Valais Libre

21 juin 2015

21 juin 1710 – Funérailles de Radisson

Un marchand

Pierre-Esprit Radisson

Pierre-Esprit Radisson

Les funérailles d’un gentleman ruiné du nom de Pierre Radisson sont mentionnées dans les registres d’une paroisse londonienne ce 21 juin 1710. La mort, tout comme la naissance de Pierre-Esprit Radisson restera mystérieuse. Né en France, mort en Angleterre, ayant travaillé pour les deux royaumes, la vie de l’explorateur et coureur des bois fascine. Opportuniste, personnage peu recommandable, le personnage est troublant, mais talentueux et surtout d’une vitalité enivrante.

Né en France vers 1640, peut-être à Paris ou à Avignon comme son père, Pierre-Esprit Radisson est signalé pour la première fois en Nouvelle-France où il est capturé par les Iroquois en 1651 ou 1653. Il est venu rejoindre sa demi-soeur. Son jeune âge lui permet d’être adopté par les Amérindiens, d’apprendre leur langue et leur mode de vie. Il s’évadera après deux ans de vie avec eux et rejoindra sa demi-soeur qui a épousé celui qui deviendra son partenaire en affaires, Médard Chouard des Groseillers. Les deux hommes partent en expéditions dans la région des Grands Lacs.

À leur retour, leurs marchandises sont confisquées. Les deux hommes partent alors en Nouvelle-Angleterre pour offrir leurs services aux Anglais. Ils participeront à la fondation de la société de la Baie d’Hudson. Ils reviendront quelque temps au service de la France avant de se retourner vers l’Angleterre. Radisson finira par être naturalisé anglais. Marié trois fois, il finira ses jours en Angleterre avec une maigre pension de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Traitre ou héros, Pierre-Esprit Radisson fait partie de la légende des coureurs des bois, des hommes libres qui ont créé le Canada.

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7 juin 2015

7 juin 1585 – John Davis quitte l’Angleterre

Passage du Nord-Ouest

John Davis

John Davis

Le Sunshine et le Moonlight quittent, ce 7 juin 1585, le port anglais de Darmouth. Ces deux navires explorateurs sont commandés par John Davis et partent à la recherche du passage du Nord-Ouest. Ils atteignent tout d’abord le Groenland. La vue odieuse de ce rivage et le bruit fastidieux de la glace étaient tels qu’ils faisaient naître d’étranges idées parmi nous. John Davis nommera cet endroit Terre de Désolation. Il franchira ensuite le détroit qui porte aujourd’hui son nom et atteindra la côte est de l’île de Baffin. Il sera de retour en Angleterre le 30 septembre.

Il pourra alors décrire son voyage à son commanditaire, Sir Francis Walsingham. Le secrétaire de la rein Élisabeth est un fervent défenseur des explorations dans le Grand Nord. La reine Élisabeth encourage les explorations et la marine anglaise se développe pour lutter contre l’hégémonie espagnole en Amérique. Elle délaisse la Méditerranée pour tenter de trouver un passage par l’Ouest vers les richesses de l’Asie. Les explorations anglaises vont beaucoup plus au nord que les françaises qui avaient envoyé Jacques Cartier et Roberval dans la vallée du Saint-Laurent.

Martin Frobisher a tenté de trouver ce passage dans les terres arctiques durant 3 voyages entre 1576 et 1578. En 1583 l’Angleterre prendra possession de Terre-Neuve, puis viendra le tour de John Davis qui fera encore deux voyages en 1586 et 1587. Il entrera en contact avec les Inuits et ratera de peu l’entrée de la baie d’Hudson. Au siècle suivant Hudson et Baffin viendront compléter ses explorations et imposer la présence des Britanniques dans ces terres nordiques. La concurrence avec les Français de la vallée du Saint-Laurent peut s’installer.

30 septembre 2014

30 septembre 1700 – Mort de Louis Jolliet

Un explorateur disparaît

 

Statue de Louis Jolliet au Parlement de Québec

Statue de Louis Jolliet au Parlement de Québec

En cette fin du mois de septembre 1700, le Canada voit s’éteindre le premier explorateur né sur son sol. Louis Jolliet disparaît peut-être dans l’une des deux seigneuries qu’il possédait sur la Côte-Nord. Établi comme cartographe et comme professeur d’hydrographie au Collège de Québec, un doute planera toujours sur sa fin mystérieuse.

Né le 21 septembre 1645 près de Québec, Louis Jolliet commence ses études à l’âge de 10 ans au Séminaire de Québec. Il est destiné à entrer en religion. Il reçoit les ordres mineurs le 16 août 1662. Comme il a un certain don musical, il est promu officier de musique au collège. Plus tard, il deviendra le premier organiste de la cathédrale de Québec.

Mais sa vocation bat vite de l’aile et un voyage en France en 1667, le convaincra de changer de voie. À son retour, il s’engage dans la traite de fourrure. En 1672, il est envoyé par le gouverneur Frontenac à la découverte du Mississippi. En 1679, il ira à pied jusqu’à la baie d’Hudson et en 1694, il cartographiera les côtes du Labrador. Louis Jolliet laissera de nombreux écrits et de nombreuses cartes. Il est le premier habitant de la Nouvelle-France, né dans la colonie, à s’être fait connaître internationalement de son vivant.

20 septembre 2014

20 septembre 1697 – Traité de Ryswick

Pause dans la guerre

 

Château de Ryswick

Château de Ryswick

Tous les Pays, Villes, Places, Terres, Forts, Isles et Seigneuries, tant au dedans qu’au dehors de l’Europe, qui pourroient avoir été pris et occupés depuis le commencement de la presente Guerre, seront restitués de part et d’autre au même état, qu’ils étoient pour les Fortifications lors de la prise, et quant aux autres Edifices, dans l’état qu’ils se trouveront, sans qu’on puisse y rien detruire ny deteriorer, sans aussi qu’on puisse pretendre aucun dedommagement pour ce qui auroit pû estre demoli.

Le traité signé ce 20 septembre 1697 entre la France et l’Angleterre et ses alliés met un terme à la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Guillaume III d’Orange est reconnu comme roi d’Angleterre. Mais la petite ville de Ryswick dans les faubourgs de La Haye aux Pays-Bas aura une influence aussi en Amérique du Nord. L’article 8, cité en ouverture, redonnait à la France la colonie de Plaisance, la baie d’Hudson et l’Acadie, alors que l’Angleterre conservait sa colonie de Terre-Neuve.

Toutefois, les dispositions du traité de Ryswick ne furent jamais appliquées en ce qui a trait à la baie d’Hudson, car les commissaires désignés pour arriver à une entente sur le positionnement des postes anglais et français n’ont jamais réussi à s’entendre sur un protocole quelconque. À peine quatre ans plus tard, la guerre de succession d’Espagne éclatait. Le conflit qui déchira l’Europe allait s’étendre aussi à l’Amérique du Nord.

16 avril 2014

Pierre-Esprit Radisson (1636 – 1710)

RadissonLa date et le lieu de naissance de Pierre-Esprit Radisson restent mystérieux, mais tout laisse à croire qu’il est né à Paris vers 1636. Un acte notarié le fait naître dans la paroisse Saint-Sulpice, mais les registres, disparus dans un incendie, empêchent de certifier ce fait. Il fait son premier voyage en Nouvelle-France en 1652 alors qu’il est encore adolescent.

Il sera capturé par les Iroquois qui l’adopteront. Durant deux ans, il se familiarisera avec leurs coutumes en vivant comme un des leurs. Il s’évadera et rejoindra la Nouvelle-France où il devient coureur des bois en 1659 dans la région du lac Supérieur et du lac Michigan. À son retour à Trois-Rivières en 1660, il aura quelques ennuis avec les autorités, car il n’a pas d’autorisation pour faire du commerce de fourrures.

Il ira ensuite offrir ses services à Boston aux autorités de la Nouvelle-Angleterre. Il voyagera plusieurs fois du côté de la baie d’Hudson. Il ira également en Angleterre, à la cour du roi Charles II pour financer ses voyages. Insatisfait, il reviendra un temps au service de la France. Il entra dans la marine et participa au début de reconquête de la baie d’Hudson avant de finir sa carrière au service de la compagnie anglaise de la baie d’Hudson.

Il termina sa vie à Londres où il mourut ruiné en 1710.

Voyage chez les Onnontagués (1669)

Radisson livreLe quinzième jour de mars, je m’embarquai sur un bateau de pêche pour me rendre à l’île Percée, qui est à cent vingt lieues de Québec; j’y arrivai le septième jour de mai. Ainsi commence la relation du deuxième voyage de Pierre-Esprit Radisson dans le pays d’en haut des Iroquois. Ce voyage débute au printemps 1654.

Coureur des bois, Pierre-Esprit Radisson nous livre un témoignage oculaire exceptionnel. Ayant vécu quelque temps auprès des Iroquois dans son enfance, il raconte avec une naïveté touchante la vie dans les bois et les contacts parfois difficiles avec les populations indiennes. Des difficultés à obtenir les autorisations de voyage des autorités françaises aux guerres et massacres entre tribus indiennes en passant par la vie de tous les jours, le récit est prenant.

Ici, un canot de quatre hommes fit naufrage; ici , tout le monde agissait pour soi et Dieu agissait pour tous; ici, il n’y avait aucun secours. Le périple est dangereux non seulement à cause des hommes, mais aussi par la force de la nature. Parti de Trois-Rivières pour y revenir, le témoignage de Radisson nous plonge dans la découverte d’un monde nouveau à travers les yeux d’un pionnier de cette épopée.

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