Valais Libre

28 janvier 2016

Que faire de notre histoire catholique ?

Mgr Charles Morerod (24heures.ch)

Mgr Charles Morerod (24heures.ch)

Le rapport sur l’institut Marini de Montet remet en lumière les abus sexuels dont ont été victimes de jeunes enfants confiés à cet institut catholique du canton de Fribourg. Il fait surtout écho aux multiples autres cas qui sont enfin mis en lumière en Europe et en Amérique du Nord. La souffrance des victimes commence aujourd’hui à être reconnue et l’Église catholique doit faire un examen de conscience. Son héritage suscite différentes réactions.

« Je suis touché par les souffrances de ces personnes. Ces actes ont été laissés de côté et des dirigeants de l’époque étaient plus préoccupés de protéger la réputation de l’Église que le sort des victimes. » Mgr Charles Morerod a voulu rompre le silence et mettre en lumière les faits. L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg semble sincèrement ému et repentant.

La Suisse catholique n’est pas la seule à être victime d’actes abominables survenus dans des institutions religieuses. Le Québec sort à peine d’un procès cauchemardesque qui a mis en lumière les agissements de prêtres. Les victimes des pères rédemptoristes du Séminaire Saint-Alphonse à Sainte-Anne-de-Beaupré ont reçu des indemnités et des prêtres ont été condamnés.

Le pape François a présenté des excuses en avril 2014: « Il est de mon devoir d’assumer personnellement tout le mal que certains prêtres ont fait. Ils sont nombreux, même s’ils sont peu nombreux par rapport au nombre total de prêtres dans l’Église. En mon nom, je demande pardon pour le mal qu’ils ont fait d’avoir agressé sexuellement des enfants. »

Vivre avec cet héritage 

L’histoire du Valais, comme celle du Québec est intimement liée à la religion catholique. Des deux côtés de l’Atlantique, l’Église a été au coeur du développement de la société. Aujourd’hui, ces régions doivent vivre avec cet héritage parfois douloureux. Toutefois, il me paraît injuste de jeter l’ensemble des réalisations à cause de comportements inacceptables, intolérables, inimaginables de certains.

« Il y avait un pouvoir social de l’Église catholique dans le canton de Fribourg. Cela a bien changé. Je crois que c’est une libération pour la société et pour l’Église. » Les paroles de Mgr Morerod donnent une première analyse pertinente. L’Église avait une emprise trop grande sur la société, c’est indéniable et heureusement, aujourd’hui, les choses ont changé.

Des réactions distinctes

Chaque victime, chaque peuple, chaque région réagit différemment à son histoire. C’est heureux et c’est un droit fondamental, mais il peut être intéressant de tenter de comparer ces réactions. Mon chemin me permet de jeter un regard sur le Valais et le Québec qui se sont construits sur des fondations catholiques et qui, aujourd’hui, connaissent des situations bien différentes.

En Valais, nulle surprise, l’Église a encore une place importante. Certes, l’évêque de Sion n’est plus Comte du Valais, mais son avis pèse toujours sur les débats publics. Son pouvoir temporel a disparu, mais il reste un référent et le parti dominant garde précieusement le mot chrétien dans son appellation. La société se laïcise très lentement, trop lentement diront certains. Il n’y a pas de véritable séparation entre l’Église et l’État.

Le Québec a connu sa « Révolution tranquille » au sortir de la « Grande noirceur ». Ces deux termes qui signalent deux époques de l’histoire récente de la province illustrent parfaitement l’évolution de la société québécoise.

La « Grande noirceur » est l’époque du règne de 15 ans (1944-1959) du premier ministre Maurice Duplessis qui a répondu avec des valeurs conservatrices à certaines velléités de modernisation d’une élite intellectuelle. La « Révolution tranquille » a été la réponse de la décennie suivante. Le Québec s’est laïcisé, l’État-providence a mis en place une véritable séparation entre l’Église et l’État. L’éducation et la santé ont, par exemple, quitté le giron de l’Église.

Deux évolutions différentes, fruits d’environnement différent, mais surtout de volonté populaire différente. Un demi-siècle plus tard, le bilan est mitigé des deux côtés. Les maux de collusion, de clanisme, de mauvaise gestion de l’État, d’abus de pouvoir des dirigeants, etc. sont comparables.

10 avril 2015

10 avril 1980 – Béatification de François de Laval

Premier évêque reconnu

François de Laval

François de Laval

Il faut tâcher d’éviter deux extrémités  en ce qui concerne la conversion des âmes : trop espérer ou trop désespérer. […] À la vue des grandes difficultés dans l’entreprise de la conversion des gens, qu’on se souvienne que la semence de la Parole de Dieu porte son fruit dans la patience. Ces paroles sages sont celles de François de Laval. Le premier évêque de Québec marquera fortement la Nouvelle-France. Il aura contribué à implanter fortement et durablement l’église catholique dans la colonie. Sa sagesse, mais aussi sa fermeté et surtout son sens missionnaire lui ont valu la reconnaissance.

Le cardinal Maurice Roy, archevêque de Québec, annonce, ce 10 avril 1980, la future béatification de François de Laval. Le pape Jean-Paul II l’élèvera au rang de bienheureux le 22 juin 1980 et enfin, le 3 avril 2014, le pape François fera du premier évêque d’Amérique du Nord un saint de l’Église catholique. Le petit garçon né le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre en France dans une famille de la haute noblesse aura eu un parcours exceptionnel.

Après une formation au collège des Jésuites, il sera ordonné prêtre à 20 ans. Durant ses études, il a fréquenté des prêtres missionnaires, c’est pourquoi c’est tout naturellement qu’il accepte en 1658 la mission d’organiser l’Église en Nouvelle-France. Dès son arrivée à Québec, le 16 juin 1659, il débute sa mission avec énergie. Création du Séminaire de Québec pour la formation des prêtres, organisation des premières paroisses, conversion des Amérindiens, toute l’oeuvre de François de Laval tourne autour de deux mots: amour et patience. Il démissionnera en 1688, mais devra remplacer son successeur Mgr de Saint-Vallier, prisonnier des Anglais, dès 1700 jusqu’à sa mort le 6 mai 1708.

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