Valais Libre

5 décembre 2018

366 histoires suisses

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5 décembre – Pestalozzi et ses orphelins (1798)

Pestalozzi et des orphelins

Dans cette situation impossible pour un chétif comme moi, il me fallut utiliser un état aussi désespéré pour tout le monde. Je le fis en étant tout pour mes enfants. Du matin au soir, j’étais seul au milieu d’eux. Tout ce qui leur advenait de bon pour le corps ou pour l’âme venait de moi. Tout aide, toute main tendue dans le besoin, tout enseignement venaient de moi.

(…) Biens portants, ils m’entouraient, malades, je les entourais. Je dormais au milieu d’eux, dernier à me coucher le soir, premier à me lever le matin. Je priais et les enseignais encore à leur chevet jusqu’à ce qu’ils s’endorment : ils le voulaient ainsi. Les mots de Pestalozzi racontent son œuvre dans un pays ruiné, affamé et méfiant.

Lorsque le Directoire charge Pestalozzi, ce 5 décembre 1798, de se rendre à Stans et de prendre soin des orphelins, il tente tant bien que mal de réparer les terreurs des armées françaises. La résistance farouche des paysans a entraîné des représailles terribles. Les orphelins sont nombreux.

Le pays est dévasté et affamé. La région catholique accueille avec méfiance ce protestant envoyé par un Directoire qui encense l’envahisseur. L’amour, la sobriété, la ferveur et la vérité de Pestalozzi gagneront les cœurs. Malheureusement, l’oeuvre sera de courte durée. La guerre va reprendre avec le passage des alliés contre la France. Pestalozzi doit cesser son activité après cinq mois.

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4 décembre 2018

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4 décembre – Un paparazzi chez Rousseau (1764)

Maison Rousseau à Môtiers

Jean-Jacques Rousseau tente de couler des jours calmes et paisibles à Môtiers dans le Val-de-Travers. Les publications de l’Émile et du Contrat social l’ont chassé de Paris. Il est aussi chassé de son premier refuge à Yverdon, les Bernois ne veulent pas de ce réfugié trop encombrant. Le roi de Prusse, seigneur de Neuchâtel, lui accorde le droit de rester.

Je me présente, Monsieur comme un homme d’une mérite singulière, comme un homme qui a un cœur sensible, un esprit vif et mélancolique. Ah! Si tout ce que j’ai souffert ne me donne pas une mérite singulière auprès de Monsieur Rousseau, pourquoi ai-je été tellement créé? Pourquoi a-t-il tellement écrit?

Cette supplique de James Boswell adressée à Rousseau ce 4 décembre 1764 ne suffira pas. Le philosophe lui fera répondre qu’il est malade et qu’il ne reçoit personne. Le jeune écrivain et avocat ne se laisse pas démonter. Il forcera la porte. Il séduira la bonne de Rousseau. Il racontera tout ça dans son journal, sans omettre quelques détails grivois.

L’insupportable gentilhomme anglais exaspèrera Jean-Jacques, mais il finira par reprendre la route de son Angleterre. Déjà, la vie des vedettes ne passait pas inaperçue. Une année plus tard, lorsque sa maison de Môtiers sera caillassée par une population hostile, la paix du philosophe se terminera et il devra reprendre la route de l’exil.

3 décembre 2018

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3 décembre – Double prix Nobel de la Paix (1902)

Ducommun et Gobat sur un timbre de la Guinée-Bissau

L’inutilité des guerres démontrées par l’histoire : de l’expédition des Argonautes et de la campagne de Troie, il ne reste que des ruines; les Croisades furent une absurde épopée; tout cela ne serait pas arrivé si l’on avait déjà connu les traités d’arbitrage.

Elie Ducommun, fondateur de la Ligue de la paix et de la liberté, est un pacifiste convaincu. Il reçoit en ce 3 décembre 1902 le prix Nobel de la Paix. Deuxième prix Nobel, deuxième suisse, après Henri Dunant pour la première édition, le journaliste et homme politique genevois est récompensé en même temps qu’un docteur en droit, le bâlois Charles-Albert Gobat.

Cet avocat qui travaille sur la place de Berne est secrétaire général de l’Union interparlementaire. Il deviendra plus tard directeur du Bureau international de la Paix. Les deux hommes sont des pionniers de la notion d’arbitrage entre les nations. Organiser systématiquement l’offre de bons offices en cas de litige, leur objectif est noble. Ils poussent même à rendre la médiation obligatoire.

Ils rêvent d’une autorité supérieure qui naîtrait de la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Winston Churchill dira exactement la même chose 40 ans plus tard. Mais deux guerres mondiales auront déchiré les hommes et mis à mal les espoirs des deux Suisses.

2 décembre 2018

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2 décembre – Le « Roi des Suisses » à Notre-Dame (1582)

Pfyffer devant le roi Henri III

Deux coussins d’écarlate supportent délicatement deux parchemins aux armes du roi de France et des cantons helvétique. Henri III et Louis Pfyffer jurent solennellement alliance ce 2 décembre 1582. Un serment de plus entre les deux nations, mais un serment très hypocrite cette fois.

Louis Pfyffer est considéré comme le roi des Suisses par le roi de France. N’a-t-il pas sauvé la royauté lors de la fuite de Meaux en 1567? Pfyffer veut récupérer les arriérés de solde, le royaume de France est mauvais payeur. Le roi Henri III doit faire face à la Ligue de Guise farouchement opposée aux protestants, il a donc besoin de l’appui des Suisses. Pfyffer, lui, complote déjà avec les Guise, il est un catholique convaincu.

Mais en ce jour de fête, on jure solennellement fidélité et assistance. Les arrière-pensées se concrétiseront plus tard. Pfyffer insiste auprès du roi pour qu’il autorise de Duc de Savoie, le jeune Charles-Emmanuel à s’emparer de Genève. Le roi refuse.

Cinq ans plus tard, Pfyffer soutiendra ouvertement la Ligue des Guise, mais les cantons protestants resteront fidèles à la couronne de France. Les soldats suisses se retrouveront donc face à face, notamment à la bataille d’Ivry.

1 décembre 2018

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1er décembre – Passion partagée des plantes (1572)

Félix Platter

En 1er du mois de décembre, Renward Cysat, futur chancelier de Lucerne, fait un voyage à Bâle. Dans la cité rhénane, il va retrouver le médecin Félix Platter. Ils échangent des lettres depuis quelque temps. De cette rencontre naîtra une belle et longue amitié entre un chroniqueur et un médecin dont les renommées dépassent les frontières de leur canton.

Cultiver son jardin est une étude amusante, qui anime à bon compte les paresseux, et les incite à considérer de plus près les œuvres du Seigneur en accomplissant un travail bénéfique, au lieu de se complaire dans une oisiveté honteuse et dommageable. Ces lignes que le chancelier lucernois adresse à Platter résument bien leur passion commune.

En parallèle à leur carrière respective, les deux hommes créent un jardin botanique. Ils échangent plants, bouture, graines. Ils tentent des expériences particulières, pour développer le parfum des rosiers, Cysat va insérer des clous de girofle ou de la cannelle dans des plants fournis par l’évêque de Sion.

Les deux hommes voyageront régulièrement ensemble à travers la Suisse ou l’Italie. Cysat est un catholique fervent, Platter un protestant, dans ce 16e siècle déchiré par les querelles religieuses, leur amitié est remarquable.

30 novembre 2018

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30 novembre – Théodore Tronchin (1781)

Dr Théodore Tronchin

Je suis dans une paix profonde attendant avec soumission le terme de mes maux, lequel, comparé à l’éternité, n’est qu’un point noir suivi d’une ligne blanche infinie. Ce sont là les dernières paroles d’un sage homme qui s’éteint en ce 30 novembre 1781. Le docteur Tronchin n’est plus.

Ce médecin, né à Genève 73 ans plus tôt ,aura marqué l’histoire de la médecine. Il a introduit l’inoculation de la variole pour soigner la maladie. Précurseur des vaccins , il favorisa ce mode de traitement qui sauvera de nombreuses vies.

Envoyé en Angleterre à la suite des difficultés financières de son père, il se passionnera pour la médecine. Il reviendra à Genève où le Conseil d’État lui donne en 1750 le titre de professeur honoraire de médecine.

C’est souvent le comble de la sagesse que de ne rien faire… Il prône des remèdes simples, des mesures d’hygiène. Il s’élèvera contre le galimatias médical mis en lumière par Molière, même si parfois, il recourra à ce langage pour combler une belle patiente.

Le docteur Tronchin accompagnera Voltaire dans ces derniers moments. Son célèbre patient ne jurera que par son docteur en qui il met toute espérance.

29 novembre 2018

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29 novembre – Le Général Dufour (1847)

Guillaume-Henri Dufour

Le Valais, dernier bastion du Sonderbund, capitule ce 29 novembre 1847. Trois émissaires apportent l’acte de capitulation du Valais au colonel Rilliet-Constant, alors stationné à Bex. Cet accord est accepté et ratifié le jour même et les troupes valaisannes se retirent alors que les troupes fédérales entrent sur le territoire valaisan.

À peine un mois après le déclenchement des hostilités la guerre civile est terminée. La sagesse et le désintéressement du général Dufour auront permis de limiter les effusions de sang et de jeter les bases d’une reconstruction fédérale harmonieuse.

86 morts et 450 blessés, voilà le bilan de ces combats fratricides. Pourtant 100 000 hommes de l’armée fédérale faisaient face à 30 000 membres des forces du Sonderbund, mais le déséquilibre s’accentua encore par la mauvaise coordination des troupes catholiques.

La connaissance du terrain du Général Dufour qui avait cartographié la Suisse, la sagesse tactique du fondateur de l’école militaire de Thoune et sa volonté d’en finir vite sans faire couler trop de sang, auront permis au pays de se sortir des querelles religieuses sans trop de dégâts.

Ovationné partout à travers le pays, couvert des plus grands honneurs, Guillaume-Henri Dufour poursuivra son œuvre pour le rayonnement de la patrie en fondant avec Henry Dunant la Croix-Rouge.

28 novembre 2018

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28 novembre – Bérézina (1812)

Vous avez mérité la confiance et la reconnaissance de la patrie en soutenant dignement l’ancienne réputation de bravoure des Suisses. La déclaration de la Diète fédérale est élogieuse, mais elle ne peut rien face à l’ampleur du désastre de la retraite de Russie.

Pourtant, si l’empereur a pu se sortir du guêpier de Moscou, s’il a pu franchir la Bérézina, il le doit aux soldats suisses qui avaient la mission de tenir les ponts. Ils ont tenu. Les Russes auront tout tenté pour empêcher ce passage, mais la vaillance des Suisses a permis le retour de l’empereur à Paris.

Sur les 10 000 mercenaires helvétiques qui ont pris part à la campagne de Russie, il en reste un peu plus de 1500 à l’aube du 28 novembre. Affamés, frigorifiés, ils s’installent sur la route de Borisof et font face à 40 000 Russes qui vont tout faire pour empêcher le passage de la Grande Armée de Napoléon.

L’ordre était de tenir, nous avons tenu. Le capitaine Donatz des Grisons résume sobrement la mission. Mais le prix a été lourd. Au clairon qui rassemble les hommes au soir de cette journée, ils ne sont plus que 300 à répondre présents, dont une centaine de blessés.

Napoléon tenait à engager des Suisses pour perpétuer la tradition française. Il a constitué 4 régiments en mélangeant, pour la première fois, des soldats de tous les cantons. Cette première armée suisse lui a sauvé la vie.

27 novembre 2018

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27 novembre – Un grand compositeur (1955)

Arthur Honneger

Paris voit s’éteindre en ce 27 novembre 1955 un grand artiste qui a vécu toute sa carrière créatrice dans la Ville Lumière. Fils d’industriel zurichois, Arthur Honneger est monté à Paris à 19 ans pour entrer au Conservatoire, il y restera jusqu’à sa mort à 63 ans.

C’est pourtant en Suisse, au théâtre du Jorat à Mézières, qu’il débutera sa carrière et qu’il connaitra quelques grands succès. Au sortir de la Première Guerre mondiale, le théâtre du Jorat cherche un compositeur suisse pour mettre en musique le Roi David de René Morax. Ernest Ansermet, puis Igor Stravinsky recommandent Arthur Honneger.

Le scepticisme de ceux qui snobent Paris est vaincu. Ce sera un triomphe. Mézières devient connu à travers le monde. Arthur Honneger, lui, poursuit son chemin avec le groupe des six, en côtoyant les grands noms de la vie parisienne : Claudel, Picasso, Cocteau, Valéry et tant d’autres.

Grand humaniste, il gardera toujours en lui quelque chose de son éducation protestante et zurichoise. Il touche à beaucoup de sujets religieux. Sa Jeanne d’Arc au bûcher en 1935 soulève les passions. Il sait émouvoir.

26 novembre 2018

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26 novembre – Conjuration Lausannoise (1588)

Isbrand Daux emmené à Berne

Isbrand Daux, ancien bourgmestre de la ville, partisan du duc de Savoie, signe un pacte avec le Duc Charles-Emmanuel Ier pour lui livrer Lausanne. Celui-ci maintiendra la religion réformée et abandonnera aux conjurés les régales dues préalablement à l’évêque.

Isbrand Daux est seigneur de Prilly et mayor de Crissier. Il a gagné à sa cause plusieurs magistrats, dont l’ancien bourgmestre Michel de Saint-Cierges, et fait en sorte que les postes clés de la ville échoient à des complices. Malheureusement pour lui, sa conjuration échouera.

Ce 26 novembre 1588, la bise retarde les embarcations des soldats du Duc qui voguent sur le Léman. Les chefs conjurés, avertis que les Bernois sont au courant de leur trahison, s’enfuient. Ils trouveront refuge à Evian. Seuls quelques seconds couteaux seront arrêtés, jugés et exécutés.

Isbrand Draux et ses complices seront condamnés par contumace à être décapités, leurs biens seront confisqués. L’ancien bourgmestre ne reverra jamais ses terres et mourra en exil quelques années plus tard.

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