Valais Libre

17 novembre 2017

5 ans au Québec – Épisode 45

Filed under: k. saga québécoise — vslibre @ 4 h 30 min
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Un hiver en préparation

Un tapis jaune pour préparer l’hiver

Nous voici déjà à la mi-novembre. L’automne laisse déjà place à l’hiver. Tout va très vite cette année dans la tradition. L’été des Indiens (comme on dit ici) s’est terminé brutalement. En une semaine, la température du vendredi matin (c’est mon point de repère hebdomadaire) a chuté de 13 à -7 degrés.

Tout a commencé le mercredi entre ces deux jours repères. Alors que je sortais pour prendre le bus pour m’en aller travailler le matin, il neigeait des feuilles jaunes d’érable. À mon retour, tôt dans l’après-midi, mon gazon était recouvert d’un merveilleux tapis couleur soleil.

Le soleil était aussi dans le ciel même s’il ne jouait pas son rôle de chaufferette. Quelques coups de râteaux plus tard, le vert gazon avait repris le dessus grâce à l’énergie de ma blonde. Mais le lendemain, tout était à recommencer.

Ce qu’il y a de bien avec ce combat contre les feuilles, c’est qu’on sait qu’on finit toujours par le gagner. Si ce n’est pas à la force des bras, le froid nous aide beaucoup en ratatinant les feuilles et l’arbre, aussi majestueux soit-il, finit par s’épuiser et perdre ses derniers atours.

Cette lutte contre la chute des feuilles n’est que le début de la préparation à l’hiver. Parce que oui, l’hiver se prépare. Déjà que notre corps doit prendre le temps de s’acclimater. C’est froid parce que c’est l’automne. Avec la même température au printemps, on aura chaud! Mon collègue Fred a raison. Tout est question d’habitude. Les -5 ou 0 degrés qui nous font grelotter aujourd’hui nous sembleront des chaleurs tropicales en avril après avoir survécu aux – 45 ressentis avec le facteur éolien.

Ce sacré facteur éolien qui transperce nos maigres enveloppes pour s’attaquer directement à nos os ne m’a pas trop fait sacrer (eh oui, au Québec on sacre, on ne jura pas) lorsqu’est arrivé le temps de recouvrir notre beau gazon de sa toile protectrice. Je ne sais pas si c’est l’expérience, mais à ma 5e édition, tout m’a semblé facile.

L’hiver est tellement long et exigeant, la neige longtemps présente, qu’il faut préparer le terrain à subir sans trop de dommage cette période rêvée des amateurs de blanc (et là je ne parle pas de mes amis qui le préfère en ballon). Une toile facilitera le ramassage de la terre et de roches (petits cailloux en québécois) qu’inévitablement la souffleuse va envoyer sur notre terrain.

Les routes sont vite nettoyées après chaque tempête de neige, mais les terrains en bordure dégustent. Il faut bien mettre la neige quelque part, car elle ne veut pas fondre lorsque le thermomètre est en dessous de zéro. Elle va donc s’accumuler jusqu’en avril. Les petits cèdres (qu’on appelle thuyas en Europe) doivent aussi être solidement emballés pour résister à la pression des souffleuses.

Comme d’habitude, à la mi-novembre tout est prêt. Il y a juste mon baril qui récupère l’eau du toit pour l’arrosage du jardin que j’ai tardé à vider. Il est un peu gelé et j’ai beau le mettre au soleil, je ne suis pas sûr de l’assécher avant le printemps. Les maringouins auront aussi une patinoire cet hiver.

Bref, la préparation est faite. Il ne manque qu’une chose : la neige. Pour la première fois depuis mon arrivée au Québec, elle n’a pas fait de visite en octobre. Je crois qu’elle est restée prise en Valais à ce qu’on m’a dit. Soyez sympa, laissez-là venir chez nous. Je suis prêt, je l’attends.

Cèdre emballé, hiver préparé

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16 novembre 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

16 novembre 1885 – Pendaison de Louis Riel

pendaison de Louis Riel

Héros, sauveur ou traître, le personnage qui se balance au bout d’une corde ce 16 novembre 1885 ne laisse pas indifférent. Louis Riel a été la voix des Métis durant près de 20 ans. Il est considéré par beaucoup comme le père du Manitoba. Son exécution dans les quartiers de la Police à cheval du Nord-Ouest à Regina au Saskatchewan soulève des controverses. Les drapeaux sont mis en berne dans la province de Québec et les patriotes portent le crêpe du deuil.

Louis Riel est né le 22 octobre 1844 dans la colonie de peuplement de la rivière Rouge, dans la Terre de Rupert. Une de ses grands-mères était métisse, il fait partie de cette communauté. Il fait ses études à Saint-Boniface et, sous les conseils de l’évêque Taché, se prépare à la prêtrise. La mort de son père vient changer ses plans. Il devient commis dans un cabinet d’avocats pour subvenir aux besoins de sa famille.

En 1869, il prend la tête de la rébellion de la rivière Rouge qui s’oppose à l’arpentage de la Terre de Rupert et forme un gouvernement provisoire. L’exécution d’un résistant anglais le fait fuir aux États-Unis en 1870. Élu plusieurs fois à la Chambre des communes, Riel n’osera pas siéger. Il souffre d’anxiété et doit se faire soigner sous de faux noms à Montréal et Québec. De retour au pays en 1884, il reprend la tête de la rébellion. Il sera arrêté, jugé et exécuté en 1885.

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Ringuet (1895 – 1960)

Ringuet

Natif de Trois-Rivières, Philippe Panneton fera ses études classiques à Joliette, puis à Trois-Rivières. Il se destinera ensuite à la médecine et à Québec et à Montréal. À 25 ans, sa licence terminée, il s’embarque pour l’Europe où il se spécialisera en otho-rhino-laryngologie.

À son retour au Québec, il exercera comme médecin à Montréal puis à Joliette entre 1923 et 1940. Il poursuivra sa carrière comme professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il mènera ses activités professionnelles de front avec une intense production littéraire.

Trente Arpents, paru en 1938 le fait connaître du grand public. Le roman est considéré comme un classique de la littérature québécoise. Ringuet, il a pris ce pseudonyme du nom de sa mère, collaborera à de nombreux périodiques et sera membre fondateur, puis président de l’Académie canadienne-française.

Philippe Panneton décèdera en 1960 à Lisbonneau Portugal où il était ambassadeur du Canada depuis 1956.

L’Héritage (1946)

Albert Langelier a quitté la ville pour s’en venir cultiver la terre à Grands-Pins. Un héritage inattendu l’a sorti de sa pauvre vie citadine. Orphelin, confié aux soeurs, il a grandi tant bien que mal. Son métier de débardeur ne lui permet pas de grands espoirs, alors cette terre à tabac est porteuse de promesse.

Il n’aura jamais connu son père Baptiste Langelier. Fruit d’un mariage rapide et raté, l’enfant avait été confié au soeur. Son arrivée sur la terre promise est enfin un espoir de réussite. Malheureusement, la terre est ingrate et l’acclimatation difficile. On n’aime pas les étrangers dans le coin. Seule La Poune, une jeune orpheline qui faisait le ménage de Baptiste le prendra en affection. Une terrible sécheresse jetera à terre les espoirs du nouveau cultivateur.

Il ne pourra que retourner à la ville, mais dans sa main, il emmène Marie, dite La Poune. Ringuet décrit un terroir dur et ingrat où les sentiments et la vie intérieure du héros dépasse le chant de la terre.

15 novembre 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

15 novembre 1976 – Victoire du parti québécois

René Lévesque

Je n’ai jamais pensé que je pouvais être aussi fier d’être Québécois que ce soir. On n’est pas un petit peuple, on est peut-être quelque chose comme un grand peuple… René Lévesque est acclamé par des salves d’applaudissements interminables ce 15 novembre 1976. Le nouveau premier ministre est surpris de cette victoire inespérée. La promesse d’être un bon gouvernement et de tenir un référendum avant toute décision de souveraineté-association a convaincu l’électorat.

La victoire du parti québécois (PQ) est très large. Il rafle 71 sièges sur 110 et obtient 41 % des suffrages. René Lévesque est largement élu avec près de 22 500 voix d’avance dans sa circonscription de Taillon à Montréal. Les libéraux perdent le pouvoir qu’ils détenaient depuis 1970, ils ne restent que 26 députés élus. Leur chef Robert Bourassa est battu dans sa circonscription de Mercier par le péquiste Gérald Godin.

Le PQ adopte au cours de sa campagne électorale une stratégie voulant rassurer l’électorat. Mise au point par Claude Morin, cette stratégie de l’étapisme propose la réalisation graduelle de l’indépendance. Elle rassure l’électorat en veut aux libéraux pour les troubles sur les chantiers de la baie James et pour les coûts des Jeux olympiques de Montréal qui ont pris l’ascenseur. Le déclenchement anticipé des élections n’aura pas souri à Robert Bourassa.

14 novembre 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

14 novembre 1930 – Mort d’Adélard Turgeon

Adélard Turgeon

Le parlement de Québec perd un de ses hommes influents ce 14 novembre 1930. Adélard Turgeon décède en fonction suite à une longue maladie pulmonaire et respiratoire. L’avocat, homme d’affaires et homme politique aura droit, trois jours plus tard, à des funérailles quasi nationales. Plusieurs fois ministre, député de Bellechasse durant 19 ans, il a fini sa carrière comme président du Conseil législatif de Québec durant 21 ans.

Né le 18 décembre 1863 à Saint-Étienne-de-Beaumon, Adélard Turgeon étudiera au collège de Lévis puis le droit à l’Université Laval à Québec. Il est admis au barreau du Québec en 1887. Il exercera son métier d’avocat à Lévis et dirigera plusieurs sociétés. Il est élu comme député de Bellechasse en 1890. Il sera ministre de l’Agriculture sous le gouvernement de Simon-Napoléon Parent avant de démissionner brutalement en 1905.

Toujours député, il est sali par des soupçons de corruption et financement politique illicite dans une transaction avec des syndicats belges. Il démissionne de député et défie alors le journaliste et homme politique Henri Bourassa de venir le combattre sur ses terres. Bourassa relève le défi, mais Turgeon est réélu avec 750 voix d’avance. Par les nombreux postes qu’il a occupés durant sa carrière, il a joué un grand rôle dans la vie politique de son temps, mais il aurait pu aller plus loin s’il était devenu premier ministre du Québec ou ministre influent à Ottawa.

Il y a 150 ans dans le Confédéré… jeudi 14 novembre 1867

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50 centimes les 20 mots, faussaire bernois et incendiaire fribourgeois…

13 novembre 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

13 novembre 1775 – Capitulation de Montréal

mort de Montgomery à Québec le 31 décembre 1775

Le brigadier général Richard Montgomery occupe le château Ramezay, lieu de résidence des autorités politiques de la Province de Québec. Ce 13 novembre 1775, Montréal capitule sans affrontement. Le gouverneur Guy Carleton quitte précipitamment la ville et laisse 12 marchands pour négocier la reddition. Il se retire sur Québec pour organiser la résistance à l’invasion des troupes américaines. Plusieurs habitants influents, aussi bien anglophones que francophones, ne tardent pas à manifester leur sympathie aux Américains victorieux.

Eh quoi! Nous les Américains, avons-nous dépensé autant de sang et de richesse au service de la Grande-Bretagne dans la conquête du Canada, pour que les Britanniques et les Canadiens puissent maintenant nous subjuguer? L’Acte de Québec de 1774 qui redonne le territoire de l’Ohio au Québec, qui accepte la religion catholique et qui conserve les lois civiles françaises provoque l’ire des 13 colonies américaines. La révolution est en marche.

Les Américains tentent de rallier les Canadiens Français à leur cause et marche simultanément sur Montréal et sur Québec. Après la prise de Montréal, Montgomery marche sur Québec, mais il trouvera la mort dans la bataille du 31 décembre 1775. Ce sera la défaite et le retrait des Américains du Québec. Leur proclamation d’indépendance du 4 juillet 1776 déclenchera une guerre de 8 ans plus au sud.

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Pierre-Esprit Radisson (1636 – 1710)

La date et le lieu de naissance de Pierre-Esprit Radisson restent mystérieux, mais tout laisse à croire qu’il est né à Paris vers 1636. Un acte notarié le fait naître dans la paroisse Saint-Sulpice, mais les registres, disparus dans un incendie, empêchent de certifier ce fait. Il fait son premier voyage en Nouvelle-France en 1652 alors qu’il est encore adolescent.

Il sera capturé par les Iroquois qui l’adopteront. Durant deux ans, il se familiarisera avec leurs coutumes en vivant comme un des leurs. Il s’évadera et rejoindra la Nouvelle-France où il devient coureur des bois en 1659 dans la région du lac Supérieur et du lac Michigan. À son retour à Trois-Rivières en 1660, il aura quelques ennuis avec les autorités, car il n’a pas d’autorisation pour faire du commerce de fourrures.

Il ira ensuite offrir ses services à Boston aux autorités de la Nouvelle-Angleterre. Il voyagera plusieurs fois du côté de la baie d’Hudson. Il ira également en Angleterre, à la cour du roi Charles II pour financer ses voyages. Insatisfait, il reviendra un temps au service de la France. Il entra dans la marine et participa au début de reconquête de la baie d’Hudson avant de finir sa carrière au service de la compagnie anglaise de la baie d’Hudson.

Il termina sa vie à Londres où il mourut ruiné en 1710.

Voyage chez les Onnontagués (1669)

Le quinzième jour de mars, je m’embarquai sur un bateau de pêche pour me rendre à l’île Percée, qui est à cent vingt lieues de Québec; j’y arrivai le septième jour de mai. Ainsi commence la relation du deuxième voyage de Pierre-Esprit Radisson dans le pays d’en haut des Iroquois. Ce voyage débute au printemps 1654.

Coureur des bois, Pierre-Esprit Radisson nous livre un témoignage oculaire exceptionnel. Ayant vécu quelque temps auprès des Iroquois dans son enfance, il raconte avec une naïveté touchante la vie dans les bois et les contacts parfois difficiles avec les populations indiennes. Des difficultés à obtenir les autorisations de voyage des autorités françaises aux guerres et massacres entre tribus indiennes en passant par la vie de tous les jours, le récit est prenant.

Ici, un canot de quatre hommes fit naufrage; ici , tout le monde agissait pour soi et Dieu agissait pour tous; ici, il n’y avait aucun secours. Le périple est dangereux non seulement à cause des hommes, mais aussi par la force de la nature. Parti de Trois-Rivières pour y revenir, le témoignage de Radisson nous plonge dans la découverte d’un monde nouveau à travers les yeux d’un pionnier de cette épopée.

12 novembre 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

12 novembre 1950 – Béatification de Marguerite Bourgeoys

Marguerite Bourgeoys

J’ai encore une autre ressource, que le Bon Dieu veut bien m’accorder, qui est le secours de la très Sainte Vierge ; car, si je suis l’objet de la miséricorde de Dieu, je suis en même temps la preuve du secours de la très Sainte Vierge. La basilique Saint-Pierre de Rome résonne, ce 12 novembre 1950, des paroles de Marguerite Bourgeoys. La fondatrice de l’enseignement à Montréal est béatifiée par le pape Pie XII. 250 ans après sa mort, celle que ses contemporains voyaient comme une sainte reçoit la reconnaissance de l’Église.

Née à Troyes en France le 17 avril 1620, la jeune Marguerite ressent très rapidement une vocation religieuse. Elle entre dans une congrégation religieuse externe à 20 ans pour s’occuper des pauvres de Paris. En 1653, elle arrive à Ville-Marie pour tenir la maison du gouverneur et commencer son oeuvre d’enseignement du français. Elle fonde la Congrégation de Notre-Dame de Montréal et accueille des compagnes pour la seconder dans sa mission.

Une école, une chapelle, une communauté d’éducatrice, l’accompagnement des filles du Roy, les tâches ne manquent pas et Marguerite Bourgeoys fait de nombreux voyages pour consolider la jeune colonie. Si les saints se canonisaient comme autrefois par la voix du peuple et du clergé, on dirait demain la messe de sainte Marguerite du Canada. Le prêtre qui écrivait ces mots au lendemain de la mort de Marguerite survenue le 12 janvier 1700 était un peu impatient. Le pape Jean-Paul II canonisa Sainte Marguerite Bourgeoys le 31 octobre 1982.

11 novembre 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

11 novembre 1793 – Ouverture de la session parlementaire

Débat au Parlement de Québec

Lord Dorchester, de retour de Londres après un séjour de deux ans en Angleterre, ouvre, ce 11 novembre 1793, la deuxième session du parlement de Québec. L’assemblée se réunit dans la chapelle du palais épiscopal de Québec sous la direction de l’orateur Jean-Antoine Panet, député de la Haute-Ville de Québec. Cette session durera jusqu’au 31 mai 1794.

L’acte constitutionnel du Canada, sanctionné par le roi le 10 juin 1791, divisait la province de Québec en deux: le Haut et le Bas-Canada et instituait un régime électoral et parlementaire. Un Conseil exécutif nommé par Londres et un conseil législatif élu. Le Bas-Canada était divisé en 21 comtés qui devaient élire entre 1 et 4 députés selon leur grandeur. Le parlement comptait 50 députés. Les premières élections eurent lieu en juin et juillet 1792. 16 des 50 premiers députés étaient de langue anglaise.

La première session s’ouvrit le 17 décembre 1792 et siégea jusqu’au 9 mai 1793. Le parlement suit à peu près les mêmes règles qu’à Londres, mais des différends entre les deux conseils ne tardent pas à éclater. Cette première législature durera quatre sessions jusqu’au 7 mai 1796 et de nouvelles élections se tiendront en juin et juillet 1796. La peur ou l’espoir d’un retour des Français sera la toile de fond de cette période.

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