Valais Libre

1 mai 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Filed under: e. Auteurs québécois — vslibre @ 10 h 30 min
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Jean-Paul Desbiens (1927 – 2006)

desbiens-portraitsJean-Paul Desbiens né le 7 mars 1927 à Métabetchouan dans la région du lac Saint-Jean. Il entre chez les Frères maristes à l’âge de 14 ans. Il deviendra frère Pierre-Jérôme trois ans plus tard. Il est diplômé en philosophie de l’Université Laval, obtenant sa licence en 1958. Il enseigne ensuite dans la région du Lac-Saint-Jean à l’académie commerciale de Chicoutimi et au collège d’Alma.

En 1960, il publie Les Insolences du Frère Untel sous le pseudonyme de « Frère Untel » chez Les Éditions de l’Homme. Il déplore la qualité de la langue parlée et écrite au Québec, qu’il appelle joual. Cet ouvrage d’à peine 150 pages marque la société québécoise, devient l’un des premiers best-sellers québécois avec un tirage de 100 000 exemplaires et est republié plusieurs fois. Cette publication changera sa vie.

Il soulèvera l’ire de sa congrégation et s’en ira quelques années en Europe pour faire un doctorat en philosophie à Fribourg en Suisse. À son retour en 1964, le ministre de l’Éducation lui confiera la mission d’organiser les nouveaux Cégeps. Il travaillera ensuite dans diverses organisations, deviendra provincial de sa congrégation, publiera divers ouvrages et essais et finira ses jours à Château-Richer le 23 juillet 2006.

Les insolences du frère Untel (1960)

desbiens-livreC’est à la hache que je travaille. Le temps n’est pas aux nuances aux pays du Québec. Quand tout le monde parle joual, ce n’est pas le moment de surveiller ses ne … pas et ses ne … que. Si un homme est en train de dormir dans sa maison en feu, on ne le réveille pas au son de la petite sérénade nocturne de Mozart. On lui hurle de se réveiller, et s’il dort dur, on le taloche aller-retour. Le décor est posé. Le frère Untel lance un cri d’alarme qui secouera le petit monde de l’éducation québécoise.

Parues d’abord sous forme de lettres dans le Devoir à partir de la fin 1959, les insolences du frère Untel suscitèrent de nombreuses réactions et déclenchèrent un feuilleton de réponses. Il en paraîtra une douzaine jusqu’en juin 1960. Ces lettres seront à la base du livre qui secoue l’automne québécois. Le frère Untel deviendra la cible de toutes les attaques et de tous les soutiens. Sa dénonciation du parler joual, mais surtout du milieu éducatif est un des signes de la Révolution tranquille qui naît dans la province.

Le frère Untel est un frère mariste, un enseignant qui croit en son métier, mais qui se sent écraser par un système qui ne correspond plus aux besoins de l’époque. Il dénonce la peur qui plane sur ses frères en religion et en enseignement. Il donne même la parole à une soeur qui déclenchera aussi une vaste polémique. Son analyse froide, mais lucide de l’instruction au Québec rendra public un malaise qui empêche des évolutions nécessaires.

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