Valais Libre

27 avril 2012

Bien faire et laisser dire

Filed under: n. histoire du PLR Valais — vslibre @ 6 h 09 min
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Les Mutuelles rencontrent un franc succès

La ligne de conduite, « bien faire et laisser dire et marche en avant vers l’idéal », définie par les mutualistes de Sion et de St.-Maurice, fait des émules. Ainsi à Monthey, le 13 septembre 1853, à l’initiative de Théophile Poncet, médecin originaire de Haute Savoie, 19 citoyens jettent les bases d’une Société de Secours Mutuels1.

Cette nouvelle réalisation rencontre un écho favorable ailleurs dans le canton. En effet, au cours de cette même année 1855, une chronique nous apprend que « la jalouse phalange progressiste de Martigny » organise aussi sa Mutuelle sous la conduite de Charles Morand2 et Joseph Couchepin3. Une trentaine d’année4 plus tard, la nouvelle section réunit 222 membres, chacun d’eux s’acquittant d’une cotisation de 70 centimes par mois [le prix de trois kilos de pain] pour percevoir une indemnité journalière de 1.50 francs en cas de maladie5.

Désormais, la cause mutualiste a acquis son « droit de bourgeoisie en Valais » et, dès lors, elle est habilitée à essaimer un peu partout dans le canton : la Société franco-valaisanne de St.-Gingolph est fondée en 1857 ; 1861 voit l’avènement de la première société libre de Sion à la tête de laquelle figurent les Dénériaz et Bruttin ; la même année, l’ancien conseiller d’Etat Hippolyte Pignat fonde la section de Vouvry ; et le mouvement se poursuit à St.-Léonard et également à Saxon en 1873 sous l’impulsion de M. Charles Fama.

Après avoir gagné à sa cause les bourgs de la plaine, le mouvement mutualiste se propage dans les vallées pour le plus grand bénéfice de leurs populations ; c’est ainsi que se créent en 1867 à Sembrancher, à Salvan en 1876. L’expansion du mouvement se poursuit : en 1885 les Sauveteurs du Léman créent les caisses-maladie de St.-Gingolph-Valais et Bouveret ; Orsières et Ardon sont pourvues de leurs sociétés en 1888 ; en 1896 c’est le tour de Sierre et de Bagnes ; et le mouvement progresse au fil des ans avec Fully en 1898, Conthey et Vex en 1904, Nendaz et Riddes en 1905, Collombey-Muraz et Bovernier en 1907, etc.; enfin la « modeste » section de Vollèges prend son essor dès 1914.

Du côté de l’industrie, les ouvriers de l’usine d’Electro-chimie de Martigny-Bourg fondent une société « intime » de secours-maladie en 1910 ; ils sont précédés par ceux de la Verrerie de Monthey6.

En automne 1894, Le Confédéré annonce la fondation, à Brigue, d’une nouvelle section de Secours mutuels7 sous les auspices du Dr Adolph Riedli. Le chroniqueur de la feuille radicale relève avec satisfaction que « l’esprit de mutualité a enfin pu pénétrer dans le Haut-Valais8 » et déclare que la conversion de nos adversaires aux principes mutualistes n’est pas un des moindres succès pour le libéralisme valaisan9.

1 Cf. Casanova, le premier comité de sept membres est présidé par Théophile Poncet.

2 Président de Martigny de 1869 à 1874.

3 Père d’Arthur, juge fédéral.

4 La caisse a payé pour l’exercice 1886, fr 2’105 de secours – fortune totale 14’680,30.

5 Le Confédéré no 6 du samedi 5 février 1887 – photo 7.9.2010/dsc02370.

6 Le Confédéré no 18 du vendredi 13 février 1920 – photo 10.8.2010/dsc02108.

7 Elle compte 81 sociétaires.

8 Le Confédéré no 92 du samedi 17 novembre 1894 – photo 5.8.2010/dsc02053.

9 Le Confédéré no 5 du vendredi 13 janvier 1922 – photo 17.8.2010/dsc02202.

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