Valais Libre

8 juin 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome 18 – arrogance

Cher Lynx,

De ce côté-ci de l’Atlantique, l’arrogance est aussi bien présente. Je vais revenir une fois de plus sur la crise étudiante. Tu sais qu’elle me dépasse complètement : qu’on puisse mettre un pays sans dessus dessous, y faire régner un climat révolutionnaire, refuser tout accommodement, pour quelques dollars d’augmentation des taxes universitaires; tout cela me sidère.

Ces derniers jours Amir Khadir, le leader et seul député de Québec Solidaire, une formation d’extrême gauche, se prend pour Gandhi ou Martin Luther King. Rien que ça. Il en appelle à la désobéissance civique. Il s’est fait interpeller dans la rue lors d’une manifestation interdite. Il utilise ce fait divers anodin, déjà des milliers de personnes ont connu la même interpellation, pour se tailler un costume de héros. J’accompagne mon peuple, sa déclaration se veut à la hauteur de ses modèles, mais elle sonne faux.

Le Québec est un pays hyper démocratique et la « terrible loi 78 » qui règlemente un peu le droit de manifester est plus qu’anodine à mon regard d’helvète. Qu’on doive donner un parcours à la police me semble une mesure sensée. Elle existe depuis longtemps chez nous. Je ne vois pas en quoi elle brime la liberté d’expression.

La récupération politique est universelle et je ne résiste pas à te faire partager la dernière sortie du maire de Québec, l’admirable « Napoléon » Labaume : Si Khadir avait passé une nuit en prison, il se serait pris pour Nelson Mandela!

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31 mai 2012

Échos de la Pierre de Chrysostome – 15 – démocratie directe

Bureau

Mon cher Lynx,

Ici au Québec, on ne parle pas encore de mise à la retraite du chef du Gouvernement Jean Charest, même si beaucoup aimeraient le renvoyer dans un bureau fermé à double tour dont on perdrait la clé ensuite… Mais le chef résiste.

Les nouvelles de la crise étudiante ont maintenant fait le tour du monde. Après plus de 100 jours de crise, la rue ne semble pas se calmer. La situation paraît surréaliste pour l’habitué à la démocratie helvétique que je suis. Cette hausse des frais de scolarité si contestée aurait subit un référendum et l’histoire serait réglée depuis longtemps dans nos vallées.

Nul besoin de prendre la rue en otage, de perturber la circulation, de freiner l’économie et de désespérer les acteurs touristiques pour manifester son refus. Notre démocratie directe a du bon. Quand j’entends le bruit des casseroles tous les soirs et les allusions au régime de Pinochet, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la santé, la maturité politique de ma nouvelle région.

Où sont les repères? Où est l’histoire? Que se passera-t-il lorsqu’une véritable atteinte aux droits fondamentaux leur sera imposée? Comment la crédibilité des leaders d’opinion qui hurlent avec les loups pourra-t-elle survivre à ses exagérations?

Pour les jeunes universitaires, la hausse n’est pas anodine, mais mise en perspective avec les enjeux de notre monde développé qui doit affronter une crise économique de grande ampleur, elle fait partie des efforts indispensables.

Après un long mardi gras, il n’est pas facile d’entrer en carême.

22 mai 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome

Corruption

Le Québec n’échappe pas à la règle. Les partis politiques ont besoin d’argent pour faire passer leurs idées et faire fonctionner la démocratie. Le financement du système est un casse-tête universel. Du libéralisme helvétique aux règles françaises très strictes, il y a autant de solution que de pays.

Le Québec vit sous une grande réglementation, mais tout ne va pas au mieux. Le parti libéral du premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis 2003, passe pour un des Gouvernements les plus corrompu de ces dernières années. Des scandales défraient régulièrement la chronique. Une commission a été mise sur pied pour tenter de tirer au clair l’attribution des marchés publiques et une cellule policière se consacre uniquement à la lutte contre la corruption.

La commission Charbonneau, née dans la douleur à la fin 2011, est composée de trois juges. Elle a reçu un mandat clair du parlement :

  1. d’examiner l’existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser un portrait de ceux-ci qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques;
  2. de dresser un portrait de possibles activités d’infiltration de l’industrie de la construction par le crime organisé; 
  3. d’examiner des pistes de solution et de faire des recommandations en vue d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé.

Elle débute ces travaux aujourd’hui et le public peut s’informer en tout temps sur le site : www.ceic.gouv.qc.ca

Mais la police n,est pas en reste puisque une unité permanente anticorruption (UPAC) est active depuis février 2011. Elle a mis du temps à se mettre en marche, mais après une année, elle a déjà réalisé quelques coups d’éclats en arrêtant, par exemple, le maire Marcotte et 14 autres personnes actives dans les travaux publics.

Tout dernièrement, divers grands groupes de travaux publics ont été perquisitionnés. L’indépendance envers le Gouvernement semble total, puisque des proches du parti libéral et de son premier ministre ont été arrêté.

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