Valais Libre

28 mars 2017

Le vote par correspondance et la fraude électorale.

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
Tags: ,

 

Comme la plupart d’entre vous, je pensais en avoir fini avec les élections cantonales 2017. Un nouveau gouvernement, un nouveau Grand conseil, le travail pouvait commencer, le Valais en a bien besoin. Non, tout n’est pas encore fini. Des fraudes semblent avoir entaché le 2e tour. L’interminable feuilleton continue. Trop loin pour savoir en détail ce qui se passe, je vais vous partager un peu d’histoire, quelques souvenirs et des considérations sur le vote par correspondance généralisé.

Ce n’est pas la première et sûrement pas la dernière fois qu’un résultat électoral est soupçonné de fraude. Tous les militants un peu passionnés ont des histoires savoureuses à raconter. Si elles font le bonheur des initiés, elles n’ont jamais vraiment entraîné des changements significatifs à la volonté populaire. J’évoque une de ces incongruités dans mon éphéméride historique « 366 histoires du Valais » paru aux Éditions du Lys dans les Étoiles et que vous pouvez retrouver sur mon blogue:on vote à Törbel.

Ce 25 octobre 1925 n’est que la pointe de l’iceberg. Bourrage des urnes dans une commune de montagne, remplacement de bulletin de vote au moment du dépouillement dans une grande commune de plaine, l’histoire des élections valaisannes offrirait de la matière pour une belle anthologie des petites fraudes démocratiques. Chaque commune doit avoir son lot d’histoires croustillantes qui, sans avoir modifié le résultat, font partie du folklore local d’un autre temps.

Vote par correspondance

Avec la généralisation du vote par correspondance, les soupçons de fraudes deviennent plus grands. La procédure qui se veut facile et incitative devait augmenter significativement la participation. C’est peut-être le cas, mais j’en doute. Par contre, elle multiplie les occasions de fraudes pour les personnes malintentionnées ou tout simplement les militants un peu trop enthousiastes.

Je me souviens des premières occasions de ce vote par correspondance ou des militants fouillaient ou se postaient près des poubelles à papier des grands immeubles résidentiels de la plaine du Rhône pour récupérer les enveloppes jetées négligemment par des citoyens peu intéressés par la chose démocratique ou tout simplement ignorants des nouvelles procédures. Une petite invention de signature (personne n’a de registre, donc de contrôle) et le tour est joué.

Les manipulations plus institutionnelles sont aussi inquiétantes. Comme les communes ont une réserve d’enveloppes extérieures pour en redonner aux citoyens qui ont mal ouvert la leur et que cette réserve n’était (je ne sais pas si ça a changé) pas contrôlée, la porte était ouverte aux manipulations. Facile pour un employé indélicat, surtout dans les petites communes, d’ouvrir, le soir ou la nuit venue, quelques enveloppes déposées à la maison de commune, de changer le vote et de remettre le tout dans une nouvelle enveloppe.

À certains endroits sensibles, durant les élections communales 2008, des agents de police devaient accompagner des employés communaux pour relever la boîte postale et s’assurer que les enveloppes étaient ensuite mises directement dans une urne scellée. Tout peut changer si vite dans les petites communes. Pour les plus grandes et a fortiori pour un vote cantonal, il faudrait une fraude massive quasi impossible pour changer l’issue d’un scrutin.

Voter, un devoir

La plupart de ces dérives viennent du vote par correspondance qui se veut une incitation à l’acte de voter. C’est vrai que cette procédure facilite les choses, mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Ici, au Québec, le vote se fait sur une seule journée, une journée de travail où les employeurs doivent libérer leurs employés le temps nécessaire pour accomplir leur devoir au début ou à la fin de la journée.

Ainsi le vote est l’expression d’une volonté d’un moment bien circonscrit, pas dilué sur trois semaines comme chez nous. La fraude est plus difficile. Certes, le système peut paraître archaïque avec les isoloir en carton (journée d’élection), mais il mérite réflexion.

Au final, la qualité des candidats, la qualité plus que l’âpreté du débat doivent être les facteurs incitatifs. Dans un monde idéal, des citoyens bien informés éliraient les meilleurs gouvernants. C’est vers cet idéal qu’on devrait tendre. Le chemin est encore long, mais n’oublions pas que la Suisse et avec elle le Valais font partie des régions du monde où cet idéal démocratique est le plus proche de la réalité.

Publicités

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :