Valais Libre

21 décembre 2018

366 histoires suisses

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21 décembre – La Suisse envahie (1813)

Napoléon en 1813

130 000 soldats allemands et autrichiens franchissent la frontière du Rhin et pénètrent en Suisse entre ce 21 décembre 1813 et le 13 janvier 1814. La Suisse a bien proclamé sa neutralité, Napoléon l’a reconnue, mais rien n’y fait. Les alliés occupent la Suisse.

La neutralité suisse est un mot vide de sens. Napoléon l’avait bien dit quelques années plus tôt. Il avait occupé le pays pour le mettre à sa botte. Il s’en mord les doigts après le désastre de Russie. La défaite de Leipzig accélère le mouvement de repli vers la France. Les alliés tiennent leurs os, ils ne vont plus le lâcher. Seul le Tsar Alexandre renonce à l’occupation. Ses calculs politiques le poussent à ne pas trop favoriser l’Autriche.

La Suisse est divisée. Les nouveaux cantons créés par Napoléon voient leur salut par une victoire française. Les patriciens et les nobles espèrent retrouver leurs prérogatives grâce aux alliés. Enfin, les Confédérés traditionnellement neutres espèrent que les alliés rétabliront l’indépendance du pays tout en gardant les bienfaits de l’acte de médiation.

La Suisse est au bord de l’implosion, les alliés sont divisés sur l’avenir de la Confédération. Finalement, il faudra tout le génie de Charles Pictet de Rougemont pour sauver l’essentiel lors du Congrès de Vienne en 1815. Le pays est sauvé.

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20 décembre 2018

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20 décembre – Schwytz obtient l’immédiateté impériale (1240)

Frédéric II Hauhenstaufen

Frédéric II, par la grâce de Dieu Empereur des Romains, Roi de Jérusalem et de Sicile, à tous les hommes de la vallée de Schwyz, à ses féaux grâce et tout bien. (…)Puisque vous avez choisi de bonne et franche volonté notre domination et celle de l’Empire, nous accueillons votre fidélité à bras ouverts, et montrons à votre sincère affection la pureté de notre faveur et bienveillance, en vous prenant sous notre protection spéciale et celle de l’Empire, tant et si bien que jamais nous ne permettrons qu’on vous aliène ou vous sépare de notre domination et de celle de l’Empire …

Cette lettre obtenue de l’Empereur Frédéric II de Hauhenstoffen ce 20 décembre 1240 donne l’immédiateté impériale à Schwytz. Les Schwytzois rejoignent ainsi les Uranais qui ont obtenu les mêmes droits en 1231. Ils sortent du giron des Habsbourg.

Ils ont habilement profité des tensions entre l’Empereur et le Pape. Au risque de se faire excommunier, ils ont offert leur soutien et un renfort de troupe à Frédéric II devant Faenza au moment où Rodolphe le Taciturne, de Habsbourg abandonne l’Empereur.

Les Schwytzois savent bien que lors que le pape Grégoire IX se réconciliera avec l’Empereur, leur position sera moins favorable. Les Habsbourg revendiqueront leurs anciennes possessions. Mais la lettre existe et ils sauront, en s’unissant avec les vallées voisines, faire respecter leur droit. La Suisse peut naître.

19 décembre 2018

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19 décembre – Genève et les marchands de soie (1575)

Soierie

Dès 1570, Genève reconnaît l’importance du commerce de la soie. Le Conseil de Genève édicte un édit concernant la fabrication de soieries qui avantage singulièrement les marchands responsables de la production et de la vente. Cette nouvelle organisation chamboule l’ordre des corporations et va avoir une influence décisive sur le futur de la Cité.

Cet édit coïncide avec la première vague de réfugiés allemands, anglais et italiens qui fuient les persécutions religieuses. Parmi eux, ce 19 décembre 1575, Francesco Turrettini entre à Genève en provenance de Lucques, Lucca près de Pise en Italie, avec deux ballots de soieries sur le dos. À sa mort en 1628, il laissera une fortune de plus de 200 000 écus, un magnifique palais familial rue de l’Hôtel de Ville.

Son succès est loin d’être une exception. Les patriciens de Lucques vont prendre une place importante dans la cité de Calvin. Grâce à l’édit de 1570 et à leur connaissance du métier de la Soie, ils vont développer une économie florissante qui sera à la base aussi des banques genevoises.

Ces familles s’installeront durablement et de génération en génération contribueront à l’essor de la cité qui les a accueillis.

18 décembre 2018

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18 décembre – Un prix pour une agriculture plus moderne (1758)

Jean-rodolphe Tchiffeli

S’il se trouvait quelques personnes convaincues de la nécessité d’améliorer la culture des champs, qui fussent décidées à créer avec lui un prix commun sur un sujet d’importance, on leur serait reconnaissant de s’adresser au signataire afin que nous puissions aviser ensemble aux moyens les plus propres d’entreprendre cette tâche.

Jean-Rodolphe Tschiffeli a lancé cet appel le 18 décembre 1758 dans l’Avis-Blatt de Berne. Il sera largement entendu. L’accueil est enthousiaste. Il doit faire un tri pour réunir un petit comité de six personnes qui en choisissent 6 autres pour former le premier jury de douze personnes.

Le premier thème sera : De la nécessité primordiale de la culture des céréales en Suisse; des obstacles généraux et particuliers qui pourraient être trouvés en Suisse pour développer cette culture. 20 ducats récompensent le meilleur travail et une médaille le second.

La société économique de Berne naîtra de cette initiative. Tschiffeli créera à Kirchberg un domaine modèle où il développera l’agronomie, introduira le mélange des sols, la culture de la garance, la nourriture du bétail en étable. Il assèchera des marais, publiera de nombreux ouvrages. Même le jeune Pestalozzi fera un passage sur le domaine.

17 décembre 2018

366 histoires suisses

17 décembre – Appenzell 13e canton (1513)

Au début du 16e siècle, la Suisse est au faîte de sa puissance. Elle compte en Europe. La guerre de Souabe a assis sa réputation et son influence. À cette occasion, Appenzell et Saint-Gall sont devenus des alliés et leurs troupes ont pris une part active dans les campagnes des Confédérés.

Ils sont invités à participer aux Diètes générales. Depuis 1411, les Appenzellois sont combourgeois des sept cantons orientaux, mais sans le statut de membre à part entière de l’alliance. Ce 17 décembre 1513, les Confédérés acceptent Appenzell comme 13e canton.

Ainsi à la Diète de 1514, le représentant d’Appenzell s’installe à la treizième place au grand dam du représentant de l’Abbaye de Saint-Gall qui occupait ce siège comme alliés. Il ne s’en laisse pas déloger. La rudesse des montagnards d’Appenzell est bien connue et elle s’affirme à cette occasion. D’ailleurs les Confédérés ont pris soin de ne leur accorder secours militaire qu’à l’intérieur de leur frontière.

À la fin du 16e siècle, en 1597, Appenzell sera divisé en deux demi-cantons pour régler le conflit entre catholiques et protestants. Les Rhodes Intérieures seront catholiques et les Rhodes Extérieures protestantes.

La Confédération cesse pour longtemps son expansion. Les 13 cantons demeureront dans cette configuration durant presque 3 siècles. Il faudra attendre 1803 et la Médiation de Napoléon pour voir l’arrivée de nouveaux membres.

16 décembre 2018

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16 décembre – Jean-Rodolphe Werdmüller (1677)

Paysans matés par Werdmüller

À cause des vertus singulières de la graisse humaine et des courroies faites de peau d’homme… Voilà pourquoi Werdmüller prétend avoir fait enlever la peau et la graisse du cadavre d’un soldat suisse exécuté pour désobéissance! L’homme qui meurt ce 16 décembre 1677, à 63 ans, savait se faire respecter.

On ne rigolait pas au 17e siècle avec la discipline et la hiérarchie. Si les officiers menaient grande vie et profitaient des joies des pays à conquérir ou à découvrir, les soldats souffraient le plus souvent une vie misérable sous le joug de leur chef.

Jean-Rodolphe Werdmüller est l’un d’eux. Né à Zurich dans une riche famille, il est envoyé à Genève avec son frère pour parfaire ses études. Il ne pourra plus se refaire au calme de la vie zurichoise. Il parcourra l’Europe en soldat. Suède, France, République de Venise, il sera même maître et seigneur de Zara sur la côte dalmate.

Il reviendra en Suisse mater la révolte des paysans, il participera à la première guerre de Villmergen. Accusé de trahison, il repartira sur les routes. On le retrouvera commandant du Château d’If, au large de Marseille. Il reprend la Crête aux Turcs pour la République de Venise.

Il ne repassera plus souvent en Suisse, car son athéisme n’est pas de bon ton. Il finira par mourir dans la Forêt-Noire où sa dépouille demeure.

15 décembre 2018

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15 décembre – Un cerveau exceptionnel (1958)

Einstein et Wolfgang Pauli

La physique nucléaire et les mathématiques perdent un de leurs plus grands cerveaux ce 15 décembre 1958. Wolfgang Pauli meurt brusquement d’une crise cardiaque à 58 ans. Le Poly de Zurich voit disparaître un de ses excellents professeurs et chercheurs.

Né en 1900 à Vienne, Pauli éclate à la face du monde scientifique en 1921 avec un article de synthèse des théories de la relativité restreinte et de la relativité générale pour l’Encyclopédie mathématique. Pauli est un type épatant pour ses 21 ans ; il peut être fier de son article pour l’Encyclopédie. Les mots d’Albert Einstein lui valent la reconnaissance du milieu scientifique.

Il postula l’existence d’une particule inconnue à l’époque, sans masse et sans charge électrique. Sa prédiction fut confirmée en 1956 par la découverte du neutrino. Le Prix Nobel de physique en 1945 viendra couronner cette découverte.

Albert Dès 1935, il séjourne aux États-Unis où il restera durant la Deuxième Guerre mondiale sans pouvoir participer aux travaux de recherche, sa première nationalité autrichienne l’en empêchant. Il reviendra à Zurich après la guerre.

Bon vivant et plein d’humour, Wolfgang Pauli, comme beaucoup de scientifiques, a une âme torturée. Son amitié avec Carl Gustav Jung le pousse à développer une théorie controversée sur la synchronicité qui relie la psychologie analytique et la physique.

14 décembre 2018

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14 décembre – Un poète au dessus de la mêlée (1914)

Carl Spitteler

Malgré toutes les amitiés personnelles, malgré tous les liens de l’esprit qui nous unissent à nos grands voisins, nous devons être Suisses d’abord. (…) Un Suisse qui accepterait de justifier le viol de la Belgique joindrait la bêtise à la honte. (…)

Devant des drames atroces qui se déroulent autour de nous, devant le deuil, le meurtre, les larmes et le sang, au lieu de nous passionner pour les uns ou les autres, découvrons-nous, restons silencieux, méditons : telle est la vraie attitude neutre, tel est le point de vue suisse.

Carl Spitteler prend une dimension nationale, voire européenne en prononçant son discours Notre point de vue suisse Ce 14 décembre 1914 à Zurich. Le pays risque de se déchirer entre les Romands et les Alémaniques. La Grande Guerre qui vient d’éclater menace de faire éclater le pays.

Spitteler ne s’est jamais mêlé de politique. L’écrivain est au sommet de sa gloire. Son envie de renouveler le style noble des épopées pour les rendre plus contemporaines touche juste. Il est reconnu comme un grand poète. Le prix Nobel de Littérature viendra le couronner en 1919.

Sa voix a donc du poids et elle dérange. L’Allemagne va lui tourner le dos et boycotter ses livres. En Suisse alémanique, certains l’accusent d’accentuer le fossé national. Mais l’histoire reconnaitra son courage. Il incarne la conscience du pays.

Carl Spitteler fait partie de ses rares hommes qui ont su, au moment opportun, dépasser leur fonction pour placer un geste nécessaire, quel qu’en soit le prix à payer.

13 décembre 2018

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13 décembre – Gessner le précurseur (1565)

Conrad Gessner

Conrad Gessner quitte ce monde ce 13 décembre 1565 au milieu des pestiférés de Zurich. Il aura donné sa vie pour tenter de soigner un maximum de monde. Le 9 décembre, se sentant malade et sachant sa fin proche, il organise la poursuite de ses travaux.

Le médecin qui meurt à 49 ans est un fils d’un pauvre pelletier zurichois mort à la bataille de Kappel alors que Conrad était adolescent. Soutenu alors par un oncle, il pourra voyager et étudier. Il accèdera au grade de docteur en médecine à Montpellier.

Universel et touche à tout, Conrad Gessner sera un infatigable explorateur. Il parcourra les sommets alpins pour y découvrir la faune et la flore. Il encouragera le Bâlois Bauhin dans son encyclopédie botanique. Il écrira lui-même une Historia animalium où sa description et son classement des animaux, étonnera et inspirera Cuvier 200 ans plus tard.

Mais son œuvre majeure est sa Bibliotheca Universalis. Il y présente plus de 1800 auteurs et leurs œuvres. Il est considéré comme le père de la recherche bibliographique en Europe. L’invention récente de l’imprimerie effraie Gessner. Selon lui cette technique va permettre de répandre les mauvais textes, ce qui réduira les bons livres à la portion congrue. Il répond à cette marée de livres nouveaux par son ouvrage pour transmettre à la postérité les plus nécessaires.

12 décembre 2018

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12 décembre – Rouge à croix blanche (1889)

Les armoiries de la Confédération consistent en une croix blanche verticale et alaisée, placée sur fond rouge, dont les branches égales entre elles sont d’un sixième plus longues que larges. L’arrêté fédéral du 12 décembre 1889 donne la définition officielle du drapeau suisse.

On fixe ainsi le dessin définitif de la croix blanche qui variait selon les époques ou les endroits. Ça n’a pas été sans mal, de nombreux héraldistes ont vivement critiqué cette description. Des branches aussi longues que larges avaient aussi des admirateurs.

Reprise du drapeau de Schwytz, cette croix blanche sur fond rouge est plus vieille que la Confédération. Une légende la fait même remonter à 389 lorsque Schwytzois et Unterwaldiens ont participé à la libération de Rome des Goths d’Alaric. Le pape Anastase Ier aurait alors offert les bannières aux deux contingents : la croix pour Schwytz et la clé de Saint-Pierre pour Unterwald.

Petit à petit, la croix blanche apparaît sur tous les champs de bataille de l’Europe au-devant des troupes confédérées. Berne et la Savoie l’ont aussi en souvenir des martyrs de la légion thébaine ou des croisades. Berne privilégiera l’ours après quelques tragiques confusions lors de ses guerres contre la Savoie.

Seul le Directoire helvétique introduira un autre drapeau, vert, rouge et jaune. Personne ne le reconnaît sérieusement. Le drapeau carré avec une croix blanche sur fond rouge est le symbole éternel du pays.

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