Valais Libre

11 février 2016

Pauvres poulets superbowlisés

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 7 h 14 min
Tags: , ,

160211 superbowlUn milliard de poulets sacrifiés sur l’autel du football, c’est le résultat de la folie du Super Bowl. Je l’avoue, j’ai participé à ce génocide de gallinacés. Santa Clara dans la baie de San Francisco a été le théâtre dimanche dernier du 50e match ultime de la saison de football.

Lorsque je suis arrivé en Amérique du Nord, voilà 4 ans, le football était pour moi le sport roi. Un sport où 22 acteurs se disputent une sphère ronde et, lorsqu’arrive l’heure de la finale, c’est le FC Sion qui gagne ! Tout était clair et limpide, comme un dribble de Messi.

Football américain

J’ai déchanté. Le football est ici une lutte entre brutes cuirassées qui font tout pour s’empêcher de maîtriser un ballon de rugby. Je ne comprenais pas l’engouement pour ce sport que je jugeais barbare, où l’on passait plus de temps à arrêter de jouer et à se remettre en place qu’à véritablement tenter de marquer des points.

Il a fallu que j’assiste à une partie du Rouge et Or de l’Université Laval. Je devais rédiger un reportage sur le sport à l’université en Amérique du Nord. Je vous parlerai une autre fois de l’organisation du sport ici, ça n’a rien à voir avec l’Europe, mais on pourrait en tirer quelques leçons…

J’étais donc au bord du terrain sans trop comprendre ce qui se passait lorsque M. Lépine, le responsable du sport universitaire m’a initié aux règles du football. Depuis, la piqûre a pris et je me passionne pour ce sport hautement stratégique. Dès que j’ai compris que le but était de progresser de 10 verges (environ 10 mètres) en 4 essais (3 au Canada), tout est devenu limpide.

Passion NFL

Bref, le football américain comme on le nomme en Europe est un sport qui déchaîne les passions de la fin de l’été au début février. La saison de la LNF (NFL pour les anglophones) comporte 17 matchs qui permettent de trier parmi les 32 équipes, les 12 qui participeront aux séries éliminatoires. Enfin, janvier arrive et les choses sérieuses commencent, 4 tours et enfin le duel final : le Super Bowl qui voit s’affronter le vainqueur de la conférence nationale et le gagnant de la conférence américaine.

Mais le Super Bowl, c’est beaucoup plus que ça. En cinquante éditions, l’aventure est devenue gigantesque, les places sont inabordables, le prix moyen est d’environ 5000 dollars, l’avant-match dure une semaine et tous les médias n’ont plus qu’un sujet en tête.

Le Super Bowl c’est aussi plus qu’un match de football, c’est un spectacle de la mi-temps devenu démentiel. C’est surtout de la publicité qui vole la vedette aux autres moments. Pour un prix d’environ 5 millions de dollars les 30 secondes, les firmes rivalisent d’originalité pour produire de petits bijoux. Heinz et ses hot-dogs courants ont incontestablement obtenu la palme cette année. (voir les 10 meilleurs pubs 2016)

Un dimanche hors norme

Mais au-delà de tout cela, le Super Bowl, c’est avant tout un dimanche sportif où les mâles nord-américains peuvent se laisser aller. Les ailes de poulet triomphent, les recettes s’échangent entre spécialistes pour dénicher le meilleur assaisonnement. Durant les soirées, organisées sur un thème ou une cause, dans les bars sportifs ou chez des privés, elles se dégustent avec de la bière, beaucoup de bière.

Dans mon cas, c’est avec un couple d’amis que je vis mon Super Bowl depuis 4 ans. Quelques bonnes bouteilles de vin blanc remplacent la bière, mais les paris sur tous les aspects du jeu, mais aussi hors du jeu font partie de la soirée. Les Panthers de la Caroline qui avaient écrasé la saison affrontaient les Broncos de Denver et leur légendaire quart-arrière vieillissant.

Le duel a été défensif. Lady Gaga, toute de rose vêtue, a chanté un hymne américain jazzy, mais somptueux, unanimement salué par la critique. À la mi-temps, Coldplay, Bruno Mars et Beyoncé se sont déhanchés avant les publicités les plus attendues de l’année et finalement les 8 valeureux rescapés qui ont assistéau 50 Super Bowl depuis le 15 janvier 1967 ont eu droit à un match défensif. Il a permis à Peyton Manning d’entrer dans la légende en gagnant un deuxième titre avec deux équipes différentes.

Personne n’avait réussi cet exploit. Le quart-arrière de 39 ans peut prendre sa retraite, le football repart pour un nouveau demi-siècle d’exploits. Je vais patienter jusqu’à l’automne en espérant voir à distance une autre légende du football, mon FC Sion me faire vibrer ce printemps.

Publicités

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :