Valais Libre

30 mai 2017

Quand l’histoire chavire

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
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Photo: canal9.ch

La semaine dernière a été très difficile pour les Valaisans en exil comme moi. Un morceau de notre histoire s’est effondré sans que nous ne puissions rien y faire. Le Valais change, la votation sur la Lat l’a montré aussi, mais la défaite du FC Sion en finale de la Coupe est-il un symptôme d’un changement en profondeur ?

« Je frissonne en repensant à cette 55e minute, nous sommes menés 1 à 0. Nous obtenons un bon coup franc, Goran Obradovic le botte. Le ballon monte au-dessus du mur bernois, il prend le chemin des filets. Du banc, avec l’angle de vue, je m’attends à ce que la main de Wölfli, le gardien des Young-Boys, surgisse pour détourner le cuir. Elle n’arrivera jamais… Nous égalisons dans un stade qui chavire. »

Cette déclaration de Christophe Moulin, je l’avais recueillie en 2011 alors que je le rencontrais pour évoquer son bureau de placement fixe et temporaire qui soutenait le FC Savièse. Je rédigeais des textes pour les programmes de match. Assis au bar 78 de la rue du Grand-Verger à Martigny, nous reparlions de la dixième victoire en finale de Coupe. En 2006, Christophe Moulin avait fait un intérim sur le banc du club de la capitale qui lui laisse un souvenir incroyable:

« Malgré le fait que nous jouions cette finale chez nos adversaires, le stade était rouge et blanc. Le FC Sion ne peut pas perdre une finale grâce à son public. En entrant dans le stade, en voyant cette marée aux couleurs du Valais, l’équipe et son entourage sont pris d’un vertige positif indescriptible. Après le dernier penalty victorieux de Regazzoni, le monde chavire.

En me remémorant ces moments, les frissons me reviennent. Après cette finale, nous sommes remontés en Super League pour clore une période exceptionnelle de ma vie footballistique. »

Pourquoi ça n’a pas marché

La semaine dernière, la magie n’était plus là. Je n’ai pas pu suivre cette finale. Mon exil et mon activité professionnelle ne m’ont permis ni de voyager ni de la trouver sur Internet. En 2015, j’avais trouvé un site russe qui diffusait la finale en direct avec un son d’ambiance. J’avais tremblé et savouré la magie du petit qui avalait tout cru le favori.

Rien de cela cette année, les premiers échos que j’ai reçus le lendemain, me laissaient voir un public résigné beaucoup trop vite. La marée valaisanne dont parlait Christophe Moulin ne semblait pas avoir joué son rôle. Pourquoi ?

« Les joueurs ne le méritaient pas… », ai-je entendu. Peut-être, mais d’autres finales étaient plus qu’incertaines et pourtant la magie a opéré. Le gardien Pierre-Marie Pittier avait été effroyable et sifflé en championnat avant de se sublimer lors de la finale 1982 gagnée 1-0 contre Bâle. Et que dire d’Alain Balet, la tour de la défense qui devenait buteur en finale avec des volées du pied, lui qui ne marquait que de rare fois de la tête en championnat ?

Les exemples pourraient se multiplier, mais après 52 ans de légende, c’est fini. Irrémédiablement fini. Rien ne pourra jamais ramener l’invincibilité. Pourquoi le public qui osait tout n’a pas réussi à magnifier une équipe ordinaire ? Peut-être parce qu’aujourd’hui les « Ouh … Ah… Outara ! » ne passeraient plus. Trop politiquement incorrect.

Aseptisation

La mondialisation aurait-elle atteint le Valais ? Ce nivellement des valeurs et des comportements qui fait qu’on n’accepte plus ce qui n’entre pas dans le cadre de l’universellement reconnu toucherait-il ma terre d’origine ? Ce canton si unique dans une Suisse si propre en ordre s’est-il laissé convaincre qu’au fond, il est comme les autres ?

Je ne l’espère pas. Si dans certains domaines, la révolte n’est pas toujours bonne, en acceptant des lois comme la LAT, le Valais va dans le bon sens, ce serait dommage que ça se fasse au détriment de son identité. Je tremble déjà à l’interdiction des combats de reine. Les défenseurs des animaux pourraient bien trouver ces duels trop cruels, un peu comme les Montréalais qui veulent interdire le rodéo prévu dans le cadre du 375e anniversaire de la ville, car chevaux et taureaux connaîtraient trop de stress…

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