Valais Libre

20 juin 2015

20 juin 1985 – Départ de René Lévesque

Surprise du chef

René Lévesque

René Lévesque

Chère Nadia, vous n’étiez pas sans vous douter, comme bien d’autres, que tôt ou tard je quitterais la présidence du parti. Ayant tout pesé de mon mieux, je vous remets la présente qui constitue ma démission prenant effet ce jour même […] Merci du fond du cœur, merci à vous comme à tous ceux et celles qui se reconnaîtront, et qui n’ont cessé depuis tant d’années de payer de leur personne et de leur portefeuille pour bâtir, enraciner, maintenir ce projet si sain et démocratique que nous avons dessiné ensemble pour notre peuple.

C’est par cette lettre envoyée tard ce 20 juin 1985 à Nadia Assimopoulos, vice-présidente du Parti québécois, que René Lévesque met fin à sa carrière politique. Il prend tout le monde par surprise. Toute la journée, il a assisté aux hommages de ses pairs. L’Assemblée nationale célébrait les 25 ans de politique active du premier ministre. Fatigué par son long combat, son leadership attaqué depuis quelque temps, René Lévesque quitte la scène dans un moment qu’il a choisi et s’en retourne à ses premières amours, la radio.

Le premier chef du Parti québécois mourra deux ans plus tard, le 1er novembre 1987. Il sera remplacé à la tête du parti par Pierre-Marc Johnson, mais celui-ci ne gardera pas le pouvoir très longtemps, puisqu’il sera défait aux élections de décembre 1985. L’option indépendantiste qu’a si bien incarnée René Lévesque entre en sommeil pour une dizaine d’années. Malgré le Beau risque, la main tendue à Brian Mulroney, la fin politique du fondateur du PQ aura été difficile.

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19 juin 2015

19 juin 1665 – Arrivée du régiment Carignan-Salières

Sus aux Iroquois

Étendard du régiment

Étendard du régiment

Le port de Québec est en effervescence ce 19 juin 1665. Les quatre premières compagnies du régiment Carignan-Salières finissent de débarquer. Durant les trois mois suivants, 20 autres compagnies arriveront dans la ville. Au final, il y aura entre 1200 et 1300 soldats, plus que la population de la ville de Québec, qui viendront dans la colonie royale pour lutter contre la menace des Iroquois. Cette armée, sous le commandement d’Alexandre de Prouville de Tracy, se mettra immédiatement au travail et se déploiera dans toute la vallée du Saint-Laurentt et sur les rives de la rivière Richelieu.

En 1663, le jeune roi Louis XIV fait passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d’un gouvernement royal. Il entreprend alors de nombreuses réformes pour dynamiser la colonie. Pour faire face à la menace des Iroquois, il ordonne en 1665 l’envoi en Nouvelle-France du régiment de Carignan-Salières, une troupe d’élite alors stationnée en Lorraine qui s’est distinguée en combattant les Turcs en Autriche l’année précédente.

Les troupes érigent plusieurs forts le long de la rivière Richelieu. Impressionnés, les Iroquois se présentent alors pour négocier une paix. Toutes les nations amérindiennes n’étant pas d’accord, ces pourparlers sont un échec. Une première opération militaire se solde par un échec en janvier 1666. Les rigueurs de l’hiver sont plus féroces que les Iroquois. Une nouvelle expédition en automne a plus de succès. La fuite des Amérindiens empêche une victoire totale, mais une paix est signée. Le régiment sera démobilisé en 1668. 400 soldats et officiers restent en Nouvelle-France profitant de l’offre du roi qui leur donne une terre et un peu d’argent.

18 juin 2015

18 juin 1794 – Mort de James Murray

Premier gouverneur

James Murray

James Murray

Après douze ans de retraite bien méritée dans sa propriété du Sussex britannique, ce 18 juin 1794, James Murray décède à Beauport House. Le premier gouverneur anglais de la province de Québec termine un parcours de 73 ans loin des terres qui ont occupé les années les plus marquantes de sa vie. Commandant des troupes qui ont pris la ville de Québec après la mort de son supérieur Wolfe, James Murray aura su gérer les années de transition et les premières années de la nouvelle colonie britannique.

Né en Écosse dans les propriétés familiales, le 21 janvier 1721, James Murray suivra une formation militaire et s’enrôlera à 15 ans dans une brigade écossaise. Son parcours le verra combattre dans les Antilles, en Flandre, en France, puis, durant la guerre de Sept Ans, il débarquera en Amérique du Nord en 1758 où il participera au siège de Louisbourg. Il commandera l’aile gauche de l’armée de Wolfe sur les plaines d’Abraham le 13 septembre 1759. Malgré sa défaite à la bataille de Sainte-Foy, ses troupes seront sauvées par l’arrivée des renforts et il participera à la prise de Montréal qui marquera la fin de la Nouvelle-France.

Nommé gouverneur après la proclamation royale de 1763 qui marque la fin du régime militaire. Il aura une politique ferme, mais conciliante. Il saura surmonter ses préjugés pour empêcher les marchands anglais d’en faire qu’à leur tête. Il sera rappelé en Angleterre en 1766 à cause de fausses accusations. Blanchi, il ne reviendra pas au Québec même s’il reste gouverneur jusqu’en 1768. Il reprendra sa carrière militaire et deviendra gouverneur de l’île de Minorque en Méditerranée. En 1782, il se retirera dans sa propriété en Angleterre pour terminer paisiblement une vie bien remplie.

17 juin 2015

17 juin 1837 – Proclamation Gosford

Huile sur le feu

Papineau devant une assemblée de patriotes

Papineau devant une assemblée de patriotes

Une proclamation affirmant que les assemblées patriotes constituent une atteinte à la paix et visent à retirer l’allégeance de la population à la monarchie est affichée partout à Québec ce 17 juin 1837. Pour assurer la paix et le bon ordre, le gouverneur Gosford interdit les publications séditieuses, demande à la population d’éviter les assemblées et lui demande également de faire tout pour empêcher la tenue de tels discours. Le pays entre dans une période de troubles. Les résolutions de Russell qui répondent aux 91 résolutions de Papineau ne sont pas bien accueillies par les patriotes.

Le 7 mai 1837, une première assemblée de protestation est organisée à Saint-Ours. Elle servira de modèles aux nombreuses qui suivront durant l’été et l’automne 1837. Devant cette agitation des patriotes des bureaucrates et des partisans de l’ordre établi poussent le gouverneur à agir. Au mois de juin, le Conseil exécutif est réuni à Québec. La dissolution de la Chambre d’assemblée et les actions à prendre contre les assemblées de patriotes sont discutées. Loin de calmer les esprits, la proclamation du gouverneur va jeter de l’huile sur le feu.

Le 18 juin, une nouvelle assemblée est organisée à Berthier. La proclamation rapidement affichée dans la région est jugée honteuse. Papineau qui s’exprime à cette occasion demande à la population de respecter l’autorité des capitaines de milice, dont plusieurs sont présents à l’assemblée. Mais il s’empresse d’ajouter que toutes les lois, en parlant de la proclamation, doivent respecter la constitution. Papineau déclare aussi qu’il n’est pas nécessaire d’obéir à ceux qui briment les droits de la majorité. Les assemblées continueront, cette proclamation n’aura fait que de radicaliser les positions.

16 juin 2015

16 juin 1755 – Capitulation de fort Beauséjour

Début de la Conquête

Maquette du fort Beauséjour

Maquette du fort Beauséjour

La casemate construite de grosses poutres de bois couvertes de 10 à 12 pieds de terre, environ 4 mètres, ne résiste pas à l’obus anglais qui vient de l’atteindre. Quatre de ses occupants sont tués. Ce matin du 16 juin 1755, les derniers survivants du fort Beauséjour demandent à leur commandant de capituler. Après deux semaines d’un siège inégal, Louis du Pont Duchambon, sieur de Vergor livre les restes du fort aux Britanniques, l’Acadie est perdue. Le lendemain, le fort Gaspareau, dernier rempart, se rend sans combattre.

La construction du fort Beauséjour avait débuté en 1751. Premier exemple d’un fort de forme pentagonale à cinq bastions en Amérique du Nord sur un modèle de fortification dessiné par le célèbre architecte militaire français Vauban, le fort de la pointe Beauséjour devait défendre la zone du Nouveau-Brunswick actuel resté français face à la Nouvelle-Écosse devenue anglaise. Une petite garnison française d’une centaine de soldats y séjournera durant 4 ans. La France comptait sur les miliciens acadiens de la région pour compléter la défense.

Les Anglais pensent que la guerre de Sept Ans peut se jouer en Amérique du Nord et ont une stratégie globale pour envahir la Nouvelle-France. L’Acadie est une des premières clés. Au début du mois de juin 1755, 2000 hommes commandés par le colonel Robert Monkton sont devant le fort Beauséjour pour déloger les Français. Après quelques jours de bombardement et devant la disproportion des forces le fort tombe ouvrant la voie aux Anglais. La présence de colons acadiens aux côtés des Français renforce les Britanniques dans leur idée de débarrasser le pays de ces traitres. Le grand dérangement peut commencer.

15 juin 2015

15 juin 1846 – Traité de Washington

Frontière canado-américaine

Les frontières de l'Oregon Country

Les frontières de l’Oregon Country

Fifty Four Forty or Fight ! Ce cri de guerre des Américains ne se réalisera pas. Leur volonté d’annexer les territoires de l’Ouest du continent jusqu’à la frontière de l’Alaska alors possession russe s’oppose à la volonté britannique d’en rester à la convention de 1818. Ce 15 juin 1846, le traité de Washington, aussi appelé traité de l’Oregon, est signé entre les deux parties. Le 49e degré fixe la frontière entre les deux états et l’île de Vancouver est intégralement possession du Canada britannique.

L’achat en 1803 de la Louisiane par les États-Unis les pousse à avoir des velléités sur les territoires plus au nord à l’ouest du continent. Jusqu’alors, les Britanniques revendiquent les territoires à l’ouest des montagnes Rocheuses jusqu’à la frontière sud avec la Nouvelle-Espagne. L’Oregon Country est alors au centre des transactions entre les deux puissances qui se divisent l’Amérique du Nord. Les tensions sont vives et en 1819, un traité entre l’Espagne et les États-Unis fixe au 42e parallèle nord la frontière avec ce qui deviendra le Mexique deux ans plus tard.

Dans les années 1840, le conflit reprend entre Américains et Britanniques pour la possession de l’Oregon qui va alors du Mexique à l’Alaska et qui est, selon la convention de 1818, occupé conjointement par les deux pays. Droit du premier occupant, les marchands de fourrures britanniques contre dynamisme de la colonisation américaine, un compromis est trouvé au 49e parallèle et la frontière canado-américaine est enfin définitivement fixée.

14 juin 2015

14 juin 1808 – Exclusion du Gouvernement

Journal Le Canadien

06.14 Le Canadien[…]  exciter au mécontentement la population, et créer un esprit de discorde et d’animosité entre les deux éléments qui la composent. Cette accusation portée contre les propriétaires du journal Le Canadien par le gouverneur Craig va lui permettre d’exclure, ce 14 juin 1808, Joseph Planté de ses fonctions d’inspecteur du Domaine du Roi et greffier au papier terrier et Jean-Antoine Panet, Pierre-Stanislas Bédard, Joseph-Louis Borgia, François Blanchet et Jean-Thomas Taschereau de leur fonction de cadres des officiers de milice.

Fiat justitia ruat caelum (en français : « Que le ciel s’écroule, mais que justice soit faite »), telle est la devise du journal fondé en novembre 1806 par le chef du Parti canadien, Pierre-Stanislas Bédard. Deux ans plus tard, le 17 mars 1810, le gouverneur Craig frappera encore plus fort. Des soldats perquisitionneront les locaux du Canadien. L’imprimeur Charles Lefrançois sera jeté en prison. Il sera suivi trois jours plus tard par les propriétaires du journal. Certains resteront plus d’une année en prison sans jugement.

Le journal renaîtra en 1817 sous la responsabilité rédactionnelle de Laurent Bédard, un neveu de Pierre-Stanislas. Toujours soutenu par le Parti canadien, il paraîtra durant deux ans environ. Après une interruption d’un mois environ, il reprend en janvier 1820 pour sa dernière époque qui durera jusqu’en 1825. Les parutions seront alors suspendues faute de moyens financiers. Malgré un nouvel essai de quelques semaines, le journal disparaîtra définitivement durant l’été 1825.

13 juin 2015

13 juin 1878 – Émeutes ouvrières

Répression mortelle

Proclamation du 13 juin 1878

Proclamation du 13 juin 1878

Des mesures de répression efficaces ont été adoptées et seront énergiquement mises à exécution. Pour accompagner cette proclamation de ce 13 juin 1878, des troupes venues en renfort de Montréal débarquent ce même jour à Québec. L’ampleur des manifestations ouvrières qui secouent la ville oblige le gouvernement à des mesures fortes. Le lendemain, l’ordre reviendra et les ouvriers regagneront leurs chantiers après avoir obtenu un salaire de 0,70 à 1 $ pour les journaliers.

Tout avait commencé au le 3 juin précédant lorsque 500 ouvriers du chantier de l’Hôtel du Parlement se mettent en grève à cause d’une menace de baisser leur salaire à 0,50 $ par jour. Les employeurs les remplacent immédiatement par des ouvriers venus de Trois-Rivières. Deux jours plus tard, les grévistes arrivent à convaincre leur confrère de se mettre aussi en grève. Le conflit se prolonge avec l’intransigeance des employeurs. Dès le 11 juin, des pillages obligent le gouvernement à faire intervenir la troupe.

Les troupes tirèrent dans la direction de la côte du Chien d’où furent lancées le plus grand nombre de pierres. La première décharge n’obtint aucun résultat. À la deuxième, on vit tomber deux hommes dont l’un fut tué instantanément et l’autre grièvement blessé. Ce récit du Journal de Québec détaille la mort de deux hommes. Dix autres seront blessés le 12 juin. La proclamation et les renforts du lendemain mettront un point final à cette crise ouvrière.

12 juin 2015

12 juin 1636 – Arrivée de Montmagny

Premier gouverneur

Charles Huault de Montmagny

Charles Huault de Montmagny

Un Te Deum est chanté dans la chapelle Notre Dame de la Recouvrance, puis le canon tonne et les mousquets tirent quelques salves en l’honneur du nouveau gouverneur à qui l’on remet les clefs du fort. Ce 12 juin 1636, d’autres sources parlent du 11 juin, Charles Huaut de Montmagny arrive à Québec et prend possession de ses nouvelles charges. En débarquant, il apprend que celui qu’il est venu remplacer est mort quelques mois auparavant. Il n’aura pas à chasser Samuel de Champlain de son poste.

Né vers 1583, Charles Huaut de Montmagny est issu d’une famille dont la noblesse est très ancienne. Il sera élevé chez les Jéauites et entrera dans l’ordre de Malte en 1622. Il deviendra officier de marine en Méditerranée sur des navires de l’ordre. En 1632, il fait partie des directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France. En 1635, il est nommé gouverneur de la Nouvelle-France et reçoit sa commission le 15 janvier 1636. Une quarantaine de colons viennent avec lui faire grandir la colonie.

Il va poursuivre l’oeuvre de Champlain et commence par faire un tour de la colonie en septembre 1636. Il rentrera à Québec convaincu de la nécessité de renforcer les défenses. Le château Saint-Louis sera reconstruit en pierre, il va organiser la ville selon les modèles de l’époque. Il est à l’origine des principales rues du Vieux-Québec qui existent encore aujourd’hui. Il conclura une paix avec les Agniers en 1645, mais quittera son poste en 1648 pour aller terminer sa vie dans les Antilles où il mourra vers 1653.

11 juin 2015

11 juin 1638 – La terre tremble

Filed under: ca. calendrier historique du Canada — vslibre @ 5 h 59 min
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Choc sismique

06.11 TremblementsLes arbres étaient saouls […] étonnés de voir leurs plats d’écorce se choquer les uns contre les autres et l’eau sortir de leurs chaudières. Les Amérindiens sont marqués par ce qu’ils ressentent ce 11 juin 1638. Les Relations des Jésuites signalent également un tremblement de terre près de Trois-Rivières. C’est le premier tremblement de terre attesté en Nouvelle-France. Il semble que la terre tremble plusieurs fois en l’espace de six mois entre Gaspé et Montréal. Il n’y aurait eu que des dégâts matériels et aucune victime.

Selon la tradition orale des Hurons, la terre aurait déjà tremblé à l’époque des visites de Jacques Cartier vers 1534, 1535, mais ces épisodes ne semblent pas confirmés par les recherches. Par contre, trente ans plus tard, en 1663 la terreur s’abat sur la colonie. On sent dans tout le pays un «frémissement de terre, suivi d’un bruit ressemblant à celui que feraient des milliers de carrosses lourdement chargés et roulant avec vitesse sur des pavés». Bientôt, l’on entend comme le «pétillement du feu dans les greniers», le roulement du tonnerre, le «mugissement des vagues se brisant contre le rivage», «quelques fois on aurait dit une grêle de pierre tombant sur les toits».

Le cours d’histoire de l’abbé Ferland raconte avec force détails ce déchaînement qui s’abat sur la province au début du mois de février. La vallée du Saint-Laurent sera ensuite régulièrement le théâtre de tremblement de terre de plus ou moins grande importance. Les régions de Charlevoix en 1925 et de Saguenay en 1988 sont les dernières touchées.

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