Valais Libre

8 février 2018

366 histoires suisses

8 février – Séparation Église / État (1824)

Alexandre Vinet

Les relations qu’on a établies entre l’État et la religion, entre la société politique et le royaume des cieux me paraissent, je l’avoue, adultères et funestes... Alexandre Vinet écrit cette lettre ce 8 février 1824. Il y expose le principe de la liberté chrétienne qui guide toute sa vie.

Le pasteur, né à Ouchy, enseigne la théologie à l’université de Lausanne, puis à celle de Bâle. Il collaborera à diverses revues. Il se veut autant critique littéraire que théologien, mais c’est son oeuvre religieuse qui marquera les esprits. Il est considéré comme le penseur le plus important du protestantisme d’expression française au 19e siècle. En Angleterre également, il a une influence manifeste.

Il définit la conscience comme le moyen d’être en relation personnelle directe avec Dieu. Par conséquent, il prône une séparation officielle entre l’Église et l’État. Mais il saura également être critique vis-à-vis des lois des hommes: une loi immorale, une loi qui m’oblige de faire ce que ma conscience et la loi de Dieu condamnent, si l’on ne peut pas la faire révoquer, il faut la braver… Cette déclaration vaudra 80 francs d’amende à Vinet de la part de l’État de Vaud.

28 janvier 2016

Que faire de notre histoire catholique ?

Mgr Charles Morerod (24heures.ch)

Mgr Charles Morerod (24heures.ch)

Le rapport sur l’institut Marini de Montet remet en lumière les abus sexuels dont ont été victimes de jeunes enfants confiés à cet institut catholique du canton de Fribourg. Il fait surtout écho aux multiples autres cas qui sont enfin mis en lumière en Europe et en Amérique du Nord. La souffrance des victimes commence aujourd’hui à être reconnue et l’Église catholique doit faire un examen de conscience. Son héritage suscite différentes réactions.

« Je suis touché par les souffrances de ces personnes. Ces actes ont été laissés de côté et des dirigeants de l’époque étaient plus préoccupés de protéger la réputation de l’Église que le sort des victimes. » Mgr Charles Morerod a voulu rompre le silence et mettre en lumière les faits. L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg semble sincèrement ému et repentant.

La Suisse catholique n’est pas la seule à être victime d’actes abominables survenus dans des institutions religieuses. Le Québec sort à peine d’un procès cauchemardesque qui a mis en lumière les agissements de prêtres. Les victimes des pères rédemptoristes du Séminaire Saint-Alphonse à Sainte-Anne-de-Beaupré ont reçu des indemnités et des prêtres ont été condamnés.

Le pape François a présenté des excuses en avril 2014: « Il est de mon devoir d’assumer personnellement tout le mal que certains prêtres ont fait. Ils sont nombreux, même s’ils sont peu nombreux par rapport au nombre total de prêtres dans l’Église. En mon nom, je demande pardon pour le mal qu’ils ont fait d’avoir agressé sexuellement des enfants. »

Vivre avec cet héritage 

L’histoire du Valais, comme celle du Québec est intimement liée à la religion catholique. Des deux côtés de l’Atlantique, l’Église a été au coeur du développement de la société. Aujourd’hui, ces régions doivent vivre avec cet héritage parfois douloureux. Toutefois, il me paraît injuste de jeter l’ensemble des réalisations à cause de comportements inacceptables, intolérables, inimaginables de certains.

« Il y avait un pouvoir social de l’Église catholique dans le canton de Fribourg. Cela a bien changé. Je crois que c’est une libération pour la société et pour l’Église. » Les paroles de Mgr Morerod donnent une première analyse pertinente. L’Église avait une emprise trop grande sur la société, c’est indéniable et heureusement, aujourd’hui, les choses ont changé.

Des réactions distinctes

Chaque victime, chaque peuple, chaque région réagit différemment à son histoire. C’est heureux et c’est un droit fondamental, mais il peut être intéressant de tenter de comparer ces réactions. Mon chemin me permet de jeter un regard sur le Valais et le Québec qui se sont construits sur des fondations catholiques et qui, aujourd’hui, connaissent des situations bien différentes.

En Valais, nulle surprise, l’Église a encore une place importante. Certes, l’évêque de Sion n’est plus Comte du Valais, mais son avis pèse toujours sur les débats publics. Son pouvoir temporel a disparu, mais il reste un référent et le parti dominant garde précieusement le mot chrétien dans son appellation. La société se laïcise très lentement, trop lentement diront certains. Il n’y a pas de véritable séparation entre l’Église et l’État.

Le Québec a connu sa « Révolution tranquille » au sortir de la « Grande noirceur ». Ces deux termes qui signalent deux époques de l’histoire récente de la province illustrent parfaitement l’évolution de la société québécoise.

La « Grande noirceur » est l’époque du règne de 15 ans (1944-1959) du premier ministre Maurice Duplessis qui a répondu avec des valeurs conservatrices à certaines velléités de modernisation d’une élite intellectuelle. La « Révolution tranquille » a été la réponse de la décennie suivante. Le Québec s’est laïcisé, l’État-providence a mis en place une véritable séparation entre l’Église et l’État. L’éducation et la santé ont, par exemple, quitté le giron de l’Église.

Deux évolutions différentes, fruits d’environnement différent, mais surtout de volonté populaire différente. Un demi-siècle plus tard, le bilan est mitigé des deux côtés. Les maux de collusion, de clanisme, de mauvaise gestion de l’État, d’abus de pouvoir des dirigeants, etc. sont comparables.

8 février 2013

8 février

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Séparation Église / État (1824)

 

8 février AlexandreVinetLes relations qu’on a établies entre l’État et la religion, entre la société politique et le royaume des cieux me paraissent, je l’avoue, adultères et funestes... Alexandre Vinet écrit cette lettre le 8 février 1824. Il y expose le principe de la liberté chrétienne qui guide toute sa vie.

Le pasteur né à Ouchy enseigne la théologie à l’université de Lausanne, puis à celle de Bâle. Il collaborera à diverses revues. Il se veut autant critique littéraire que théologien, mais c’est son oeuvre religieuse qui marquera les esprits. Il est considéré comme le penseur le plus important du protestantisme d’expression française au 19e siècle. En Angleterre également, il a une influence manifeste.

Il définit la conscience comme le moyen d’être en relation personnelle directe avec Dieu. Par conséquent, il prône une séparation officielle entre l’Église et l’État. Mais il saura également être critique vis-à-vis des lois des hommes: Une loi immorale, une loi qui m’oblige de faire ce que ma conscience et la loi de Dieu condamnent, si l’on ne peut pas la faire révoquer, il faut la braver... Cette déclaration vaudra 80 francs d’amende à Vinet de la part de l’État de Vaud.

 

 

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Le duc de Savoie est fâché par le traité de combourgeoisie passé entre Fribourg, Genève et Berne.

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