Valais Libre

21 janvier 2016

Les terroristes frappent à nos portes.

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 10 h 58 min
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Une terrasse funeste à Ouagadougou (photo La Presse.ca)

Une terrasse funeste à Ouagadougou (photo La Presse.ca)

Le club suisse de Québec était réuni dimanche dernier, le 17 janvier à Charlesbourg, un quartier au nord de la ville de Québec. À l’heure de l’apéritif, le consul général de Suisse venu tout spécialement de Montréal nous demande une minute de silence. À Ouagadougou, les terroristes avaient frappé une fois de plus. La lointaine terre d’Afrique unissait le Québec et le Valais dans une communion de stupeur et de douleur.

Je profitais de cet instant de recueillement pour repasser mes quelques souvenirs de Jean-Noël Rey que j’ai croisé une ou deux fois durant mes pérégrinations politiques, mais surtout ceux de Géorgie Lamon qui était député lors de mes huit premières années de suppléance. Je garde le souvenir d’un homme de conviction qui m’impressionnait par la finesse de son discours. Les mots sonnaient juste dans sa bouche.

Mon voisin durant les mots du consul, habite au lac Beauport, en périphérie de la ville de Québec, là où résidaient les 6 Québécois abattus dans le même café que les deux Valaisans. Deux terres si loin du Burkina Faso, deux groupes venus en aide aux plus défavorisés, deux tragédies pour des amis, des familles en deuil. Le terrorisme n’est plus chose lointaine ou aléatoire, il frappe dorénavant près de notre cœur. Une nouvelle réalité nous oblige à changer notre vision du monde.

 » Concert d’éloges pour des êtres d’exception  » du journal Le Soleil rejoint  » un exemple d’engagement  » ou  » de gauche jusqu’à la mort  » du Nouvelliste. Québec et le Valais présentent des similitudes pour décrire et nommer la stupeur et la douleur de ces morts injustes. Le deuil se vit avec les mêmes rites des deux côtés de l’Atlantique. Je suis persuadé que les habitants de Lens, de Chermignon et du lac Beauport auraient beaucoup à partager dans ces moments.

Au-delà de tout ce qui a été dit, deux constats me viennent à l’esprit. Tout d’abord, le terrorisme ne cesse d’évoluer. Il a été politique avec les brigades rouges, l’ETA irlandais ou le FLQ québécois de ma jeunesse, plus ciblé avec les attentats contre les intérêts juifs à Paris par exemple dans les années quatre-vingt, plus lointain aussi avec le 11 septembre. Aujourd’hui, il est lié à la guerre des islamistes conquérants qui frappent partout à travers le monde.

Ensuite, qu’on le veuille ou non, nous réagissons très différemment, selon que les victimes nous soient proches ou lointaines. Quelques jours avant Ouagadougou, Djakarta a connu aussi l’horreur, mais elle est si lointaine que nous ne nous sentons moins touchés. J’ai lié le Valais et le Québec, mais chacun vit son deuil de son côté. Le village français qui a perdu trois de ses habitants dans le même café ressent les mêmes émotions.

Les terroristes l’ont bien compris, ils ne frappent pas à l’aveugle. La dissémination des loups solitaires des groupuscules jette tout le monde occidental dans une nouvelle réalité. Il va falloir apprendre à vivre avec ces nouvelles menaces jusqu’à la prochaine évolution terroriste, car l’histoire ne se termine malheureusement pas sur une terrasse de Ouagadougou.

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