Valais Libre

4 octobre 2018

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4 octobre – La loi Forrer (1899)

Ludwig Forrer

Le 4 octobre 1899, le Parlement fédéral accepte, à une très forte majorité, une loi sur l’assurance maladie et accidents appelée souvent loi Forrer. Ludwig Forrer est un conseiller national zurichois, radical progressiste. Il a porté ce projet, né à son initiative, de la genèse à son acceptation par le Parlement.

Malheureusement, un référendum est lancé et la loi est balayée par le peuple en 1900 avec près de 70% de non. Comme souvent dans l’histoire de la Confédération, une première loi sociale est trop progressiste, trop novatrice ou encore contraire à la structure du pays. Le peuple la rejette, mais ce n’est que partie remise.

Ludwig Forrer, depuis 25 ans au Parlement, leader des radicaux progressistes, grand opposant au régime libéral incarné par Alfred Escher, se retire de la politique. Cet échec lui pèse, lui, qui déjà à 17 ans, déclarait dans une allocution de fin d’année scolaire : Les fabriques se multiplient; elles seront un bienfait pour les régions où elles s’établissent si des lois sages assurent la sécurité des ouvriers…

Mais sa retraite sera de courte durée, il est élu au Conseil fédéral en 1902. Il y restera jusqu’en 1917. Il présidera la Confédération en 1906 et en 1912. Le lion de Winterthour a mûri. Il tirera les leçons de l’échec de 1900 et élaborera une loi sur l’assurance maladie et accidents plus nuancée qui entrera en vigueur en 1911.

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4 octobre 2012

4 octobre

La loi Forrer (1899)

 

Ludwig Forrer

Le 4 octobre 1899, le Parlement fédéral accepte a une très forte majorité une loi sur l’assurance maladie et accidents appelée souvent loi Forrer. Ludwig Forrer est un conseiller national zürichois radical progressiste. Il a porté ce projet, né à son initiative, de la genèse à son acceptation par le Parlement.

Malheureusement, un référendum est lancé et la loi est balayée par le peuple en 1900 avec près 70% de non. Comme souvent dans l’histoire de la Confédération, une première loi sociale est trop progressiste, trop novatrice ou encore contraire à la structure du pays. Le peuple la rejette, mais ce n’est que partie remise.

Ludwig Forrer, depuis 25 ans au Parlement, leader des radicaux progressistes, grand opposant au régime libéral incarné par Alfred Escher, se retire de la politique. Cet échec lui pèse, lui qui déjà à 17 ans déclarait dans une allocution de fin d’année scolaire : Les fabriques se multiplient; elles seront un bienfait pour les régions où elles s’établissent si des lois sages assurent la sécurité des ouvriers…

Mais sa retraite sera de courte durée, il est élu au Conseil fédéral en 1902. Il y restera jusqu’en 1917. Il présidera la Confédération en 1906 et en 1912. Le « lion de Winterthour » a mûri, il tirera les leçons de l’échec de 1900 et élaborera une loi sur l’assurance maladie et accident plus nuancée qui entrera en vigueur en 1911.

 

 

 

 

 

Autres 4 octobre

 

1655,

Renouvellement de l’alliance catholique à Lucerne.

 

1797,

Naissance à Morat (FR) d’Albert Bitzius qui deviendra un romancier de la ruralité face à l’industrialisation sous le pseudonyme de Jeremias Gotthelf.

 

1847,

Le Grand conseil de Saint-Gall vote pour la dissolution du Sonderbund, la Diète fédérale est ainsi majoritaire pour la fin de cette alliance catholique. La guerre est en marche.

 

1938,

Naissance à Aarberg (AG) de Kurt Wüthrich qui obtiendra le prix Nobel de chimie en 2002.

 

1998,

Mort à Lausanne de Jean-Pascal Delamuraz, conseiller fédéral de 1984 à 1998 et président de la Confédération en 1989 et en 1996.

29 août 2012

29 août

Disparition d’un pionnier industriel (1859)

 

Un pionnier de l’industrialisation de la Suisse s’éteint en ce 29 août 1859 à Herrliberg. Hans-Caspar Escher n’est plus, l’industriel qui avait déjà été remarqué par Goethe qui visitait son père, le capitaine Escher, alors qu’il avait 22 ans, a construit un empire industriel. Sa maison Escher Wyss & Co est un fleuron de l’industrie des machines suisses.

Hans Caspar pressent très vite que l’effondrement des anciens régimes européens ouvre des opportunités nouvelles. Architecte, il construit des nombreux bâtiments importants, mais très vite c’est la nouveauté technique qui le fascine.

Les métiers à tisser sont les premiers instruments de l’industrialisation. Il profite du blocus continental napoléonnien qui empêche les machines anglaises d’envahir le marché européen pour implanter fortement son entreprise. Il ne commettra pas l’erreur de beaucoup, il saura diversifier sa production. Les machines à tisser sont bientôt complétés par des machines pour le bois, des pompes diverses, des instruments pour la pâte à papier.

La construction de bâteau à vapeur complètera la diversification. Ainsi il résistera à l’invasion industrielle anglaise à la fin de la période napoléonnienne. Son entreprise est mondialement connue. Il sera également un patron responsable puisqu’il sera le premier patron à créer des cantines et des maisons d’habitation pour ses ouvriers.

En 1831, il créera aussi une caisse facultative d’assurance maladie, invalidité et décès.

 

Autres 29 août

 

1533,

Guillaume Farel, réformateur, publie à Genève son premier essai de liturgie réformée.

 

1798,

Le canton de Nidwald déclare la guerre au Directoire helvétique imposé par la France.

 

1935,

Astrid, reine des belges meurt dans un accident de voiture à Küssnacht am Rigi près de Lucerne.

 

1939,

L’armée suisse mobilise.

2 mai 2012

Premier échec pour l’assurance maladie universelle en Suisse

Le peuple souverain refuse une assurance sociale

Le succès remporté par la récolte de signatures pour le référendum serait-il une manifestation de refus du principe de solidarité proposé par la loi sur les assurances sociales ? En tout cas, Le Confédéré appelle chacun, « chrétien ou libre penseur, libéral ou radical, conservateur ou socialiste », à prendre conscience de la « haute portée sociale et humanitaire » de la loi1. D’autant que des régimes pourtant monarchiques, comme la Prusse de Bismarck, ont déjà introduit des assurances sociales dès 1882. à la veille de la consultation populaire, notre chroniqueur demeure néanmoins optimiste tout en ajoutant à son pronostic favorable ce dicton « le scrutin est malin et capricieux comme une jeune femme2 .»

Le 20 mai 1900, jour du scrutin, la participation, avec 485’000 votants, est l’une des plus élevées depuis 1874 et se classe juste derrière celle pour le Bailli scolaire qui, en 1882, mobilisait 490’000 votants. La loi fédérale d’assurance est néanmoins massivement rejetée par le peuple avec 69.8% de non pour 30.2% de oui3. Seul le canton de Glaris accepte la loi. Le Valais se classe en tête des cantons rejetants, avec un refus particulièrement élevé de 90.4% de non4; tous les districts refusent et Le Confédéré signale que dans plusieurs communes « on n’a pas retrouvé au fond de l’urne un seul oui. »

Comment expliquer une telle défaite, alors que dix ans plus tôt le souverain en acceptait le principe constitutionnel5 et qu’à peine quelques mois auparavant, le 5 octobre 1899, les Chambres fédérales se prononçaient à l’unanimité en faveur de la nouvelle législation sociale ? Plusieurs facteurs ont contribué à cet échec : c’est tout d’abord l’attitude égoïste des patrons peu enclins « de faire sur l’autel de la solidarité le sacrifice qu’on leur demandait » ; de leur côté, les ouvriers et employés estimaient trop lourde la contribution qu’on leur demandait; ensuite, il est à noter la curieuse opposition des sociétés de secours mutuels de la Suisse romande, pourtant précurseurs du principe mutualiste, par crainte pour l’autonomie de leurs caisses6; enfin, la tendance unitaire de la loi considérée comme une atteinte au fédéralisme ainsi que son aspect obligatoire ont certes pesé très lourd dans la décision du peuple très attaché à préserver sa liberté individuelle.

« La loi Forrer est morte », ainsi en a décidé le peuple souverain, mais pour autant, le principe de l’assurance subsiste et reste l’espoir et l’idéal de demain. Le chroniqueur du Confédéré se console en constatant que « La démocratie a le progrès circonspect et lent, elle a besoin du progrès et nous pouvons envisager l’avenir sans trop de pessimisme. »

1 Le Confédéré no 4 du samedi 13 janvier 1900 – photo 24.8.2010/dsc02216/17.

2 Le Confédéré no 10 du samedi 3 février 1900 – photo 24.8.2010/dsc02218/19.

3 Soit près de 200’000 voix de majorité.

4 Arrêté du 5 octobre 1899 FF 1899 IV1051, referendum 5 juin 1900 FF 1900 III 274. Recueil des lois +FF 1900 III 274.

5 Le 25 octobre 1890;

6 Le Confédéré no 27 du mercredi 4 avril 1900 – photo 24.8.2010/dsc02237.Le Confédéré no 42 du samedi 26 mai 1900 – photo 24.8.2010/dsc02242/43.

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