Valais Libre

25 juillet 2017

Vive le Québec libre !

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
Tags: ,

La Presse

Ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération… […] La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal !

Vive le Québec !

Vive le Québec libre !

Vive le Canada français !

Et vive la France !

La voix rocailleuse,profonde et inimitable du général de Gaulle, soulevait une foule enthousiaste il y a tout juste 50 ans à Montréal. Le 24 juillet 1967, le président français semblait solder la dette de Louis XV.

Vive le Québec libre ! Est analysé dans tous les sens. Chaque acteur politique québécois détourne aujourd’hui ces mots historiques en sa faveur. Les journaux regorgent d’analyses sur le sens véritable de cette formule, sur la signification profonde de ce message, sur sa préméditation…

Il y a 50 ans, le Canada fêtait le centenaire de la Confédération et le général de Gaulle était invité à visiter l’exposition universelle de Montréal. Il ne voulait pas venir, mais le premier ministre du Québec Daniel Johnson l’avait convaincu lors d’une visite à Paris.

Ne faisant rien comme tout le monde et surtout qu’à sa tête, le général avait accepté, mais il est venu en bateau pour ne pas avoir besoin de commencer sa visite par la capitale fédérale Ottawa. Il voulait suivre les pas de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain.

Prenant tout le monde de court et profitant d’une ferveur populaire que personne n’avait prévu, il allait utiliser toutes les tribunes mises à sa disposition pour livrer son message d’émancipation. Personne n’avait vu venir son Vive le Québec libre ! surtout pas Ottawa qui se fâcha très fort.

Le général en profita pour annuler son passage dans la capitale fédérale et rentrer, en avion, directement de Montréal à Paris. Laissant des indépendantistes enchantés et des fédéralistes médusés. 50 ans plus tard, c’est plutôt l’inverse.

Après deux référendums négatifs et surtout dans une société qui a énormément changé, le message de de Gaulle est analysé, déformé, utilisé à toutes les sauces. Que veut dire un Québec libre ? Nous sommes plus libres que jamais, a déclaré le premier ministre Philippe Couillard. Sommes-nous libre de refuser le projet d’oléoduc d’Énergie-Est ?, lui a rétorqué Gabriel Nadeau-Dubois, la nouvelle égérie de Québec Solidaire pendant que Jean-François Lisée, le chef du PQ se désolait du détournement de la formule gaullienne.

Je travaille depuis trois mois avec un fervent indépendantiste. J’écris sa biographie. Il était présent lors du passage de de Gaulle à Québec. Il a vécu intensément cette effervescence. Il se désole aujourd’hui du peu de conscience populaire de l’histoire du Québec, de ses racines françaises, de la conquête britannique et de la colonisation.

J’ai tendance à penser que le Québec est une colonie. Une colonie qui a eu le privilège de pouvoir défendre sa langue, sa culture et son identité, mais que ces défenses sont fragiles et qu’il suffit de peu pour que tout disparaisse dans les oubliettes de l’histoire.

Le Québec est une île de 7 millions de francophones perdue dans un continent de près de 400 millions d’habitants. Le petit village gaulois résiste, mais pour combien de temps encore ?

24 juillet 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

24 juillet 1967 – De Gaulle libère le Québec

Charles de Gaulle au balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal

Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j’emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux. Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français ! Et vive la France ! Ce 24 juillet 1967 restera un moment fort de l’histoire du Québec. La conclusion du discours du président français Charles de Gaulle ne laissera personne indifférent au Canada.

Malgré un sentiment d’improvisation, il avait parfaitement préparé son coup. Parti le 15 juillet à bord du croiseur Colbert de Brest, de Gaulle ne voulait pas arriver par la voie des airs à Ottawa comme l’aurait demandé le protocole. Sur le navire, il confie à son gendre Alain de Boissieu : Je compte frapper un grand coup. Ça bardera, mais il le faut. C’est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France. Il tiendra sa promesse. Son parcours en voiture le long du Chemin du Roy entre Québec et Montréal sera emmaillé de déclaration qui prépare son final du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal.

La réaction du gouvernement fédéral ne se fera pas attendre, dès le lendemain, le premier ministre Lester Bowles Pearson aura des mots très durs. Le général de Gaulle est déclaré persona non grata au Canada. Il ne se rendra pas à Ottawa et quittera le Québec le 26 juillet après avoir poursuivi sa visite, comme s’il ne s’était rien passé.  Ni vous ni moi n’avons perdu nos heures. Peut-être se sera-t-il passé quelque chose ? 

déclarera-t-il au premier ministre du Québec, Daniel Johnston qui saluera le culte de la liberté de la France.

24 juillet 2016

Histoire du Canada – 24 juillet

Filed under: ca. calendrier historique du Canada — vslibre @ 9 h 00 min
Tags: ,
De Gaulle à Montréal

De Gaulle à Montréal

24 juillet 2015

24 juillet 1967 – De Gaulle libère le Québec

Filed under: ca. calendrier historique du Canada — vslibre @ 6 h 33 min
Tags: , , ,

Vive le Québec libre !

De Gaulle à Montréal

De Gaulle à Montréal

Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j’emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux. Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français ! Et vive la France ! Ce 24 juillet 1967 restera un moment fort de l’histoire du Québec. La conclusion du discours du président français Charles de Gaulle ne laissera personne indifférent au Canada.

Malgré un sentiment d’improvisation, il avait parfaitement préparé son coup. Parti le 15 juillet à bord du croiseur Colbert de Brest, de Gaulle ne voulait pas arriver par la voie des airs à Ottawa comme l’aurait demandé le protocole. Sur le navire, il confie à son gendre Alain de Boissieu : Je compte frapper un grand coup. Ça bardera, mais il le faut. C’est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France. Il tiendra sa promesse. Son parcours en voiture le long du Chemin du Roy entre Québec et Montréal sera emmaillé de déclaration qui prépare son final du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal.

La réaction du gouvernement fédéral ne se fera pas attendre, dès le lendemain, le premier ministre Lester Bowles Pearson aura des mots très durs. Le général de Gaulle est déclaré persona non grata au Canada. Il ne se rendra pas à Ottawa et quittera le Québec le 26 juillet après avoir poursuivi sa visite, comme s’il ne s’était rien passé.  Ni vous ni moi n’avons perdu nos heures. Peut-être se sera-t-il passé quelque chose ? déclarera-t-il au premier ministre du Québec, Daniel Johnston qui saluera le culte de la liberté de la France.

18 juin 2012

Ma théorie à cinq sous

Réflexions à partir de la chronique de Richard Martineau parue dans le Journal de Québec du dimanche 17 juin 2012

http://www.journaldequebec.com/2012/06/16/ma-theorie-a-cinq-sous

Monsieur Martineau,

Votre chronique du dimanche 17 juin que j’ai lue dans le Journal de Québec m’encourage à vous écrire. Vous nous y invitez en terminant par Que pensez-vous de ma théorie « à cinq sous » ? Faites-moi part de vos réactions, j’aimerais vous entendre…

Depuis le début janvier, je vis dans les environs de la ville de Québec. Je profite d’une année sabbatique pour observer ma nouvelle région. J’ai un très grand plaisir à lire régulièrement vos chroniques et je dois avouer que je partage assez largement votre vision de la société. Venons-en maintenant à votre théorie « à 5 sous »

L’indépendance du Québec

Depuis le fameux Vive le Québec libre! de Charles de Gaulle, l’indépendance du Québec fait partie des mythes nord-américains des observateurs politiques de l’Europe francophone. J’étais trop jeune en 1967, j’avais 1 an, pour avoir vécu en direct ce moment fort, mais il fait partie des éléments qui caractérisent le Québec pour un observateur lointain.

Avant mon installation ici, je pensais retrouver une société en marche vers l’émancipation. Je me disais que j’allais vibrer au rythme d’une montée vers l’indépendance. J’ai vite changé d’avis. Il me semble que cette question est remise aux calendes grecques. Les référendums sont bien moins présents que ce que j’imaginais.

La Suisse Romande (partie francophone de la Suisse) a beaucoup d’affinités avec le Québec. Voilà deux minorités francophones (~25% de la population) dominées par une autre langue (~ 75% de la population) qui ont un caractère fort. Mais jamais la Suisse Romande n’a émis une volonté d’indépendance. Nos histoires et nos systèmes politiques sont différents et expliquent certainement cet état.

Mais le frein véritable pour moi, et là je vous rejoins, est la peur du changement. Pour qu’une société accepte un changement fondamental, il faut qu’elle se sente véritablement acculée. En Suisse, nous votons régulièrement (4 fois par année au niveau fédéral) soit sur des référendums, soit sur des initiatives populaires pour modifier partiellement notre constitution, d’ailleurs ce dimanche 17 juin, 3 objets : un référendum et deux initiatives, ont été rejetés. Les changements sont difficiles à faire passer, il faut beaucoup plus d’énergie pour un oui que pour un non.

La théorie du « ventre mou » (inspirée de Watzlawick) peut expliquer cela. Au début d’un processus de formation de l’opinion, il y a régulièrement 10% de personnes qui veulent absolument le changement et 10% qui y sont fortement opposées. Les 80% restants sont sans opinion bien établie ou s’en « câlice » comme vous dites ici. Pour les convaincre de changer, il faut qu’ils se sentent menacés dans leur confort ou qu’ils pressentent un bénéfice personnel important. Le non part donc avec une avance très claire.

Le Québec a dit non à 50,5 % en 1995, 49,5 % de oui, c’est exceptionnel à mes yeux. La Suisse si fière de sa démocratie et de son indépendance, n’a connu des changements d’organisation que par imposition des puissances étrangères. Nous sommes neutres parce que lors du traité de Westphalie de 1648, les puissances européennes nous ont imposé ce statut afin de stabiliser le centre de l’Europe, d’assurer le libre passage des cols alpins (axe nord/sud) et de continuer à utiliser les mercenaires suisses dans les diverses armées. Les changements qui ont amené la démocratie directe à son organisation modèle que nous connaissons aujourd’hui viennent en grande partie de Napoléon qui a momentanément annexé une partie de la Suisse romande, puis d’une guerre civile qui nous a obligé à nous redéfinir.

Les changements par seule conviction sont plutôt rares. Je pense que le Québec peut être fier de son combat pour l’indépendance et n’a pas à avoir honte de son passé. S’il doit reprendre sa marche vers sa souveraineté, un leader charismatique émergera. Aujourd’hui, je n’en vois pas, mais je sens qu’il pourrait éclore si Harper continue son travail de mépris du Québec.

« Chialer contre… »

Le Québec est en révolte contre son gouvernement, c’est une évidence. Votre système politique qui ne programme pas des élections à date fixe me semble favoriser grandement une telle situation. Le flou engendre le chaos. L’enseignant que j’étais savait très bien que l’absence de règles claires était la porte ouverte à l’anarchie, au trouble et souvent à l’arbitraire qui en découle inévitablement.

La « terrible » loi 78 me semble le même type de réponse que celle que je donnais à mes petits élèves en les menaçant des pires punitions. Comme moi, ils savaient très bien que je n’appliquerai pas ces menaces excessives. Mon autorité en sortait quelque peu écornée. Dans une classe primaire, ce n’est pas trop grave lorsque l’enseignant se ressaisit vite, mais dans une société la chienlit peut très vite se répandre.

Mon regard suisse peine à saisir votre démarche démocratique. Nous avons un référendum possible pour toutes les lois votées par le Parlement. 50 000 signatures de citoyens déposées pour contester une loi et la population est appelée à voter si oui ou non ce projet législatif entre en vigueur. La hausse des frais de scolarité aurait fait l’objet d’un vote et on aurait passé à autre chose…

Ici, la vague des carrés rouge illustre bien la deuxième partie de votre théorie « à cinq sous ». Elle marche contre le Gouvernement, car elle ne sait pas quand elle pourra tenter démocratiquement de s’en débarrasser. Cela me semble plus pertinent qu’un traumatisme freudien découlant de l’échec de l’indépendance.

Gauche/Droite

Permettez-moi une dernière réflexion inspirée de l’introduction de votre chronique qui faisait référence à l’explication de monsieur Lagacé (nom prédestiné pour un chroniqueur) sur l’émergence d’une nouvelle forme de dualité politique gauche/droite. Elle ne me semble pas non plus pertinente.

Si je me réfère une nouvelle fois à mon vécu politique en Suisse. Je pense que le Québec est une société fondamentalement à gauche. Avant mon départ pour le Québec, en décembre dernier, j’avais invité différentes personnalités politiques pour un apéritif. Monsieur Pascal Couchepin, ancien conseiller fédéral (ils sont 7 à gouverner la Suisse) et président de la Suisse en 2003 et 2008 (nos 7 conseillers fédéraux président le collège gouvernemental à tour de rôle durant une année) qui fait partie du parti libéral-radical dont j’étais le secrétaire général pour le canton du Valais, me faisait remarquer que j’allais dans une contrée gouvernée aussi par des libéraux, mais par des libéraux de gauche.

Voilà bientôt 6 mois que je suis ici et je dois avouer qu’il avait raison. Vous êtes un pays de gauche et votre droite n’a rien à voir avec la droite Suisse. Déjà la droite française est loin de la droite suisse, alors vous…

Encore faut-il s’entendre sur la définition des différences entre la droite et la gauche. Pour ma part, celle défendue par Friedrich von Hayek dans sa critique du socialisme (La route de la servitude, 1944) et que je résumerai ainsi : croire que l’on travaille fondamentalement par plaisir est la source de la pensée de gauche, croire que l’on travaille fondamentalement par obligation (qui pourrait nous permettre d’obtenir un plaisir) est la source de la pensée de droite. Hayek refusait une société planifiée avec l’omniprésence de l’État.

Je ressens la société québécoise comme une société qui demande d’abord à l’État de résoudre les problèmes avant de voir ce qu’individuellement je peux faire. La responsabilité individuelle ne me semble pas une valeur fondamentale défendue au Québec. C’est pourquoi, elle me paraît avant tout une société de gauche.

La crise idéologique, c’est ainsi que je la nommerai, qui me semble transparaître des événements de ce début 2012 est pour moi la conséquence de cette conception de la société. Le modèle qui donne à l’État une place prépondérante arrive à ses limites. Les déséquilibres dans la pyramide des âges ne permet plus aux générations qui travaillent d’alimenter suffisamment les caisses de l’État. Les déficits couverts jusqu’ici par la croissance et l’augmentation de l’activité économique se creusent de plus en plus. Nous sentons tous que nous arrivons à un tournant.

L’heure des questions est arrivée. Changer de modèle ou trouver de nouvelles sources de financement de l’État? – Personnellement, j’ai défendu une société libérale en Suisse parce qu’elle correspond mieux à l’histoire de ce pays. Le Québec doit trouver sa voie et la seule piste que je peux lui conseiller est celle de trouver les sources des réformes dans ses racines historiques.

Les seuls changements efficaces et peu douloureux sont ceux qui arrivent progressivement sans qu’on s’en aperçoive. Mais ne jamais oublier, comme disait Lampedusa dans le Guépard (1958), il faut que tout change pour que rien ne change… Une société immobile est vouée à disparaître.

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :