Valais Libre

18 septembre 2012

Qui doit financer l’éducation?

La question du financement de l’éducation est une problématique souvent centrale des démocraties. Au Québec, le « printemps érable » qui a pris naissance dans la volonté du Gouvernement libéral de Jean Charest d’augmenter les frais de scolarité, illustre parfaitement cet état.

Le Valais et la Suisse ne sont pas en reste. J’en veux pour preuve le billet paru dans le Nouvelliste du 28 août dernier où le tout jeune conseiller national Mathias Reynard disait non à la hausse des taxes d’études, mais oui à la formation pour tous. Une motion déposée au Conseil national sera prochainement débattue.

Qui doit financer l’éducation? La réponse à cette question va dépendre de la vision qu’on a du fonctionnement de la société. Pour être simple, disons, qu’une fois de plus, la gauche et la droite s’affrontent sur ce sujet. Les uns rêvent de la gratuité scolaire, les autres veulent des écoles performantes. Les deux objectifs sont louables.

L’éducation, la formation sont des tâches essentielles de l’État, la question ne fait plus débat. L’école gratuite et pour tous a été un combat fondamental et une victoire des démocraties à la fin du XIXe et au début du XXe siècles. C’est heureux, car la démocratie ne peut fonctionner sans des citoyennes et des citoyens bien formés.

La question qui se pose aujourd’hui est jusqu’à quel niveau l’éducation doit-elle être gratuite et universelle? Pour la formation de base, c’est-à-dire l’école obligatoire, tout le monde est d’accord, mais ensuite? Doit-on repousser l’âge de la formation obligatoire à 18 ans, comme le proposait, il y a quelques années, les jeunesses radicales, doit-on offrir une formation gratuite aussi longue que nécessaire?

La formation de base, la culture générale, la connaissance des mécanismes qui nous permettent de comprendre le monde et le fonctionnement de la société doivent être universels et gratuits. L’étude de l’histoire doit être le socle sur lequel ses connaissances s’appuient. Par contre, les formations professionnelles doivent se financer sur des sources multiples. Quelle part doivent payer les étudiants, la question reste ouverte et mérite débat.

En Valais, comme au Québec et comme ailleurs dans le monde, cette problématique fait réfléchir les politiciens, c’est sain. C’est une preuve de maturité et de santé politique. Reste à espérer que la sérénité prime sur les mouvements populaires. La démocratie gagne lorsque les débats sont calmes, posés et respectueux.

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8 septembre 2012

Saga québécoise – épisode 32 – journée d’élections

Un isoloir, une urne en carton, les standards ne sont pas les mêmes au Québec qu’en Helvétie, mais la démocratie est bien vivante.

Neuf heures trente précises, la porte de la salle civique de Saint-Jean-Chrysostome s’ouvre et Jonathan, le « primo », chef du bureau, nous invite à entrer. J’ai enfourché mon vélo en ce matin d’élection pour faire le tour du village. Je ne veux rien perdre. Mon instinct de politicien ressurgit.

Un passage à l’hôtel de ville pour m’informer des différents lieux et l’aventure commence. Je me sens parfaitement à l’aise dans mon habit de journaliste étranger. Observateur, ethnologue, sociologue, je joue tous les rôles, j’embrasse tous les «logues », mais surtout, je suis curieux.

L’organisation du vote est soignée, la salle respire la sérénité. Neuf bureaux numérotés attendent les citoyens qui ont reçu leur numéro par la poste quelques jours avant. Chaque bureau possède les listes d’environ 400 personnes. Trois personnes y assurent le bon fonctionnement: vérification de l’identité, présentation du bulletin et enregistrement du vote, chacun possède son rôle. Le matériel paraît, lui, un peu léger à mon regard helvétique : un carton sur une table en guise d’isoloir et un autre comme urne scellée. Ce matériel à usage unique est distribué par l’entremise du directeur des élections.

Après la visite d’un autre bureau du même type, je peux rentrer à la maison faire une pause. Le reportage en vélo, ça use. J’en profite pour lancer un message Facebook au député du coin. Je passerai la soirée des résultats à son stamm.

Heureusement que Réginald est de passage à la maison. Il me prête la voiture pour l’après-midi, je peux poursuivre ma tournée dans le confort et la rapidité. Le chef du bureau de l’école « L’Horizon » est un habitué. Il est très strict, pas de photo, pas de discussion dans la salle. Mais dès que je l’interroge, il est volubile. C’est pas à Québec qu’on verrait des masques au bureau de vote, ce n’est pas Montréal ici! Je retrouve la rivalité entre les villes en voulant poser une question sur le comportement de certains électeurs.

Ma visite est agrémentée par le passage du candidat libéral. Réal Saint-Laurent semble un peu perdu. Il fait le tour du bureau pour saluer les scrutateurs. Il est tout seul. Je l’interromps le temps d’une photo. Il bondit dans sa voiture pour terminer la visite des bureaux du comté avant ce soir 8 heures. La politique est un sacerdoce!

Pour permettre aux 54 000 citoyens du comté de voter sans trop d’attente, j’ai dû recruter 880 personnes qui officient dans les 178 bureaux mis à leur disposition. Michel Aubé en charge des élections dans le comté des Chutes-de-la-Chaudière aime la précision. Le responsable officie depuis plus de 22 ans. La routine, il ne connaît pas. Heureusement, cette année le scrutin a lieu en été et aucune tempête de neige ou dégel soudain ne vient retarder l’arrivée des scrutateurs ou troubler le vote.

Durant les quelques minutes qu’il m’accorde, il jongle avec les téléphones : ici un chef de bureau qui a besoin de renseignements, là un employeur qui ne veut pas libérer ses employés ce qui nécessite un rappel de la loi ou encore un citoyen qui a oublié de faire changer son adresse et qui ne pourra pas voter malgré sa mauvaise humeur. L’adrénaline monte, mais rien de bien grave. Le dépouillement pourra commencer à l’heure, dès 20 heures au moment de la fermeture des bureaux.

À cette heure-là, j’entre dans la salle de campagne du candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ) où je suivrai l’annonce des résultats. Marc Picard est réélu! L’écran géant qui diffuse les émissions de TVA déclenche un tonnerre d’applaudissements. Il est 20 h 30, la soirée débute au mieux.

Elle coulera au gré des succès des uns, aux défaites des autres, mais surtout au sec. Le Québec n’est pas le Valais : il y fait soif. Rien, ni boissons, ni petits fours, ce n’est pas l’habitude ici. Je dois rentrer à la maison en fin de soirée pour m’offrir une bière.

Ah j’oubliais, le Québec sera gouverné par une femme!

 

Saint-Jean-Chrysostome

jeudi 6 septembre

 

Christian Dubé et Marc Picard, deux candidats de la Coalition Avenir Québec heureux en cette soirée électorale.

22 mai 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome

Corruption

Le Québec n’échappe pas à la règle. Les partis politiques ont besoin d’argent pour faire passer leurs idées et faire fonctionner la démocratie. Le financement du système est un casse-tête universel. Du libéralisme helvétique aux règles françaises très strictes, il y a autant de solution que de pays.

Le Québec vit sous une grande réglementation, mais tout ne va pas au mieux. Le parti libéral du premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis 2003, passe pour un des Gouvernements les plus corrompu de ces dernières années. Des scandales défraient régulièrement la chronique. Une commission a été mise sur pied pour tenter de tirer au clair l’attribution des marchés publiques et une cellule policière se consacre uniquement à la lutte contre la corruption.

La commission Charbonneau, née dans la douleur à la fin 2011, est composée de trois juges. Elle a reçu un mandat clair du parlement :

  1. d’examiner l’existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser un portrait de ceux-ci qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques;
  2. de dresser un portrait de possibles activités d’infiltration de l’industrie de la construction par le crime organisé; 
  3. d’examiner des pistes de solution et de faire des recommandations en vue d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé.

Elle débute ces travaux aujourd’hui et le public peut s’informer en tout temps sur le site : www.ceic.gouv.qc.ca

Mais la police n,est pas en reste puisque une unité permanente anticorruption (UPAC) est active depuis février 2011. Elle a mis du temps à se mettre en marche, mais après une année, elle a déjà réalisé quelques coups d’éclats en arrêtant, par exemple, le maire Marcotte et 14 autres personnes actives dans les travaux publics.

Tout dernièrement, divers grands groupes de travaux publics ont été perquisitionnés. L’indépendance envers le Gouvernement semble total, puisque des proches du parti libéral et de son premier ministre ont été arrêté.

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