Valais Libre

21 janvier 2015

21 janvier 1948 – Fleurdelisé

Nouveau drapeau

01.21 Flag_of_Quebec.svgCet avant-midi, nous avons tenu une séance du conseil des ministres. Un arrêté ministériel a été proposé (…) en vertu duquel un drapeau officiel a été donné à notre province. Ce drapeau est déjà arboré à l’heure actuelle sur la tour du Parlement. Cette annonce du premier ministre Maurice Duplessis proclame la naissance du fleurdelisé. Ce 21 janvier 1948, le nouveau drapeau québécois remplace l’Union Jack au sommet de la tour centrale de l’hôtel du Parlement à Québec.

… D’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lys du même. La description héraldique du nouvel emblème est claire lorsqu’on sait que l’azur correspond au bleu et l’argent au blanc. Le ratio officiel du drapeau est de 2:3, mais il existe une variante 1:2 pour se coordonner au drapeau du Canada. Même s’il n’est officiel que depuis la moitié du XXe siècle, ce drapeau porte des symboles bien plus anciens.

Sous le croisillon de laquelle nous mîmes un écusson en bosse, à trois fleurs de lis. Dès son arrivée en 1534, Jacques Cartier importe le lis des rois de France sur la croix qu’il plante à Gaspé pour prendre possession du territoire. Avec l’arrivée de Champlain en 1608 qui travaille pour des compagnies marchandes, on voit arriver leurs navires qui arborent généralement un pavillon bleu à croix blanche, de forme plutôt carrée. Les symboles sont là, ils prendront le temps de traverser chaque époque pour finalement émerger dans le Québec moderne.

20 janvier 2015

20 janvier 1685 – Mgr de Laval en France

Démission du 1er évêque

Statue de Mgr de Laval à Québec

Statue de Mgr de Laval à Québec

Monseigneur de Laval retrouve, ce 20 janvier 1685, son pays natal. Il a fait ce quatrième voyage pour remettre sa démission d’évêque de Québec à son roi Louis XIV. Parti sur un des derniers navires à quitter Québec le 14 novembre 1684, il aura voyagé un peu plus de deux mois pour traverser l’Atlantique. À bientôt 60 ans et avec sa santé déclinante, il est fatigué et le roi acceptera son renoncement.

Monseigneur de Laval était persuadé qu’un évêque plus jeune, plus robuste et plus solide ferait un meilleur travail dans la conduite du premier diocèse d’Amérique du Nord. En attendant la consécration de son successeur, il accepte de garder son poste. Il a choisi lui-même l’abbé de Saint-Vallier qui, à 32 ans, est en pleine force de l’âge pour relever ce défi. Malheureusement, les relations tendues entre le pape et le roi de France retardent l’expédition des bulles de nomination.

Mgr de Laval aura la permission royale, après plusieurs demandes de finir ses jours en Nouvelle-France. Il se retire alors dans son séminaire de Québec où il se met à la disposition de Mgr de Saint-Vallier qui sera consacré en 1688. Mgr de Laval remplacera Mgr de Saint-Vallier retenu prisonnier en Angleterre entre 1700 et sa mort survenue en 1708.

19 janvier 2015

19 janvier 1931 – Communistes arrêtés

En attendant le cadenas…

Fred Rose

Fred Rose

La réunion du Conseil des sans-emploi de ce 19 janvier 1931 sera mouvementée à Montréal. La police débarque dans les locaux du Conseil et arrête trois militants communistes. Fred Rose, Tom Miller et Don Chalmers qui sont accusés de sédition et d’incitation à l’émeute. Tous feront un séjour à la prison de Bordeaux et Tom Miller sera déporté dans son pays natal l’Écosse.

Dans l’attente de leur procès, on retrouve les trois communistes au mois de mars 1931 à Cowansville. Une usine textile est en grève suite à une réduction de salaire de 25 % imposée par les patrons. Ce type de situation est malheureusement courante à cette époque, mais la présence d’une organisation communiste est singulière. Elle montre que la branche québécoise du parti communiste suit les préceptes de la Troisième Internationale Communiste mieux connue sous le nom de Komintern.

Fondé en 1921, le Parti communiste du Québec prône la lutte classe contre classe et se bolchévise. La réaction des autorités ne tardera pas. En 1930, un organisateur politique est arrêté à Montréal, en 1937, la Loi contre la propagande communiste dans la Province de Québec mieux connue sous le nom de Loi du Cadenas permettra de fermer les permanences du parti. Malgré cela Fred Rose deviendra député fédéral en 1943 et le parti survivra jusqu’en 2012 où il sera intégré dans Québec Solidaire.

18 janvier 2015

18 janvier 1937 – Voeu de privatisation de l’électricité

Discours précurseur

Dr Philippe Hamel

Dr Philippe Hamel

Dirigeants de ma province et de Montréal, je vous en conjure, rendez-vous à l’évidence; apprenez à connaître la perfidie du monopole de l’électricité. Cherchez donc à répandre dans toute la province les bienfaits de l’électricité. Modernisez notre agriculture par l’électrification rurale intense qui ne se fait que dans les pays où l’électricité est nationalisée. Rendez la campagne plus invitante pour notre jeunesse… le Dr Philippe Hamel lance un véritable cri du coeur ce 18 janvier 1937.

Le député prononce une conférence à l’école du Plateau à Montréal. Le trust de l’électricité, menace pour la sécurité sociale: le titre du discours est clair. Le dentiste qui veut se faire réélire sous les couleurs de l’Union nationale de Maurice Duplessis veut la tête des barons de l’électricité. Développement rural, développement des mines et de l’industrie, développement des manufactures, toute la province a besoin d’électricité. Hamel veut expulser les exploiteurs qui menacent la paix sociale.

Malgré quelques promesses, Duplessis lui refuse même la nationalisation de la plus petite compagnie de la province. Je n’ai pas été élu pour me pavaner en Chambre avec une robe et un bonnet, mais pour me battre contre les ennemis du peuple ! Philippe Hamel démissionnera de l’Union nationale et, désillusionné, quittera la politique en 1939. Sept ans plus tard, en 1944 Hydro-Québec verra le jour donnant ainsi raison au combat du Dr Hamel.

17 janvier 2015

17 janvier 1524 – Verrazanno vogue vers les Amériques

Enfin l’Amérique!

Giovanni da Verrazano

Giovanni da Verrazano

Le port de Madère en Espagne connaît une agitation particulière ce 17 janvier 1524, La Dauphine, une caravelle arrivée de France hisse ses voiles et vogue vers le Nouveau Monde. Après plusieurs reports, le navire commandé par Jean de Verrazane ou Giovanni da Verrazano entreprend son expédition de reconnaissance vers les côtes d’Amérique du Nord.

Des financiers et des banquiers italiens ont affrété ce navire, mais Giovanni da Verrazano est au service du roi de France François Ier. La France part bien tard à la découverte du Nouveau Monde. Les guerres d’Italie expliquent ce retard. Terminées en 1519, elles permettent enfin de tenter de combler le retard pris sur les Espagnols et les Anglais. François Ier veut que la France mette aussi ses pieds en Amérique. Il encourage les entreprises maritimes.

Verrazano, comme bien d’autres, part à la recherche du passage vers les Indes si nécessaire à la poursuite du commerce de la soie et des épices. Il arrive en mars vers les côtes de ce qui est aujourd’hui la Caroline du Nord, puis remonte vers le nord jusqu’à Terre-Neuve. En juillet, il sera de retour en France. Il a dessiné les premières cartes précises qui font de l’Amérique du Nord un continent qui est bien distinctement séparé de l’Asie.

Un pont de New York nous rappelle aujourd’hui ses découvertes.

16 janvier 2015

16 janvier 1694 – Tartuffe interdit

Première censure

Molière patientera avant de s'imposer à Québec

Molière patientera avant de s’imposer à Québec

Nous déclarons que ces sortes de spectacles et de comédies ne sont pas seulement dangereuses, mais qu’elles sont absolument mauvaises et criminelles d’elles-mêmes et qu’on ne peut y assister sans péché, et comme telles, nous les condamnons et faisons défense très expresse à toutes les personnes de notre diocèse de quelque qualité et condition qu’elles soient de s’y trouver. Par ce mandement de ce 16 janvier 1694, Monseigneur de Saint-Vallier s’oppose fermement à ce que le Tartuffe de Molière soit joué à Québec.

Jacques de Mareuil, lieutenant dans la marine royale est un grand amateur de théâtre et il adore se produire sur scène. Après avoir joué avec succès Nicomède, de Corneille, et Mithridate, de Racine qui connaissent un grand succès, il se propose de monter Tartuffe pour fêter dignement le carnaval. Le château Saint-Louis ne verra jamais cette comédie, l’évêque de Québec et son clergé feront tout pour empêcher ce projet.

Le Conseil souverain temporisera ne voulant pas trancher entre l’Église et l’Armée, mais il finira par ordonner l’arrestation de Mareuil, mais celui partira d’abord en expédition militaire durant l’été. Il sera arrêté durant son retour, puis libéré et embarqué discrètement sur un bateau pour la France sur ordre du gouverneur Frontenac. Le théâtre aura connu sa première censure et Tartuffe sera banni longtemps du répertoire québécois.

15 janvier 2015

15 janvier 1600 – Des fourrures pour Pierre de Chauvin

Fondation de Tadoussac

Premier poste de traite de Pierre de Chauvin à Tadoussac

Premier poste de traite de Pierre de Chauvin à Tadoussac

Ce 15 janvier 1600, le roi de France Henri IV nomme Pierre de Chauvin de Tonnetuit lieutenant de Troilus de La Roche qui détient le monopole des fourrures en Nouvelle-France. Pour 100 lieues le long du St Laurent et aux alentours de Tadoussac, Pierre de Chauvin pourra exploiter ce commerce. Chauvin de Tonnetuit, à ne pas confondre avec Pierre Chauvin qui accompagnera Champlain quelques années plus tard, ne tarde pas à exploiter son privilège, dès le printemps, il équipe ses 4 navires et quittent Honfleur en compagnie de colons qu’il a choisis

Pierre Dugua de Mont et Pont Gravé l’accompagnent à titre de passagers même s’ils ne partagent pas l’avis de Chauvin de fonder un poste de traite à Tadoussac. L’endroit semble idéal pour le commerce, mais la rudesse de l’hiver et la pauvreté du sol n’est pas propice à l’installation d’une colonie. Les conflits entre tribus indiennes ne faciliteront pas la tâche des nouveaux colons.

Les colons établis dans la première maison construite à Tadoussac, les associés se consacrèrent à la traite des pelleteries jusqu’à l’automne, et rentrèrent alors pour la France. 16 hommes restèrent pour affronter l’hiver. 5 seulement survécurent, grâce à l’hospitalité des Indiens. Chauvin envoya un navire en 1601 pour rapatrier les rescapés. Un autre voyage en 1602 ne fut pas plus fructueux et Chauvin mourut en France en 1603 sans connaître le développement que la colonie prendrait après les nouveaux voyages de Dugua de Monts et de Champlain.

14 janvier 2015

14 janvier 1904 – Les usines « Angus » de Montréal

Complexe industriel

Les usines Angus à Montréal

Les usines Angus à Montréal

L’aspect de ces mines est grandiose; et lorsque la fumée s’échappera des hautes cheminées, que l’on entendra le marteau résonner sur l’enclume, ainsi que le ronflement des puissantes machines servant à travailler l’acier; que l’on verra le va-et-vient des milliers d’ouvriers, alors on se fera une idée de la vie que la construction de ces ateliers va amener dans cette partie de notre ville… Le journaliste de La Presse annonce avec enthousiasme, ce 14 janvier 1904, que les usines du Canadien Pacifique près de Montréal prendront le nom de Richard Angus.

L’homme d’affaires toujours vivant fut un des artisans du Canadien Pacifique. Les usines emploieront 3000 personnes lors de leur inauguration. Le village de Rosemont sera créé à cette occasion. Rapidement 5000 personnes travailleront à la fabrication de locomotives. Le complexe est jugé moderne et confortable. Il offre à ses employés une bibliothèque, des équipements de loisirs, un hôpital, une banque, etc. Avec ses 68 bâtiments, Angus est considéré comme le plus vaste domaine industriel au Canada.

Durant les deux guerres mondiales, les usines seront converties pour produire des chars d’assaut et du matériel pour l’armée canadienne. Elles emploieront un maximum de 12 000 ouvriers. Elles subiront des ralentissements dans les années 60 et 70. Angus fermera alors une partie de ses ateliers. La fermeture définitive surviendra en janvier 1992.

13 janvier 2015

13 janvier 1878 – Naissance de Lionel Groulx

Prêtre historien

Lionel Groulx

Lionel Groulx

Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, notre État français, nous l’aurons; nous l’aurons jeune, fort, rayonnant et beau, foyer spirituel, pôle dynamique de toute l’Amérique française. Nous aurons aussi un pays français, un pays qui portera son âme dans son visage. L’historien qui prononce ces mots en 1937 à l’occasion du centenaire de la Rébellion des patriotes naît ce 13 janvier 1878 à Vaudreuil près de Montréal.

Pourtant Lionel Groulx ne se veut pas un séparatiste, il précisera quelques jours plus tard sa pensée.

Je ne suis pas séparatiste. Quand je dis État français, je parle d’un État fédératif. Je reste dans la ligne de l’histoire. Nous ne sommes pas entrés dans la Confédération pour en sortir, mais pour nous y épanouir. On trouve dans ces deux citations un des nombreux paradoxes du maître à penser du nationalisme canadien-français et québécois de la première moitié du XXe siècle.

Lionel Groulx enseignera la littérature et l’histoire au Collège de Valleyfield de 1900 à 1915. Titulaire de la Chaire d’histoire de l’Université de Montréal de 1915 à 1949, son enseignement et ses écrits influenceront plusieurs générations de jeunes Canadiens français. Fondateur de la Revue d’histoire de l’Amérique française, ce prêtre historien participera également à la publication de L’Action française et de L’Action nationale. Lionel Groulx décèdera le 23 mai 1967 à Vaudreuil.

12 janvier 2015

12 janvier 1598 – Troilus de la Roche, lieutenant général

Retour en Nouvelle-France

Le marquis de la Roche

Le marquis de la Roche

faisons, créons ordonnons et établissons par ces présentes signées de notre main, notre lieutenant-général ès dits pays de Canada, Hochelaga, Terre-Neuve, Labrador, rivière de la Grande Baye de Norembègue et terres adjacentes des dites provinces et rivières… Par lettres patentes datées de ce 12 janvier 1598, le roi Henri IV nomme Troilus de Mesgouez, sieur de la Roche, lieutenant gouverneur du Canada.

Vivant à la cour de France dès l’âge de 13 ans, Troilus est né vers 1540 en Bretagne. Le roi Henri III le nomme en 1578 vice-roi des Terres-Neuves, c’est-à-dire de la Nouvelle-France, avec pouvoir de gouverner ces territoires. Une première expédition échoue en 1578, son navire est capturé par les Anglais. Il a plus de succès en 1583 lors d’un voyage pour la traite des fourrures, mais l’année suivante, son navire fait naufrage peu après son départ. Il partait avec 300 colons pour établir une colonie.

Les guerres de religion retarderont la reprise de ces affaires et ce n’est qu’en 1598 qu’il s’embarque sur la Catherine et la Françoise avec une quarantaine de colons. Ils s’établiront à l’île de Sable au large de la Nouvelle-Écosse actuelle. La colonie vivotera jusqu’en 1603 où les 11 survivants seront rapatriés en France. Troilus de la Roche qui est rentré en France après l’établissement de la colonie la première année meurt en 1606.

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