Valais Libre

1 novembre 2014

1 novembre 1987 – Mort de René Lévesque

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Disparition d’un pionnier

René Lévesque

René Lévesque

Si je vous ai bien compris… vous êtes en train de dire… à la prochaine fois. Il n’y aura pas de prochaine fois pour René Lévesque. Ce 1er novembre 1987, l’ancien premier ministre meurt d’une crise cardiaque à son domicile de L’Île-des-Soeurs à Verdun près de Montréal. Il sera inhumé le 5 novembre au cimetière Saint-Michel de Sillery à Québec. Il laisse un très riche héritage politique au Québec. Les rapports entre l’État et les citoyens seront à jamais profondément modifiés.

Né le 24 août 1922, René Lévesque a grandi à New Carlisle, un village du comté de Bonaventure en Gaspésie. Il étudiera au collège de Gaspé, puis au collège Saint-Charles-Garnier à Québec avant d’entreprendre des études de droit à l’université de Laval. Il ne les terminera pas et quittera l’université en 1943 pour consolider une carrière de journaliste débutée durant ses études. Il s’engagera en 1944 comme volontaire pour la Voix de l’Amérique et séjournera à Londres, puis parcourra l’Europe avec les troupes américaines.

En 1960, il se lance en politique et devient député libéral à Québec, puis ministre sous le gouvernement de Jean Lesage. En 1967, il quittera le parti devant son refus de débattre de la question constitutionnelle et fondera le Mouvement souveraineté-association (MSA). En 1968, il est élu président du parti québécois (PQ) nouvellement fondé. Il deviendra premier ministre après les élections de novembre 1976. Malgré la défaite référendaire de 1980, il restera en poste jusqu’en octobre 1985.

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30 octobre 2014

30 octobre 1995 – Deuxième référendum

Si proche !

Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont, trois leaders du Oui

Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont, trois leaders du Oui

Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le 12 juin 1995 ? 50,58 % des Québécois répondent non à cette question ce 30 octobre 1995. L’écart entre le oui et le non a été de 54 288 voix sur près de 5 millions de votants soit un taux record de participation de 93,5 %.

Malgré les immenses moyens mis en oeuvre par le gouvernement fédéral pour soutenir le non au référendum, le résultat a été beaucoup plus serré que prévu. Par exemple, 3 jours avant le scrutin, quelque 150 000 Canadiens de toutes les provinces du Canada se sont donné rendez-vous à la Place du Canada, au centre-ville, pour ce que les organisateurs ont appelés un Unity Rally. Pour faire venir ces personnes, les organisateurs ont obtenu d’importantes réductions sur des billets d’avion d’Air Canada et des billets de train de Via Rail.

Le lendemain, tirant la leçon de cette défaite et conformément à sa promesse, le premier ministre du Québec, Jacques Parizeau donne sa démission. Le soir du référendum, il avait dénoncé la victoire de l’argent et du vote ethnique, critiquant surtout ainsi les dépenses illégales engagées par les forces fédéralistes du « non »2 et les communautés ethnoculturelles pour leur rejet massif du projet souverainiste. Il sera remplacé en janvier 1996 par Lucien Bouchard.

26 octobre 2014

26 octobre 1992 – référendum sur les accords de Charlottetown

Accord défait

10.26 1990_05L’Accord de Charlottetown est mort-né ! Le commentaire de Radio-Canada est aussi laconique que clair ce 26 octobre 1992. Le référendum tenu dans les provinces et territoires du Canada et au Québec est largement rejeté. 5 l’acceptent et 7 le rejettent, dont le Québec. Acceptez-vous que la Constitution du Canada soit renouvelée sur la base de l’entente conclue le 28 août 1992 ? 54,3 % des Canadiens ont répondu non à cette question.

Après le rapatriement unilatéral de la Constitution par le premier ministre Trudeau en 1982, les Accords du Lac Meech de 1987 avaient été un espoir de réconciliation. Malheureusement, les espoirs du premier ministre Brian Mulroney ont été de courte durée. Le Manitoba et Terre-Neuve ont refusé de le ratifier. En 1990, tout le processus doit reprendre.

Dans les deux années qui suivirent, l’avenir du Québec a dominé l’agenda national. Le gouvernement du Québec de Robert Bourassa a instauré en septembre 1990 la Commission Bélanger-Campeau pour discuter de l’avenir du Québec à l’intérieur ou à l’extérieur du Canada. En août 1992, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que des représentants de l’Assemblée des Premières Nations conclurent l’Accord de Charlottetown qui redéfinissait l’organisation de la Confédération. En vain, le peuple rejetait ces efforts. La route pour le référendum de 1995 s’ouvrait.

2 octobre 2014

2 octobre 1980 – rapatriement de la Constitution

Coup de force de Trudeau

10.02 signature de la reineAprès le refus par le 60% de la population du Québec du référendum demandant de négocier une souveraineté-association avec le gouvernement du Canada, le premier ministre fédéral Pierre-Eliott Trudeau présente, ce 2 octobre 1980, son plan unilatéral de rapatriement de la Constitution. Il décide de se passer de l’approbation des provinces.

Le projet de résolution de Trudeau s’inspire de la charte de Victoria de 1971. Il comprend quatre éléments : le rapatriement de la Constitution, une formule de modification – appelée familièrement « formule d’amendement » – , une charte des droits et libertés s’appliquant au fédéral comme aux provinces et l’enchâssement du principe de la péréquation dans la Constitution.

8 provinces, dont le Québec, refusent ce coup de force et la Cour suprême leur donne raison en septembre 1981. Trudeau négocie alors et arrivera, lors de la nuit des longs couteaux, le 5 novembre 1981, à obtenir l’approbation de toutes les provinces anglophones. Le Québec reste seul dans son refus et Londres accepte le Canada Bill et la reine Élisabeth II proclame, le 17 avril 1982, la nouvelle constitution du Canada. Le gouvernement du Québec refusera de ratifier cette constitution.

26 septembre 2014

26 septembre 1994 – Jacques Parizeau premier ministre

Vers le référendum

 

Jacques Parizeau

Jacques Parizeau

Le lieutenant-gouverneur Martial Asselin entend la prestation de serment du nouveau cabinet du premier ministre Jacques Parizeau ce 26 septembre 1994. Quelques jours auparavant, le 12 septembre, le parti québécois emmené par son chef Parizeau gagne largement les élections générales et peut former un gouvernement majoritaire. Il va pouvoir mettre en marche son principal objectif: un référendum sur la souveraineté.

Quelques jours après l’inauguration de la session, en décembre, il dépose un projet de loi créant 15 commissions régionales qui passeront l’hiver à entendre les citoyens désireux d’exprimer leur opinion sur le projet. Le 12 juin, Jacques Parizeau signe une entente avec Lucien Bouchard du Bloc québécois et Mario Dumont de l’Action démocratique du Québec, qui prévoit un an de négociations avec le Canada avant de déclarer l’indépendance.

Malgré cela, le 30 octobre 1995, on assiste à une victoire serrée du Non au référendum sur la souveraineté: 50.48% contre 49.52%. 2,324,697 personnes ont voté Non et 2,280,866 pour le Oui. Parizeau déclare que le Oui a été battu par l’argent et des votes ethniques. Ayant promis de partir si le Non l’emportait, il respecte sa promesse en démissionnant le lendemain comme chef du Parti québécois et premier ministre du Québec.

11 juin 2013

Un peuple si raisonnable…

Ainsi donc, le peuple suisse a très largement rejeté l’élection de son Gouvernement directement par le suffrage universel. Cette prérogative restera en main des Chambres fédérales, comme depuis l’avènement de la Suisse moderne, conformément à ce qui est prévu par la Constitution depuis 1848. Après les votations de 1900 et 1942, ce rejet est le troisième de l’histoire démocratique helvétique.

2013.06.13un peuple si raisonnable65% de non le 4 novembre 1900, 68% de non le 25 janvier 1942 et 76% de non le 9 juin 2013: le peuple a de la constance dans ses décisions. La volonté du parti socialiste d’entrer au Gouvernement pour les premières et la réaction de l’UDC après l’éviction de son leader Christophe Blocher n’ont pas suffi à changer le mode d’élection du Conseil fédéral.

Vu de l’extérieur, ces décisions peuvent paraître assez invraisemblable. L’élection des plus hautes autorités par le peuple a souvent été un combat démocratique essentiel. En France, aux USA, elle est même au coeur de la vie politique. Dans les pays anglo-saxons, les élections sont également très personnalisées puisque le chef du parti vainqueur des élections devient premier ministre. La Suisse se refuse obstinément à cette personnalisation.

En 1848, la Constitution voulait garantir l’unité du pays. Après les déchirement de la Guerre du Sonderbund, il fallait beaucoup de sagesse pour garantir la pérennité du pays. Trois langues, deux religions et 22 cantons jaloux de leurs prérogatives: la Confédération n’avaient pas les meilleurs atouts en main pour se développer. Elle a pourtant réussi.

L’équilibre entre démocratie directe avec le droit de référendum et d’initiative et importance des parlementaires qui élisent les sept membres du Conseil fédéral ont permis de surmonter les tempêtes de deux guerres mondiales qui frappaient à la porte. Tout ne s’est pas construit en un jour. Après 1848, la Constitution de 1874 a constitué un grand progrès. Depuis les évolutions sont lentes et demandent beaucoup de consensus.

Les nouveaux défis du 21ème siècle paraissaient demander plus de réactivité. La personnalisation de la politique est aussi une nouvelle donne de la scène fédérale. Rien n’y a fait, tous les cantons unanimes ont rejeté l’élection du Conseil fédéral par le peuple. Notre démocratie se satisfait de la procédure actuelle qui profite au consensus contre les extrêmes, qui profite aux personnalités discrètes plutôt qu’aux grands leaders.

Le verdict a été clair, mais sans doute que la discussion reviendra sur le tapis tôt ou tard. Le génie politique helvétique fonctionne ainsi.

19 avril 2013

19 avril

Deuxième constitution fédérale (1874)

19 avril constitution-1874_largePar 340.199 oui contre 198.013 non, la nouvelle constitution fédérale est approuvée en votation populaire le 19 avril 1874. Elle entrera en vigueur le 29 mai suivant. Les institutions de la Suisse moderne sont en place. Un quart de siècle après celle de 1848; cette deuxième constitution est appelée à durer. Mais tout n’a pas été sans mal.

12 cantons et 3 demi-cantons ont accepté le projet contre 7 cantons et 3 demi-cantons qui le rejettent. Cependant l’opposition atteignait 92,1 % à Uri et dépassait 80 % à Schwyz, Nidwald et Obwald, Appenzell Rhodes intérieures et enValais. La centralisation fait encore peur, bien qu’on ait adouci le projet rejeté deux ans plus tôt.

La démocratie devient semi-directe et non plus représentative avec l’introduction du droit de référendum législatif. Le Conseil fédéral est toujours élu par le Parlement, la volonté de certains de le voir élu par le peuple n’a pas trouvé grâce. Le Tribunal fédéral devient permanent.

Le droit d’initiative sera lui introduit en 1891 lors d’une révision partielle. Il permettra de réviser et d’adapter la constitution par morceau. Une révision totalevers une Confédération plus autoritaire et plus centralisatrice est rejetée en 1935, mais dès les années 1960, l’idée d’une révision totale fait son chemin. Elle aboutira à la troisième Constitution fédérale acceptée par le peuple en 1999.

Autres 19 avril

1575,

Naissance de l’homme politique et pasteur zürichois Johann-Jakob Breitinger

1958,

Mort à Interlaken du peintre et dessinateur de presse Hans Fischer

4 octobre 2012

4 octobre

La loi Forrer (1899)

 

Ludwig Forrer

Le 4 octobre 1899, le Parlement fédéral accepte a une très forte majorité une loi sur l’assurance maladie et accidents appelée souvent loi Forrer. Ludwig Forrer est un conseiller national zürichois radical progressiste. Il a porté ce projet, né à son initiative, de la genèse à son acceptation par le Parlement.

Malheureusement, un référendum est lancé et la loi est balayée par le peuple en 1900 avec près 70% de non. Comme souvent dans l’histoire de la Confédération, une première loi sociale est trop progressiste, trop novatrice ou encore contraire à la structure du pays. Le peuple la rejette, mais ce n’est que partie remise.

Ludwig Forrer, depuis 25 ans au Parlement, leader des radicaux progressistes, grand opposant au régime libéral incarné par Alfred Escher, se retire de la politique. Cet échec lui pèse, lui qui déjà à 17 ans déclarait dans une allocution de fin d’année scolaire : Les fabriques se multiplient; elles seront un bienfait pour les régions où elles s’établissent si des lois sages assurent la sécurité des ouvriers…

Mais sa retraite sera de courte durée, il est élu au Conseil fédéral en 1902. Il y restera jusqu’en 1917. Il présidera la Confédération en 1906 et en 1912. Le « lion de Winterthour » a mûri, il tirera les leçons de l’échec de 1900 et élaborera une loi sur l’assurance maladie et accident plus nuancée qui entrera en vigueur en 1911.

 

 

 

 

 

Autres 4 octobre

 

1655,

Renouvellement de l’alliance catholique à Lucerne.

 

1797,

Naissance à Morat (FR) d’Albert Bitzius qui deviendra un romancier de la ruralité face à l’industrialisation sous le pseudonyme de Jeremias Gotthelf.

 

1847,

Le Grand conseil de Saint-Gall vote pour la dissolution du Sonderbund, la Diète fédérale est ainsi majoritaire pour la fin de cette alliance catholique. La guerre est en marche.

 

1938,

Naissance à Aarberg (AG) de Kurt Wüthrich qui obtiendra le prix Nobel de chimie en 2002.

 

1998,

Mort à Lausanne de Jean-Pascal Delamuraz, conseiller fédéral de 1984 à 1998 et président de la Confédération en 1989 et en 1996.

26 juin 2012

Journal de Montréal/Québec – mardi 19 juin – Richard Martineau

 

Cliquez pour voir la chronique de Richard Martineau où je suis cité:

Et si Drainville avait raison

Cliquez pour voir le message envoyé à Richard Martineau:

Martineau 17 juin

Cliquez pour voir la chronique d’origine:

Ma théorie à cinq sous | Chroniqueurs | Opinion | Le Journal de Québec

31 mai 2012

Échos de la Pierre de Chrysostome – 15 – démocratie directe

Bureau

Mon cher Lynx,

Ici au Québec, on ne parle pas encore de mise à la retraite du chef du Gouvernement Jean Charest, même si beaucoup aimeraient le renvoyer dans un bureau fermé à double tour dont on perdrait la clé ensuite… Mais le chef résiste.

Les nouvelles de la crise étudiante ont maintenant fait le tour du monde. Après plus de 100 jours de crise, la rue ne semble pas se calmer. La situation paraît surréaliste pour l’habitué à la démocratie helvétique que je suis. Cette hausse des frais de scolarité si contestée aurait subit un référendum et l’histoire serait réglée depuis longtemps dans nos vallées.

Nul besoin de prendre la rue en otage, de perturber la circulation, de freiner l’économie et de désespérer les acteurs touristiques pour manifester son refus. Notre démocratie directe a du bon. Quand j’entends le bruit des casseroles tous les soirs et les allusions au régime de Pinochet, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la santé, la maturité politique de ma nouvelle région.

Où sont les repères? Où est l’histoire? Que se passera-t-il lorsqu’une véritable atteinte aux droits fondamentaux leur sera imposée? Comment la crédibilité des leaders d’opinion qui hurlent avec les loups pourra-t-elle survivre à ses exagérations?

Pour les jeunes universitaires, la hausse n’est pas anodine, mais mise en perspective avec les enjeux de notre monde développé qui doit affronter une crise économique de grande ampleur, elle fait partie des efforts indispensables.

Après un long mardi gras, il n’est pas facile d’entrer en carême.

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