Valais Libre

12 juin 2018

366 histoires suisses

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12 juin – Une petite fille tellement suisse (1827)

Johanna Spyri

On ne voyait partout que l’azur profond du ciel; un soleil resplendissant brillait sur les verts pâturages, toutes les petites fleurs bleues et jaunes s’ouvraient gaîment à la lumière et semblaient sourire à Heidi… Pendant ce temps, Peter avait vidé la sacoche et posé sur le gazon les quatre morceaux qu’elle contenait, bien arrangé en forme de carré, les gros morceaux du côté de Heidi et les plus petits de son côté, puis il alla traire Blanchette qui donna son beau lait bien frais, et il posa l’écuelle pleine au milieu du carré…

Cette description paradisiaque des Alpes suisses a fait le tour du monde. L’histoire de Heidi, de son ami Peter, de son Grand-Père, donne toujours une image parfaite de notre pays. Depuis la parution du premier roman en 1880, les adaptations, les films ou autres spectacles n’ont pas manqué. Traduites et adaptées partout à travers le monde, les aventures d’Heidi font partie de l’identité helvétique.

L’histoire est née dans la tête d’une femme bien raisonnable qui a dépassé la cinquantaine quand elle publie Heidis Lehr- und Wanderjahre. Johanna Spyri est née ce 12 juin 1827 à Hirzel dans le canton de Zurich. Johanna Heusser est la fille d’un chirurgien. Elle épousera en 1852 Johann Bernhard Spyri, un avocat qui deviendra chancelier de la ville de Zurich. Elle aura un fils qui décèdera quelques mois après son père en 1884.

Johanna s’inspirera de ses étés de jeunesse dans les Grisons pour brosser le décor des aventures de l’héroïne qui la rendra célèbre. La confrontation de l’univers alpestre de Heidi et de la vie citadine en pleine révolution industrielle de son amie Clara sera à l’origine du succès du roman.

Johanna Spyri écrira bien d’autres histoires, mais aucune ne résonnera aussi fort qu’Heidi. Très discrète sur sa vie privée, l’écrivain s’éteindra le 7 juillet 1901 à Zurich.

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11 juin 2018

366 histoires suisses

11 juin – New Bern (1710)

New Bern

Christophe de Graffenried, en compagnie des rescapés d’une longue épopée, débarque ce 11 juin 1710 en Amérique. C’est une des premières grandes entreprises de colonisation helvétique. Après quelques recherches, la colonie s’établit à l’endroit où deux rivières se rejoignent au bout d’un estuaire à un peu plus de 50 kilomètres de l’océan Atlantique, à l’intérieur des terres qui constituent aujourd’hui la Caroline du Nord.

Christophe de Graffenried avait obtenu le titre de Langrave du territoire entre le fleuve Trent et le fleuve Kense du roi d’Angleterre. Dès le début 1710, il avait recruté des hommes pour se lancer dans l’aventure. Deux groupes, d’anabaptistes en majorité, quittent la Suisse au début de l’année pour s’embarquer à Londres en compagnie de Graffenried et de ses fils.

Après une longue traversée de 13 semaines où près de la moitié du groupe perd la vie, les rescapés sont encore décimés les premiers jours pour avoir trop abusé de fruits frais et d’eau douce. La région est hostile, mais la colonie trouve tout de même un endroit favorable pour y commencer la culture et l’élevage.

New Bern naît de ses pionniers. Malgré une guerre avec des Indiens provoquée par la jalousie de quelques colons anglais, la colonie survivra grâce à l’apport de nouveaux arrivants anglais. De Graffenried rentrera en Suisse où il racontera ses mésaventures.

New Bern se signalera par la suite en 1893 avec la mise au point par un pharmacien de la ville de la recette d’une boisson qui prendra le nom, dès 1898, de Pepsi-Cola.

10 juin 2018

366 histoires suisses

10 juin – Jean-Jacques Rousseau en Suisse (1762)

En entrant sur le territoire de Berne je fis arrêter, je descendis, je me prosternai, j’embrassai, je baisai la terre et m’écriai dans mon transport: Ciel, protecteur de la vertu, je te loue, je touche une terre de liberté! C’est ainsi qu’aveugle et confiant dans mes espérances je me suis toujours passionné pour ce qui devait faire mon malheur… Jean-Jacques Rousseau ne le sait pas encore, mais en arrivant en Suisse, à Yverdon, chez son ami Daniel Roguin, il ne trouvera pas un exil de tout repos.

Condamné à Paris pour des motifs religieux, le citoyen genevois évite sa ville natale qui a mis son Contrat Social à l’index. Averti tard dans la soirée du 9 juin que le Parlement de Paris veut l’arrêter, Rousseau quitte précipitamment le Petit-Château de Montmorency où il est logé par le maréchal de Luxembourg.

Il arrive en Suisse ce 10 juin 1762, mais sa pause en terre d’Yverdon sera courte. Berne, qui administre la région, fait comme Genève et prend un décret d’expulsion. L’écrivain trouvera refuge à Môtiers chez son amie Madame Boy de la Tour. La principauté de Neuchâtel dépend du roi de Prusse Frédéric II. Celui-ci accorde l’asile au paria.

L’année suivante, Rousseau renoncera à sa citoyenneté genevoise. Il utilise son temps à son Dictionnaire de la musique, mais ses écrits plus politiques le rattrapent. La population de Môtiers le chasse en 1765. Rousseau poursuivra, après un crochet par l’Île Saint-Pierre sur le lac de Bienne, son exil en Angleterre.

Il retrouvera la France en 1767 où il vivra plus ou moins clandestinement jusqu’à sa mort en 1778.

9 juin 2018

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9 juin – Guerre des paysans (1653)

Niklaus Leuenberger

Niklaus Leuenberger se terre dans une grange. La veille a été terrible, les paysans, unis dans la Ligue de Huttwil, ont été décimés par Sigismond d’Erlach et son armée. Herzogenbuchsee est détruite par le feu. Le chef des paysans bernois a pu s’enfuir, mais il va être trahi par un des siens qui va le livrer aux autorités bernoises ce 9 juin 1653.

La révolte des paysans est matée. Pourtant, les demandes découlant de la dévaluation de la monnaie bernoise ne semblaient pas démesurées. Mais la large alliance des paysans de Berne, Lucerne, Soleure, Bâle et Argovie fait peur aux citadins. Des protestants et des catholiques qui s’accordent et se jurent fidélité, les dirigeants ne peuvent laisser se développer une telle alliance.

Après la mobilisation paysanne qui marche sur les villes vient l’heure des discussions et des promesses. On signe le traité de Murifeld. Les paysans croient en la bonne foi des autorités des villes. Ils rentrent chez eux, mais durant ce temps, les villes ont rassemblé des armées qui vont écraser les hommes de la terre.

En Entlebuch, dans l’Emmental et en Argovie, la déroute paysanne est totale, de nombreux villages sont brûlés. La répression est féroce, les condamnations aux galères sont nombreuses. On coupe des langues et des oreilles. Des dizaines de chefs sont exécutés. Niklaus Leuenberger, comme ses compatriotes de Lucerne et d’Argovie, est torturé longuement durant 3 mois, il sera décapité et écartelé le 6 septembre. Ses 4 quartiers seront exposés sur les principales routes menant de Berne vers la campagne.

8 juin 2018

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8 juin – Rodolphe Töpffer (1846)

Rodolphe Töpfffer

Je ne regretterai la vie que pour ma femme et mes pauvres enfants qui auraient encore besoin de moi… L’homme qui s’exprime ainsi est encore dans la force de l’âge, mais il se sent mourir. Rodolphe Töpffer s’en ira le 8 juin 1846 à l’âge de 47 ans. Genève perd un pédagogue, un pamphlétaire, un homme politique, mais surtout un artiste.

Ce petit livre est d’une nature mixte. Il se compose de dessins autographiés au trait. Chacun des dessins est accompagné d’une ou deux lignes de texte. Les dessins, sans le texte, n’auraient qu’une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d’autant plus original qu’il ne ressemble pas mieux à un roman qu’à autre chose… Töpffer est considéré par beaucoup comme l’inventeur de la bande dessinée.

Propriétaire et enseignant d’un pensionnat de jeunes garçons, c’est pour ses élèves, en majorité étrangers, qu’il compose ses premiers livres. Il y relate les sorties pédagogiques qu’il organise à travers la Suisse et dans les Alpes pour la formation de ses jeunes.

Il composera aussi des histoires plus folles ou plus sérieuses pour égayer les soirées d’hiver. Loin de n’être qu’un bon pédagogue et dessinateur, Rodolphe Töpffer s’intéressera à la politique. Opposé aux libéraux qui veulent changer l’ancien ordre des choses, il siègera dans les rangs conservateurs du parlement du canton de Genève. Il sera polémiste au Courrier de Genève.

Malheureusement sa santé fragile l’empêchera de donner toute sa mesure. Atteint assez jeune d’une affection oculaire, sa santé se détériorera de plus en plus à partir de 1843. Il meurt d’une grave maladie hépatique à 47 ans.

7 juin 2018

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7 juin – Union Suisse des paysans (1897)

280 délégués de toutes les organisations agricoles du pays sont réunis à Berne. Ils décident, unanimes, de fonder une association faîtière. Ainsi, nait, ce 7 juin 1897 l’Union Suisse des paysans. Ils confient à la nouvelle association l’organisation d’un secrétariat permanent des paysans suisses.

Dès le début de la Confédération, l’histoire de la paysannerie suisse est une lutte constante contre la pauvreté et la rudesse du sol, contre les droits féodaux, contre les propriétaires terriens qui abusent de leur pouvoir. Au cours du XIXe siècle, les droits féodaux disparaissent, mais la concurrence internationale et les lois du marché viennent prendre la relève.

Les paysans luttent en ordre dispersé. La Confédération moderne, née en 1848, va leur permettre de s’organiser. Le club agricole de l’Assemblée fédérale, composé des parlementaires issus du milieu, propose, vers la fin du siècle, la création d’un secrétariat permanent des paysans suisses. Ernest Laur sera ce premier secrétaire et directeur de l’Union des paysans.

Cet éminent ingénieur agronome qui dirigera l’Union jusqu’en 1939 donnera à l’organisation une importance croissante. Il saura allier rigueur scientifique et saine gestion économique. Un bureau central efficace et des ramifications dans chaque région, chaque village, rendra très vite l’association incontournable.

Aujourd’hui l’Union Suisse des Paysans a son siège à Brugg et fédèrent plus de 57 000 familles paysannes.

6 juin 2018

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6 juin – Congrès de Baden (1714)

Congrès de Baden

Nos députés pour la Diète s’approchent en grand nombre et avec grand cortège: il y a aujourd’hui plus de gentilshommes en Suisse que de fromages en Gruyère! Le comte du Luc, ambassadeur du roi de France en Suisse, apprécie l’atmosphère de la ville de Baden où la guerre de succession d’Espagne se règle depuis la veille de ce 6 juin 1714. Il apprécie l’ambiance de petit Paris qui règne au bord de la Limmat.

Le traité de paix entre le roi de France Louis XIV et l’empereur Charles VI mettant fin à la guerre de succession d’Espagne sera signé le 7 septembre 1714 au terme de 3 mois de négociations. Il confirmera la paix séparée entre la France et l’Autriche signée à Rastatt le 6 mars 1714.

Le congrès organisé dans la ville neutre de Baden, où se tenait habituellement la Diète fédérale, servit à étendre la paix à toute l’Allemagne ainsi qu’au nord de l’Italie, soixante délégations y participèrent. Le calme et la sérénité de la Confédération, pourtant tiraillée par les querelles religieuses, auront contribué à mettre un terme à un conflit qui durait depuis plus de dix ans, depuis la mort du roi d’Espagne Charles II dernier représentant de la branche des Habsbourg.

Les puissances signataires menèrent en marge du congrès des entretiens secrets quant à une union catholique entre Vienne et Versailles et intervinrent en faveur des cantons catholiques vaincus à Villmergen en 1712.

5 juin 2018

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5 juin – Académie de Genève (1559)

Vu que le Collège se dresse sous la conduite de Messieurs, et sera profitable pour avoir gens à l’avenir pour le gouvernement de la police, et aussi pour annoncer la Parole de Dieu, joinct que le profit s’en étendra bien loing… Jean Calvin libelle ainsi son invitation à Messieurs du Conseil pour la cérémonie d’ouverture de la nouvelle Académie de Genève.

C’est Théodore de Bèze, le premier recteur, qui préside l’inauguration ce 5 juin 1559. L’Académie est un séminaire théologique et humaniste, elle obtient rapidement un rayonnement important. On y enseigne aussi la rhétorique, la dialectique, l’hébreu et le grec ancien. Jean Calvin et Théodore de Bèze se partagent l’essentiel de ces enseignements.

Très rapidement, l’Académie se développe et prend un rayonnement international. Les étudiants français sont nombreux. Les frais sont lourds et chaque membre de la cité est appelé à contribution selon sa bourse. Ainsi voit-on …magistrats, sages et gentilshommes de la foi se confondre dans cette diligence avec des artisans infirmes et d’humbles laboureurs, tels donnant les florins par centaines, et Jenon « povre bolangière » offrant cinq sols.

C’est à partir de 1835 que les quatre facultés (théologie, droit, lettres et sciences) sont officiellement traitées à égalité et en 1873, l’Académie devient l’Université de Genève et une nouvelle chaire de médecine est créée.

4 juin 2018

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4 juin – Institut des hautes études internationales (1927)

Bonne volonté sans illusions: telle pourrait être la devise de notre institut. Apprendre et enseigner à reconnaître la réalité internationale telle qu’elle est, chercher à la dépouiller de toutes les illusions, dont les acteurs sur la scène de l’histoire tendent sans cesse à l’envelopper, souvent à leur insu, plus souvent encore pour faire valoir les intérêts nationaux dont ils sont responsables: telle me paraît être la tâche essentielle des acteurs de l’avenir…

En annonçant la création de l’institut de hautes études internationales, William Rappard fixe, ce 4 juin 1927, la mission de ce nouveau centre d’études supérieures sur les questions internationales supérieures. Après la Société des Nations et le Bureau international du travail, cette nouvelle chaire de l’Université de Genève renforce le rayonnement international de la ville.

L’institut ne s’inspirera d’aucune doctrine préconçue, ses principes seront ceux de la probité intellectuelle et de l’objectivité. Il travaillera au progrès de la solidarité internationale. Jamais les hommes n’ont consacré tant d’efforts à étudier les relations entre États, à édifier des organisations destinées à sauvegarder la paix… et jamais l’humanité n’a paru si menacée d’extinction par le fléau de la guerre... William Rappard est lucide, mais combatif. On ne renonce pas à la médecine parce que les hommes continuent de mourir…

L’institut fusionnera en 2008 avec l’institut universitaire d’études du développement. Il poursuit ainsi depuis bientôt un siècle sa mission dans le domaine des relations internationales.

3 juin 2018

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3 juin – République de Gersau (1390)

Gerseau

Ce 3 juin 1390, pour la somme de 690 pfennigs, équivalent aux deniers de Charlemagne, les gens du village de Gersau rachètent leurs droits des Habsbourg. Ils acquièrent ainsi leur autonomie et s’organisent en communauté libre, avec leur landammann, leur Conseil et leur tribunal. Durant 4 siècles, ils vont constituer une minuscule république au coeur de la Confédération.

Gersau est un petit village isolé sur une rive du lac des Quatre-Cantons. Dès 1359, il lie son destin à celui de la Confédération. Un pacte d’alliance est juré avec Lucerne et les trois cantons primitifs. Gersau devient un protectorat. Des hommes du village se battront aux côtés des Confédérés à la bataille de Sempach en 1386.

Une vieille coutume symbolisait l’indépendance de la communauté: le Feckerkilbi. Durant trois jours, les vagabonds et mendiants avaient le droit de se rassembler et de s’ébattre dans le village. Ils se répandaient de maison en maison pour réclamer l’aumône. Leurs tours terminés, ils festoient joyeusement dans une ferme mise à leur disposition. Ils quittent ensuite le village et, en reconnaissance de la liberté qui leur est assurée durant ces journées, aucun mendiant ne se présente à Gersau le reste de l’année.

En 1433, Gersau reçut l’immédiateté impériale de Sigismond Ier. Sa liberté dura jusqu’en 1798 où les troupes françaises intégrèrent le village à la République helvétique. Après le traité de Vienne, Gersau devint un district du canton de Schwytz.

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