Valais Libre

20 juin 2017

Mourir dans la dignité

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
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Michel Cadotte, 56 ans, saura en juillet s’il pourra être libéré en attendant son procès pour le meurtre de sa femme dans un CHSLD de Montréal. (photo: Journal de Montréal)

Au Québec, un homme fait face à ses juges pour avoir étouffé sa femme qu’il n’arrivait plus à la voir dépérir pendant qu’en Suisse, Exit pense à étendre son offre de prestation. La semaine dernière a été propice à une réflexion sur la fin de vie.

Notre espérance de vie ne cesse d’augmenter. Les avancées de la médecine nous permettent une vie plus longue et de meilleure qualité, mais ces gains incontestables entraînent quelques questions qui méritent un débat sérieux et posé. La politique commence à s’en emparer, mais le problème me paraît bien plus philosophique.

Au Québec

Le Québec a fait œuvre de pionnier au Canada avec sa législation sur l’aide médicale à mourir. Fruit d’un débat sérieux et consensuel, la loi a été adoptée à l’unanimité. Elle répondait à un jugement de la Cour suprême. Surtout, elle se voulait une réponse médicale, on parlait de soins de fin de vie.

Aujourd’hui, le Canada s’est doté d’une loi plus large. Je n’entrerai pas dans les détails, mais entre la notion de mort imminente et celle de mort raisonnablement prévisible, les juges ont fort à faire et ce n’est pas leur rôle.

Michel Cadottea étouffé sa femme qu’il aimait parce qu’il ne voulait plus qu’elle souffre, parce qu’il ne pouvait pas accepter de ne pas pouvoir l’aider, pas que les institutions médicales, dépassées par cette problématique. Les CHSLD (équivalent des homes suisses) n’offrent pas une qualité de fin de vie à la hauteur de notre civilisation, mais est-ce possible ?

Son procès est en cour, le verdict montrera jusqu’où la Société peut accepter ce genre de défi. Par contre, il n’est pas normal que des patients doivent actionner le système judiciaire pour faire valoir leur droit à mourir dans la dignité. C’est pourtant la démarche engagée par deux victimes de maladies dégénératives qui veulent avoir le droit de mourir dans la dignité au Québec.

En Suisse

Elles n’ont pas les moyens de se payer un voyage en Suisse pour bénéficier d’un suicide assisté. D’autres l’ont fait dernièrement. Car la Suisse a une politique beaucoup plus libérale sur le sujet. Exit, l’association qui offre ce service a lancé le débat sur l’élargissement de son aide aux « simples » vieux.

Aujourd’hui, le processus qui mène à l’absorption de la potion fatale est bien encadré, réglementée et c’est absolument nécessaire. Mais certains voudraient aller plus loin, pour d’autres, c’est déjà beaucoup trop et la médecine, entre autres par les soins palliatifs, devrait être la seule autorisée à intervenir dans le domaine.

La question de la fin de vie est délicate. Comment mourir naturellement dans une société surmédicalisée ? Mort naturelle a de moins en moins de sens, la prolongation de la vie est tel qu’il va bientôt poser la question jusqu’à quand ça en vaut la peine ?

Lég: Michel Cadotte, 56 ans, saura en juillet s’il pourra être libéré en attendant son procès pour le meurtre de sa femme dans un CHSLD de Montréal. (photo: Journal de Montréal)

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