Valais Libre

9 mai 2017

Le gouvernement québécois sauvé par les eaux

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
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journaldemontreal.com

La semaine passée a été dominée au Québec par deux événements. Les affaires de financements du parti au pouvoir et les inondations. On peut dire que le gouvernement libéral a été sauvé par les eaux, mais ce sauvetage ne pourrait être que momentané.

Le groupe de presse Quebecor appartenant à l’ancien chef du parti québécois Pierre-Karl Péladeau sort depuis quelques semaines l’artillerie lourde pour enquêter sur des affaires touchant le parti au pouvoir. À tel point que le président du Conseil du trésor s’est élevé contre cet « acharnement médiatique »

Douloureux passé

Quand on en vient à tirer sur le messager, c’est habituellement parce qu’on est à court d’arguments. Le premier ministre Philippe Couillard a beau dire que « c’était un autre temps… » ça ne suffira pas à calmer les révélations. Il faut dire qu’il a été un des ministres vedettes du précédent gouvernement libéral dirigé par Jean Charest.

Pour résumer les reproches: le gouvernement Charest qui a gouverné le Québec de 2003 à 2012 a régulièrement été accusé de corruption et de financement illégal. La commission d’enquête publique Charbonneau a mis en lumière différents stratagèmes et une Unité permanente anticorruption (UPAC) a été créée pour enquêter sur ces affaires.

Une fuite dans la presse a révélé que Jean Charest lui-même et son ami, organisateur du parti libéral de l’époque Marc Bideau étaient au cœur d’une enquête de l’UPAC. Les raisons de cette fuite restent floues, mais le gouvernement est dans le trouble et le chef de l’unité a dû s’expliquer et promettre que cette enquête irait à son terme.

Dans la foulée, on apprenait aussi par la publication d’une série de courriels que Violette Trepanier qui s’occupait de la caisse du parti libéral en menait large. Malgré son témoignage devant la commission Charbonneau qui minimisait son rôle, elle affirme dans un message : « Je roule sous les piasssses ( une piasse étant une pièce)! » Elle est aussi soupçonnée d’avoir monnayé certains postes pour des adhérents et des soutiens financiers au parti.

Mauvaise pluie

Samedi dernier Philippe Couillard et quelques ministres importants de son parti sont apparus ruisselants devant les caméras. Ils visitaient les sinistrés de la région de Montréal. Il pleuvait des cordes. Le premier ministre a répondu sans parapluie aux questions des journalistes. On dirait que l’eau qui coulait sur lui le lavait de toute la saleté reçue durant la semaine.

Si cette pluie tombait à point pour le gouvernement, elle est une calamité pour les nombreuses victimes des inondations. Des milliers de maisons sous l’eau, de nombreuses personnes évacuées, des villages où la chaloupe est le seul moyen de locomotion et de nombreuses scènes de désarroi se reproduisent en différents endroits de la province.

La région d’Ottawa, de Montréal, de Trois-Rivières et bientôt la Gaspésie sont sous les eaux. Le Saint-Laurent et de nombreuses rivières atteignent un niveau inconnu de mémoire d’homme. La lutte malgré l’intervention de l’armée est inégale. Les images sont souvent surréalistes. Des pluies hors norme viennent délaver un sol déjà saturé.

Et le pire n’est pas encore passé. Les météorologues prévoient encore une montée des eaux pour les jours à venir. La décrue prendra ensuite plus d’une semaine. Certains sous-sols auront été alors inondés depuis près de trois semaines. Je vous laisse imaginer l’état des lieux. La grande majorité des particuliers n’est pas assurée pour ce type de dommages. Ces assurances n’existent que depuis peu au Québec.

Le gouvernement devra venir en aide aux sinistrés, les débats vont se consacrer là-dessus. Ces pluies ne devraient, par contre, pas refroidir l’ardeur des attaques sur son éthique et je sens que les révélations sur le passé trouble du parti libéral ne vont pas s’arrêter de si tôt. Surtout, que cette semaine, commence le procès d’une des vice-premières ministres de Jean Charest.

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5 mars 2015

5 mars 1867 – Naissance de Louis-Alexandre Taschereau

Futur premier ministre

 Louis-Alexandre Taschereau

Louis-Alexandre Taschereau

Le juge à la Cour suprême Jean-Thomas Taschereau et sa femme Marie-Louise-Joséphine Caron sont fiers, ce 5 mars 1867 d’annoncer la naissance de leur fils Louis-Alexandre. Le nouveau-né poursuivra dans la lignée de ses ancêtres en faisant une brillante carrière politique. Il commencera par faire ses études au séminaire de Québec et à l’Université Laval, où il obtient un diplôme en droit. Il sera admis au Barreau du Québec en 1889.

Il travaillera dans l’étude du futur premier ministre Simon-Napoléon Parent et se lance ne politique dès 1900 où il est élu pour le parti libéral à l’Assemblée législative de Québec. Il sera ministre des Travaux publics entre 1907 et 1919 dans le gouvernement de Lomer Gouin. En 1920, il deviendra le quatorzième premier ministre du Québec. Il sera le premier ministre de la grande crise économique qui frappa l’Amérique du Nord dès 1929 et démissionnera en juin 1936 à cause d’un scandale de corruption.

Pendant ses seize années au pouvoir, il adopte la Loi de l’assistance publique et voit à la création de la Commission des liqueurs. Sur le plan économique, il mise essentiellement sur le capital étranger pour développer l’industrie québécoise et endiguer l’émigration vers les États-Unis. Mais son impuissance face à la crise entraîne le départ de plusieurs députés qui se joindront à Maurice Duplessis pour fonder l’Union nationale qui prendra le pouvoir en 1936. Louis-Alexandre Taschereau mourra le 6 juillet 1952.

14 novembre 2014

14 novembre 1930 – Mort d’Adélard Turgeon

Honnête ou corrompu ?

Adélard Parent

Adélard Parent

Le parlement de Québec perd un de ses hommes influents ce 14 novembre 1930. Adélard Turgeon décède en fonction suite à une longue maladie pulmonaire et respiratoire. L’avocat, homme d’affaires et homme politique aura droit, trois jours plus tard, à des funérailles quasi nationales. Plusieurs fois ministre, député de Bellechasse durant 19 ans, il a fini sa carrière comme président du Conseil législatif de Québec durant 21 ans.

Né le 18 décembre 1863 à Saint-Étienne-de-Beaumon, Adélard Turgeon étudiera au collège de Lévis puis le droit à l’Université Laval à Québec. Il est admis au barreau du Québec en 1887. Il exercera son métier d’avocat à Lévis et dirigera plusieurs sociétés. Il est élu comme député de Bellechasse en 1890. Il sera ministre de l’Agriculture sous le gouvernement de Simon-Napoléon Parent avant de démissionner brutalement en 1905.

Toujours député, il est sali par des soupçons de corruption et financement politique illicite dans une transaction avec des syndicats belges. Il démissionne de député et défie alors le journaliste et homme politique Henri Bourassa de venir le combattre sur ses terres. Bourassa relève le défi, mais Turgeon est réélu avec 750 voix d’avance. Par les nombreux postes qu’il a occupés durant sa carrière, il a joué un grand rôle dans la vie politique de son temps, mais il aurait pu aller plus loin s’il était devenu premier ministre du Québec ou ministre influent à Ottawa.

29 janvier 2013

Collusion, corruption, où quoi commence?

L'ingénieur Michel Lalonde a décrit devant la commission un mécanisme de financement des partis politiques.

L’ingénieur Michel Lalonde a décrit devant la commission un mécanisme de financement des partis politiques.

La commission Charbonneau a repris l’antenne au Québec. Après la pause des fêtes et du début de l’année, les témoins occupent à nouveau l’espace médiatique. Depuis une semaine, chaque jour nous amène son lot de révélation. Le financement des partis politiques municipaux est au coeur des dernières auditions.

Pour rappel, la commission Charbonneau est une commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction. Elle a été instaurée par le Gouvernement du Québec en fin 2011 pour faire la lumière sur de récurrentes allégations de corruption. C’est une commission publique et non pas judiciaire, elle n’a pas le pouvoir de condamner. Elle doit émettre des recommandations au Gouvernement lors de son rapport final prévu fin 2013.

Ses audiences sont publiques et la chaîne d’information télévisée de Radio-Canada les diffuse en direct. Les révélations de l’ingénieur Michel Lalonde qui travaille dans la Couronne Nord de Montréal, font aujourd’hui la une des médias. Il a avoué avoir fait des dons entre 8 000 $ et 100 000 $ selon la grandeur de la municipalité pour la caisse électorale des partis au pouvoir.

Ces pratiques, que cet ingénieur présente comme courante, voire « normale » pour obtenir des travaux de la part de municipalité, me renvoie aux pratiques valaisannes. Le financement des partis politiques est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. Que des entreprises soutiennent tel ou tel partis est une chose évidente. Où commence la corruption ? Quand peut-on parler de collusion ?

Le moins qu’on puisse dire c’est que le flou règne dans ce domaine. En Valais, il n’y a pas de réglementation sur le financement des partis. Une part vient de l’État par le biais des subventions aux groupes parlementaires, mais au niveau communal, chacun se débrouille comme il peut. Et il n’est pas rare que les entreprises qui oeuvrent pour une commune soit mise à contribution.

Ce mode de faire choque le Québec, car la commission Charbonneau démontre qu’en parallèle les marchés publics dans le domaine de la construction sont truqués. En serait-il de même en Valais?

 

22 octobre 2012

Nouvelliste et groupe EHS – lundi 22 octobre – Commission Charbonneau

Filed under: g. articles parus — vslibre @ 11 h 11 min
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Le Québec enquête sur les dessous des contrats publics dans le domaine de la construction.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l’article:

NF Lundi 22 octobre – Le Nouvelliste – Actualité – page 19

26 juin 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome – 20 – Argent

Mon cher Lynx,

Ton dernier propos me permet de disserter un peu sur les rapports délicats entre argent et politique. Dans toutes les démocraties, ce couple maudit est au cœur de bien des préoccupations et de bien des péripéties. La démocratie a besoin d’argent pour fonctionner. Les partis politiques sont au centre de ce système et ne peuvent fonctionner sans argent. Malheureusement, dès qu’on parle d’argent, les dérives sont proches et la corruption frappe à la porte.

Dans la Belle Province, des scandales sont fréquemment dénoncés. Actuellement, la commission « Charbonneau » est à l’oeuvre pour enquêter sur ce sujet délicat. J’ai déjà parlé de cette démarche qui me semble exemplaire. La juge France Charbonneau a une réputation sans tâche et elle incarne l’indépendance de la justice. Elle ne s’est pas laissée intimidée ni par les médias, ni par le politique et elle assure une démarche transparente (tout est visible sur Internet), volontaire et sans compromission.

Jacques Duchesneau, policier renommé, ancien chef de l’unité anticollusion du ministère des transports, a été le premier témoin a passé devant la commission « Charbonneau ». Il est l’auteur d’un rapport qui défraie la chronique depuis qu’il a été rendu public en septembre 2011. Ses dernières déclarations sur les systèmes de financement des partis politiques à partir des marchés publics éclaboussent tout le monde. Malheureusement, grisé par la médiatisation, il s’est laissé aller à des déclarations excessives et peu rigoureuses (70% du financement des partis politiques est illégal…)

Il n’en a pas fallu plus pour que ses grands soutiens d’hier, comme la cheffe de l’opposition, Pauline Marois, dénoncent ces excès. Tant que seul le parti libéral au pouvoir était en cause, Duchesneau était un héros. Mais lorsqu’il met en doute les autres formations, il n’est plus crédible…

La reprise des travaux de la commission après la pause estivale promet un feuilleton passionnant.

22 mai 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome

Corruption

Le Québec n’échappe pas à la règle. Les partis politiques ont besoin d’argent pour faire passer leurs idées et faire fonctionner la démocratie. Le financement du système est un casse-tête universel. Du libéralisme helvétique aux règles françaises très strictes, il y a autant de solution que de pays.

Le Québec vit sous une grande réglementation, mais tout ne va pas au mieux. Le parti libéral du premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis 2003, passe pour un des Gouvernements les plus corrompu de ces dernières années. Des scandales défraient régulièrement la chronique. Une commission a été mise sur pied pour tenter de tirer au clair l’attribution des marchés publiques et une cellule policière se consacre uniquement à la lutte contre la corruption.

La commission Charbonneau, née dans la douleur à la fin 2011, est composée de trois juges. Elle a reçu un mandat clair du parlement :

  1. d’examiner l’existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser un portrait de ceux-ci qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques;
  2. de dresser un portrait de possibles activités d’infiltration de l’industrie de la construction par le crime organisé; 
  3. d’examiner des pistes de solution et de faire des recommandations en vue d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé.

Elle débute ces travaux aujourd’hui et le public peut s’informer en tout temps sur le site : www.ceic.gouv.qc.ca

Mais la police n,est pas en reste puisque une unité permanente anticorruption (UPAC) est active depuis février 2011. Elle a mis du temps à se mettre en marche, mais après une année, elle a déjà réalisé quelques coups d’éclats en arrêtant, par exemple, le maire Marcotte et 14 autres personnes actives dans les travaux publics.

Tout dernièrement, divers grands groupes de travaux publics ont été perquisitionnés. L’indépendance envers le Gouvernement semble total, puisque des proches du parti libéral et de son premier ministre ont été arrêté.

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