Valais Libre

27 février 2012

La révolution radicale de 1847

Filed under: n. histoire du PLR Valais — vslibre @ 6 h 49 min

La révolution radicale de 1847i

A quelques heures du rassemblement populaire du 2 décembre 1847 les esprits s’échauffent ; au cours de la matinée, à l’Hôtel de Ville de Sion, les discussions entre libéraux et radicaux, relatives aux mesures à mettre en œuvre, sont si vives qu’elles risquent de provoquer une rupture dans le camp des vainqueurs ; des modérés, dont Maurice Barman, « veulent temporiser et ne régler que certains points » car ils doutent de la constitutionnalité de cette assemblée, notamment du fait de l’absence des Haut-Valaisans ; en revanche, Alexis Joris la considère comme souveraine et estime qu’elle « doit prendre des résolutions décisives ».

Dans l’après-midi des milliers de personnes, répondant à l’invitation du « Comité patriotique valaisanii », se réunissent en assemblée populaireiii à la Planta ; après les discours de Maurice Barman et d’Alexis Joris, les citoyens présents acceptent un arrêté en dix-sept articles comprenant notamment la dissolution du Conseil d’Etat et du Grand Conseil, des mesures énergiques contre le clergéiv [abolition des immunités ecclésiastiques et de l’incompatibilité entre fonction ecclésiastique et civile, expulsion des Jésuites, placement des biens du clergé et des couvents sous la surveillance de l’Etat] ; l’instruction publique est soumise à la responsabilité de l’Etat ; l’arrêté prévoit également des modalités relatives aux paiements des frais de guerre, l’annulation des jugements politiques postérieurs au premier mai 1844 et l’élection d’un grand conseil constituant dans le courant du mois de décembre.

Cette mémorable journée s’achève par la nomination des sept membres du Conseil d’Etat provisoirev – quatre « radicaux intransigeants », deux « radicaux modérés » et un « libéral » – et marque « la fin de la prédominance de l’Eglise sur l’Etat »vi ; malheureusement, les perdants entretiennent la confusion et propagent le trouble ; ainsi le lendemain, 3 décembre, le président de l’ancien Conseil d’Etat conservateur, Zen-Ruffinenvii, fomente une intrigue dans le but d’éliminer les radicaux « intransigeants » élus au gouvernement provisoire ; niant la dissolution, il propose de remettre les pouvoirs du gouvernement entre les mains d’une commission provisoireviii alors que le gouvernement provisoire siège déjà à l’Hôtel de Villeix.

Pour Maurice Barman, président du gouvernement provisoire, le temps de la guerre, des proscriptions et de l’exil où les « puissants du jour avaient arboré l’étendard de la rébellion contre la mère patrie » doit avoir un terme. Finalement, le 6 décembre, les envoyés de la Confédérationx reconnaissent le gouvernement provisoire « comme étant la seule autorité légitime actuellement constituée dans le canton du Valaisxi. »

i ROHRER Françoise, La mission Delarageaz en Valais, p. 25- 34 et REY Pierre-Michel, Le régime radical en Valais 1847-1857, Mémoire, Fribourg, 1971 + L’Observateur.

ii Casimir Dufour, Torrent, Alexis Joris, Joseph Abbet, Maurice-Eugène Filliez et Hippolyte Pignat.

iii LERESCHEp. 231-239.

iv Au grand dam de Barman et des modérés.

v Jusqu’au 10 janvier 1848 avec Maurice Barman de Saillon, Antoine de Riedmatten de Sion, Hypolite Pignat de Vouvry, François-Gaspard Zen Ruffinen de Loèche, Maurice-Eugène Filliez de Bagnes, Casimir Dufour de Monthey, Alexandre de Torrenté de Sion et comme suppléant François-Joseph Rey de Lens, Maurice Claivaz de Martigny-ville et Jean-Baptiste Briguet de Lens cf. ROHRER note 50 p. 30 et L’Observateur no 61 du 4 décembre 1847.

vi Casimir Dufour, de Torrenté, Pignat et Eugène Filliez / Maurice Barman, Rey / Zen Ruffinen cf. REY Pierre-Michel, p. 15 et Le Journal du Valais no 86 du 9 décembre 1848.

vii Et ses collègues ? Gross et François de Kalbermatten.

viii Composée de MM. Maurice Barman, A. de Riedmatten, Gaspard Zen-Ruffinen, l’avocat Rey et E[ugène] Filliez .

ix ROHRER, « Scission du gouvernement provisoire », in La mission Delarageaz, p. 29-30.

x Frey et Delarageaz.

xi L’Observateur n 61 du 4 décembre 1847.

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