Valais Libre

30 mars 2012

Saga québécoise – épisode 13 – St-Patrick

Filed under: k. saga québécoise — vslibre @ 12 h 57 min

La Saint-Patrick

 

Les cornemuses ont envahi les rues du Vieux-Québec.

Dans le calendrier catholique, le 17 mars est le jour de la Saint-Patrick. Ce jour-là, les irlandais du monde entier sont en fête. De nombreux irlandais « d’un jour » se joignent aussi à eux, car il n’y a pas de raison de ne pas profiter d’une bonne bière ou d’un bon whisky irlandais. Un chapeau ou une perruque verte sur la tête, un trèfle entre les dents et le tour est joué : facile de trouver des racines irlandaises.

Mais les racines irlandaises au Québec sont bien plus profondes que ces quelques ornements bien souvent ridicules. De nombreux irlandais en exil, les britanniques leur refusaient une éducation catholique, ont servi dans les armées françaises en Nouvelle-France. Des liens très forts se sont tissés tout au long du 16ème siècle et 17ème siècle. Pour ne pas se faire repérer par l’adversaire anglais, beaucoup d’irlandais ont alors francisé leur nom. Aujourd’hui les généalogistes sont souvent surpris de ne retrouver aucune trace européenne de certains patronymes québécois, ils sont nés avec les irlandais du Québec.

Une deuxième grande vague d’immigration aura lieu au 19ème siècle lors des grandes famines d’Irlande. Près de 600 000 sont venus dans la Belle Province. Je vous en parlerai à une autre occasion, lors d’une visite à Grosse-Île, dès que les glaces du Saint-Laurent auront disparu et que la navigation fluviale sera devenu sûre. Je veux bien vous servir de guide, mais sans prendre de risque.

Donc, le 17 mars est le jour de la Saint-Patrick. Mais qui était ce Saint-Patrick? Selon la légende, il aurait vécu entre 389 et 461. A l’âge de 16 ans, il vit au Pays de Galles, il est kidnappé par des pirates qui l’emmènent et le vendent en Irlande comme esclave. Il passe quelques années à garder des moutons. L’influence des ovins lui est bénéfique, puisqu’il a des visions et se rapproche de Dieu.

En 411, il réussit à s’enfuir en Gaule. Il s’établira près d’Auxerre où il deviendra prêtre. Il retournera en Irlande, envoyé par le pape pour convertir l’île. Il réussira si bien que la région, devenue catholique, empoisonnera pour longtemps la vie de la protestante Angleterre. Comme quoi, il ne faut jamais laissé kidnapper un de ses enfants…

Bref, le 17 mars, nous fêtons la Saint-Patrick. Mais c’est le 25 mars que je me retrouve dans les rues du Vieux-Québec pour assister au défilé irlandais. Oui, parce que le 17 mars, il y avait le « crash boule », donc le défilé a été retardé d’une semaine. On allait quand même pas fêter deux événements le même jour. On sait faire la fête ici au Québec.

La foule est compacte en ce début de samedi après-midi, les fortes chaleurs de la semaine se sont estompées et la température est redevenue normale : proche du zéro degré. Les uniformes, les drapeaux ouvrent le défilé, la musique viendra plus tard. Pour l’instant, en face de moi, un artiste de rue tape sur une batterie de recyclage. L’Afrique fête aussi l’Irlande.

L’histoire des liens entre le Québec et la verte Érin est passée en revue, les diverses sociétés plus ou moins irlandaises, quelques familles O’ quelque chose et des invités new-yorkais passent joyeusement devant moi. Bono, le chanteur, devrait être là, mais je ne l’ai pas vu ou pas reconnu. J’ai failli rater une autre vedette : le maire Régis Labeaume, de lui aussi je vous en parlerai plus en détail une autre fois. Il est tout petit de taille, mais j’ai tout de même réussi à l’avoir dans mon objectif.

Finalement les cornemuses donnent une touche bien celtique à la fête et nous pouvons aller déguster une bière au St-Patrick un pub grandiose au coin de la rue St-Jean. La blonde du patron vient de Montana en Valais, je sens que, là encore, un petit reportage s’imposera.

 

St-Jean-Chrysostome

jeudi 29 mars

 

Régis Labeaume, le maire de Québec, ne pouvait manquer cette occasion de communier avec sa ville.

1580 – Les essais, Montaigne (1533 – 1592)

Filed under: d. petite anthologie de la littérature française — vslibre @ 12 h 52 min

Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre. Cet avertissement en préambule de ses essais, montre très clairement l’intention de Michel Eyquem, seigneur de Montaigne. Se prendre comme propre sujet est une révolution au 16ème siècle. Son livre est bien accueilli par la cour et le roi Henri III. Durant les années qui suivront sa publication Montaigne y ajoutera sans cesse des compléments tirés de ses lectures et de ses voyages.

Les essais couvrent des domaines vastes allant de la joie, de la tristesse à l’honnêteté en passant par le désir, la religion ou encore la médecine pour se terminer sur l’expérience. Plus on avance dans l’oeuvre, plus Montaigne devient présent. Les citations empruntées aux auteurs latins et grecs cèdent le pas aux réflexions personnelles. D’une lecture pas toujours simple selon les éditions, les essais ne nous livrent pas une philosophie, mais le tableau d’un homme, de ses connaissances, des ses expériences, de ses croyances.

Le pèlerin déchaussé, Jean-Paul Comtesse

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 12 h 50 min

Lucas-le-Pèlerin part visiter le monde. Une déception amoureuse le jette sur les routes. Il a placé son argent à la banque et s’est mis en route. Il marchera à travers son pays, vers ses racines.

Les vignes, le lac, son Valais guideront ses pas jusqu’à la rencontre qui changera sa vie. Aurélie, connue dans la plaine avant la colline ardente et la vigne à Farinet, puis retrouvée sur le chemin de Derborence, transformera le parcours du Pèlerin.

Benjo, le chien du St-Bernard leur montrera la route. Ils marcheront ensemble vers ce col mythique qui leur fera découvrir l’Amour. Ils sont fait l’un pour l’autre, leurs pas ne feront plus qu’un.

Bel hommage au Valais, à sa terre, à ses paysages, à ses femmes et à ses hommes, ce récit nous inonde de poésie.

Monographic, 2011

L’Observateur fait entendre la voix des libéraux

Filed under: n. histoire du PLR Valais — vslibre @ 12 h 46 min

 

L’Observateur fait entendre la voix des libéraux

 

En automne 1846, les réactionnaires et leur ligue du Sonderbund fomentent une guerre civile ; les chefs libéraux et radicaux, proscrits par un tribunal d’exception, sont encore en exil, néanmoins il se trouve des hommes éclairés pour maintenir la flamme libérale.

 

Le 5 septembre 1846, le radical Joseph-Hyacinthe Grillet, ancien directeur du Courrier du Valais, lance une nouvelle feuille, L’Observateuri ; un organe modéré qui paraît sur quatre pages le samedi pour un abonnement annuel de 1 franc 50ii ; le sous-titre « Journal valaisan » est remplacé dès le no 18 par « Bien faire et laisser dire », une devise qui disparaît dès le no 29iii ; l’Observateur est imprimé chez Advocat à Sion puis chez Etienne Ganioz. Le journal porte la signature du Dr. Ganioz, [un modéré, juste-milieuxiv]v puis dès le 30 janvier 1847 celle du notaire J.-M. Reynard. Ses responsables restent prudents sur la destinée de leur nouvelle feuille et se demandent si « un pied jaloux la voudra-t-il fouler avant que le vent du nord l’ait flétrie et détachée de son rameau ? » ; un pressentiment qui se matérialise par une pétitionvi demandant l’interdiction de tout journal – dont l’Observateur suspecté de préparer « la restauration du radicalisme, cet odieux régimevii » -, hostile au catholicisme et aux décisions de l’autorité souveraineviii.

 

Pour les fondateurs de l’Observateur, le journalisme représente l’une des garanties des libertés du peuple ; ils craignent néanmoins qu’une feuille unique – allusion à la conservatrice Gazette du Simplon – « représentant » l’expression exclusive d’un parti avec « ses inséparables compagnons, la partialité et l’emportement » cherche à obtenir de l’opinion publique « la condamnation d’un absent dont la voix ne peut pas se faire entendre.ix » Le monopole de l’information constitue une entrave à la liberté et seul la présence d’un autre organe public permet d’assurer un équilibre ; c’est dans cet esprit que l’Observateur – avec la seule prétention de satisfaire au principe de la liberté de la presse – souhaite « rallier autour du drapeau de la saine démocratie, si souvent calomnié sous la dénomination de juste-milieu », les citoyens qui aspirent à connaître la vérité.

 

Lorsqu’à fin octobre 1847, le gouvernement réactionnaire mobilise la troupe pour défendre le Sonderbund contre l’armée fédérale, l’Observateur cesse sa parutionx jusqu’au 4 décembre 1847 lors de la victoire des radicaux. Le 16 février 1848, confirmant l’avis prémonitoire qu’il émettait lors de sa naissance : « le souffle de l’automne la jaunira-t-il dès son printemps », l’Observateur passe la plume à l’éphémère Journal du Valais ; un changement dû au changement d’imprimerie, en effet l’impression est désormais assurée par Calpini-Albertazzixi.

 

i Louis COURTHION, … la presse valaisanne, p. 50.

 

ii 1 franc 50 « rappes » puis 5 francs dès janvier 1847 – changement de monnaie ?

 

iii Entre le 2 janvier et le 20 mars 1847.

 

iv Louis COUCHEPIN, « Un plaidoyer en 1845 devant le Tribunal central du Valais », in Petites annales valaisannes….

 

v L’Observateur no 1 du samedi 5 septembre 1846 et 21 du samedi 30 janvier 1847 – photo …..

 

vi Déposée par huit députés à la session du Grand Conseil de novembre 1846.

 

vii L’Observateur no 16 du samedi 19 décembre 1846 – photo 15.12.2009/dsc01095/96/97.

 

viii L’Observateur no 30 du samedi 27 mars 1847 – photo 15.12.2009/dsc01100.

 

ix L’Observateur no 1 du samedi 5 septembre 1846…

 

x Le 30 octobre 1847.

 

xi Cf. Louis Courthion, … la presse valaisanne.


29 mars 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome – 8

Filed under: o. échanges helvético-québécois — vslibre @ 6 h 11 min

Frein à l’endettement

Cher Lynx,

Le frein à l’endettement, voilà un mécanisme qui ferait du bien ici au Québec. Nous sommes en pleine saison budgétaire. Que ce soit dans le système de gouvernement de la Province ou dans celui du Canada, le moment de la présentation du budget est un moment clé. En Suisse, comme dans les cantons, le budget est préparé par le Gouvernement, puis discuté, amendé et voté par le Parlement. Rien de tout ça ici, le Gouvernement a toute les clé en main si son parti a la majorité au Parlement.

Les détails du budget sont gardés secrets jusqu’à la présentation officielle, seules quelques intentions percent dans les médias. Puis, après le dévoilement, l’opposition se déchaîne. Les temps sont aux économies, mais personne ne veut faire des sacrifices. Il manque de l’argent pour les personnes âgées, pour les malades, pour relancer l’économie, pour les artistes, … La liste peut se poursuivre presque à l’infini. Tout le monde dit qu’il faut économiser, mais personne n’est d’accord sur le comment… une rengaine bien connue.

Mais les grandes controverses viennent de la formation. Le Gouvernement québécois veut augmenter les taxes universitaires, gelées depuis une quarantaine d’années : les étudiants se déchaînent. Nous en sommes au 45ème jour de grève. Les manifestations sont quotidiennes. Il y a quelques jours il y avait près de 200 000 personnes (selon les organisateurs) dans les rues de Montréal. Le Gouvernement reste ferme. Pour combien de temps?

1532 – Gargantua, Rabelais (?1494 – 1553)

Filed under: d. petite anthologie de la littérature française — vslibre @ 5 h 29 min

Soubdain qu’il fut né, ne cria comme les aultres enfans : « Mies !mies ! », mais à haulte voix s’escrioit : « A boire ! à boire ! à boire !  ainsi naquit Gargantua, fils de Grandgousier et de Gargamelle après 11 mois de gestation dans le ventre de sa mère. Ce géant qui deviendra le père de Pantagruel aura une vie d’excès, de démesure et de passions.

Nous le suivons dans son éducation spartiate à la terrible guerre avec le roi voisin Picrochole pour arriver enfin à la création de l’abbaye de Theleme et sa célèbre devis « Fay ce que vouldras »…

Rabelais, moine atypique, nous livre une œuvre comique par ses excès, morale par son fond et divertissante par son histoire. Le vieux français est parfois difficile à lire, mais il est le sel qui rehausse ce roman.

Les enfants de Staline, Owen Matthews

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 5 h 27 min

L’auteur, partagé entre l’Angleterre et la Russie, part sur les traces de ses ancêtres maternels. Nous sommes dans les premières années post-communistes. Les archives s’ouvrent, la Russie vit des moments fous, c’est l’époque de tous les possibles, de toutes les retrouvailles.

Boris Bibikov, le grand-père, est une victime des purges de Staline. Il a disparu en 1937 laissant une femme et deux filles. Les enfants seront enlevés à leur père et élevées en orphelinat. Ludmila rencontrera, après moult périples et séparations, Mervyn, un Anglais installé à Moscou. Le refus de celui-ci de collaborer avec le KGB entraînera son refoulement à la veille du mariage avec Ludmila.

Il faudra 6 ans aux amants pour vaincre les administrations et le rideau de fer. A travers cette saga familiale, un monde aujourd’hui disparu se révèle dans toute sa cruauté.

Belfond, 2009

Un journal modéré, le Courrier du Valais

Filed under: n. histoire du PLR Valais — vslibre @ 5 h 26 min

Un journal modéré, le Courrier du Valais

Depuis quelque temps, une tension se manifeste au sein du mouvement libéral. Des libéraux modérés désapprouvent les actions anarchiques qui se déroulent ici ou là et reprochent à l’Echo des Alpes de s’accommoder des actes commis par quelques « Jeunes Suisses »i. Des hommes modérés – la plupart membres du Grand Conseil – à la recherche d’un compromis entre « les conceptions extrêmes et divergentes des conservateurs et des radicaux », décident de créer « un organe à l’opinion libérale modérée. »

Le 29 novembre 1842, un prospectus annonce que le nouveau journal va s’engager sur un terrain neutre, où chacun pourra communiquer avec ses concitoyens et ainsi « apprendre en même temps qu’enseigner » ; en précisant que ses « avertissements seront toujours accompagnés des égards dus au caractère du prêtre ou du magistratii », le Courrier du Valais prend ses distances avec l’Echo des Alpes et ses critiques tant à l’égard du clergé que du gouvernementiii.

Le Jour de l’An 1843, le premier numéro du Courrier sort des presses de Louis Advocat à Sion avec comme devise « Union et Progrès » ; la direction, assumée par le radical Joseph Rion, puis [dès la fin mai 1843] par Louis Ribordyiv, est entourée d’une brochette de rédacteurs dont Louis Joris, le Dr Grillet, Charles-Louis de Bons et le Dr Barmanv. Sur quatre pages, le Courrier traite, sur deux colonnes, des affaires du Valais, de celles de la Confédération et aussi des nouvelles de l’étranger ; il paraît les samedi et dimanche pour un abonnement annuel de 7 francs [le kilo de pain coût 34 centimes]. Le Courrier s’engage en faveur de l’instruction afin que le peuple comprenne mieux l’importance des institutions et qu’il puisse juger de ce qui lui convient et de ce qui peut être contraire à ses intérêts.

Le Courrier est accueilli par un tollé général, pour ses détracteurs sa tiédeur politique est une trahisonvi. L’Echo des Alpes engage une violente polémique à l’égard de la nouvelle feuille, aggravant la division au sein de la famille libérale et ceci à la veille des électionsvii. Il n’est pas étonnant qu’en se déclarant être « ni un journal de parti ni celui d’une coterie », Le Courrier ne peut que heurter les radicaux, partisans du « tout réformer dans un jour », et déplaire aux conservateurs, adeptes d’un retour « au sein des ténèbres des siècles qui ne sont plusviii. »

Le 31 décembre 1844, le Courrier, constatant que les restrictions imposées par la loi sur la presseix, instaurée par les réactionnaires, rendent impossible l’existence de tout organe de l’opinion « franchement libérale», cesse sa parution en déclarant « nous mourons sous l’étreinte de fer qui étouffe notre voixx. »

i …les esprits s’échauffent, le désordre augment « phénomène sans précédent dans l’histoire naturelle, des dindons avaient noyé un canard » … les presses de la Gazette sont jetées au Rhône par la Jeune Suisse ; cf. IMHOFF Léon, « Une grève dans l’imprimerie à Sion en 1845 » in Annales valaisannes 1946, vol. 6, no. 4, p. 147.

ii Le Courrier du Valais no 1 du dimanche 1er janvier 1843 – photo 13.1.2010/DSC01230/31

iii Prospectus publié le 29 novembre 1842.

iv Le Courrier du Valais, no 44 du 31 mai 1843.

v IMHOFF Léon, « Une grève dans l’imprimerie à Sion en 1845 », in Annales valaisannes 1946, vol. 6. no 4, p. 145/146.

vi Louis COUCHEPIN « Un plaidoyer en 1845 devant le Tribunal central du Valais » in Ann. Val, 1930, No 1, p. 57-64 cité par Imhoff « une grève…. » p. 147.

vii Cité par SEILER – Rilliet de Constant.

viii Le Courrier du Valais no 6 du mercredi 18 janvier 1843 – photo 13.1.2010/DSC01233.

ix Projet de loi du 25 mai 1844 cf. Le Courrier du Valais no 45 du samedi 15 juin 1844 – photo 19.1.2010/dsc01272/73.

x Le Courrier du Valais no 98 du 31 décembre 1844 – photo 19.1.2010/dsc01298/99.

28 mars 2012

Brèves du lynx du Mayen bleu

Filed under: o. échanges helvético-québécois — vslibre @ 11 h 17 min

L’Europe et l’Helvétie, je t’aime moi non plus

La matze de la révolte pourrait bientôt se relever...

Ami du Québec – « Aux yeux des grandes puissances de l’Europe, la Suisse était un pays qui donnait de dangereux exemples et qu’il fallait tenir sous contrôle sévère » – il s’agit du commentaire d’un observateur avisé dans une publication éditée en 1891 à l’occasion du sixième centenaire de la première alliance perpétuelle de 1291 ; son analyse illustre la posture des chancelleries européennes de l’après 1815, à l’égard des progrès de la démocratie en Suisse lorsque les cantons procédaient à leur Régénération politique pendant que certains régimes réactionnaires tentaient une Restauration de la monarchie.

Des siècles plus tard, la Suisse résiste à la crise – faible chômage, peu d’endettement, stabilité politique – grâce à une recette simple : en fidèles adeptes des principes de La Fontaine, les Helvètes pratiquent la règle d’or du « frein à l’endettement » et ça, les Européens, adeptes du vivre à crédit et embrouillés dans leurs G-foiré répétitifs, peinent à l’admettre. Nos progrès ont l’heur de les énerver ; ainsi, un de ces jours derniers, le président de la Commission européennes, José Manuel Barroso, faisait savoir sa mauvaise humeur à l’égard de cette Suisse qui s’oppose à la reprise automatique du droit communautaire européen, allant jusqu’à brandir la menace de boycott des produits suisses sur le marché européen ; M. Barroso aimerait bien nous imposer son diktat, sauf à ignorer qu’en Helvétie le peuple demeure souverain.

Faudra peut-être procéder à une levée de la matze.

1489 – Ballade des pendus, François Villon (1431 – + 1463)

Filed under: d. petite anthologie de la littérature française — vslibre @ 5 h 09 min

Frères humains qui après nous vivez – N’ayez les cœurs contre nous endurcis

Ces vers immortels de François Villon sont l’œuvre d’un prisonnier qui attend la mort par pendaison dans la prison du Châtelet à Paris. Nous sommes au début 1463. Le Parlement de Paris entend son appel et le bannit pour 10 ans.

Le jeune homme de 31 ans disparaît alors de la scène et on n’entendra plus parler de lui. Même sa mort est indéterminée. Le mauvais garçon auteur de la ballade inoubliable : Dites-moi où, n’en quel pays – Est Flora la belle romaine (…) – Mais où sont les neiges d’antan ?  Ces vers chantés par bien d’autres poètes font la gloire des dames du temps jadis.

Mais priez que Dieu que tous nous veuille absoudre !  Sa rengaine de sa Ballade des pendus a été entendue.

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