Valais Libre

1 août 2017

Le temps des vedettes

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Caricature parue dans le Journal de Québec du 31 juillet 2017


L’actualité politique est aussi en vacances. Le temps est au farniente, le temps est aux magazines people qu’on dévore sur une plage de sable blanc. Et ici, en Amérique du Nord, deux nouvelles stars occupent quelques unes. Justin Trudeau et Donald Trump se permettent de voler la vedette à de vrais professionnels.

Il y a bien quelques conflits, comme à Jérusalem ou en Syrie, qui ne veulent pas prendre de pause. Il y a les réfugiés qui viennent, une fois de plus, gâcher les vacances sur les plages de la Méditerranée. Mais tout cela est du déjà vu. On ne peut pas se révolter chaque été pour les mêmes histoires.

Heureusement, il y a un nouveau dictateur socialiste qui tente de rivaliser avec ses illustres prédécesseurs. Malheureusement, n’est pas Che Guevara qui veut, ni même Castro ou encore Hugo Chavez.

Non, Nicolas Maduro arrive trop tard. Le pétrole n’arrive plus à masquer la déroute du système chaviste. Il ne reste que la force, la corruption et la fraude pour se donner un semblant d’avenir à défaut d’en préparer un à son peuple.

C’est pourtant si simple.

Le leader vénézuélien ne semble rien comprendre à son époque. C’est pourtant si simple de se faire élire, voire même de se faire aimer par son peuple. Je laisserai de côté l’analyse de l’effet Macron. Le « jupitérisme » n’est pas à la mode de mon côté de l’Atlantique.

En Amérique du Nord, si Donald Trump est l’incarnation de la politique spectacle, du « Je vous ai compris ! » lancé au peuple en délire, un peu plus au nord, un autre homme politique providentiel commence à lui faire de l’ombre.

Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, vient de faire la une du magazine Rolling Stones qui lui consacre une entrevue mielleuse à souhait. Notre super « Bisounours » devient la coqueluche de tout un continent.

Il faut dire qu’il tient ses promesses, enfin au moins celle de légaliser la marihuana. Elle sera en vente libre au Canada dès le 1er juillet 2018 : avis aux amateurs. Pour le reste, quand on gratte un peu le verni, rien de bien nouveau.

Cynisme quand tu nous tiens.

Donald Trump, lui, fait au moins les choses différemment. Il rue dans les brancards de la bienséance, il chamboule les données politiques, son leadership est pour le moins atypique.

Mais au fond, quelles sont les conséquences ?

Jamais les frontières terrestres canadiennes n’ont autant été prises d’assaut par des immigrants inquiets. Jamais on n’a ressenti autant de fébrilité dans les milieux économiques avec la renégociation de l’ALÉNA.

Pourtant, il n’a toujours pas abrogé l’Obamacare. Au final, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Sauf peut-être pour renforcer les camps opposés. Ses partisans crient au génie, ses détracteurs au fou. L’avenir nous dira qui a raison.

L’homme est cynique, mais l’est-il plus que les nouvelles stars de la politique qui ne jouent que sur leur image ? Surtout, l’est-il plus que les électeurs qui ne se fient plus qu’aux ressentis pour choisir le nom à mettre dans l’urne ?

Mathieu Bock-Côté, un chroniqueur du Journal de Québec, que j’ai lu cette semaine faisait un constat qui me semble bien illustrer la dérive actuelle. Il y a trente ans, les leaders politiques s’entouraient d’intellectuels pour s’assurer le pouvoir, aujourd’hui, ils confient leur sort aux mains de communicateurs…

L’image a pris le dessus sur le cerveau. À quand un retour de balancier ?

PS: Bonne fête nationale à mes compatriotes suisses !

25 avril 2017

Trump menace le Canada.

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laterre.ca

Je reprends le titre du Devoir de mercredi dernier pour vous parler d’économie cette semaine. Si le résultat du premier tour des élections françaises entraîne un débat entre les tenants du protectionnisme et les défenseurs du libre-échange, en Amérique du Nord, cette question fait partie de la réalité. Après l’élection de Donald Trump, l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (ALÉNA) est remis sur la table.

« Au Canada, des choses très injustes se sont passées contre nos producteurs laitiers. Ce qui vous est arrivé est très, très injuste. C’est le genre d’accord typiquement partial, contre les États-Unis. Et ça ne durera pas. Nous allons appeler le Canada et lui demander : “Qu’est-ce qui se passe ?“ » Ces mots très durs ont été prononcés par le président Trump en visite au Wisconsin pour parler de son récent décret « Acheter américain; embaucher américain ».

« C’est une chose terrible qui est arrivée aux fermiers du Wisconsin », a-t-il insisté. Que fait donc le Canada de si affreux aux gentils producteurs des États-Unis ? C’est la politique de gestion de l’offre dans les produits laitiers que le président américain veut remettre en question. Il attaque aussi son voisin du nord sur d’autres sujets comme le bois d’oeuvre ou l’énergie, mais je vais détailler un peu la question du lait au Canada et au Québec en particulier.

Des quotas depuis longtemps

« La mise en marché du lait au Québec est régie par un système de contingentement de production – ou quota de production – qui est établi sur le plan de l’ensemble canadien.

En vertu de ce système, un producteur de lait doit posséder un permis pour chaque litre de lait qu’il vend aux usines. C’est un moyen d’éviter les surplus et les pénuries. Grâce à ces quotas, la quantité totale de lait produit au pays idéalement correspond à ce qui est consommé par les Canadiens. »

Cette explication tirée du site Internet du Conseil des industriels laitiers du Québec pose les bases du système qui régit la production laitière au Canada depuis près de 50 ans. Adapté chaque année, ce régime s’appuie sur trois piliers essentiels: établissement d’un prix cible de production, gestion de la production (Calcul des besoins canadiens et quota de production) et contrôle des importations de produits laitiers.

Un système défendu avec vigueur

Cette attaque américaine a entraîné un flot de réactions très émotives au Québec. « Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Abitibi et dans le Bas-St-Laurent, ce serait un coup dur. Ici dans la région, je ne vois pas grand monde qui pourrait s’en tirer avec la fin de la gestion de l’offre », affirme Michel Frigon, propriétaire de la Ferme des fleurs d’Albanel et membre de l’exécutif des Producteurs laitiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les associations professionnelles demandent au gouvernement de Justin Trudeau de défendre farouchement le système canadien.« Au niveau de l’agriculture, il n’y a pas un pays dans le monde qui n’appuie pas ses agriculteurs de différentes façons et l’approche qu’on a ici au Canada, elle est bonne pour le Canada, pour nos agriculteurs, et je vais continuer de défendre la gestion de l’offre », a d’abord réagi M. Trudeau.

Un avenir incertain

Mais de nombreux acteurs trouvent la réaction du premier ministre trop molle. Ils soupçonnent Justin Trudeau de vouloir abandonner une partie de la protection des producteurs de lait pour débloquer d’autres secteurs commerciaux. Certains remettent carrément en cause le système de la gestion de l’offre qui nuit, selon eux, à l’innovation et surtout qui oblige les consommateurs à payer ces produits à un coût injuste.

À mon arrivée au Québec, j’avais été surpris de voir que la viande était nettement moins chère qu’en Suisse, souvent plus de la moitié du prix suisse, mais que les produits laitiers avaient des prix comparables. J’ai mis du temps à comprendre pourquoi. Le protectionnisme a un prix, mais la pérennité d’une agriculture locale aussi. Les changements politiques, au-delà du spectacle, entraînent aussi des remises en question qui ont une influence directe sur la vie de tous les jours.

10 mars 2016

Parce que nous sommes en 2016 !

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Justin Trudeau lors de son discours inaugural (photo TVAnouvelles.ca)

Justin Trudeau lors de son discours inaugural (photo TVAnouvelles.ca)

Le 8 mars marque la journée de la femme. Au Québec, comme en Valais, l’heure est à un bilan. Les femmes sont toujours à la recherche de parités. Malgré de belles avancées, le chemin n’est pas encore à son terme. Polémique sur le « féminisme » au Québec, manque de présence de femmes aux postes clés en Valais et débat sur le voile des deux côtés de l’Atlantique, cette journée a été agitée.

« Parce que nous sommes en 2015 ! » La réponse de Justin Trudeau lors de son premier discours officiel de premier ministre du Canada expliquait pourquoi son gouvernement respectait la parité homme-femme. Cette formule, souvent reprise et parodiée depuis, illustre parfaitement l’avancée du Canada et du Québec.

Guerre sémantique

« Je suis beaucoup plus égalitaire que féministe », a confié Lise Thériault lors d’un entretien à la Presse Canadienne. La ministre de la Condition féminine du Québec ne s’attendait pas à déclencher une telle tempête. Elle croit beaucoup plus à l’« individu » qui s’engage pour « prendre sa place ». « La réalité des années 70 et la réalité d’aujourd’hui ne sont plus pareilles. »

Malheureusement pour la ministre, ses déclarations ont provoqué un tollé des organisations féministes qui reproche à Lise Thériault son approche individualiste. De belles joutes sémantiques ont occupé les jours précédents la journée de la femme. Finalement, tout le Québec avait sa définition du féminisme et tout le monde en était un peu à sa façon.

Femme et politique

Si « le Valais est le cancre de la représentativité féminine au Grand Conseil » comme le titrait le Nouvelliste, la préoccupation n’est pas que valaisanne. Mais avec 15,4 %, le canton est largement en dessous de la moyenne helvétique qui se situe à 22,6% et bien en deçà du Canada, 26 % ou du Québec avec 27,2 %.

J’espère que la candidature comme deuxième vice-présidente du Grand Conseil de ma députée (j’étais son suppléant) Anne-Marie Sauthier recevra un bon accueil et comble ainsi un peu l’abysse qui sépare homme et femme en politique.

Voile

La journée de la femme est l’occasion de soulever bien d’autres problématiques, mais je ne peux conclure sans dire un mot sur la question du voile. En Valais une initiative UDC vise à l’interdire le port du voile à l’école, pendant ce temps, au Canada, la Cour suprême a autorisé le port du niqab (voile intégral) lors de la prestation du serment de citoyenneté.

Les féministes semblent plus réticentes à considérer la question du voile comme une libération de la femme que comme un respect des croyances. Mais de là à stigmatiser des jeunes filles, il y a un juste milieu qui reste à trouver.

Parce que nous sommes en 2016, ces questions restent toujours d’actualité ce qui prouve que l’égalité homme-femme, même si elle a fait des progrès n’est pas encore réalisée…

13 février 2015

13 février 1949 – Grève de l’amiante

Crise majeure

02.13 amiante_v005017n_hr_frÇa reste un bien mauvais souvenir…. Comme une guerre épouvantable, avec les policiers partout, le couvre-feu, des tumultes en ville… C’était vraiment pas drôle et je souhaite jamais à personne de connaître ça! Lucien Richard se souvient avec émotion de ce 13 février 1949. Ce soir-là, plus de 2000 ouvriers se mettent en grève. Les ouvriers de la Canadian Johns-Manville d’Asbestos sont bientôt suivis par les 3000 ouvriers de la mine de Thetford Mines. La grève de l’amiante débute.

Le premier ministre Maurice Duplessis ne tarde pas à déclarer la grève illégale. La compagnie minière ayant embauché des briseurs de grève, les mineurs tentent de leur bloquer le passage, ce qui provoque une escalade de la violence. La police provinciale est envoyée sur les lieux. Le conflit s’éternise alors de février à juillet et de nombreux actes de violence éclatent. Un mouvement de générosité et de solidarité se développe alors à travers la province. Des églises organisent des quêtes pour envoyer des vivres aux grévistes d’Asbestos et de Thetford Mines.

Le conflit se dénoue en partie grâce à la médiation de l’évêque de Québec, Mgr Maurice Roy, qui permet la conclusion d’une entente. L’employeur reconnaît le syndicat et réengage les grévistes selon l’ancienneté, mais les briseurs de grève conservent leur emploi. Cette crise aura permis aux idées progressistes de se faire entendre. Elle permettra aussi à de nouvelles figures politiques, comme celle de Pierre-Eliott Trudeau, de faire leur apparition sur la scène publique.

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