Valais Libre

31 octobre 2018

366 histoires suisses

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31 octobre – On décapite en Ajoie (1740)

Statue de Pierre Péquignat

L’échafaud est dressé sur la place de l’Hôtel de Ville de Porrentruy. Le bourreau frappera trois fois ce 31 octobre 1740. Les corps de Pierre Péquignat, Jean-Pierre Riat et Fridolin Lion sont séparés de leur tête. Les commis d’Ajoie sont mis au pas.

La révolte gronde un peu partout aux confins des terres bernoises. Leur pouvoir absolu est remis en cause. Le Jura ne fait pas exception. Jean-Rodolphe de Reinach, le prince local fait casser les franchises d’empire. Les commis d’Ajoie qui avait été nommé par le peuple pour porter leurs revendications au Prince-Évêques sont répudiés.

Pierre Péquignat, un brave et sage paysan est le chef de ces commis. Il tente une dernière démarche auprès de l’Évêque, mais celui-ci demande de l’aide à la France. Les Confédérés, que les commis appellent à leur secours, ne bougent pas.

Les chefs sont arrêtés, décapités, puis écartelés et leurs membres dispersés dans les villages pour montrer à la population ce qu’il en coûte de se lever face au pouvoir régnant.

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30 octobre 2018

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30 octobre – Héroisme à Soleure (1533)

L’avoyer Wengi

Si l’on tire contre les réformés, je veux périr le premier! L’avoyer Wengi de Soleure qui prononce cette phrase debout devant la bouche du canon est un bon catholique. Il ne veut pas envenimer la guerre entre les religions.

L’anecdote de ce 30 octobre 1533 est peut-être légendaire. Elle a été transcrite des années plus tard, mais elle met en exergue la tolérance de quelques confédérés responsables des affaires en ces temps de déchirures. Dans la première moitié du 16e siècle, la Réforme divise les régions un peu partout en Europe.

La Suisse est au cœur de ses luttes. En ces temps, pas question de liberté de conscience ou de culte individuel, la religion est affaire d’État. Le peuple change de religion au gré de ses dirigeants.

La Soleure catholique vacille entre les deux religions. Une votation populaire donne, en 1529, une majorité aux catholiques. Ils sont neutres en 1530. La mort de Zwingli et la défaite protestante de la deuxième guerre de Kappel en 1531 redonnent une majorité catholique.

En 1533, les protestants soleurois veulent reprendre le dessus par la force. L’Avoyer Wengi s’interpose et sa sagesse permet de retrouver un peu de calme.

29 octobre 2018

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29 octobre – Sonderbund (1847)

Général Dufour

Que le Dieu Tout-Puissant décide entre vous et nous! Bernhard Meyer, le porte-parole des cantons catholiques se lève et quitte la salle suivi des autres membres du Sonderbund. Toute cette affaire est bien plutôt du ressort du diable que de Dieu! La réplique des protestants est cinglante. La guerre devient inévitable.

C’est ainsi que débute la dernière guerre civile qui a déchiré la Suisse. La diète n’a pas réussi à calmer les belligérants. Les armes vont parler. Les cantons catholiques s’étaient promis soutien mutuel en 1845 en faisant une alliance militaire séparée.

Lorsque Saint-Gall passe du côté protestant, ceux-ci détiennent la majorité à la Diète. Ils ne tolèrent pas cette alliance séparée. La dissolution est votée le 20 juillet 1847. Les catholiques acceptent si on rouvre les couvents d’Argovie et qu’on maintient les jésuites à Lucerne.

Inacceptable pour les protestants. Toutes les négociations sont vaines. Ce 29 octobre 1847, la rupture est définitive, les troupes sont mobilisées, c’est la guerre!

Elle sera courte, fera peu de victimes et le pays en sortira plus fort et plus respectueux des minorités. Dieu n’a pas tranché, mais il a rendu la sagesse aux hommes…

28 octobre 2018

366 histoires suisses

28 octobre – Paix d’Ensisheim (1444)

Palais de la régence Ensisheim

La défaite de Saint-Jacques sur la Birse, le 26 août, a été douloureuse non seulement pour les Confédérés, mais également pour les troupes du dauphin de France. Le futur Louis XI qui conduisait les troupes de son père Charles VII venues au secours des Habsbourg est impressionné par ces valeureux soldats.

Plutôt que de profiter de sa victoire pour rejeter les confédérés dans les bras de l’Autriche, le dauphin décide d’en faire ses alliés. Malgré le refus de Bâle de passer sous le giron français, le futur roi fait le dos rond et n’envahit pas la ville. Il se retire en Alsace.

Il va proposer un traité que les Suisses ne peuvent refuser. Il sera signé ce 28 octobre 1444 à Ensisheim près de Mulhouse. Le futur roi promet de ne jamais envahir le territoire helvétique, les confédérés et notamment les marchands ont un droit de libre circulation et de pleine sécurité sur le territoire français: jamais défaite n’a été si profitable.

Très habile politicien, Louis XI ne donne pas trop de force à l’Empereur qu’il était venu aider. Il fait des Suisses ses alliés et se constitue un réservoir de mercenaires qui lui seront très utiles à l’avenir.

27 octobre 2018

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27 octobre – Un bûcher à Genève (1553)

Supplice de Michel Servet

Toy, Michel Servet, condamnons à debvoir estre lié et mené au lieu de Champel, et là debvoir estre à un piloris attaché et bruslé tout vifz avec ton livre, tant escript de ta main que imprimé, jusques à ce que ton corps soit réduit en cendres ; et ainsi finiras tes jours pour donner exemple aux autres qui tel cas vouldroient commettre…

Tel est l’ordre du Grand conseil de Genève. Immédiatement, le condamné est emmené sur la colline de Champel où il est brûlé sur un bûcher dressé pour l’occasion. L’agonie sera lente, le bois vert est prévu pour cela. Condamné une première fois par l’inquisition catholique lyonnaise, Michel Servet n’aura pas trouvé refuge dans la Genève protestante.

Jean Calvin ne supporta pas que le médecin espagnol s’oppose à la Sainte Trinité et mette en doute l’éternité du Christ. Querelles théologiques d’un autre temps et d’une complexité extrême, mais querelles fondamentales en cette époque troublée!

La mort de Michel Servet mettra fin aussi à une carrière médicale exceptionnelle. Le médecin a découvert le principe de la circulation sanguine, puis celle du passage de l’oxygène dans le sang par l’intermédiaire des poumons. Il n’ira pas plus loin, le feu genevois brisera l’élan du médecin de 42 ans.

26 octobre 2018

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26 octobre – Première émission de radio (1922)

Les invités se retournent, se regardent incrédules, d’où peut bien venir cette Marseillaise qui résonne dans de l’Hôtel Beau-Rivage à Lausanne. L’ambassadeur de France est charmé. Ce sera ensuite le Cantique Suisse qui distraira les hôtes de ce repas du 26 octobre 1922 en l’honneur de l’inauguration officielle de la station de téléphonie sans fil, la TSF, du Champ de l’Air.

La station doit fournir des informations météorologiques à l’aérodrome de la Blécherette. Après Paris et Berlin, elle est la troisième de ce type en Europe. Roland Pièce, le jeune technicien qui travaille à la station a eu l’idée de surprendre les invités de la soirée officielle. Il a convié un orchestre et une cantatrice dans les hauts de la ville, à la station, et a installé des haut-parleurs derrière un rideau de la salle de banquet au bord du lac.

Incroyables, les invités sont ébahis. La première émission de Radio Lausanne vient d’être diffusée. Le professeur Mercanton, le patron du jeune Pièce, avait obtenu la première concession radio de Suisse 11 ans auparavant. Le développement technique et l’apparition de la station de la Blécherette qui devient le premier émetteur en Suisse ont permis cet exploit.

25 octobre 2018

366 histoires suisses

25 octobre – Rousseau quitte son île (1765)

Île Saint-Pierre

Jean-Jacques Rousseau n’a pas de réussite avec la Suisse. Natif de Genève qui ne fait pas encore partie de la Confédération, il quitte la ville à 16 ans pour son périple auprès de Mme de Warens en Savoie, avant de rejoindre Paris.

Même s’il revient parfois se ressourcer dans sa ville natale, il ne trouvera pas au pays la paix qu’il recherche. Après la parution de l’Émile et du Contrat social, condamné par le Parlement de Paris, il doit s’exiler. Genève n’est pas assez sûre, il se réfugiera tout d’abord à Yverdon.

Berne, qui contrôle l’État de Vaud, n’est pas plus tendre avec le philosophe. Il est chassé. Il trouve alors refuge à Môtiers dans la principauté de Neuchâtel. Après trois ans, son passé le rattrape et le pasteur local le fait chasser à son tour. Il se réfugie alors sur l’île Saint-Pierre sur le lac de Bienne.

Son séjour dépassera à peine un mois, les autorités de Berne l’expulsent et le 25 octobre 1765, Jean-Jacques Rousseau doit fuir à nouveau. Il rejoindra l’Angleterre après un court crochet par Paris.

On ne m’a guère laissé passer que deux mois dans cette île, mais j’y aurais passé deux ans, deux siècles et toute l’éternité sans m’y ennuyer un moment… Quel bel agent touristique!

24 octobre 2018

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24 octobre – Paix de Westphalie (1648)

Traité de Westphalie

Il est spécifié que la ville de Bâle ainsi que les autres cantons des Helvètes sont en possession d’une complète liberté et exemption de l’Empire et ne peuvent être soumis en aucune manière à ses tribunaux…

Jean-Rodolphe Wettstein peut être satisfait. Sa mission est réussie au-delà des plus belles espérances. Par cette formule, les puissances européennes reconnaissent, ce 24 octobre 1648, la pleine indépendance à la Confédération. Le traité qui est signé à Münster, au nord-ouest de l’Allemagne actuelle, entre le royaume de France et le Saint-Empire-Romain-Germanique met un terme à la guerre de Trente ans.

La guerre religieuse qui a déchiré l’Europe se conclut par la reconnaissance d’une Confédération pleinement indépendante et neutre au cœur de l’Europe. Le traité de Bâle qui a mis fin aux guerres de Souabe en 1499 est plus que confirmé.

Les cantons doivent ce succès en grande partie grâce à l’habileté de leur représentant, le bourgmestre de Bâle Jean-Rodolphe Wettstein. Délégué des cantons protestants, sa sagesse, son charisme et son sens politique ont convaincu tant les cantons catholiques que les dirigeants européens de lui faire confiance.

La Suisse sera désormais un havre de paix au cœur du continent. Elle est indépendante, elle est neutre, elle est apte à se défendre soi-même par les armes si nécessaire…

23 octobre 2018

366 histoires suisses

23 octobre – Un général au service du Tsar (1814)

Général Antoine-Henri de Jomini

Le général Antoine-Henri de Jomini écrit au Tsar Alexandre Ier pour lui demander de l’envoyer en Suisse en lui donnant les pouvoirs nécessaires pour donner au pays un gouvernement central qui en fera une nation respectable.

Le général Jomini qui prend sa plume ce 23 octobre 1814 est né 35 ans plus tôt dans la cité vaudoise de Payerne dans une famille de la bonne bourgeoisie. Destiné aux armes dès le plus jeune âge, il voit ses ambitions freinées par la Révolution. Mais, il ne va pas tarder à prendre son envol.

Il publie en 1803 Traité de grande tactique. Le général Ney va le repérer et le prendre à son service. Très vite, il va faire partie de la garde rapprochée de Napoléon qui l’admire et lui donne sa confiance. Malheureusement, en 1813, le général Berthier, pour une raison futile, lui refuse un avancement.

Jomini n’en a cure, il change de camp et passe au service du tsar Alexandre Ier qui lui fait des offres depuis longtemps. Nicolas Ier, qui succède à Alexandre, le nomme général en chef des armées de Russie. Il finira ses jours à Paris en 1869, peut avant la guerre franco-allemande. Il ne pourra pas conseiller Napoléon III.

Que se serait-il passé sans cela, le génie militaire de ce Suisse qui a tant écrit sur l’organisation militaire de son pays? Jomini a, par exemple, prôné un système d’armée fédérale avec des cours de répétition dans d’autres cantons pour solidifier la cohésion nationale. Aurait-il changé l’histoire s’il avait vécu le temps de la guerre franco-allemande de 1870?

22 octobre 2018

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22 octobre – Révolution libérale en Thurgovie (1830)

Weinfelden en Thurgovie

Les Trois Glorieuses, la révolution parisienne de 1830, aura ses premières conséquences libérales près du lac de Constance. Weinfelden en Thurgovie sera la première à manifester une volonté populaire pour une constitution plus libérale.

La Suisse n’échappe pas au courant européen qui demande plus de libertés. En Argovie, le Dr Troxler, un des pères du radicalisme suisse, réclame l’intégrité des droits populaires. Mais à Weinfelden, le soulèvement va plus loin.

Le pasteur Bornhauser préside, ce 22 octobre 1830, un grand rassemblement populaire qui demande aux autorités plus de libertés. Il veut l’élection du Grand Conseil par le peuple, la publicité des débats législatifs, la séparation nette des pouvoirs et la réduction des compétences de l’exécutif.

Il arrivera à garder le calme parmi ses troupes et à faire plier le gouvernement. Une Constitution révisée sera adoptée en Thurgovie et la révolution ne fera aucune victime grâce au pasteur charismatique.

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