Valais Libre

26 avril 2012

Les premières sociétés de secours mutuels dénigrées par les conservateurs

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Les premières Sociétés de Secours Mutuels

Les mutualistes sont persuadés qu’une politique de prévoyance sociale peut contribuer à résoudre de façon pacifique bien des problèmes sociaux; pour autant, une telle démarche implique la participation entière de la part des citoyens dans le rapprochement des diverses couches sociales de la population.

Nous constatons, avec une légitime satisfaction, que « les plus printaniers bourgeons mutualistes valaisans » se développent en « serre libérale » et que la plupart sinon tous les chefs mutualistes du Valais sont de fervents adeptes de la cause libérale. Lors d’une de leurs réunions, un mutualiste n’affirme-t-il pas que pour réaliser les œuvres humanitaires il est indispensable de compter sur des « cœurs magnanimes et libéraux ! 1» Lorsque, entre 1850 et 1860, les premières mutuelles se constituent, certains réactionnaires considèrent cette noble démarche humaniste et sociale comme les fruits des intrigues de la Jeune Suisse « expirante » et de la Franc-Maçonnerie. Face à cette attitude de « suspicion des esprits trop conservateurs2 », les pionniers des sociétés de secours mutuels s’engagent avec courage et ténacité pour démontrer le bien-fondé de leur action.

Les « premières étincelles des foyers mutualistes» apparaissent en Valais en 1850 et 1852, lorsque les ouvriers de la Ville de Sion puis sa Société industrielle3 créent deux caisses obligatoires professionnelles de secours.

C’est ensuite à St.-Maurice, le 15 août 18524, à l’initiative d’une poignée d’hommes de bien emmenés par le Dr Alphonse Beck, que la première société libre de Secours mutuels voit le jour ; cette société a pour objectif de « réunir des personnes qui par esprit de confraternité et de prévoyance, établissent entre elles, et au moyen de cotisations, une garantie mutuelle de secours, particulièrement en cas de maladie. » C’est une pensée éminemment chrétienne et humaniste qui préside à l’œuvre nouvellement fondée : « faire le bien, sans distinction de parti ou de coterie politique, s’aider les uns les autres, empêcher que, faute de ressources ou de soins intelligents, un ouvrier, un chef de famille, ne soit enlevé à sa famille et que la position du prolétaire ne soit aggravée par la gêne, conséquence habituelle de toute cessation de travail5. »

Ses débuts s’avèrent pourtant plutôt difficiles : le Courrier du Valais nous apprend que « des esprits mal intentionnés ou farcis de détestables préjugés souhaitaient que la grande ombre projetée par le clocher de l’Abbaye fût nuisible à cette modeste œuvre d’utilité publique6. »

1 Le Confédéré, no 18 du vendredi 13 février 1920 – photo 10.8.2010/dsc02108.

2 Le Confédéré no 5 du vendredi 13 janvier 1922 – photo 17.8.2010/dsc02202.

3 Ou société des Arts et Métiers cf. Charvoz.

4 Ulysse CASANOVA, Aux origines de la Société de Secours Mutuels de Monthey.

5 Le Courrier du Valais no 11 du dimanche 6 février 1853 – photo 2.3.2010/dsc01491.

6 Au Congrès des Staticiens [sic] suisses à Sion en 1907, feu Henry Volluz de Saxon, caissier centrale de la Fédération valaisanne des Sociétés de Secours Mutuels y présente une notice sur les Sociétés de Secours mutuels du canton.

25 avril 2012

Mercredi 25 avril – incertitude économique

Emplois

 

À Québec, l’usine Papiers White Birch est fermée depuis de longs mois. Les négociations ont été très dures, les employés ont fait de lourdes concessions, mais le travail n’a pas repris. Plus de 600 ouvriers sont dans l’incertitude.

À Genève, l’annonce de la fermeture de Merk Serono a secoué tous les milieux économiques. 1250 emplois perdus ou qui quittent la région, ce n,est pas banal. Les autorités veulent rencontrer la direction, mais que peuvent-elles bien faire?

L’économie est de plus en plus volatile, les certitudes en ce domaine sont de plus en plus éphémères. Les fleurons d’un jour deviennent rapidement les boulets du lendemain. Malheureusement dans ce tourbillon, il y a toujours des victimes, toujours des hommes et des femmes qui subissent des décisions souvent incompréhensibles. Entre réalités des productions et des marchés mondialisés et dignité des ouvriers, ces derniers sont souvent perdants.

Il faudra bien pourtant revenir à des réflexions plus basiques : la rentabilité ne sert à rien si elle est réservée à un petit nombre. La prospérité générale ne fait qu’augmenter si l’on regarde l’ensemble de la planète. Il faut veiller à que les déséquilibres ne soient pas trop grand et que le développement de nouvelles régions ne se fasse pas au détriment de d’autres.

À quand une économie au service de l’Homme, de tous et pas seulement de quelques-uns?

1845 – Carmen, Prosper Mérimée (1803 – 1870)

Don José frappe plusieurs fois la gorge de Carmen avec sa dague. Le sang coule à flot. Le bandit de grand chemin enterre la belle gitane qui voulait se donner à un autre. Il va ensuite se faire prendre par la police andalouse et terminera sa triste vie au bout d’une corde. Cette tragédie nous est narrée par un archéologue qui parcours le sud de l’Espagne à la recherche du champ de bataille de Munda, théâtre d’une victoire de César sur son rival Pompée.

Cette nouvelle divisée en 4 chapitres inégaux enchâsse l’histoire de Don José à des considérations archéologiques. Le jeune homme destiné aux armées, succombe aux charmes de Carmen la bohémienne. Dès lors sa vie ne sera qu’une succession de vols, de crimes et de meurtres jusqu’à la fin tragique de quasiment tous les personnages. Mérimée mélange allègrement descriptions scientifiques et épopée chevaleresque dans cette agréable nouvelle qui inspirera le célèbre opéra de Bizet.

Les secours mutuels arrivent enfin en Valais vers 1850

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Les Mutuelles, un bel esprit de solidarité

En ces temps où il est tant question de solidarité, il nous semble opportun de consacrer quelques-unes des prochaines chroniques à la notion de Mutualité.

Nous pouvons situer l’origine des assurances sociales au Moyen Âge déjà, lorsque les corporations de métiers, s’inspirant de l’assistance à connotation religieuse pratiquée par les confréries, instaurent une politique d’entraide sociale à l’attention de leurs membres1.

En Suisse les premières mesures relatives à l’assistance sociale apparaissent au XVIe siècle lorsque la Diète fédérale ordonne à chaque canton de prendre soin de ses pauvres afin d’éviter qu’ils pratiquent la mendicité ; dans la foulée, des villes légifèrent par ordonnance pour mettre en œuvre les rudiments d’une politique d’assistance publique.

En Valais, c’est vers 1850 que les premiers éléments de réponse au besoin de solidarité sociale se manifestent, ce quifait dire au Dr Charvoz, dans son exposé lors du soixantième anniversaire de la Fédération des Sociétés de Secours Mutuels, que l’idée de la mutualité fut relativement tardive en Valais.

Dans son premier numéro de 1850, Le Courrier du Valais2 constate que, après les évènements dramatiques qui ont bouleversé le pays, « les plaies du canton sont profondes » et exhorte ses lecteurs à plus de concorde et de compréhension mutuelle. La guerre civile a ruiné les caisses de l’État, mettant en péril la reconstruction économique et sociale du pays. La précarité résultant des difficultés économiques pousse les Valaisans à émigrer3. Les inondations qui dévastent la plaine du Rhône en automne 1860, apportent également leur lot de désolation.

Cette situation mobilise en 1852 un comité – sous la houlette d’Alexandre de Torrenté et de Joseph-Hyacinthe Grillet – pour encourager les citoyens à participer à la campagne de souscription mise en œuvre au plan national4 pour l’extinction de la dette de la guerre du Sonderbund5. Cette initiative incite d’autres citoyens, tel le Dr Beck de St-Maurice, à développer et promouvoir le principe de la mutualité aux fins d’apporter soulagement et bienfaisance à une société « trop égoïste, livrée au particularisme des intérêts, dépourvue d’idéal élevé. »

Ces pionniers de l’idée mutualiste demeurent profondément persuadés que le « bon grain semé par eux lèverait pour apporter un peu de soulagement à nos misères ». D’autre part, en assurant l’aide financière avec un sentiment de profonde confraternité, les mutualistes appliquent la maxime que la main gauche ignore à qui la droite donne, supprimant ainsi au secours reçu « l’humiliation de l’aumône6. »

1 Chez nos voisins français, la Société philanthropique est créée en 1780; abolie en juin 1791 par la loi Le Chapelier à cause de son origine d’Ancien Régime; Napoléon la restaure en 1802 cf. MOURRE, Dictionnaire encyclopédique d’histoire [Mutuelle].

2 Le Courrier du Valais, no 1 du mercredi 2 janvier 1850 – photo 25.01.2010/dsc01321.

3 En 1861 ils sont 211 à embarquer au Havre pour les Amériques cf. FF 678 – 1861.

4 À l’initiative de Louis Rilliet de Constant, radical genevois, à la tête de la 1ère division de l’armée contre les troupes du Sonderbund il reçut la capitulation du Valais.

5 Le Courrier du Valais No 33 du jeudi 22 avril 1852 – photo 25.2.2010/dsc01453.

6 Le Confédéré no 6 du samedi 18 janvier 1896 – photo 27.7.2010/dsc01978 et no 72 du lundi 22 juin 1936 – photo 4.1.2011/dsc02485/6/7/8/9

24 avril 2012

Mardi 24 avril – climat

Filed under: i. Québec/Suisse: deux mondes à comparer — vslibre @ 7 h 02 min

Retour de l’hiver

 

Les dérèglements climatiques font régulièrement la Une de l’actualité. Réchauffement, conditions extrêmes, décalages saisonniers, on ne compte plus les effets du climat. L’hiver 2011/2012 n’a pas échappé à cette nouvelle habitude.

Au Québec, les conditions ont été particulièrement douce. L’hiver a été clément. Ça n’a pas empêché un brutal retour du froid et de la tempête ces derniers jours. Des vents violents, de la neige, la nature s’est déchaînée. Il a fallu ressortir les équipements d’hiver et les dégâts ont été importants.

En Suisse, comme en Europe, une vague de froid exceptionnelle a marqué le mois de janvier. La neige et la glace ont été les maîtres du début 2012. Ils ont brusquement fait leur retour ces derniers jours au grand dam des amoureux de la chaleur et du soleil.

Irresponsabilité humaine pour les uns, caprices de la nature pour les autres, le climat et ses conséquences alimentent les discussions depuis la nuit des temps et elles ne sont pas prêtes de se tarir. Nous devons admettre que nos comportements ne sont pas exempts d’effets, mais avant d’arriver à des changements profonds de comportements, des tempêtes vont encore passer au-dessus de nos têtes… Soyons rassuré, la planète n’est pas en train de mourir, elle en a vu d’autres, par contre nos conditions de vie, elles, se détériorent. Serons-nous capable de trouver les solutions?

1835 – Le père Goriot, Honoré de Balzac (1799 – 1850)

A nous deux maintenant! Eugène de Rastignac se tourne vers Paris, il peut partir à sa conquête. Il vient d’enterrer le père Goriot qu’il a connu à la pension Vauquer. Maison misérable où il logeait, lui le provincial venu faire son droit dans la capitale. Il est entré dans le monde, il a connu les filles Goriot Anastasie et Delphine qu’il séduira. Elles étaient tout pour leur père qui s’est saigné pour leur bonheur. En vain.

La vie est cruelle en cette première partie du 19ème. Pour paraître dans les salons parisiens, il faut être riche ou du moins en donner l’impression. Le jeune Eugène apprendra cruellement le cynisme nécessaire à la réussite. Trompe-la-mort, Vautrin, un galérien échappé lui enseignera les rudiments. Sa lointaine cousine, la vicomtesse de Beauséant lui mettra le pied à l’étrier. La triste mort du père Goriot qui aimait tant ses filles lui donnera la force de s’envoler.

Balzac nous peint avec son souci coutumier du détail un Paris dur, contrasté et sans concession.

Un Conseil d’Etat équilibré pour le Valais

1853 inaugure un gouvernement modéré

La nouvelle Constitution de 1852 réduit de sept à cinq les membres du Conseil d’État qui désormais sont élus pour une législature de quatre ans1

La majorité libérale-radicale ne recherche pas le triomphe d’un « étroit esprit de parti » mais affiche une ferme résolution pour éviter d’inaugurer une période de méfiance et d’agitation; c’est pourquoi il propose au Grand Conseil une « liste » favorable à la poursuite de « l’œuvre de pacification » ; ces dispositions laissent espérer une législature qui, comme la précédente, « subordonne les spéculations de l’esprit de parti à l’intérêt général2. »

C’est dans cet état d’esprit que, le 19 janvier 1853, le Grand Conseil procède à l’élection des membres du Conseil d’État; le président Charles-Louis Debons, tire au sort l’ordre dans lequel l’élection va se dérouler ; sont ainsi élus successivement le radical-modéré Joseph Rion [Intérieur] pour l’arrondissement du Centre, puis pour le Haut le libéral François-Gaspard Zen-Ruffinen [Finances] et le conservateur Léopold de Sépibus [Justice et Police] et enfin pour le Bas le libéral Charles-Louis de Bons [Instruction publique et Militaire] et le radical Maurice Barman [Ponts et Chaussées]3. La présidence du gouvernement est assumée par Maurice Barman et Zen-Ruffinen vice-président4.

L’aile dure du radicalisme qui préconise une politique offensive, comme celle entreprise depuis 1847, n’est plus représentée au gouvernement, en effet les radicaux intransigeants du gouvernement précédents, Hyppolite Pignat et Alexandre de Torrenté, sont remplacés par des éléments plus modérés.

Il n’y a pas eu victoire complète pour les uns ou échec absolu pour les autres ; le temps fera son œuvre en rapprochant des hommes destinés à s’estimer et aptes à assurer la tranquillité du pays qui ne souffrira pas d’un dissentiment momentané5. Le Conseil d’État, en introduisant largement dans l’administration des libéraux, des radicaux et des conservateurs, offre une forme d’ouverture à l’opposition conservatrice pour désarmer son hostilité. De son côté, Le Courrier du Valais estime que « l’opposition conservatrice peut se rallier franchement au nouveau gouvernement, puisque celui-ci lui offre des garanties non équivoques de modération et d’impartialité.»

Le nouveau gouvernement est déterminé à jeter les bases nécessaires pour assurer un avenir de progrès solide et durable et à renforcer les fondements du système libéral qui prend racine dans le canton; il souhaite également instaurer toute mesure pour contre le système de bascule et les revirements périodiques » qui se manifestent trop fréquemment dans la vie politique du canton6. Son heureuse ambition sera-t-elle récompensée ?

1cf. Démocratie p. 166.

2 Le Courrier du Valais, no 7 du dimanche 23 janvier 1853 – photo 2.3.2010/dsc01488/89.

3 Le Courrier du Valais, no 6 et 11 des jeudi 20 janvier et dimanche 6 février 1853 – photo 2.3.2010/dsc01486/87 et 01491

4 Le Courrier du Valais, no 8 du jeudi 27 janvier 1853 – photo 2.3.2010/dsc01490.

5 Le Courrier du Valais, no 7 du dimanche 23 janvier 1853 – photo 2.3.2010/dsc01488/89.

6Le Courrier du Valais No 86 du jeudi 27 octobre 1853 – photo 2.3.2010/dsc01502.

23 avril 2012

Lundi 23 avril – actualité

Extrême droite

Le score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle française révèle que l’extrémisme de droite est toujours bien présent, peut-être plus que jamais. Si cette situation inquiète, cela ne suffit pas, il faut tenir compte du message qui est transmis à nos sociétés à travers ce vote. On ne peut plus nier qu’il y a malaise et que beaucoup ne se reconnaissent plus dans la cohabitation actuelle entre les différentes cultures et plus particulièrement sur la place que prend l’islam en occident.

Le Québec et la Suisse n’échappent pas à ce phénomène et la montée de l’extrême-droite y est aussi palpable. Il ne sert à rien de jeter des cris d’orfraie, de jouer les vierges effarouchées ou encore de maudire ces extrémistes qui ne comprennent rien. Le procès d’Anders Behring Breivik, le tueur d’Oslo vient nous rappeler combien cette situation est potentiellement explosive.

Les accommodements raisonnables prônés au Québec n’ont en rien amélioré la situation. La tolérance absolue ne peut engendrer que l’exacerbation des différences ne semble pas être la meilleure voie. Les initiatives extrêmes comme l’interdiction des minarets en Suisse ne donnent pas non plus des résultats satisfaisants.

Il faut trouver un moyen de mieux vivre ensemble dans un respect mutuel, c’est un défi lancé à nos sociétés. Sommes-nous prêts à le relever? 

1830 – Le rouge et le noir, Stendhal (1783 – 1842)

Un jeune homme finit sa vie à 23 ans sur l’échafaud de Besançon pour avoir tiré, en pleine messe, sur la femme qu’il aime parce qu’elle voulait empêcher son mariage avec une fille noble de Paris. Les deux femmes se retrouvent éplorées devant cette fin tragique de beau Julien Sorel.

Tout avait commencé lorsque le fils du charpentier de Verrières étaient devenu le précepteur des enfants de madame de Rénal. Il est destiné à l’Église, mais il rêve de grandeur, d’argent et de gloire. Il poursuivra sa carrière à Paris comme secrétaire du marquis de la Mole. Sa gaucherie paysanne, son aura intellectuelle et son orgueil attireront la jeune Mathilde. La fille du marquis le séduira et attendra un enfant de Julien qui ne peut oublier Mme de Rénal qui fut sa maîtresse.

Ce roman-tragédie de Marie-Henri Beyle, plus connu sous le pseudonyme de Stendhal, secoue les mœurs du début du 19ème siècle. Il dépeint la société française avec une plume enflammée, tragique et acide. 

Élections communales valaisannes, déjà sous tension il y a 160 ans

Filed under: n. histoire du PLR Valais — vslibre @ 5 h 02 min

Les élections communales de 18521

Les élections, notamment au plan communal, se déroulent généralement dans une ambiance passionnée et celles de 1852 n’échappent pas à la règle. Alors que celles de 1850 avaient constitué « une consécration éclatante de l’ordre actuel2», voilà que le 15 février 1852, les citoyens sont à nouveau appelés à renouveler leur exécutif communal; en effet, la loi électorale du 2 décembre 1851 précise que désormais celui-ci est élu pour deux ans.

Bien qu’une rumeur court dans la vallée du Rhône, prophétisant des élections sous l’empire de préoccupations politiques de la réaction qui profiterait de la circonstance pour préparer le terrain à la grande lutte pour l’élection du Conseil d’État en 1853, il n’en fut rien. Les opération de scrutin se déroulent sans incidents graves si l’on met de côté les quelques manifestations de mauvais goût survenues par ci par là pour témoigner la joie du succès ou le dépit de l’échec. Il ne faudrait cependant pas passer sous silence les bagarres et le sang versé à Evolène où le commissaire du gouvernement, envoyé pour prévenir de déplorables conflits et veiller au maintien de l’ordre, n’a pas réussi à faire fermer le bureau de vote; il a dû ajourner l’élection qui s’est finalement déroulée quelques jours plus tard sous le contrôle du conseiller d’État Maurice Cretton assisté du commandant de la gendarmerie.

Malgré ce triste incident, Le Courrier du Valais relève qu’aucun acte de vénalité n’aurait entaché les opérations du scrutin et ose croire qu’enfin les mœurs se moralisent. Il observe toutefois qu’avant ou après le scrutin l’on « verse encore à boire », mais ces « politesses » n’ont pas le caractère odieux attaché à certaines autres manœuvres, mais sont simplement une façon d’affirmer une candidature, la note du débitant faisant office de programme du futur élu municipal. En effet, « les libations » restent une pratique générale et l’on raconte que les militants des partis « trinquent en commun » et qu’après maintes rasades bues à la santé des candidats, ils s’en vont voter, libres de tout engagement envers les amphitryons;

Le Courrier souligne l’acte de sagesse de Martigny qui se satisfait d’élire un conseil communal de seulement cinq membres et reste persuadé que ces cinq-là sauront tout aussi bien gérer le ménage de la cité d’Octodure qu’une équipe élargie à onze ou quinze membres; il s’étonne néanmoins qu’il faille quinze personnes pour gérer les affaire d’une commune alors que cinq ou sept suffisent pour constituer le gouvernement cantonal !

Finalement, mis à part quelques déplacements dans le Bas-Valais, nous constatons que le pays vient de donner, par l’ensemble de ses choix, une nouvelle consécration aux institutions actuelles3/4.

1 REY p. 39-40.

2 Le Courrier du Valais du 20 février 1850 cf REY.

3 Le Courrier du Valais, no 18 du Dimanche 29 février 1852 – photo 25.2.2010/dsc01452.

4 Le Courrier du Valais des 19, 22 et 26 février 1852 – photo 25.2.2010/dsc01445/46/47/48/49/50 ???51.

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