Valais Libre

16 juin 2016

Histoire du Valais – 16 juin

Filed under: c. calendrier historique du Valais — vslibre @ 3 h 00 min
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Jean-Paul II à Sion

Jean-Paul II à Sion

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18 mars 2014

Calendrier historique du Valais: 18 mars – 1964 – Tunnel du Grand-Saint-Bernard

Première traversée

18 mars Grand-St-BernardSix minutes qui valent des siècles… Le titre du journal Le Confédéré résume parfaitement la primeur découverte par plus de 300 journalistes. Ce 18 mars 1964, il pouvait pour la première fois emprunter un tunnel routier pour traverser les Alpes du nord au sud. Le Tunnel du Grand-Saint-Bernard sera ouvert au trafic le lendemain, le 19 mars à 8 h du matin.

Il aura fallu plus de 18 ans pour que le rêve du comité d’action fondé en 1946 voie le jour. C’est au printemps 1958 du côté italien et, peu après sur le côté suisse que les travaux de percement ont commencé. Deux entreprises concessionnaires, une suisse et une italienne seront les maîtres d’oeuvre et assureront ensuite la gestion du tunnel, des gares nord et sud, des routes d’accès sur les deux versants.

Le tunnel est constitué d’une galerie de 8 m de large et de 4 m de haut sur une longueur d’un peu moins de 6 km.

Dès le début, la fréquentation dépassera les prévisions de 290 000 véhicules par années. En mars 1965, près de 370 000 véhicules avaient déjà franchi cette liaison qui rapprochait, hiver comme été, la Suisse et l’Italie. En 2012, plus de 620 000 véhicules utilisèrent cette voie. Le passage millénaire du Grand-Saint-Bernard est toujours bien actuel.

11 avril 2013

Vers une Europe de l’énergie

nucléaireC’est autour du charbon et l’acier que la France et l’Allemagne se sont rapprochées il y a plus de 50 ans. Aujourd’hui nous avons besoin d’une nouvelle énergie en Europe, et ça ne peut pas être le nucléaire, nous avons besoin d’une énergie qui nous assure aussi la sécurité. La députée européenne allemande Rebecca Harms, membre du groupe des Verts européens s’exprimait ainsi lors du récent Forum de Strasbourg.

Ce Forum était une des manifestations organisées autour du cinquantenaire de l’amitié franco-allemande (1963-2013). La question centrale de ces débats était: À quoi sert la relation franco-allemande? Certains, dont des Verts européens, verraient d’un bon oeil l’émergence d’une Europe de l’énergie.

En effet, depuis la catastrophe de Fukushima, la question du nucléaire et de son avenir hante les débats. Chacun y va de sa solution. L’Allemagne, et dans son sillage la Suisse, s’est décidée pour la sortie du nucléaire à plus ou moins long terme. La France, au contraire, a réitéré son engagement ferme dans la filière nucléaire. Un couple franco-allemand sur la même voie énergétique n’est donc pas pour demain.

Et pourtant, l’idée peut -être séduisante. L’énergie deviendra de plus en plus un moteur essentiel du développement économique. Ceux qui maîtriseront la production ou des éléments de la production énergétique auront un avantage décisif. L’ère des énergies non renouvelables arrive à son terme. Elle ne s’achèvera pas brutalement, mais le prochain demi-siècle va voir décliner ce type de ressources énergétiques.

Il y a donc un enjeu essentiel dans les technologies qui permettront d’exploiter rationnellement les énergies renouvelables. La compétition n’est pas encore jouée, mais il ne faut pas rater le train. L’Europe semble se déchirer, L’Amérique du Nord est peu sensible encore à cette question. L’Asie peut devenir un leader, mais la Suisse se doit de participer à cette compétition. Les initiatives sont multiples et encourageantes. Le développement de quartiers solaires, comme proposé par une entreprise de la région de Martigny pour la production d’électricité photovoltaïque montre la voie à suivre.

9 août 2012

9 août

Filed under: j. La Suisse en 365 anniversaires — vslibre @ 6 h 45 min
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Premier voyage en train (1847)

45 minutes pour relier Zürich à Baden, pas forcément un exploit pour parcourir la vingtaine de kilomètres, mais assurément une révolution pour les transports en Suisse. En effet, le Spanisch-Brötli Bahn est le premier train de voyageur à circuler sur le territoire helvétique.

Le nom de la ligne vient d’une pâtisserie (petit pain à l’anis) originaire de Baden qui pouvait, grâce au train, être rapidement livrée à Zürich. Cette inauguration fait suite à de nombreuses vicissitudes. La volonté industrielle de développer des lignes en Suisse a dû surmonter bien des obstacles.

Le 15 juin 1844 le train d’Alsace arrive à Bâle et parcours près de 2 km en Suisse. Cette étape vient renforcer les vœux des Zürichois qui travaillent depuis des années pour créer une ligne Bâle – Zürich, épine dorsale du futur réseau national. Malheureusement ce rêve est difficile à concrétiser devant l’opposition des charretiers, selliers ou autres marchands de chevaux, sans oublier les « écologistes » qui craignent pour les oiseaux, le lait des vaches ou pour les raisins qui ne pourraient plus mûrir.

Après la faillite d’une première compagnie fondée en 1836, le projet naîtra entre les deux cités avec, en prime, le percement du premier tunnel ferroviaire au Schlossberg. L’essor des chemins-de-fer suisses pouvait démarrer 22 ans après la première ligne mondiale entre Stockton et Darlington en Angleterre.

Autres 9 août

1775,

Naissance de Hans-Casper Escher, industriel zurichois et grand-père d’Alfred Escher, homme politique à la base de l’essor des chemins-de-fer en Suisse.

1896,

Naissance à Neuchâtel de Jean Piaget, philosophe et pédagogue reconnu mondialement pour ces travaux sur la psychologie du développement et l’épistémologie génétique. Il fit de l’université de Genève un centre de la recherche en éducation.

1962,

Mort à Montagnola (TI) de Hermann Hesse, écrivain suisse qui reçut le prix Nobel de littérature en 1946.

7 août 2012

7 août

La Suisse des 22 cantons (1815)

 

Le Congrès de Vienne voulait que la Suisse soit un espace neutre au centre de l’Europe. Les puissances qui viennent de terrasser l’empereur Napoléon impose la liberté du passage des Alpes. La Suisse est un enjeu stratégique, elle devra se plier aux volontés des puissants.

Malgré quelques divergences internes, les cantons doivent s’entendre. Ils ne veulent pas tous le même type d’alliance. Les cantons primitifs aimeraient revenir au pacte fondateur. D’autres préfèrent l’acte de médiation imposé au début du siècle par Bonaparte.

Finalement, une « restauration » minimaliste d’un pacte qui n’en est à peine un fera compromis. Il sera ratifié par le Congrès de Vienne. Les cantons deviennent souverains. Ils s’imposent les uns aux autres l’impuissance. La diète se tiendra en alternance entre Zürich, Berne et Lucerne.

C’est la fin de la domination des uns sur les autres. Berne abandonne sa domination sur Vaud et Argovie, mais obtient en compensation le Jura (ancien évêché de Bâle). Valais, Genève et Neuchâtel quittent le giron français pour la Suisse.

Au moment où les sceaux des 22 républiques sont apposés au bas du pacte, un homme seul, mais bien escorté embarquent vers une destination lointaine. Napoléon quitte l’Europe pour Saint-Hélène…

 

Autres 7 août

 

1397,

Mort en duel d’Othon III de Grandson. Chevalier-poète renommé à travers l’Europe, il propagea cette coutume à travers le monde latin.

 

1574,

Arrivée des jésuites à Lucerne. Ils créeront un collège qui fera de la ville un centre religieux et politique.

 

1802,

Dans une note à son ministre de la guerre, Napoléon ordonne l’indépendance du Valais. Elle doit lui garantir les passages du Simplon et du Grand-Saint-Bernard.

8 juin 2012

Saga québécoise – épisode 23 – Salon des vins suisses

Mathieu Luyet a été un partenaire parfait tant au service qu’à la raclette.

Pour ma première traversée matinale du St-Laurent, je suis gâté, café, muffin et fruits frais sont offerts aux passagers du traversier Lévis/Québec. Bon, ce n’est pas pour fêter ma première journée de travail en terre québécoise, mais pour le 41ème anniversaire de la compagnie. J’apprécie tout de même le geste.

Car ce lundi matin, je prends le bateau de 7 h 20, je suis attendu avant 9 h à l’hôtel Palace Royal de Québec où se tiendra le premier salon des vins suisses. Je vais servir la raclette et présenter les vins de la maison Philippe Varone. Ma participation à cet événement est l’aboutissement d’un cheminement assez incroyable.

Vous vous souvenez que j’avais fais la connaissance, en jouant au curling, de Gilles Laberge qui organise des présentations de vins. Il m’a invité, il y a plus d’un mois, à venir découvrir ce salon helvétique. Lorsque j’ai reçu la liste des caves présentes, j’ai immédiatement envoyé un message à Philippe Varone pour lui dire mon plaisir de déguster ses vins et je me suis proposé pour l’aider s’il en avait besoin. Il m’a mis en contact avec Jean-Marc Amez-Droz, l’initiateur et organisateur de ce salon.

J’ai rencontré Jean-Marc Amez-Droz le vendredi précédent. C’est bien l’ancien directeur de la maison Provins comme je le soupçonnais. Il possède maintenant un domaine en France, le château Signac et est consultant en vins. Son épouse étant québécoise, il est régulièrement dans la région. Tout naturellement, il a décidé de mettre de l’énergie pour développer la vente des vins suisses au Québec.

Tu sais racler? Me demander si je sais racler! Mon petit Jean-Marc, je suis le roi des racleurs… enfin des racleurs au Québec, le défi est plus raisonnable. J’accepte tout de suite sa proposition de racler lundi à midi pour le VIP du salon. Finalement je travaillerai dès le matin pour la présentation du vignoble suisse à des invités triés sur le volet : des responsables de la SAQ (vous savez tout sur cet organisme maintenant, sinon voyez l’épisode 18), des journalistes et quelques grands sommeliers.

Nous serons deux aux fourneaux et l’autre sera… saviésan et même un ancien élève… Le monde est petit! Mathieu Luyet, lui aussi en séjour au Québec, participe à ce salon. En plus de la raclette, il présentera les vins de la maison Bonvin. Notre duo fera merveille et nos invités savoureront une raclette parfaite. Très vite notre complicité fonctionne. Dès le matin, la préparation des fromages, des vins, puis la reprise au vol du service des cinq crus à déguster par les experts, ont montré les qualités et l’adaptation rapide des saviésans.

Mais, c’est l’après-midi, que nous avons donné la plénitude de notre expertise. Une grande salle d’un hôtel luxueux, une dizaine de maisons réparties derrière des tables, deux cents invités qui se succèdent sans interruption durant 6 heures pour déguster 43 crus provenant pour une moitié du Valais (Provins, Rouvinez, Bonvin, Varone et St-Pierre) et le reste, de Vaud, Neuchâtel ou Genève : pas le temps de chômer.

L’Heida est le nom valaisan du Savagnin qu’on retrouve dans le Jura, mais aucune parenté entre les deux vins. On le nomme aussi Païen parce que ce cépage était présent en Valais avant les chrétiens. Enfin certains disent cela, moi je préfère la définition qui dit que c’est le vin bu le dimanche par ceux qui préfèrent l’apéro à la messe… Mon discours enjoué et mon accent du terroir fait fureur, les dégustateurs sont sous le charme. Petite Arvine, Humagne Rouge ou Cornalin ne sont pas en reste et mon lyrisme s’épanouit pleinement dans ce contexte. Les vins de Philippe Varone convainquent.

Je me suis cru à la Foire du Valais, mais plus facile de parler du vin que de la politique : un verre à la main, mes hôtes m’écoutent attentivement.

St-Jean-Chrysostome

jeudi, le 7 juin 2012

Le « Clos Lambert » est un petit vignoble de St-Jean-Chrysostome. 7000 pieds de riesling.

30 mai 2012

Brèves du lynx du Mayen bleu – 17 – résidences post-présidentielles

Résidence secondaire

Nom de bleu ! Le Nicolas dispose désormais de bureaux gracieusement offerts par la République française ; la dette souveraine est abyssales mais les taux d’emprunts sont tellement plus favorables que ceux appliqués à l’Espagne ou à la Grèce pourquoi se priver d’emprunter pour faire la vie belle à ses anciens serviteurs ; quoique dans ce cas de figure on pourrait gloser sur la maxime « servir et non se servir ».

Bref, revenons à ce privilège – ils auraient été abolis le 4 août 1789 – dont bénéficie tout président de la République dès la fin de son mandat, savoir la mise à disposition d’un bureau et des accommodements y relatifs ; la procédure tient-elle compte des résultats, des réalisations de l’ancien président ? que nenni ! Point de méritocratie ici, cette notion convient au peuple et non à l’élite. Nous n’en rajouterons point aux détails relatifs à la superficie ni au nombre de pièces ni à rien d’autre, laissons ces ragots à la presse boulevardière de la cité de Lutèce.

Quelque chose me chicane néanmoins ; les Helvètes, dans le cadre des relations diplomatiques à peaufiner avec la Gaule voisine, n’auraient-ils pas du faire un geste gracieux ; par exemple mettre une résidence secondaire à la disposition de cet ancien homme d’état déchu ; la sérénité du mayen bleu doit certes être préservée, en revanche un chalet comme celui de Polanski ou de Johnny à Gstaad – avec un stöckli attenant pour loger Jack Lang ou Éric Woerth – eût été un beau geste.

3 mai 2012

Après le refus de l’assurance maladie obligatoire

Une victoire pour les Mutualistes

Après l’échec de la loi sociale devant le peuple en mai 1900, la Fédération des sociétés de secours mutuels de la Suisse romande adresse, le 6 décembre 1901, une pétition au Conseil national pour demander la reprise de la législation sur les assurances. D’autres associations – motivées par une même volonté d’accélérer la mise en œuvre d’une assurance sociale – déploient une intense activité afin de proposer des adaptations permettant d’atténuer ce que le projet Forrer a de trop impératif et de trop centralisateur.

Le Conseil fédéral ne reste pas inactif; dès le 5 janvier 1904, trois Conseillers fédéraux – les radicaux MM. Deucher, Forrer et Comtesse – conscients de l’urgence à accélérer les travaux de la législation sur les assurances maladies et accident, s’attachent les services d’un juriste, le Dr E. Ceresole; celui-ci élabore un avant-projet pour servir de base à la loi que le Conseil fédéral publie le 10 décembre 19061.

De leur côté, les mutualistes organisent une campagne de sensibilisation en faveur de la loi; ainsi en 1911, MM. François Troillet et Joseph Couchepin présentent aux délégués de la Fédération valaisanne des Sociétés de Secours mutuels, réunis à St-Maurice le 6 août, un exposé détaillé de la nouvelle loi fédérale sur l’assurance maladie et les encouragent vivement d’en accepter le principe.

Une pétition, signée par 75’930 citoyens, demande que la loi du 13 juin 1911 soit soumise à votations populaire2. Enfin, le 4 février 1912, 63% des électeurs se rendent aux urnes pour accepter, certes à une faible majorité, la nouvelle loi par 287’565 contre 241’416. Le Valais refuse avec 12’765 non contre 6’721 oui3.

La nouvelle loi réglemente les subventions de la Confédération aux caisses de secours mutuels qui acceptent une surveillance, favorisant ainsi la progression du mouvement mutualiste4;elle « admet aux mêmes conditions, mais non à primes égales, les deux sexes » ; l’affiliation est volontaire, les cantons étant toutefois autorisés à introduire l’obligation de s’assurer; en Valais, un premier pas est réalisé dans cette direction avec le vote par le Grand Conseil le 23 novembre 1921 d’un projet de décret autorisant les commune à rendre obligatoire l’assurance pour les enfants en âge de scolarité5.

En Valais, malgré le refus de la loi fédérale sur les assurances sociales, son application, dès le 1er janvier 1914, rencontre un franc succès notamment dans le Haut-Valais. Le subventionnement favorise dans une large mesure l’éclosion de nouvelles caisses maladie. Ce qui fait dire au Confédéré que les Haut-Valaisans sont plus enclins à bénéficier des subsides fédéraux alloués aux caisses maladie que leurs congénères du Bas-Valais6.

1 Cf. FF 1906 VI 213, très intéressant, contient un historique etFF 1911 III 815.

2 Aboutissement referendum FF 1911 IV295.

3 Cf. FF 1912 I 473.

4 Le Confédéré no 14 du mercredi 4 février 1920 – photo 10.8.2010/dsc02106/07.

5 Le Confédéré no 5 du vendredi 13 janvier 1922 – photo 17.8.2010/dsc02202.

6 Le Confédéré no 5 du vendredi 13 janvier 1922 – photo 17.8.2010/dsc02202 ; en effet, à la fin de 1919, 40 caisses maladie soit 18’751 membres parmi lesquels 13’896 Haut-valaisans et seulement 4’855 dans la partie francophone, reconnues par la Confédération, bénéficient de subsides.

2 mai 2012

Premier échec pour l’assurance maladie universelle en Suisse

Le peuple souverain refuse une assurance sociale

Le succès remporté par la récolte de signatures pour le référendum serait-il une manifestation de refus du principe de solidarité proposé par la loi sur les assurances sociales ? En tout cas, Le Confédéré appelle chacun, « chrétien ou libre penseur, libéral ou radical, conservateur ou socialiste », à prendre conscience de la « haute portée sociale et humanitaire » de la loi1. D’autant que des régimes pourtant monarchiques, comme la Prusse de Bismarck, ont déjà introduit des assurances sociales dès 1882. à la veille de la consultation populaire, notre chroniqueur demeure néanmoins optimiste tout en ajoutant à son pronostic favorable ce dicton « le scrutin est malin et capricieux comme une jeune femme2 .»

Le 20 mai 1900, jour du scrutin, la participation, avec 485’000 votants, est l’une des plus élevées depuis 1874 et se classe juste derrière celle pour le Bailli scolaire qui, en 1882, mobilisait 490’000 votants. La loi fédérale d’assurance est néanmoins massivement rejetée par le peuple avec 69.8% de non pour 30.2% de oui3. Seul le canton de Glaris accepte la loi. Le Valais se classe en tête des cantons rejetants, avec un refus particulièrement élevé de 90.4% de non4; tous les districts refusent et Le Confédéré signale que dans plusieurs communes « on n’a pas retrouvé au fond de l’urne un seul oui. »

Comment expliquer une telle défaite, alors que dix ans plus tôt le souverain en acceptait le principe constitutionnel5 et qu’à peine quelques mois auparavant, le 5 octobre 1899, les Chambres fédérales se prononçaient à l’unanimité en faveur de la nouvelle législation sociale ? Plusieurs facteurs ont contribué à cet échec : c’est tout d’abord l’attitude égoïste des patrons peu enclins « de faire sur l’autel de la solidarité le sacrifice qu’on leur demandait » ; de leur côté, les ouvriers et employés estimaient trop lourde la contribution qu’on leur demandait; ensuite, il est à noter la curieuse opposition des sociétés de secours mutuels de la Suisse romande, pourtant précurseurs du principe mutualiste, par crainte pour l’autonomie de leurs caisses6; enfin, la tendance unitaire de la loi considérée comme une atteinte au fédéralisme ainsi que son aspect obligatoire ont certes pesé très lourd dans la décision du peuple très attaché à préserver sa liberté individuelle.

« La loi Forrer est morte », ainsi en a décidé le peuple souverain, mais pour autant, le principe de l’assurance subsiste et reste l’espoir et l’idéal de demain. Le chroniqueur du Confédéré se console en constatant que « La démocratie a le progrès circonspect et lent, elle a besoin du progrès et nous pouvons envisager l’avenir sans trop de pessimisme. »

1 Le Confédéré no 4 du samedi 13 janvier 1900 – photo 24.8.2010/dsc02216/17.

2 Le Confédéré no 10 du samedi 3 février 1900 – photo 24.8.2010/dsc02218/19.

3 Soit près de 200’000 voix de majorité.

4 Arrêté du 5 octobre 1899 FF 1899 IV1051, referendum 5 juin 1900 FF 1900 III 274. Recueil des lois +FF 1900 III 274.

5 Le 25 octobre 1890;

6 Le Confédéré no 27 du mercredi 4 avril 1900 – photo 24.8.2010/dsc02237.Le Confédéré no 42 du samedi 26 mai 1900 – photo 24.8.2010/dsc02242/43.

1 mai 2012

Naissance des assurances sociales en Suisse

La Confédération et le Secours Mutuel

Jusqu’en 1880, le législateur suisse ne se préoccupe pas de la question de l’assurance maladie. Il faut attendre que des citoyens prennent conscience des besoins de la population que la maladie ou les accidents risquent de jeter dans le besoin. C’est suite à la motion, en 1885, du conseiller national radical bâlois, Wilhelm Klein1, que le 26 octobre 1890 le peuple et les cantons acceptent de compléter la Constitution fédérale d’un article 34 obligeant le Conseil fédéral à légiférer dans le domaine de l’assurance maladie et accident et à la rendre obligatoire2.

Trois ans plus tard, c’est à un autre radical, le conseiller national zurichois Ludwig Forrer, que le Conseil fédéral confie la tâche d’élaborer un projet de loi d’assurance contre la maladie et les accidents; sa détermination, qui lui vaut le surnom de « lion de Wintherthour3 », représente certes un gage de réussite.

Le 5 octobre 1899, l’Assemblée fédérale, sur la base des travaux de Forrer, le « père des assurances sociales suisses », décrète la mise en œuvre de la loi fédérale sur l’assurance contre les maladies et les accidents. La nouvelle législation régit l’assurance volontaire contre les conséquences économiques de leurs maladies de toutes personnes dès l’âge de quatorze ans; toutefois, si le canton le décide par vote populaire, l’assurance peut être rendue obligatoire. Pour une contribution tripartite – d’un centime par jour et par assuré payé par la Confédération et un complément financé à parts égales par l’employeur et l’employé proportionnellement au salaire, l’assuré bénéficie de soins médicaux pendant une année4. Les sociétés de secours mutuels existantes, qualifiées de caisses libres, sont soumises à la surveillance de l’État et bénéficient de subventions5.

Quelques jours après l’échéance du délai référendaire6, Le Confédéré du 13 janvier 1900 nous apprend que la campagne référendaire a recueilli 115’000 signatures pour demander de soumettre la loi au vote populaire. S’agit-il d’une fronde des fédéralistes à l’égard d’une tentative des unitaires ou d’une volonté associer le peuple suisse à un sujet aussi important7 ? En Valais, nous comptons 6’185 citoyens, adhérents des deux partis, qui apportent leur soutien à la demande de referendum; il est à noter que dans le Haut-Valais, le parti conservateur procède à une récolte massive de signatures. Il s’agit d’une remarquable récolte, puisque seul le referendum de l’été 1882 relatif au Bailli scolaire, une tentative de créer un poste de secrétaire national pour l’Instruction publique, récoltait 180’995 signatures dépassant ainsi largement la barre des 100’000 paraphes nécessaires.

2 FF 1890 V 47. Message FF 1890 I 309 236 pages intéressant. Le Confédéré no 42 du samedi 26 mai 1900 – photo 24.8.2010/dsc02242/43.

3 ALTERMATT Urs, Conseil fédéral, p. 290-295.

4Le Confédéré no 24 du samedi 24 mars 1900 – photo 24.8.2010/dsc02233/34/35.

5 Le Confédéré no 10 du samedi 3 février 1900 – photo 24.8.2010/dsc02218/19.

6 Le 9 janvier 1900.

7 Le Confédéré no 4 du samedi 13 janvier 1900 – photo 24.8.2010/dsc02216/17.

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