Valais Libre

7 octobre 2018

366 histoires suisses

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7 octobre – Charte des prêtres (1370)

Uri, Schwytz, Unterwald, Zurich, Lucerne et Zoug signent, en ce 7 octobre 1370, une charte qui raffermit les liens qui unissent les premiers confédérés. Bien que Berne et Glaris restent en dehors de ce pacte, celui-ci constitue un fondement de l’état naissant.

Moins d’un siècle après le serment du Grütli (1291) et le pacte de Brunnen (1315), la Confédération s’est élargie et a besoin de règles mieux codifiées. Suite à un conflit entre l’avoyer de Lucerne et les fils d’un notable de Zurich, un de ces fils est ecclésiastique et invoque ne relever que des tribunaux ecclésiastiques, des flous juridiques apparaissent.

Cette Charte des prêtres a pour but de clarifier la question. Elle stipule que tous les habitants de la Confédération, prêtres ou laïcs, lui doivent fidélité et sont soumis aux tribunaux du pays. La suite du pacte est tout aussi importante puisqu’elle constitue une première unification du droit.

Interdiction de se rendre justice soi-même, interdiction de faire appel à un tribunal étranger, garantie de la sécurité des routes et des chemins du pays, interdiction de rançonner et de molester quiconque sans autorisation expresse de la Ville ou du Pays, les sujets sont multiples et importants…

Pour la première fois, la notion de majorité apparaît pour modifier ce texte: l’unanimité n’est plus requise.

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6 octobre 2018

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6 octobre – Le roi des Suisses (1569)

Louis Pfyffer devant Charles IX

C’est un chef rempli de cœur et de prudence, qui n’est jamais précipité dans ses vues ni dans ses entreprises, mais qui pèse tout avec mesure, agissant toujours avec sagesse. Il fait exactement observer la discipline militaire et ne souffre dans son corps aucuns joueurs ni gens inutiles. Il craint Dieu, observe religieusement la foi catholique, respecte les prêtres, fait de grandes aumônes aux pauvres; en un mot, il possède toutes les qualités qui font un honnête homme.

Ce panégyrique est l’oeuvre d’un subordonné de Louis Pfyffer. Lorsque le colonel Pfyffer rentre à Lucerne en ce 6 octobre 1569, sa gloire est immense. En France, il est considéré comme le roi des Suisses. Sa défense de Charles IX et de la reine-mère, Catherine de Médicis, a été héroïque et décisive.

Mais ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la défense de la religion catholique. Nous marchons pour garder le jeune roy dans la foi. La devise inscrite sur les bannières suisses est éloquente. Après avoir sauvé la France, il devient le bras armé de la contre-réforme en Suisse. Il finance la création d’un collège à Lucerne pour accueillir les jésuites.

Il continuera son service en France en se mettant au service de la Ligue et des Guises pour punir le roi Henri III de n’avoir toujours pas réglé les dettes envers son régiment. Sa fougue et sa détermination menaceront l’unité confédérale.

5 octobre 2018

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5 octobre – La ligue d’Or (1586)

Charte constitutive de la Ligue d’Or

Réunis à Lucerne, sept cantons clament haut et fort leur alliance chrétienne. Uri, Schwytz, Unterwald, Lucerne Zoug, Fribourg et Soleure forment la Ligue d’Or qui durera jusqu’à la Révolution et l’intervention française de 1798.

Cette alliance qui divise, de fait, la Suisse en deux entités va marquer durablement l’histoire du pays. Catholiques et protestants vont se regarder en chiens de faïence. L’extension territoriale va s’arrêter, la Ligue d’Or refusera les alliances avec Genève ou Strasbourg pour ne pas donner plus de poids aux protestants.

Face à cette situation, seule la neutralité va sauver l’unité du pays. La Suisse des 13 cantons ne va plus se mêler directement de politique européenne. Toutefois, l’envoi de mercenaires sera une activité lucrative. Les cantons catholiques chercheront constamment et discrètement l’appui de puissances extérieures pour maintenir leur prédominance.

La Ligue d’Or se renouvèlera à deux reprises après les guerres religieuses de Villmergen (1656 et 1712). Après la deuxième guerre, elle prendra le nom de Ligue Borromée du nom de Saint-Charles-Borromée qui avait reçu le mandat du Concile de Trente d’appliquer les mesures de la contre-réforme en Suisse.

Après l’épisode français, la Ligue d’Or renaîtra une dernière fois au milieu du 19e siècle. Ce sera l’alliance du Sonderbund qui vaudra la dernière guerre civile du pays et la naissance de la Suisse moderne.

4 octobre 2018

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4 octobre – La loi Forrer (1899)

Ludwig Forrer

Le 4 octobre 1899, le Parlement fédéral accepte, à une très forte majorité, une loi sur l’assurance maladie et accidents appelée souvent loi Forrer. Ludwig Forrer est un conseiller national zurichois, radical progressiste. Il a porté ce projet, né à son initiative, de la genèse à son acceptation par le Parlement.

Malheureusement, un référendum est lancé et la loi est balayée par le peuple en 1900 avec près de 70% de non. Comme souvent dans l’histoire de la Confédération, une première loi sociale est trop progressiste, trop novatrice ou encore contraire à la structure du pays. Le peuple la rejette, mais ce n’est que partie remise.

Ludwig Forrer, depuis 25 ans au Parlement, leader des radicaux progressistes, grand opposant au régime libéral incarné par Alfred Escher, se retire de la politique. Cet échec lui pèse, lui, qui déjà à 17 ans, déclarait dans une allocution de fin d’année scolaire : Les fabriques se multiplient; elles seront un bienfait pour les régions où elles s’établissent si des lois sages assurent la sécurité des ouvriers…

Mais sa retraite sera de courte durée, il est élu au Conseil fédéral en 1902. Il y restera jusqu’en 1917. Il présidera la Confédération en 1906 et en 1912. Le lion de Winterthour a mûri. Il tirera les leçons de l’échec de 1900 et élaborera une loi sur l’assurance maladie et accidents plus nuancée qui entrera en vigueur en 1911.

3 octobre 2018

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3 octobre – La rythmique au centre du développement (1910)

Émile Jacques-Dalcroze

Émile Jacques-Dalcroze quitte Genève ce 3 octobre 1910. Tu ferais mieux de t’en tenir à tes chansons. Cette phrase trop souvent entendue le convainc d’aller développer ses idées hors du pays. C’est à Hellerau, près de Dresde en Allemagne, qu’il va peaufiner et répandre sa pédagogie basée sur la rythmique.

Sa démarche, où la musicalité du mouvement est au centre, sera utilisée tant sur le plan pédagogique, pour apprendre aux enfants à apprivoiser leur corps, que sur le plan thérapeutique, dans la psychomotricité ou pour travailler sur certains handicaps. Elle servira aussi dans les arts: la danse contemporaine s’est fortement inspirée des travaux d’Émile Jacques-Dalcroze.

En 1915, après l’éclatement du premier conflit mondial, il revient à Genève. Son institut va rayonner à travers le monde. Des cours préparatoires pour les petits de 4 ans, aux études professionnelles, l’institut offre, pour tous les niveaux, l’enseignement du maître.

Mais Émile Jacques-Dalcroze fut avant tout un amoureux de son pays qu’il chanta de merveilleuse façon. Seigneur accorde ton secours au beau pays que mon cœur aime… Sa prière patriotique est largement connue, Et chantons en cœur le Pays romand de tout notre cœur et tout simplement… est une autre de ses mélodies inoubliables.

2 octobre 2018

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2 octobre – Brown-Boveri (1891)

Charles Eugène Lancelot Brown et Walter Boveri s’associent le 2 octobre 1891 pour lancer une compagnie qui fabrique des machines et appareils électriques. Les deux jeunes sont audacieux et réussissent à convaincre des investisseurs. Un des fleurons de l’industrie suisse prend son envol.

Charles Brown a 28 ans. Né en Suisse, il est d’origine britannique, son père travaille en Suisse. Malgré son jeune âge, il a déjà créé de nombreuses machines à courant continu et des génératrices. Conscient des limites du courant continu et surtout de son transport, il étudie le courant alternatif. En 1891, il réussit l’impossible, selon des spécialistes allemands: réaliser une ligne à haute tension.

Walter Boveri est d’origine allemande, il est venu en Suisse pour se perfectionner. Il épousera Victoria Baumann, la fille de Conrad Baumann, patron des soieries de Zurich qui procurera le demi-million de francs nécessaire à la fondation de Brown, Boveri & cie.

La société se lancera rapidement dans la production de turbines, génératrices, alternateurs et développera la production hydro-électrique en Suisse. Elle exploitera la traversée électrifiée des trains à travers le tunnel du Simplon devant le scepticisme des CFF. Convaincus par cette technique, ils décideront bientôt l’électrification du réseau.

En 1988, Brown, Boveri & cie fusionnera avec la compagnie suédoise ASEA et deviendra Asea Brown Boveri (ABB).

1 octobre 2018

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1 octobre – Mathieu Schiner (1522)

Mathieu Schiner

Le prélat qui succombe, ce 1 octobre 1522, à la peste, loin de ses terres d’origine, loin de son évêché est un des grands hommes de son époque. Rome faillit être son trône, Rome sera son tombeau. Mathieu Schiner, cardinal, évêque de Sion et de Novare, sera inhumé en l’église romaine de Santa Maria dell’Anima.

Né vers 1465 (sa date exacte de naissance est imprécise) à Mühlebach, village de la commune d’Ernen dans la vallée de Conches en Valais, le jeune homme est brillant et ambitieux. Il fera ses études aux écoles diocésaines de Sion et de Côme. Il sera ordonné prêtre en 1489 à Rome. Il deviendra ensuite chanoine, puis doyen de la cathédrale de Sion.

En 1492, il devient secrétaire de celui qui deviendra, quelques années plus tard, son pire ennemi : Georges Supersaxo. En 1498, le pape Alexandre VI le nomme évêque de Sion. Il comprend très vite la position stratégique du Valais et va devenir un acteur incontournable de la politique européenne.

Il encourage le pape à unifier l’Italie sous son autorité. Il convainc les Confédérés d’envoyer des troupes pour aider la papauté. Ennemi de la France, il permet à la Suisse de gagner le Tessin.

Il devient cardinal en 1511. Son ascension semble irrésistible.Mais, son opposition à Georges Supersaxo qui refuse de laisser tous les pouvoirs en mains de l’Église et qui défend les intérêts des districts déchire le Valais . Dès 1517, Mathieu Schiner ne peut revenir dans son canton natal suite à la Paix des patriotes.

Après la mort du pape Léon X en décembre 1521, Mathieu Schiner est un des favoris à sa succession. Mais l’opposition des cardinaux français ne lui permet pas de réunir une majorité. Il mourra quelques mois plus tard.

30 septembre 2018

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30 septembre -Stein am Rhein (1484)

Stein-am-Rhein

Les bourgeois de Stein am Rhein renoncent à leur droit de conclure des alliances et à celui de lever leur propre troupe. En ce 30 septembre 1484, ils se placent complètement sous la protection de Zurich et mettent en œuvre directement le pacte signé la veille. Ils font ainsi leur entrée dans la Confédération.

En 1457, la ville a reçu l’immédiateté impériale et donc le statut de ville libre. Elle se rapproche alors de Zurich et de Schaffhouse pour se protéger de l’Autriche. En 1478, elle échappe de justesse à une trahison des membres du parti autrichien. La vigilance d’un boulanger permet de déjouer le complot.

Petit à petit, les gens de Stein am Rhein se rendent compte qu’ils ne pourront pas préserver seuls leurs libertés. En désaccord avec Schaffhouse en cette fin de XVe siècle, ils signent une alliance avec la seule ville de Zurich. C’est contre leur grès qu’ils deviendront schaffhousois en 1803 durant la domination française.

La Confédération accueille alors un petit bijou architectural. La ville au bord du Rhin possède des maisons enluminées et une grande place qui, encore aujourd’hui, sont un ravissement. Se promener dans ses rues, c’est parcourir un livre ouvert. Histoires des familles, illustrations de fable ou enseignes expressives, les genres sont multiples.

29 septembre 2018

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29 septembre – Couvent de Königsfelden (1311)

Couvent de Koenigsfelden

En ce 29 septembre 1311, jour de la Saint-Michel, un peu plus de trois ans après l’assassinat de son mari, Élisabeth de Carinthie signe à Vienne l’acte qui donne naissance au couvent de Königsfelden. À l’endroit même où Albert Ier, roi des Romains, a été tué par son neveu Jean de Habsbourg, s’érigera un monastère de clarisses et un couvent de frères mineurs franciscains pour assurer la liturgie.

Près de l’endroit où convergent l’Aar, la Limmat et la Reuss, tout proche du château de Habsbourg, au bord de la Reuss, l’endroit servira de tombeau durant des siècles aux empereurs. Mais la prospérité du monastère des clarisses sera finalement assez courte.

La fille d’Élisabeth et d’Albert, Agnès de Habsbourg, veuve du roi André III de Hongrie s’installe à Könisfelden en 1317. Par son dynamisme, par sa clairvoyance et par sa persévérance, elle augmentera les dépendances et les revenus du monastère. Elle veillera sur les lieux jusqu’à sa mort en 1364.

Devenu autonome administrativement dès 1397, lorsque les ducs de Habsbourg lui accorderont l’ensemble des droits seigneuriaux, le monastère commence un lent déclin. La Confédération qui prend son essor rompt les liens avec la famille fondatrice. En 1528, la Réforme met fin aux activités du couvent. Les restes des empereurs sont transportés en Forêt-Noire. Les bâtiments serviront de ferme modèle avec école et hôpital. En 1804, le domaine, actuellement à Windisch, revient au Canton d’Argovie qui en fait un hôpital psychiatrique.

28 septembre 2018

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28 septembre – Une première assurance vie (1857)

Jean-Conrad Widmer

Je vous dois la plus vive reconnaissance pour m’avoir donné la chance de puiser aux sources de la vie intellectuelle, pour m’avoir ouvert le chemin d’une existence utile à mon pays. Le jeune qui écrit en ses termes au Gouvernement thurgovien saura faire fructifier la bourse obtenue pour entrer au Gymnase de Zürich.

Jean-Conrad Widmer vouera sa vie à l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens. Directeur du pénitencier de Zürich, il se bat pour une réforme du droit pénal, fait construire un nouveau pénitencier et fonde une société de parrainage pour aider à la réinsertion des détenus.

Mais l’oeuvre de sa vie sera la création d’une compagnie d’assurance vie suisse. À ce moment, seules des sociétés étrangères opèrent sur le sol suisse. Le manque de données statistiques, le manque de moyens financiers ont fait échouer les quelques tentatives. Widmer n’en a cure et emploie son énergie à convaincre la grande banque du moment, le Crédit Suisse, de s’associer en garantissant les rentes assurées.

Elle accepte devant la conviction de Widmer. Ainsi naît le 28 septembre 1857 la Schweizerische Rentenanstalt, aujourd’hui Swiss Life qui deviendra prospère et n’utilisera jamais la garantie de la banque. Widmer la dirigera avec succès durant 37 ans, mais il ne s’arrêtera pas là. Il imaginera une assurance qui ressemble à l’AVS, trop avantgardiste, elle ne verra pas le jour de son vivant.

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