Valais Libre

11 février 2018

366 histoires suisses

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11 février – Canal d’Entreroches (1635)

Canal d’entreroches

… relier par un canal le lac Léman ou de Lausanne à celui d’Yverdon; dès iceluy, par la commodité des eaux et rivières qui s’y rencontrent, la navigation pourrait se faire jusqu’au Rhin. et par iceluy jusqu’à la mer océane, ce qui apporterait une commodité très avantageuse pour toutes sortes de commerce en Allemagne et aux Pays-Bas.

Le sieur Élie Gouret, seigneur de la Primaye en Bretagne et gentilhomme installé en Hollande, dépose, ce 11 février 1635, un mémoire au Gouvernement de Berne pour la construction d’un canal entre le lac Léman et le lac de Neuchâtel. Les Seigneurs de Berne trouvent le projet intéressant et lui octroie une concession.

Les travaux commenceront en 1638, Élie Gouret ayant réuni les fonds assez facilement. Le premier tronçon dans la plaine de l’Orbe est assez facile, les choses se gâtent pour le deuxième tronçon qui doit franchir une colline rocheuse. Retards, dépassements de crédit et difficultés techniques feront que la dernière partie ne sera jamais construite. Il manquera une douzaine de kilomètres pour atteindre le lac Léman.

Mais le canal entrera tout de même en service. Il sera en activité surtout en hiver. Le sel de Bex prendra cette voie vers le Nord, mais c’est surtout les vins vaudois qui transiteront par le Canal d’Entreroches. Être sur Soleure: voilà une expression bien connue, elle vient des bateliers qui menaient les barques transportant les tonneaux. Ils avaient une fâcheuse tendance à goûter leurs marchandises.

Le canal cessa son activité en 1829, les progrès routiers lui ont fait une concurrence acharnée et ont coulé les aspirations d’une liaison fluviale à travers la Suisse. Malgré de multiples tentatives de réanimation du canal, aucun projet n’a abouti depuis.

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10 février 2018

366 histoires suisses

10 février – Assassinat à Payerne (1127)

Abbaye de Payerne 1667

10 février ou 1er mars, les sources divergent, toujours est-il qu’en cette fin d’hiver 1127 l’abbatiale de Payerne est le théâtre d’un massacre. Guillaume III de Bourgogne, dit l’Enfant, Pierre de Glâne, son fils Ulrich et quelques autres seigneurs sont victimes des luttes entre les Bourguignons et les Alémans.

Les Zähringen vainqueurs de cet épisode s’affronteront encore longtemps avec la Bourgogne et leur allié de Savoie pour la mainmise sur ces territoires romands. Cette saga occupera l’histoire encore quelques siècles. Mais le massacre eut une autre conséquence plus inattendue.

Guillaume de Glâne qui a survécu et qui a vu mourir son père et son frère dans l’abbatiale est fortement remué par ce massacre. Quelques années plus tard, il décidera de faire construire un monastère cistercien. La légende raconte qu’il fit détruire son château pour en récupérer les pierres pour la construction de l’église et du couvent de Hauterive à Fribourg.

Guillaume se retira ensuite comme frère convers. Il y mourut en 1143. Le monastère a été occupé par des moines venus de l’Abbaye de Charlieu en Charolais. Il est un des tout premiers de l’ordre créé par Robert de Molesne en 1098 et doit son fort développement à Bernard de Clairvaux (1090–1153). Aujourd’hui, Hauterive est toujours là, au bord de la Sarine, pour recevoir les âmes qui cherchent une oasis de paix propice à la réflexion.

9 février 2018

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9 février – Fin d’une première caisse de secours (1798)

usine de tissage

Nous nous réjouissons de la liberté et de l’égalité, mais nous ne serons satisfaits qu’une fois reçu ce qui nous appartient. Les tisserands bâlois ne sont pas convaincus des réformes proposées par le Gouvernement. Ils rédigent une pétition Ce 9 février 1798 pour retrouver les dix mille livres déposées en dix ans dans une caisse des pauvres.

La liquidation de ce fonds ne sera pas facile et va retarder pour longtemps l’apparition de véritables assurances sociales. Cette initiative partait pourtant d’une idée louable. Devant le manque de prévoyance des ouvriers de la rubanerie, le Gouvernement de Bâle instaura durant l’hiver 1788-1789 une caisse des pauvres alimentée par une retenue obligatoire sur le salaire de moins de 2 %.

Elle devait permettre d’aider en période de crise ou de chômage. Chaque patron devait verser les prélèvements dans une boîte de fer dont il possédait la clé. Une commission publique composée de membres bénévoles sans lien, ni avec les patrons ni avec les ouvriers, recevait, deux fois par année, les contenus des boîtes de fer et devait les faire fructifier. Cette commission gérait aussi les aides à dispenser.

Les années étaient fructueuses, les fonds s’accumulaient et les ouvriers grognaient. En 1798, au moment de la révolution libérale, le gouvernement proposa d’abolir la retenue et de confier la gestion des fonds à une commission composée à parts égales de patrons et d’ouvriers. Cette première commission paritaire ne vit pas le jour, les ouvriers voulaient leur argent tout de suite.

8 février 2018

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8 février – Séparation Église / État (1824)

Alexandre Vinet

Les relations qu’on a établies entre l’État et la religion, entre la société politique et le royaume des cieux me paraissent, je l’avoue, adultères et funestes... Alexandre Vinet écrit cette lettre ce 8 février 1824. Il y expose le principe de la liberté chrétienne qui guide toute sa vie.

Le pasteur, né à Ouchy, enseigne la théologie à l’université de Lausanne, puis à celle de Bâle. Il collaborera à diverses revues. Il se veut autant critique littéraire que théologien, mais c’est son oeuvre religieuse qui marquera les esprits. Il est considéré comme le penseur le plus important du protestantisme d’expression française au 19e siècle. En Angleterre également, il a une influence manifeste.

Il définit la conscience comme le moyen d’être en relation personnelle directe avec Dieu. Par conséquent, il prône une séparation officielle entre l’Église et l’État. Mais il saura également être critique vis-à-vis des lois des hommes: une loi immorale, une loi qui m’oblige de faire ce que ma conscience et la loi de Dieu condamnent, si l’on ne peut pas la faire révoquer, il faut la braver… Cette déclaration vaudra 80 francs d’amende à Vinet de la part de l’État de Vaud.

7 février 2018

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7 février – Tribunal fédéral (1875)

Tribunal fédéral, Lausanne

C’est la Constitution fédérale du 29 mai 1874 qui instaure le Tribunal fédéral comme autorité permanente. Son siège sera à Lausanne. Il se voit attribuer de larges compétences et devient le régulateur des rapports entre le citoyen et l’État. Son activité commence ce 7 février 1875.

En 1848, la Constitution de la Suisse moderne avait bien créé un Tribunal fédéral de 11 juges et 11 juges suppléants, mais il n’était pas permanent. Il n’avait pas de siège fixe. Il devait simplement régler les litiges dans lesquels la Confédération était partie. Le reste était compétence du Conseil fédéral ou des Chambres fédérales.

Il faut dire qu’avant la Constitution de 1848, la règle de base était que chacun avait le droit de n’être cité que devant un juge de sa vallée, de son canton. Ce fut l’un des fondements de la Confédération. Dans leurs alliances, les Confédérés prévoyaient des arbitrages pour régler les conflits entre eux.

Tout ça fonctionna plus ou moins bien durant un demi-millénaire. L’arrivée de Napoléon bouscula ces traditions. La République helvétique instaura une cour suprême. Elle n’eut pas le temps de fonctionner. La Suisse moderne instaura une séparation de la justice et la révision de la Constitution nous dota du Tribunal fédéral qui siège depuis lors à Lausanne.

6 février 2018

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6 février – Naissance du dadaïsme (1916)

C’est en ouvrant au hasard un dictionnaire qu’ils tombent sur le mot « Dada » 
et qu’ils décident de nommer leur mouvement de la sorte. Telle est l’explication la plus courante du nom du mouvement né à Zurich de l’initiative de Tristan Tzara, poète roumain, Richard Huelsenbeck, poète allemand, Jean Arp, sculpteur alsacien ainsi que Hans Richter, peintre allemand.

Ils étaient bien quelques autres attablés au Cabaret Voltaire, une grande taverne du Niederdorf zurichois transformée en café littéraire, ce 6 février 1916. Une légende raconte que Tzara reçoit alors l’illumination du langage universel des temps nouveaux.

Le mot Dada n’a absolument aucune signification particulière en rapport avec le mouvement, ce dernier se voulant un pied de nez à la guerre et à sa gravité, jugées absurdes.
Le groupe d’artistes anticonformistes entend briser, par le biais du dadaïsme, les conventions imposées dans l’art et la littérature en vouant un culte à la liberté de création sous toutes ses formes. Le mouvement s’impose sans véritable tête dirigeante, tous les Dadas étant chef de file.

Ce dérivé du surréalisme foisonnera à travers l’Europe et touchera tous les mouvements artistiques. Il sera aussi le premier à accepter les femmes comme artistes à l’égal des hommes. Dès le début des années 20, le mouvement s’essouffle, ses fondateurs se disputent. Dada tourne en rond! Le verdict d’André Breton est sans équivoque et en 1921, la revue belge Ça ira! proclame que Dada est mort.

5 février 2018

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5 février – Alois Reding (1818)

Aloïs Reding

La Suisse pleure un grand homme qui aura beaucoup lutté pour la neutralité du pays. Ce 5 février 1818, Alois Reding décède dans sa ville natale de Schwytz. Militaire et politicien l’ancien landamman aura beaucoup fait pour lutter contre Napoléon. Il aura tout tenté pour préserver le territoire de la Confédération.

Après s’être aguerri en Espagne, Alois Reding rentre en Suisse pour réorganiser les troupes et la défense de son canton. Il ne put empêcher la conquête de Berne en 1798, mais il s’empare de Lucerne lors de la contre-offensive des cantons primitifs contre les armées françaises. Sa victoire de Rothenturm sera vaine.

Ne ne fuirons pas, nous mourrons. Ses paroles furent courageuses et permirent d’obtenir des conditions favorables. Mais son acharnement, notamment pour empêcher Napoléon de détacher le Valais de la Confédération, lui vaudra la prison. N’ayant pu conserver la liberté de ma patrie, la mienne m’importe peu. Il se tiendra à l’écart des affaires nationales durant la domination de l’Empire français, tout en se dévouant à son canton.

En 1813, il accepta des missions diplomatiques auprès des puissances alliées. Une fois de plus ses efforts restèrent vains et le pays se retrouva envahit par des troupes étrangères. Son opposition aux conclusions du Congrès de Vienne le laissèrent à l’écart des affaires et le rendirent impopulaire. Mais à l’heure de sa mort, on reconnut son intégrité, son civisme et l’amour qu’il portait à son pays.

4 février 2018

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4 février – Accord en Berne et Sion (1296)

Lötschental

Valaisans, Bernois, mais aussi Waldstätten cherchent à délimiter leurs territoires respectifs et à éviter les querelles entre eux. Ils ont besoin de disposer de toutes leurs forces contre les menaces extérieures. Le 4 février 1296 un accord dans ce sens est signé entre Berne et l’Évêque de Sion.

Les barons La Tour-Châtillon, suzerain du Lötschental, ne l’entendent pas de cette oreille et vont poursuivre leur politique de colonisation systématique du versant nord des Alpes. Pierre Ier de La Tour-Châtillon est un querelleur et n’aura cesse de passer outre l’accord se disputant tant avec Berne qu’avec l’évêque de Sion.

La famille a des possessions non seulement au Lötschental, mais le long de la Dala, à Mürren, Lauterbrunnen, Steig, Frutigen ou encore Wimmis. Ils passent fréquemment la Gemmi ou le Loetschenpass. Ils iront même s’installer sur les possessions du couvent d’Interlaken.

Mais cette expansion ne durera pas. Trop querelleur les La Tour finiront ruinés et bannis. L’arrière Petit-fils de Pierre Ier, Antoine Ier ira jusqu’à défenestrer son oncle Guichard, évêque de Sion au château de la Soie en 1375. Son fils Balthazar changea le nom odieux de La Tour-Châtillon en Zurlauben qui évoque en allemand le feuillage qui l’a protégé durant sa vie cachée.

3 février 2018

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3 février – La société économique de Berne (1759)

On va inviter par lettre tous les amateurs et les praticiens de machines agricoles à se faire connaître pour savoir ce qu’il y a de véritablement utile dans les instruments employés, afin de le répandre pour l’usage général du temps par le moyen de l’imprimerie.

Le procès-verbal de la première séance officielle de la société économique de Berne du 3 février 1759 fixe immédiatement une première action contre la stagnation des techniques agricoles. C’est la grande idée de Johann Rudolf Tschiffeli. Il veut moderniser la culture du sol.

Son idée est soutenue immédiatement par une majorité des patriciens bernois qui adhèrent à la société et y versent d’importantes cotisations. Les paysans sont convaincus que tous les progrès ont été fait et qu’il faut se résigner à subir les caprices de la nature. La nouvelle société va leur insuffler un élan de nouveauté qui va permettre l’amélioration des techniques et des rendements.

Le programme et les buts de la société tiennent en deux objectifs:

– développer l’agriculture et le commerce pour que la sève du pays circule mieux;

– apporter au corps social souffrant des aliments qui lui assure force, santé et bien-être.

On va à l’essentiel. Dans ces débuts la société soutiendra Pestalozzi, encourage la recherche, lance des concours et des prix, favorise des publications. La société économique de Berne va perdurer et s’adapter sans cesse aux nouvelles réalités et aux nouveaux besoins.

2 février 2018

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2 février – Un roi couronné à Payerne (1033)

Conrad II

Après la mort de la vieille impératrice Adélaïde en 999, le royaume de Bourgogne s’effrite. La fille de la reine Berthe, femme d’Othon 1er avait réussi à tenir fermement les rênes du pouvoir après la mort de son mari. Ensuite, la Provence et le Dauphiné mettent à mal l’autorité du petit-fils d’Adélaïde, Rodolphe III.

La situation va changer avec la montée sur le trône impérial de Conrad II le Salique en 1024. Il prend Rodolphe III sous son aile. À la mort de celui-ci en 1032, il se fait proclamer roi de Bourgogne. Son couronnement a lieu à l’abbatiale de Payerne le 2 février 1033.

Mais, il a un rival. Eudes de Blois voulait aussi ce trône. Il a beaucoup de soutien en Bourgogne « romande », mais il est battu en 1034 et meurt en 1037. Conrad meurt à son tour en 1039 laissant l’empire aux mains de son fils Henri III, déjà roi de Bourgogne depuis 1037.

Henri III hérite alors des droits de son père sur l’Alémanie. Pour la première fois les territoires de la future Confédération sont réunis sous un même souverain. L’ordre règne, la hiérarchie du Moyen-Âge se met en place. Quelques familles vont prospérer, comme les barons de Zähringen.

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