Valais Libre

31 mai 2012

Échos de la Pierre de Chrysostome – 15 – démocratie directe

Bureau

Mon cher Lynx,

Ici au Québec, on ne parle pas encore de mise à la retraite du chef du Gouvernement Jean Charest, même si beaucoup aimeraient le renvoyer dans un bureau fermé à double tour dont on perdrait la clé ensuite… Mais le chef résiste.

Les nouvelles de la crise étudiante ont maintenant fait le tour du monde. Après plus de 100 jours de crise, la rue ne semble pas se calmer. La situation paraît surréaliste pour l’habitué à la démocratie helvétique que je suis. Cette hausse des frais de scolarité si contestée aurait subit un référendum et l’histoire serait réglée depuis longtemps dans nos vallées.

Nul besoin de prendre la rue en otage, de perturber la circulation, de freiner l’économie et de désespérer les acteurs touristiques pour manifester son refus. Notre démocratie directe a du bon. Quand j’entends le bruit des casseroles tous les soirs et les allusions au régime de Pinochet, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la santé, la maturité politique de ma nouvelle région.

Où sont les repères? Où est l’histoire? Que se passera-t-il lorsqu’une véritable atteinte aux droits fondamentaux leur sera imposée? Comment la crédibilité des leaders d’opinion qui hurlent avec les loups pourra-t-elle survivre à ses exagérations?

Pour les jeunes universitaires, la hausse n’est pas anodine, mais mise en perspective avec les enjeux de notre monde développé qui doit affronter une crise économique de grande ampleur, elle fait partie des efforts indispensables.

Après un long mardi gras, il n’est pas facile d’entrer en carême.

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1 mai 2012

Mardi 1 mai

La droite extrême

Mathieu Bock-Côté, un sociologue québécois, fait une analyse dans le Journal de Québec du phénomène Marine Le Pen.

La montée de l’extrême droite est maintenant un phénomène durable. Le dernier résultat de Marine Le Pen qui fait 18 % au premier tout de la présidentielle française, vient confirmer le mouvement. Un peu partout en Europe une frange non négligeable de l’électorat se retrouve dans ces mouvements. Les tristes moments de la deuxième guerre mondiale semblent petit à petit s’oublier.

En Suisse l’UDC peut s’inscrire dans cette mouvance qui se reconnaît aujourd’hui dans la défense de la primauté des Etats nationaux et dans un contrôle stricte de l’immigration. A la sortie de la dernière guerre mondiale, une envie de fraternité, de « plus jamais ça » a dominé le débat. Elle a abouti à la construction européenne que nous connaissons aujourd’hui et à une forte volonté d’intégration.

Malheureusement, on doit constater un double échec. L’Europe est coupée de sa population. Elle ne s’est pas construite en accord avec les aspirations des peuples.

Lorsqu’elle était principalement une alliance économique, la domination technocratique et bureaucratique ne causait pas trop de dommages, mais dès le moment où l’Union politique est devenue plus forte, l’insuffisance de la structure démocratique a engendré un mouvement de rejet.

Ce rejet est plus fort encore quand on parle d’intégration. Le laxisme et l’angélisme des politiques de sécurité qui découlent des utopies soixante-huitardes, tout comme le fait d’oublier qui on est et quelles sont nos valeurs au nom d’une tolérance de façade, on conduit à un rejet de plus en plus fort de l’autre.

Devant ce double échec, le monde politique doit, tout d’abord, le prendre en compte sans tabou, sans diabolisation. Ensuite la naissance de nouvelles utopies, de nouveaux rêves qui tiennent compte des leçons des quarante dernières années devront permettre un nouveau découpage démocratique.

Veut-on aller plus loin dans la mondialisation?

Quelle place veut-on donner aux Etats nationaux?

Qu’est-ce qui prime, les droits fondamentaux de l’Homme ou les coutumes et les croyances ancestrales?

Quel système économique voulons-nous?

?

L’heure est venue de se regarder en face et de réinventer un paysage politique avant qu’un nouveau cataclysme nous y oblige.

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