Valais Libre

28 février 2017

Militant en campagne

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
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photo: canal9.ch

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Dans quelques jours les élections valaisannes auront livré leurs premiers verdicts. La composition du Grand conseil sera connue et le premier tour du Conseil d’État aura donné une tendance lourde de ce que sera le gouvernement des quatre prochaines années. Je profite de cette fin de campagne pour revenir sur quelques souvenirs de campagnes électorales.

J’ai observé la campagne de loin. La distance dilue aussi les émotions, car, pour les militants actifs, une campagne électorale c’est avant tout des émotions fortes. J’en ai mené quelques-unes en 20 ans de politique active. Entre la campagne pour les élections nationales 1991 et celle de 2011, que ce soit au niveau fédéral, cantonal ou communal, j’en ai vécu des émotions.

2017 semble avoir été très dure. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène des ragots, des dénigrements personnels et des coups bas. Ces bassesses sont aujourd’hui plus visibles, mais elles ont toujours existé. De la guerre des affiches aux rumeurs les plus malsaines, rien ni personne n’est épargné durant ces périodes fébriles.

Nul besoin de remonter aux époques où les pots-de-vin prennent leur source étymologique avec le versement de larges verrées pour acheter ou plutôt arroser le vote pour trouver des pratiques douteuses. Quel village n’a pas connu son anecdote sournoise: untel enfermé dans son écurie au petit matin et libéré qu’après la fermeture des bureaux de vote ou un autre soûlé la veille et séquestré durant le temps de voter ?

Je n’ai pas connu ces époques heureusement révolues, mon temps a été marqué par les guerres d’affiches. La ruse était souvent nécessaire pour que l’affichage dure. En 1991 par exemple, lors des premières listes des jeunesses politiques pour le Conseil national, notre graphiste nous avait fait des affiches d’un format légèrement plus grand que le traditionnel. Lorsque nos adversaires collaient une de leurs affiches sur une des nôtres, on voyait toujours notre logo au moins d’un côté…

Que dire aussi des techniques de collage ! Un de mes colistiers, lors d’une campagne au Grand conseil nous avait procuré une colle fantastique, indécollable. Nous pouvions enfin fixer ailleurs que sur les vieilles granges. Quelques-unes étaient encore visibles une campagne plus tard. Elles étaient indéchirables aussi.

Au-delà de ces guerres, il fallait oser sillonner le canton pour diffuser la bobine de nos candidats. Ce militantisme fut source de belles amitiés. Quand on s’est rencontré régulièrement vers 23 heures au Mac Do de Sion pour prendre des forces et du courage avant d’aller inonder le Haut-Valais d’affiches de conseiller d’État radical, on ne pouvait faire ça que de nuit, les liens sont solides et durables.

Ce sont les bons côtés du militantisme et de l’engagement sur le terrain. Je souhaite à tous ceux qui ont vécu cette campagne sur le terrain d’en retirer autant de bénéfices humains que possible. Le verdict des urnes sera favorable pour les uns, durs pour d’autres, mais ce sont les règles de la démocratie et c’est par les militants qu’elle prend aussi tout son sens.

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