiques. Ceux qui ont suffisamment confiance en eux pour accepter sans crainte non pas de se fondre dans l’Europe mais de passer des accords bilatéraux durables avec l’UE. Ceux qui veulent trouver un consensus rassembleur sur l’avenir des assurances sociales, et se méfient des promesses de raser gratis et des rodomontades. On aura d’ailleurs l’occasion dès le 30 novembre prochain de se prononcer sur une de ces rêveries ruineuses : l’initiative syndicale dite sur la retraite flexible, en réalité la retraite à 62 ans pour 85% des Suisses. Travailler moins longtemps alors que nous vivons plus longtemps en bonne santé et que nous avons moins d’enfants ne constitue manifestement pas un projet durable.

La voie libérale est peut-être moins spectaculaire, même quelques fois un peu terne, mais tellement plus durable. Et, comme le « durable » est dans l’air du temps, choisir le libéralisme c’est défendre ce qui se fait de plus tendance en cette saison.
A suivre dans les urnes…

Chantal Balet

vice-présidente du parti libéral suisse

Où sont passés les véhicules électriques ?

Classé dans : chroniques — vslibre @ 9:34
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Voilà près d’un demi-siècle, les habitants de Zermatt décident de rouler électrique dans la station, alors qu’aucun véhicule est disponible sur le marché ! Je me souviens très bien du postier et du laitier de mon enfance, qui livraient le lait et les colis avec un véhicule électrique quasi silencieux, émettant un léger sifflement lui donnant un petit côté futuriste. Plus tard il y eut l’aventure du « spirit of Biel », le tour de Sol en Valais en juin 1992, de nombreux congrès mondiaux et européens, avec à chaque fois l’espoir de voir arriver sur le marché un véritable VEL, produit et soutenu par l’industrie automobile. Aujourd’hui, il n’y a toujours pas de véhicules électriques en grande série disponibles dans les conditions habituelles du marché !

Avec une surface d’un hectare, on peut soit nourrir une vache, ou produire des betteraves pour rouler 30′000 kilomètres avec de l’éthanol, ou dépasser largement le million de kilomètres si l’on équipe cette surface avec des panneaux solaires photovoltaïques. Voilà qui donne à réfléchir sur la pertinence d’actionner un véhicule automobile avec un moteur électrique, en comparaison avec les ordres de grandeur de la nature. Les constructeurs s’y emploient déjà partiellement en développant des véhicules hybrides, qui permettent de rouler électrique en ville et de récupérer de l’énergie au freinage et à la descente. Un parc automobile mondial totalement hybride serait déjà une véritable révolution pour nos villes, sur le plan du bruit et de la pollution.

Un véhicule électrique moderne, à un prix abordable, intégrant les nouveaux matériaux, les nouvelles technologies de l’information et des batteries performantes, a sa place dans nos agglomérations. Il semble qu’actuellement, les conditions sont réunies pour une deuxième rentrée des VEL, réussie cette fois, sur le marché. Ces véhicules devront constituer un maillon utile, en complément de réseaux de transports en communs efficaces. Ils ne seraient pas forcément propriété privée et pourraient partiellement se partager pour limiter l’encombrement en ville. La plupart des automobilistes vivent très bien avec des autonomies de l’ordre de 150 kilomètres par trajet. Il s’agit donc, dès à présent, d’anticiper et de planifier les infrastructures indispensables dans un proche avenir, à soutenir et alimenter en énergie ces futurs véhicules hybrides « plug in » ou électriques dans notre pays. Le défi consistera alors garantir cet approvisionnement en restant pragmatiques et ouverts !

Marcel Maurer

Président de e’mobile suisse

août 28, 2008

Après les Jeux ?

Classé dans : chroniques — vslibre @ 1:36
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Les feux d’artifice se sont éteints sur Beijing ; le décompte de médailles est bouclé ; certains rient, d’autres pleurent ; le Président du CIO a qualifié ces joutes « d’exceptionnelles » ; et le quotidien reprend le dessus. Avec lui, les questions demeurent. Celles évidement relatives aux droits humains et du sort du Tibet ; celles de la liberté d’expression des média chinois et des ONGs…

Et pour moi, une grande question : celle du respect des droits de l’enfant dans le système sportif chinois. J’ai lu qu’une enquête allait être diligentée par rapport à une jeune gymnaste que l’on soupçonne de n’avoir pas eu 16 ans au moment des Jeux, en contravention des règles olympiques. Je n’attends aucune surprise des conclusions de l’enquête. Par contre, ce qui me dérange, ce sont les conditions d’entraînement de ces athlètes, du peu de cas que l’on fait de leur avis, de leurs relations familiales, de la santé physique et psychique des enfants qui sont engagés dans une spirale vers l’exploit, dont la chasse aux médailles et le nationalisme sont les justifications.

On dit parfois qu’il n’y a pas pire entraîneur d’un enfant que son parent ; je ne sais si ce dicton recouvre la réalité. Ce qui me paraît exact : l’on ne peut accepter que l’Etat, avide de gloire, profite de ses enfants pour en faire des champions à tout prix et malgré eux ; et qui deviennent des porte-drapeaux !

Je ne suis pas contre le sport, ni contre le sport de compétition. J’enfonce des portes ouvertes en disant que le sport a des vertus exceptionnelles, qui favorisent le développement harmonieux des enfants ; je pense aussi au rôle intégrateur du sport pour les jeunes qui connaissent des difficultés, ou pour ceux qui se trouvent en situation de migrations Je suis aussi persuadé que le sport de compétition est une école de vie formidable et forge le caractère. Mais le sport – et à son paroxysme le sport de compétition – n’est pas à l’abri des violations des droits humains. L’idéal olympique est pur, mais non exempt de pressions (financière, nationaliste, chauviniste…). Et comme le dit clairement Mr Paulo David[1] : « ce qui est … condamnable, c’est la passivité mélangée de résistance des milieux sportifs et des autorités publiques pour prévenir et combattre les violations des droits de l’enfant dans le contexte du sport ».

En 2010, le CIO organisera pour la première fois les JO de la Jeunesse pour des adolescents âgés entre 14 et 18 ans. Que le monde sportif se réveille et que cet événement ne soit pas, à nouveau, l’occasion d’un réquisitoire sur les violations des droits des enfants !

Jean Zermatten


[1] Journaliste et spécialiste des droits de l’enfant, auteur du livre Human rights in youth sport sur www.childsrights.org, éditorial du 20.08.2008

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