Valais Libre

18 mai 2017

5 ans au Québec – épisode 20

Filed under: k. saga québécoise — vslibre @ 4 h 30 min
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On court à Sainte-Claire

Un bénévole prêt 🙂

Sainte-Claire est un village de 3300 habitants dans Bellechasse au bord de la rivière Etchemins. Si je vous en parle, c’est parce que ma blonde y travaille. Samedi passé, le tout jeune club de course local y organisait sa première compétition. J’y étais comme bénévole.

Une magnifique arche gonflable aux couleurs de la Caisse populaire Desjardins nous ouvrait la place en bordure de la piste cyclable. Je vous ai déjà parlé des beautés de la cycloroute de Bellechasse il y a cinq ans, je n’insisterai pas. C’est toujours aussi beau !

L’idée de reconvertir une ancienne voie de chemin de fer en piste cyclable est juste géniale. Une deuxième arche plus petite que la précédente, tout noir avec simplement l’inscription Prévost en blanc signale la ligne de départ. J’ai le même mot écrit sur le devant de mon magnifique chandail orange.

Derrière, c’est écrit « bénévole ». Prévost est le plus grand employeur du village. La compagnie qui construit des autobus emploie 650 personnes à Sainte-Claire. Elle est aussi très impliquée dans la vie communautaire et ça se voit.

À notre arrivée après une petite quarantaine de kilomètres en voiture jusqu’à l’école Morissette en suivant le parcours quotidien de ma blonde, nous faisons un rapide passage au gymnase de l’école. Quelques bénévoles, la secrétaire et des enseignants sont prêts pour la distribution des dossards. Deux heures avant le départ, les premiers coureurs arrivent.

Le temps de raconter notre rencontre avec une petite famille de renards vue au bord de la route, les chemins de campagne sont plus bucoliques que les bouchons de la ville, et nous voilà partis pour rejoindre le départ. Dix minutes à pied nous font plus de bien que l’attente du bus-navette.

Christine, la prof de sport et Kathleen, la fan de course nous accueillent. Les initiatrices de cette première course sont des enseignantes qui maîtrisent parfaitement leur sujet. Tout est prêt, nous n’avons plus qu’à sortir les médailles et à préparer le tableau des cubes énergie.

Ces cubes sont virtuels, il faut 15 minutes d’activité physique pour en avoir un. L’école en cumule un maximum. Tout est en place et après le discours du directeur de l’école qui remercie tout le monde pour son implication, le warm up peut commencer. L’échauffement musical fait monter l’ambiance.

« Tu ne cours pas ? » « Non, tu ne distribues que de l’eau au ravitaillement, ça ne vaut pas la peine! » Richard, le chum de Kathleen rit de ma réponse. Elle cadre avec l’ambiance, mais nous n’avons pas le temps de jaser, la course va partir et lui doit vite rejoindre son poste au kilomètre 2.5.

Les coureurs vont parcourir 5 ou 10 kilomètres en faisant un aller-retour sur la piste cyclable avant que les plus petits, souvent accompagnés de leurs parents ou de leurs aînés qui ont déjà couru, parcourent 2 kilomètres sur la piste. En tout, près de 250 coureurs auront reçu une belle médaille.

J’ai distribué les premières, puis quelques jeunes filles du club de course qui ont fini dans les meilleures ont pris le relais. Je n’ai plus eu qu’à les approvisionner. 640 cubes énergie ont été cumulés ce qui représente 160 heures de sport.

Une belle réussite pour un samedi matin où même la météo a été conciliante. Ceux qui critiquent sans cesse l’école et ses acteurs devraient participer à ces beaux moments, ils verraient qu’au Québec, comme je l’ai vécu en Suisse, l’école est avant tout l’affaire de passionnés.

L’échauffement est essentiel.

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5 octobre 2012

Saga Québécoise – épisode 36 – La Cycloroute de Bellechasse

Le soleil matinal qui perce le feuillage automnal: une beauté magique!

Eh M…! J’en ai plein les mains! Je ressens comme une irritation et pourtant en ce vendredi matin je devrais être cool. Mais non, je ne peux pas crier ma frustration, je dois sourire aux gens qui arrive devant l’école de Sainte-Claire. Pas facile, en plus, de remonter la roue avant de mon vélo.

J’ai laissé quelques traces de graisses sur le livre que je ne prendrais pas avec moi. J’ai complété mon sac à dos. Je suis prêt au départ. Il est 8 h 20, la température est de quelques degrés au-dessus de zéro, mais le soleil pointe son nez à l’horizon. Le bonheur!

Fais attention aux zones ombragées, le givre peut rendre la route glissante. Un dernier conseil de Christine la prof de gym et je peux enfourcher mon vélo. Je traverse la rivière Etchemin et remonte la rue vers la piste cyclable. Le parc est vide, encore personne n’est assez fou pour s’élancer à cette heure matinale.

Depuis ce printemps, je me dis que je dois découvrir la cycloroute de Bellechasse. Elle part de Saint-Henri et se termine à Armagh. Mon ami Nicolas est le directeur du parc des chutes d’Armagh, le but est tout trouvé : je vais dîner chez lui et je reviens. Mais depuis Saint-Henri, c’est un peu long pour moi. 75km, 150 aller/retour, je ne suis pas encore aussi prétencieux.

J’ai donc décidé de profiter de la voiture de ma blonde pour aller jusqu’à son école de Sainte-Claire où passe la piste. Me voici donc dans un petit matin d’automne sur cette magnifique cycloroute dans la rougeur des arbres. Je respire l’automne à plein nez.

La cycloroute existe depuis octobre 2008, elle est donc toute récente. Elle est née de l’abandon de la ligne de chemin de fer de Monk en 1985. L’idée naît petit à petit d’utiliser ce parcours pour le tourisme. Quad, motoneige ou vélo, ou un peu des trois, toutes les pistes sont explorées pour finalement aboutir à une cycloroute.

Il aura fallu 4, 5 millions pour transformer les 75 km de voie ferrée en piste cyclable. Province, comté, municipalités et privés ont participé au financement. Je ne pense pas à tous ces éléments en pédalant dans la fraîcheur matinale. Le rythme me paraît un peu lent, j’ai de la peine à me réchauffer. Les nombreux arrêts pour prendre des photos n’arrangent pas les choses.

Un peu avant Saint-Malachie, des travaux m’obligent à un détour. Je frémis, la dernière fois que j’ai vu ce panneau orange à vélo, ça m’a valu 15km de plus. Pas trop de problème cette fois, je rejoins la piste dans le village. Juste un carrefour aux lumières (nos feux en Suisse) incertaines et une côte entre les bâtisses (maisons) et me voilà reparti dans la forêt.

Un petit panneau publicitaire qui jalonne le parcours me fait sursauter : Parc des chutes d’Armagh 36 km.

36 km est la distance que je pensais parcourir depuis Sainte-Claire. Ma lecture des cartes ne s’améliorent pas. J’appuie plus fort sur les pédales et la vitesse de croisière augmente.

Le paysage est splendide. La lumière de cette matinée fait reluire les feuilles. Vert, jaune, rouge, les couleurs étincellent autour de moi. Les kilomètres défilent, je suis sur un nuage. Presque sans m’en apercevoir, j’arrive à Armagh. Quelques écureuils effrayés, une mouche avalée et des images plein la tête, je suis comblé.

Le restaurant ouvre à 11 h, il est 11 h 05. Le sourire de la serveuse termine l’apothéose de la matinée. Une discussion avec Nicolas, un club sandwich, un peu de lecture et déjà l’heure de reprendre la route arrive. Je dois être à Sainte-Claire à 15 h 30 au plus tard.

Le retour sera encore plus rapide. Je m’affale sur l’herbe de l’aire de Sainte-Claire. Il me reste 45 minutes de lecture avant de rejoindre ma blonde. Un peu de travail dans sa classe et c’est le retour à la maison.

Presque 100 km, 97 pour être précis, pour un vendredi de détente, je suis content de moi… je le serai encore plus le lendemain en constatant que je n’ai pas de courbatures. Ma saison de vélo a été bénéfique.

Saint-Jean-Chrysostome

jeudi 4 octobre 2012

Le relais du Parc des chutes d’Armagh apporte une pause bienvenue.

29 juin 2012

Saga québécoise – épisode 26 – Fin des classes

Océane et Raphaël ont été bien courageux.

Les nuages noirs s’éloignent, le vent souffle, le parcours à vélo est agréable malgré la chaleur. Pourquoi est-ce que le vent est toujours contraire? Hier à l’aller, je l’avais trois-quart dans la face et aujourd’hui au retour c’est pareil… il a tourné comme moi! Les 40 km qui séparent Sainte-Claire de Saint-Jean-Chrysostome seront bouclés en 1h 36 minutes, 7 minutes de moins que la veille. Il faut dire que le retour est un peu plus facile.

J’ai profité de la fin des classes pour parfaire mon entraînement en vélo. Comme j’ai été réquisitionné les deux derniers jours afin d’animer des ateliers sportifs, j’ai obtenu de ma blonde le droit de voyager à ma guise. Le jeudi matin, j’ai donc enfourché mon vélo à Saint-Jean-Chrysostome pour rejoindre l’école Morissette de Sainte-Claire. Quelques nuages voilaient le ciel, mais la température estivale était au rendez-vous.

Un passage à la salle des maîtres pour déguster mon lunch : céréales, yogourt et fruits, et l’heure de la sortie en vélo avec les enfants de maternelle est déjà arrivée. Une trentaine d’enfants de 5 ans, 5 adultes accompagnateurs et 2 enseignantes : la colonne qui traverse le village a belle allure. La descente vers le pont de la rivière Etchemin provoque une première petite chute. Heureusement rien de grave et très vite la piste cyclable qui chemine dans la campagne offre un cadre idyllique à cette balade.

Je reste à l’arrière avec Océane et Raphaël. Ils ne semblent pas être des habitués de la bicyclette (du bicycle pour les québécois). Ils sont les seuls à avoir encore leurs petites roues. Très vite le reste du groupe prend le large. Mais le couple est courageux. Ils avancent lentement, mais dans la bonne humeur. La ligne jaune centrale est un guide précieux pour apprendre à diriger son engin et à avancer en ligne droite. Après 3 kilomètres, je propose une halte. Le soleil est chaud et un peu d’eau est la bienvenue. L’arrivée d’une maîtresse me permet de rejoindre l’autre groupe. La vitesse est plus soutenue. La discipline des enfants m’impressionne. Malgré un soleil étouffant, les rires sont au rendez-vous. Les consignes de prudence sont parfaitement respectées. Ils auront fait 11 km à la fin de la journée et mes deux débutants 6 km. Le cyclisme québécois a de l’avenir.

Je rentre en voiture en cette fin de jeudi. Le soleil m’a assommé. Je suis bien content de retrouver le ciel du vendredi matin recouvert par des nuages rafraîchissants. Ils ne sont pas menaçants. Les activités de plein air de la dernière journée se dérouleront dans les meilleures conditions. Je suis chargé d’animer l’atelier pétanque. Pas de soucis, je suis dans mon domaine.

Les pistes aménagées par la municipalité de Sainte-Claire sont parfaites. Tout le secteur de l’aréna (la patinoire couverte) offre une panoplie divertissante des plus intéressantes. Les jeux d’eau, les jeux jambettes (nos aires de jeux avec toboggans, balançoires, etc.), le terrain de soccer (football) et le terrain de base-ball vont permettre de multiplier les activités et d’offrir à chaque âge des jeux adaptés.

Les plus petits (maternelle à deuxième primaire) viendront en 3 groupes à la pétanque. Je suis habilement épaulé par 8 retraités habitués de ce jeu provençal. Ils jouent tous les mardis et jeudis soirs entre mai et septembre. Le partage entre aînés et enfants est vivifiant. La matinée passe très vite.

L’heure du repas arrive. Les enfants dégustent des hot-dogs préparés joyeusement par le club optimiste du village. Les classes maternelles et primaires défilent avec enthousiasme devant l’étal. Ils vont ensuite garnir les alentours du terrain de base-ball. L’orage n’éclatera pas. La partie de tchouk-ball entre enseignants et élèves mettra un terme à l’année scolaire des enfants. Les profs iront encore une semaine en classe pour clôturer leurs affaires.

Je m’éclipse discrètement avant la fin. Mon vélo et la route pour Saint-Jean-Chrysostome m’attendent.

 

Saint-Jean-Chrysostome

jeudi 28 juin 2012

 

Le partage entre les aînés et les enfants de maternelle sur les pistes de pétanque a été un beau moment.

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