Valais Libre

26 juin 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome – 20 – Argent

Mon cher Lynx,

Ton dernier propos me permet de disserter un peu sur les rapports délicats entre argent et politique. Dans toutes les démocraties, ce couple maudit est au cœur de bien des préoccupations et de bien des péripéties. La démocratie a besoin d’argent pour fonctionner. Les partis politiques sont au centre de ce système et ne peuvent fonctionner sans argent. Malheureusement, dès qu’on parle d’argent, les dérives sont proches et la corruption frappe à la porte.

Dans la Belle Province, des scandales sont fréquemment dénoncés. Actuellement, la commission « Charbonneau » est à l’oeuvre pour enquêter sur ce sujet délicat. J’ai déjà parlé de cette démarche qui me semble exemplaire. La juge France Charbonneau a une réputation sans tâche et elle incarne l’indépendance de la justice. Elle ne s’est pas laissée intimidée ni par les médias, ni par le politique et elle assure une démarche transparente (tout est visible sur Internet), volontaire et sans compromission.

Jacques Duchesneau, policier renommé, ancien chef de l’unité anticollusion du ministère des transports, a été le premier témoin a passé devant la commission « Charbonneau ». Il est l’auteur d’un rapport qui défraie la chronique depuis qu’il a été rendu public en septembre 2011. Ses dernières déclarations sur les systèmes de financement des partis politiques à partir des marchés publics éclaboussent tout le monde. Malheureusement, grisé par la médiatisation, il s’est laissé aller à des déclarations excessives et peu rigoureuses (70% du financement des partis politiques est illégal…)

Il n’en a pas fallu plus pour que ses grands soutiens d’hier, comme la cheffe de l’opposition, Pauline Marois, dénoncent ces excès. Tant que seul le parti libéral au pouvoir était en cause, Duchesneau était un héros. Mais lorsqu’il met en doute les autres formations, il n’est plus crédible…

La reprise des travaux de la commission après la pause estivale promet un feuilleton passionnant.

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25 juin 2012

Brèves du Lynx du Mayen bleu- 20 – richesse

Filed under: o. échanges helvético-québécois — vslibre @ 9 h 58 min
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Les Valaisans sont riches

Le passé, quelle source inépuisable de vérités ; ainsi cet article du Confédéré de 18911 qui nous relate le geste solidaire et désintéressé d »un groupe de valaisans, émigrés en Argentine pour y trouver du travail et des moyens de vivre, qui organisent une substantielle souscription pour la survie du Confédéré ; ce journal d’opinion traverse à ce moment-là quelques turbulences financières.

Rien de tout ça aujourd’hui, le Valais est un pays riche, habité par de riches Valaisans qui, quoiqu’en disent quelques jaloux zurichois, contribue largement, au bien-être de la mère patrie ; c’est vrai, un entrepreneur du coude du Rhône, ancien gardien de but au FC Fully le déclarait il y a quelques jours sur le plateau de ma télévision locale préférée ; mais oui, si Dame Helvétia nous octroie bon an mal an quelque 500 millions de subsides et bien le Vieux Pays les vaut bien puisque à son tour sous forme de TVA, de ceci et de cela il alimente tout autant sinon plus les caisses fédérales..

Quant au Confédéré, il se porte bien, cet aïeul de plus de cent-cinquante années de bons et loyaux service poursuit son bonhomme de chemin ; un phénix s’est installé sur la branche du hibou et le lynx se délecte de ses coups de gueule et n’hésitera pas à lui souffler quelque rosserie ; du côté lectorat, certains élus auraient même souscrit jusqu’à deux abonnements ; une solidarité de campagne …électorale.

1 No 11 du samedi 14 mars 1891.

7 juin 2012

Brèves du Lynx du Mayen bleu – 19

Privilège ou arrogance de riches

Madame Christine Lagarde, patronne du très sérieux FMI a la dent dure à l’égard des Grecs ; eût-elle vécu dans une cité hellène au temps de Dracon qu’elle aurait été ostracisée ou condamnée à boire la ciguë.

En effet, l’arrogance, la morgue avec laquelle elle critique le peuple Grec n’est pas digne de ce que nous convenons d’appeler « personnages importants » ces dirigeants du monde.

Son manque d’humanisme, lorsque devant les caméras du monde entier, elle déclare que tous les Grecs doivent payer leurs impôts sinon gare, fait froid dans le dos ; affirmation par ailleurs fallacieuse car de nombreux Grecs s’acquittent de leurs impôts [de chacun selon ses possibilités!] et ceux qui en échappent, comme l’Église orthodoxe et la clique des riches armateurs, représentent la classe des privilégiés.

Ce sont oui de richissimes privilégiés comme la « reine » Christine qui ne paie pas d’impôts sur ses substantiels revenus [à chacun selon ses besoins!]. En effet, une convention sur les relations diplomatiques exonère la Dame à la blanche crinière de cette obligation républicaine ; et dire que certains osent affirmer que l’impôt est juste et égalitaire.

La crise financière actuelle affecte la Grèce mais également d’autres pays dont l’Italie ; une Italie durement et injustement frappée par un méchant tremblement de terre en Émilie-Romagne et plus particulièrement à Mirandola, cité ou naquit l’humaniste Pic de La Mirandole. La riche Christine songerait-elle, dans un acte de repentance, à leur offrir une obole !

30 mai 2012

Brèves du lynx du Mayen bleu – 17 – résidences post-présidentielles

Résidence secondaire

Nom de bleu ! Le Nicolas dispose désormais de bureaux gracieusement offerts par la République française ; la dette souveraine est abyssales mais les taux d’emprunts sont tellement plus favorables que ceux appliqués à l’Espagne ou à la Grèce pourquoi se priver d’emprunter pour faire la vie belle à ses anciens serviteurs ; quoique dans ce cas de figure on pourrait gloser sur la maxime « servir et non se servir ».

Bref, revenons à ce privilège – ils auraient été abolis le 4 août 1789 – dont bénéficie tout président de la République dès la fin de son mandat, savoir la mise à disposition d’un bureau et des accommodements y relatifs ; la procédure tient-elle compte des résultats, des réalisations de l’ancien président ? que nenni ! Point de méritocratie ici, cette notion convient au peuple et non à l’élite. Nous n’en rajouterons point aux détails relatifs à la superficie ni au nombre de pièces ni à rien d’autre, laissons ces ragots à la presse boulevardière de la cité de Lutèce.

Quelque chose me chicane néanmoins ; les Helvètes, dans le cadre des relations diplomatiques à peaufiner avec la Gaule voisine, n’auraient-ils pas du faire un geste gracieux ; par exemple mettre une résidence secondaire à la disposition de cet ancien homme d’état déchu ; la sérénité du mayen bleu doit certes être préservée, en revanche un chalet comme celui de Polanski ou de Johnny à Gstaad – avec un stöckli attenant pour loger Jack Lang ou Éric Woerth – eût été un beau geste.

24 mai 2012

Brèves du Lynx du Mayen bleu – 16: Travailler plus

Travailler plus pour …sauver le pays

Qu’en voilà une bonne idée, cet engagement patriotique que viennent de prendre les Portugais – en l’apprenant je me suis offert un porto ; nom de bleu, c’est vrai quoi ! c’est plus républicain que le « travailler plus pour gagner plus » à Nicolas afin que l’ouvrier parisien puisse, le samedi soir après le turbin, festoyer à la brasserie du Fouquet’s !

Les Portugais sont beaucoup plus pragmatiques en abandonnant quatre jours fériés – deux religieux et deux laïcs – et en sacrifiant trois de leurs vacances pour les offrir au dieu travail. Certes, en chrétiens respectueux de la hiérarchie pontificale, ils en ont obtenu l’aval du souverain pontife.

L’Europe se montre plurielle dans son arithmétique : en France, une technocrate bricolait une salvatrice équation pour résoudre le chômage en divisant le nombre d’heures légales dédiée au travail par le nombre de travailleurs pour obtenir le temps de travail permettant à tout un chacun d’avoir du boulot, avec comme résultat faramineux : trente-cinq heures ! Au moment où la gauche arrive au pouvoir en France, ayons une pensée pour le ministère « du temps libre » créé par François Mitterrand.

Revenons à l’arithmétique, celle des Portugais : somme de la dette diminuée par plus de travail et moins de vacances, voilà la réussite.

In fine, comme disent ceux qui ont fait St-Maurice, nos amis Lusitaniens ne font qu’appliquer la recette des libéraux-radicaux valaisans qui pendant des décennies serinaient le Vatican pour diminuer le nombre de jours chômés.

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