Valais Libre

10 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Godbout Jacques (1933 – …)

Né à Montréal, Jacques Godbout a grandi dans le quartier de la Côte-des-neiges. Son enfance est marquée, comme pour beaucoup, par la découverte de la lecture vers 6 ans. Ce fut une révélation, il ne quittera plus le monde des mots.

Des études classiques chez les jésuites, une maîtrise en lettres à l’université de Montréal, il partira ensuite enseigner en Afrique, à Addis Abeba. Son retour au Canada passe par le monde de la publicité avant d’atterrir à l’office national du film, puis à Radio-Canada.

Ancré dans son Québec, il participe à la fondation du Mouvement Souveraineté-Association qui deviendra le parti québécois. Il est aussi considéré comme un des intellectuels de la Révolution tranquille. Il fut également le fondateur de l’union des écrivaines et des écrivains québécois dont il fut le premier président en 1977.

Les têtes à Papineau (1981)

Charles et François Papineau ne font qu’un. Ils sont le seul fils de la famille. Ce monstre bicéphale doit décider s’il accepte que le docteur Northridge les opère pour réunir leurs deux cerveaux qui trônent sur un corps unique. L’opération est risquée, les deux hémisphères sont indécis.

Charles pense et écrit en anglais. Il admire le Canada anglais. François pense et écrit en français et ne jure que par le Canada français. Ils nous racontent leur vie qui se confond avec le Québec et ses déchirements. Leur père, journaliste à la Presse, leur sert d’imprésario. Il dirige leur carrière médiatique.

Finalement, ils accepteront la délicate opération si toute la famille est pour. Ils subissent de nombreux tests, passent des épreuves compliquées avant de s’endormir pour l’opération ayant obtenu le feu vert de la famille. L’opération réussit, mais on ne connaîtra rien de leur réveil. L’anglais est la seule langue qui reste.

Écrit au lendemain de l’échec référendaire de 1980, ce roman est une agréable allégorie d’un Québec démuni à la recherche de son identité.

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6 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gérald Godin (1938-1994)

Né le 13 novembre 1936 à Trois-Rivières, Gérald Godin fera ses études au Séminaire Saint-Joseph de sa ville natale. Il en sortira en 1959 pour entrer comme correcteur d’épreuves puis comme journaliste au quotidien Le Nouvelliste. Dès 1963, il s’installera à Montréal et travaillera à Radio-Canada, puis deviendra directeur de l’information à Québec-Presse de 1969 à 1973.

Il publiera durant ses années à Trois-Rivières trois recueils de poésie qui, republié ensemble sous le titre Ils ne demandaient qu’à brûler, lui vaudront de nombreux prix littéraires. En 1975, il devient professeur de journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Dès 1976, il se lance en politique. Il deviendra député, puis ministre de l’Immigration. En 1982, il est ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française.

En juin 1984, Gérald Godin ressent les premiers symptômes d’une tumeur au cerveau. Après une opération parfaitement réussie, il pourra reprendre sa vie d’homme politique. En 1985, il sera ministre des Affaires culturelles. Le 12 octobre 1994, il succombera d’une tumeur au cerveau.

Ils ne demandaient qu’à brûler (1987)

je veux être seul

tuez mes chevaux

que je les entende crever d’ici

que je croie du moins qu’ils pleurent leur maître

non laissez la vie à l’un d’eux

que je sois moins seul à souffrir

dans cette baraque

Le langage est cru et direct, Seul est un des poèmes de jeunesse qui ouvre le recueil qui retrace le cheminement du poète. Le langage est bien québécois, en cohérence avec les combats de Gérald Godin. Quand il compose les cantouques, il utilise le mot de l’outil qui sert à trimballer des billots pour créer des poèmes qui trimballent des sentiments. Il restera réaliste, cru et direct jusqu’au bout pour parler de la maladie qui l’emportera:

tu constatais

que ta main gauche

la maudite

ne répondait plus

« C’est normal », disaient-ils

ta tumeur était à droite…

3 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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André Giroux (1916-1977)

André Giroux est né en 1916 à Québec où il suivra ses études secondaires à l’Académie de Québec. À 20 ans, à la mort de son père, il quitte ses études et entre comme secrétaire au Secrétariat de la province. Il sera ensuite publiciste, puis secrétaire au ministère de l’Industrie et du Commerce, toujours à Québec. Il sera durant 3 ans directeur de l’information à la délégation générale du Québec à Paris. Il finira sa carrière comme sous-ministre adjoint au ministère des Affaires culturelles.

Dès 1940, il s’engage en littérature en fondant la revue Regards. En 1948, son premier roman, Au-delà des visages, est très bien reçu par la critique. Il écrira ensuite des sketchs pour la série Trois de Québec de Radio-Canada. En 1953, Le gouffre a toujours soif sera son deuxième roman. Il publiera encore un recueil de nouvelles en 1959 Malgré tout, la joie!

Il rédigera aussi un téléroman hebdomadaire, 14 rue de Galais entre 1954 et 1957, toujours pour Radio-Canada. André Giroux décèdera le 28 juillet 1977, 4 jours après avoir été victime d’un accident de la route près de Drummondville.

Au-delà des visages (1948)

Jacques Langlet a commis un meurtre. Il a assassiné sa maîtresse dans un hôtel. À partir de ce simple fait divers, nous allons explorer l’entourage du meurtrier. Tour à tour, le marchand de journaux, l’avocat, les parents, les amis de Langlet vont nous livrer leurs sentiments. Langlet finira en prison, mais l’image d’une femme le laissera libre dans sa tête.

Enfin, il se passe quelque chose dans la ville. Le journal se vend bien, les fonctionnaires, collègues de Langlet, peuvent diversifier leurs discussions internes. Les amies de la mère de l’assassin peuvent pimenter leurs rencontres, pensez, un fils de bonne famille… on savait bien qu’il y avait des lacunes d’éducation. L’avocat novice rêve du procès qui le rendra célèbre et aimé de sa femme. Le père de l’accusé reverra sa jeunesse et ses fautes. Enfin, un ami prendra la défense envers et contre tout.

Procédé narratif innovant, André Giroux nous laisse découvrir ce fait divers à travers le prisme des autres. Sa critique de la société bien-pensante est sévère. L’univers balisé par les conventions sociales et l’influence de l’église vole petit à petit en éclat. Jacques Langlet est le prétexte d’une introspection du Québec d’après-guerre.

27 février 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Napoléon Bourassa (1827 – 1916)

Napoléon Bourassa

Napoléon Bourassa

Né à Saint-Jean-sur-Richelieu le 21 octobre 1827, Napoléon Bourassa étudiera durant onze ans chez les sulpiciens au collège de Montréal. En 1848, il entre en droit, mais opte très vite pour la peinture qu’il apprend, entre 1850 et 1852, avec Théophile Hamel. Il voyage ensuite à travers l’Europe pour apprendre son métier à Rome, Florence ou Paris.

De retour au pays, il épouse la fille de Louis-Joseph Papineau et enseigne le dessin à l’école normale Jacques Cartier. Il réalisera des peintures murales dans différentes chapelles et tracera les plans de monastères et églises. Il construira notamment la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes à Montréal. Il aura plusieurs apprentis et sculptera le buste de son beau-père.

Il participera à la fondation de la Revue canadienne dont il deviendra le directeur. C’est pour cette revue qu’il écrira son seul roman, Jacques et Marie en 1865/1866. En 1880, il fonde le musée des beaux-arts du Canada avec ses confrères artistes. Il participe en 1883 à la construction de l’Assemblée législative du Québec. Napoléon Bourassa meurt le 27 août 1916 à Lachenaie, aujourd’hui Terrebonne.

Jacques et Marie (1865)

bourassa-livreSouvenir d’un peuple dispersé, le sous-titre de ce roman résume bien le sujet de l’oeuvre: la déportation des Acadiens. Jacques Hébert et Marie Landry seront les héros malgré eux d’un drame que peu de peuples ont connu. Les deux jeunes acadiens qui habitent des fermes voisines s’aiment et leur avenir semble tout tracé. La menace anglaise vient tout bouleverser. La famille Hébert décide de quitter Grand-Pré alors que les Landry restent.

Jacques promet à Marie de revenir après avoir installé ses parents sur de nouvelles terres. Entre-temps, la situation politique change, l’Angleterre gagne la guerre en Europe et l’Acadie lui revient. Elle décide de déporter les Acadiens qu’elle ne peut obliger à changer de langue et de religion. En l’absence de Jacques, Marie l’attend, mais un jeune officier anglais qui ne partage pas la politique de son pays s’éprend de la jeune fille.

Monsieur Georges n’en est pas moins un soldat obéissant. Il fera tout pour épargner la famille Landry au moment de la déportation, mais avant il vivra une confrontation avec Jacques. Celui-ci est revenu en soldat, s’est fait prendre et sera condamné à mort. Miraculeusement sauvé, il s’enfuira, retrouvera le lieutenant Georges mourant sur les plaines d’Abraham. Il retrouvera également son père et Marie dans un Canada devenu anglais.

23 février 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Denise Boucher (1935 – …)

Denise Boucher

Denise Boucher

Née le 12 décembre 1935 à Victoriaville, Denise Boucher suivra des études de pédagogie. Elle sera diplômée de l’université de Sherbrooke. Elle enseignera quelques années, avant de se tourner vers le journalisme au début des années 1960. Elle travaille pour différents journaux et sera pigiste à Radio-Canada.

Très rapidement, dès les années 1950, elle écrit de la poésie et participe à des tables rondes et des festivals internationaux de poésie. En 1977, elle publie sa première oeuvre, Retailles, un dialogue à deux voix de femmes avec Madeleine Gagnon. Cyprines, un essai-collage pour être une femme suivra en 1978.

1978, est l’année où Denise Boucher se fait connaître avec Les fées ont soif qui déclenchera de nombreuses polémiques. Elle poursuit ensuite sa carrière littéraire et parcourt le monde. Elle est membre du Comité international du festival de la poésie Les Voix de la Méditerranée, à Lodève, en France. Son oeuvre a été récompensée par de nombreux prix.

Les fées ont soif (1978)

boucher-livreLa statue, Madeleine, Marie, trois fées, trois personnages, trois controverses. La pièce de Denise Boucher a suscité la polémique lors de sa sortie, censure, boycottage et manifestation ont marqué cet événement féministe. Le brillant tableau de la condition féminine dérange un Québec qui a fait sa Révolution tranquille mais qui a encore peur du bouleversement social, qui ne supporte pas qu’on s’attaque à l’image de la Vierge.

Y disent toutt que chuss une sainte, martèle La statue. Ydisent toutt que chuss hystérique, serine Madeleine. Ydisent toutt que chuss folle, répète Marie. Presque constamment debout face à la salle, les trois femmes sont des stéréotypes. La statue a la pureté de la Sainte Vierge. Madeleine se vautre dans la prostitution. Marie vit tristement sa vie de femme modèle.

Changeant quelques fois de place pour se retrouver sur un autre podium, les trois femmes passent en revue leur condition. Nous assisterons au viol de Madeleine et au procès du violeur, mais violer une prostituée ce n’est pas violer. Marie, tout comme La statue, cherchera le droit au plaisir, le droit de jouir librement. Tout finira par des promesses d’avenir, par l’imagination.

20 février 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Paul-Émile Borduas (1905-1960)

Paul-Émile Borduas

Paul-Émile Borduas

Né en 1905 au Mont-Saint-Hilaire, Paul-Émile Borduas grandit dans ce village au bord de la rivière Richelieu en Montégérie. C’est lors de la restauration de l’église villageoise qu’il s’ouvre à l’art. Il devient apprenti d’Ozias Leduc, un peintre et décorateur réputé. Il entrera à l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1923. Il poursuivra sa formation artistique durant deux ans à Paris aux Ateliers d’arts sacrés.

À son retour au Québec en 1930, c’est la crise économique. Borduas pense devoir s’exiler en Amérique du Sud lorsqu’il obtient un poste de professeur de dessin dans les classes de l’école primaire de Montréal. En 1937, il devient professeur à l’École du meuble de Montréal. Il évolue alors vers une conception plus radicale de l’art.

Il découvre André Breton et les surréalistes, s’approche des théories du dessin automatique de Léonard de Vinci. De là va naître le concept de l’automatisme pictural. Paul-Émile Borduas devient le leader d’une génération artistique. Il organisera de multiples expositions et son texte le Refus global lui fera perdre son poste à Montréal. Il voyagera ensuite aux États-Unis et en France notamment.

Le 22 février 1960, une crise cardiaque le terrasse dans son atelier parisien.

Refus global (1948)

borduas-livreRompre définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son esprit utilitaire. Refus d’être sciemment au-dessous de nos possibilités psychiques. Refus de fermer les yeux sur les vices, les duperies perpétrées sous le couvert du savoir, du service rendu, de la reconnaissance due. (…) Place à la magie ! Place aux mystères objectifs ! Place à l’amour ! Place aux nécessités !

Le Refus global est un texte marquant de la littérature québécoise. Pourtant, Paul-Émile Borduas n’est pas considéré comme un écrivain. Ce peintre et sculpteur a été le leader des Automatistes qui ont publié ce manifeste artistique. Le dogme catholique dominant le Québec est violemment pris à partie et l’immobilisme dans lequel est plongée la Province est rejeté.

Un petit peuple serré de près aux soutanes restées les seules dépositaires de la foi, du savoir, de la vérité et de la richesse nationale. Tenu à l’écart de l’évolution universelle de la pensée pleine de risques et de dangers, éduqué sans mauvaise volonté, mais sans contrôle, dans le faux jugement des grands faits de l’histoire quand l’ignorance complète est impraticable. Le constat est implacable et seul le développement de la liberté individuelle pourra libérer ce peuple.

Le texte deviendra petit à petit une référence et ses interprétations et utilisations se multiplient.

18 février 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Marie-Claire Blais (1939-…)

Marie-Claire Blais

Marie-Claire Blais

Née à Québec dans un milieu ouvrier le 5 octobre 1939, Marie-Claire Blais grandit dans le quartier du Limoilou. Elle quittera assez rapidement ses études suivies chez les religieuses catholiques pour rejoindre le monde du travail. Elle suit quelques cours à l’Université Laval où elle fait quelques rencontres qui l’encouragent à écrire.

À 20 ans, elle publie son premier roman La Belle bête qui attire une critique bienveillante. La violence et le langage cru de ce roman détonnent pour l’époque. Le roman est rapidement publié en France et traduit. Marie-Claire Blais décroche une bourse et s’installe aux États-Unis en 1963. Elle publie quelques romans dont Une Saison dans la vie d’Emmanuelle.

En 1972, elle pose ses valises en Bretagne où elle restera deux ans avant de rentrer à Montréal. Cette ville et l’Estrie sont les décors de ses oeuvres qui paraissent régulièrement. Quelques-uns de ses romans seront portés à l’écran et la plupart de ses livres sont traduits dans plusieurs langues. Marie-Claire Blais a reçu de nombreux prix littéraires et récompense pour sa production romanesque.

Le sourd dans la ville (1979)

blais-livreMike est condamné, une tumeur au cerveau progresse inéluctablement. Il vit avec Gloria, sa mère, et l’aide comme il peut dans la pension de famille. L’Hôtel des Voyageurs à Montréal est le repère de Gloria, son univers de jour. C’est aussi le rendez-vous de bien des âmes brisées, en peine ou à la recherche d’un sens. Florence viendra s’y échouer dans sa chute sans espoir.

L’été prochain, Gloria emmènera Mike en moto vers la Californie ou Mike sera soigné. Ce rêve ne se réalisera pas, mais il donne de l’énergie à celle qui, tous les soirs, devient une danseuse nue. Le père n’est plus, victime d’un règlement de compte, mais le reste de la famille est disparate. Tim, l’irlandais, Judith la philosophe complètent la galerie de portrait.

Ce long monologue sans pauses, le roman de 234 pages ne comporte qu’un seul paragraphe, nous promène d’un angle à l’autre dans cette pension impitoyable qui brise les aspirations, où la détresse et l’angoisse sont omniprésente. Nous visitons des tranches de vie qui remonte à la surface, mais rien n’y fera, le suicide final de Florence est là pour montrer la fin inéluctable.

15 février 2017

150 de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Lise Bissonnette (1945 – …)

Lise Bissonette

Lise Bissonette

Détentrice d’un baccalauréat en pédagogie et d’une licence ès sciences de l’Éducation de l’Université de Montréal, elle a poursuivi en 1968-69 des études doctorales à l’Université de Strasbourg puis à l’École pratique des hautes études de Paris. De retour au Québec en 1970, elle est entrée à la toute nouvelle Université du Québec à Montréal (UQAM) où elle a participé à la création du premier bureau d’études institutionnelles avant d’assumer la coordination de la famille des Arts.

Devenue journaliste au Devoir en 1974, elle y a occupé différents postes jusqu’en 1985: chroniqueur d’éducation, correspondante parlementaire à Québec, correspondante parlementaire à Ottawa, éditorialiste, rédactrice en chef. Elle a quitté Le Devoir en 1986 et a alors exercé sa profession de façon autonome en tenant des chroniques dans divers médias canadiens.

En 1998, elle est nommée à la barre de la Grande Bibliothèque du Québec et celle-ci est fusionnée, en 2001, à la Bibliothèque nationale du Québec. Plus tard, en 2006, elle dirige aussi la réunion de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec. Elle est maître d’œuvre du projet de construction de la Grande Bibliothèque, qui ouvre ses portes en avril 2005.

Outre ses nombreux ouvrages de fiction , elle est l’auteur de deux recueils de chroniques culturelles et politiques. Tous ses livres ont été fort bien reçus par la critique et le public, et trois de ces ouvrages ont été en nomination pour le Prix du Gouverneur général du Canada. Tout au long de sa carrière, elle a reçu de nombreux prix.

La Flouve (2006)

bissonnette-livreLa Flouve est le nom français de ce qu’on appelle au Québec le foin d’odeur. Une graminée poussant au hasard, sans prétention, folle au vent, mais résistante. Un de ces foins qu’on arrache et mordille, durant des marches sous le soleil, pour la nonchalance et l’erre d’aller. Sans trop savoir où. L’auteur sait où elle va. Elle suit le parfum de Balzac qui semble habiter cette maison qui doit devenir son cabinet d’écriture, son chalet en ville.

Tout commence à la Côte-de-Misère en 1811. Pierre Gagnon vend ses bras le long du Saint-Laurent pour nourrir sa famille. Onze enfants et sa femme Marguerite Corbeille a nourrir et une maison à construire, c’est bien de l’ouvrage. Le 18 juillet 1811, il achètera devant notaire un terrain au bord de la rivière des Prairies. Il y bâtira sa maison, un rectangle de six mètres par cinq à un seul niveau, avec un comble qu’on atteint par une échelle. Il ne se construit pas d’habitation plus minuscule et plus simple à cette époque dans la vallée du Saint-Laurent.

Mais la bâtisse traversera les ans et l’histoire du Québec. Lise Bissonnette achètera cette maison bleue en 2001. Elle en a vu passer des propriétaires. Son nid d’écriture deviendra son nouveau nid qui resplendit après une transformation qui valorise l’ancien grâce à une architecture résolument moderne. La journaliste nous offre un cri d’amour pour une maison vivante.

11 février 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gérard Bessette (1920-2005)

Gérard Bessette

Gérard Bessette

Né à Sainte-Anne-de-Sabrevois en Montégérie, Gérard Bessette grandit à Montréal. Après des études classiques et un diplôme à l’école normale Jacques Cartier, il obtient, en 1950, un doctorat en lettres françaises avec sa thèse sur Les images dans la poésie canadienne-française. Il enseignera ensuite durant 7 ans à Pittsburgh aux États-Unis avant de poursuivre sa carrière à Kingston en Ontario.

Après quelques poèmes de jeunesse, trois romans dans les années soixante vont le projeter sur le devant de la scène. La Bagarre (1958), Le Libraire (1960) et Les Pédagogues (1962) dénoncent le poids de la tradition sur les formes et les discours. Il se lancera ensuite dans la littérature psychanalytique dont il est un des pionniers au Canada.

L’oeuvre de Bessette se développe en parallèle de sa carrière de professeur d’université. Athée, il s’élèvera contre la place de la religion. La complexité des rapports entre les individus et la société le fascine. La force du collectif, de ses mythes, de son inconscient guide ses écrits. Gérard Bessette décède en 2005 à Kingston en Ontario.

La bagarre (1958)

bessette-livreJules Lebeuf est un étudiant atypique, tout comme il est un ouvrier sortant du commun. Le jeune homme dans la fin de la vingtaine passe son temps libre à écumer les bars de Montréal en compagnie de quelques amis particuliers. Université, compagnie de transport métropolitaine, compagne serveuse, jeune prometteuse, littérature, la vie de Lebeuf est remplie d’interrogations.

Augustin Sillery et Ken Weston sont les deux compères qui accompagnent Lebeuf dans des nuits délirantes où la littérature, les filles faciles et la vie de débauche occupent les esprits. Sillery, fils efféminés d’une riche famille et Weston, américain qui écrit une thèse sur les canadiens-français révèlent à Jules les dessous d’une vie qu’il ne veut pas.

Bill, collègue de travail, lui demande de l’aide pour sa fille Gisèle qui veut étudier. L’idéal de Lebeuf peut prendre corps, il doit aider cette fille douée à sortir de sa fange sociale. Lutte syndicale dans les nuits de nettoyage, sauvetage d’un vieux collègue, promotion forcée, Lebeuf ne saura trop comment naviguer entre sa soif d’absolu et les réalités d’une vie médiocre.

6 février 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Louky Bersianik (1930 – 2011)

bersianikLucille Durand est née le 14 novembre 1930 Rue Saint-Denis à Montréal. Son père professeur de français écrivait des pièces de théâtre. Il lui laissait réciter des poèmes devant son public. J’ai su très tôt que je serais traversée par l’écriture, que ma raison de vivre serait là, dira-t-elle plus tard. Après l’obtention d’une maîtrise en lettres françaises à l’Université de Montréal, elle ira à Paris poursuivre ses études à la Sorbonne.

De retour au Québec, son doctorat et un diplôme en médias électroniques en poche, elle se lance dans la rédaction de contes pour les enfants. Elle participe également à des émissions jeunesse à Radio-Canada comme La boîte aux merveilles ou Chez Hélène. Elle collabore à plusieurs publications, dont Liberté et Le Devoir. En 1976, son roman l‘Euguélionne, premier grand livre féministe, la révèle au public québécois.

En 1979, Pique-nique sur l’Acropole poursuit sur le même thème. Elle commence alors à donner de nombreuses conférences et à participer à des colloques. En 1980, elle écrit pour le chanteur Richard Séguin les paroles de son deuxième album Trace et Contraste. Elle publiera également un essai et de la poésie. Malgré la maladie qui l’affaiblit les dernières années de sa vie, elle écrira jusqu’au bout. Celle qui avait pris comme nom de plume Louky Bersianik s’éteint à Montréal le 3 décembre 2011.

L’Euguélionne (1976)

bersianik-livrePourquoi apprend-on aux enfants à l’école que le Masculin l’emporte sur le féminin ? Pourquoi le Masculin conquiert-il le monde tandis que le féminin lave la vaisselle ? Pourquoi le Masculin lit-il son journal tandis que le féminin s’occupe des enfants ? L’Eugélionne soulève des questions essentielles de la cause féminine. Celle qui porte la bonne nouvelle, telle est la traduction de l’Euguélionne, est descendue sur Terre à la recherche du mâle de son espèce.

Elle observe la société qu’elle découvre, elle questionne, elle s’étonne qu’une moitié de la société domine l’autre. Elle va rencontrer différents personnages qui vont l’aider dans sa quête. Mai elle va surtout militer pour que chacun devienne ce qu’il est. ... les faux sujets britanniques peuvent devenir ce qu’ils sont, des Québécois ou des Acadiens, n’en déplaise à Sa Majesté. Il suffit seulement de savoir ce qu’ils sont. Femmes de la Terre, vous aussi vous pouvez devenir ce que vous êtes. En apprenant qui vous êtes et en refusant toute étiquette dès votre naissance…

Le livre, véritable bible du féministe est un mélange de roman, de manifeste et de traité linguistique. Les genres cohabitent pour livrer un message de libération. Je crois qu’il n’y a personne au-dessus de Moi et je crois qu’il n’y a personne au-dessous de Moi. Avant de quitter la Terre condamnée par les Hommes, l’Euguélionne délivre son crédo.

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