Valais Libre

5 février 2013

Argent et politique

normalisation2La question de l’argent et de la politique est toujours bien présente au Québec. La commission Charbonneau délivre des révélations jours après jours depuis quelques mois. Face au cynisme qui monte dans la population vis-à-vis du monde politique, le Gouvernement de Pauline Marois veut modifier les règles de financement des partis politiques en limitant à 100$ les dons par personne.

Devant cette mesure, le chroniqueur du Journal de Montréal, Richard Martineau s’est interrogé, dimanche dernier, sur les effets que va induire cette mesure. Selon lui, elle va encourager la fraude, les dessous de table, les célèbres « enveloppes brunes » qui font la une de la commission Charbonneau. Je partage son avis. Plus on met de règles, plus on pousse à les détourner.

Les partis politiques, encore plus au Québec qu’en Valais, on besoin d’argent pour fonctionner et pour assurer une vie démocratique saine, dynamique et active. Entre le complet financement public et la liberté totale, je balance bien évidemment du côté de la liberté. Si l’État se doit de soutenir les partis politiques dans la mesure où ils exercent une partie de la mission civique, il ne saurait tout contrôler. Tout d’abord parce que ce n’est pas son rôle, ensuite la mission est impossible.

«Le mieux est l’ennemi du bien» Richard Martineau cite ce proverbe en se posant la question sur la limite des dons à 100$. Dans ce cas c’est évident. Déjà aujourd’hui, des noms d’emprunts, des « hommes de paille » permettent de contourner les règles. Avec cette limitation, l’anarchie va régner et il faudra encore plus de temps et d’énergie pour récolter de l’argent. Bref, on va augmenter l’administration des partis et aussi celle de l’État qui devra contrôler. Bref un auto-goal.

En Valais, comme en Suisse, il n’y a pas de règles, il n’y a pas d’abus flagrants non plus. J’y vois deux raisons prioritaires. Premièrement, personne ne détient le pouvoir absolu, personne ne peut distribuer du travail et des postes sans contrôle. Même si à une époque, l’État conservateur nommait systématiquement les siens au canton, la Confédération radicale équilibrait un peu les choses en nommant les siens aux postes fédéraux. Aujourd’hui les abus sont rares et rapidement dénoncés, l’opinion publique ne les supportent plus. Deuxième raison, les campagnes politiques ont un coût raisonnable. Il n’y a pas de publicité à la télévision avec des tarifs démentiels, le territoire à couvrir est assez restreint et on ne peut pas distribuer plus d’affiches ou de documentation que tant pour ne pas saturer le public.

Certes certains crieront au déséquilibre, mais c’est de bonne guerre. La situation est saine. Il faut travailler à la maintenir.

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Un commentaire »

  1. […] mon blog qui évoquent cette question: définition – financement – corruption – limite […]

    Ping par Financement politique | Valais Libre — 24 mars 2016 @ 6 h 08 min | Réponse


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