Valais Libre

31 décembre 2018

366 histoires suisses

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31 décembre – Retour sur une année (1707)

Le Messager boiteux est là pour compiler les événements de l’année écoulée, pour fournir une foule d’informations sur le vaste monde et surtout pour prévoir l’année à venir. Il nous dit le temps qu’il va faire, rythme les travaux de la campagne et diffuse les bons préceptes.

En ce début de 18e siècle, l’almanach apporte, une fois par année, ce que la presse nous livre tous les jours aujourd’hui. … description des quatre saisons, la fertilité de la terre, des guerres, des maladies, des éclipses et autres événements qui doivent arriver pendant cette année 1707, avec une relation curieuse des choses les plus remarquables arrivées en Europe depuis le mois de novembre de l’an 1705, le tout fidèlement composé, recueilli et mis sous la presse par Antoine Souci, nommé le « Messager boiteux ».

Comment ne pas acheter un almanach vendu avec une telle publicité? Son succès perdure, même si aujourd’hui l’almanach a un goût de désuétude. Vendu à la criée sur les marchés d’automne, il est aux yeux des Romands de cœur bien plus qu’un outil pratique ou un élément de folklore, mais un agenda agréable et rassurant qui les lie irrésistiblement à l’histoire agricole de leur région.

Le Fribourgeois Jean-Luc Sansonnens, amputé d’une jambe en 1988 suite à un accident de moto, assure aujourd’hui le rôle du Messager boiteux.

30 décembre 2018

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30 décembre – Libérations (1813)

Genève au XIXe

La déroute de Napoléon a des conséquences immédiates pour la Suisse. Les armées autrichiennes avancent dans le pays. Avant leur arrivée, les notables français s’enfuient pour éviter des combats. Ce 30 décembre 1813, Genève et le Valais sont des cantons libres. Ils ne font plus partie de la France.

Au moment où les troupes autrichiennes débouchent entre le Jura et le lac du côté de Versoix, 22 bourgeois genevois emmenés par Pictet de Rougemont constituent un gouvernement provisoire. Le lendemain, l’ancien syndic Ami Lullin proclame la restauration de la république de l’Ancien Régime. Cependant, les magistrats sont conscients que Genève ne peut plus former un État isolé et se tournent vers les anciens alliés suisses en demandant l’entrée de la république dans la Confédération helvétique.

Les Autrichiens veulent également couper les communications vers l’Italie, c’est pourquoi un détachement est envoyé en Valais. Les habitants de Saint-Maurice réussissent à empêcher la destruction prévue du pont de Saint-Maurice. Les Autrichiens arrivent à Sion le 30 décembre également. Comme Genève, le Valais entre dans le giron de la Confédération.

Il faudra attendre le congrès de Vienne et 1815, pour que les deux deviennent des cantons suisses.

29 décembre 2018

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29 décembre – Un chantre de la liberté de conscience (1563)

Sébastien Castellion

Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme, mais en se faisant brûler pour elle…

L’homme qui s’exprimait ainsi vient de mourir à Bâle, ce 29 décembre 1563, dans la pauvreté. Sébastien Castellion succombe à l’excès de travail, peut-être des privations, à coup sûr des épreuves qui avaient miné sa vie et usé son tempérament avant l’âge. Ainsi explique les biographes la fin du théologien protestant.

Jeune étudiant à Lyon, il découvre la doctrine protestante et fait la connaissance de Jean Calvin. Il logera même chez le maître lors de son exil à Strasbourg. Castellion est pédagogue. Ses dialogues sacrés feront le tour de l’Europe. Mais le problème du droit à l’opinion personnelle en matière de foi dans le nouveau régime de l’Église finira par éloigner les deux hommes.

Castellion quittera Calvin et Genève pour s’installer à Bâle comme professeur de grec à l’université. C’est de là qu’il lancera sa cause du siècle après l’exécution de Servet à Genève. Il déclenchera un grand mouvement de liberté de conscience au sein de la Réforme.

Accusé d’hérésie, il est rejeté par la communauté réformée et il mourra dans l’indigence à 48 ans, entourés de quelques étudiants et fidèles disciples qui prendront soin de sa femme et de ses huit enfants.

28 décembre 2018

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28 décembre – Naissance d’un grand juriste international (1874)

Max Huber

La juridiction internationale tire surtout sa valeur de l’élément d’ordre moral, voire spirituel, qu’elle contient; elle est appelée à réaliser l’idée de la justice, de l’impartialité, de l’indépendance totale à l’égard des facteurs de force, d’opportunité, de prestige, qui déterminent la politique. La magistrature a toujours quelque chose d’un sacerdoce, car la justice qu’elle représente est d’ordre moral…

Juge à la Cour permanente de la Haye dès sa création en 1922, président de 1926 à 1927, Max Huber ne considère pas le règlement judiciaire comme la panacée assurant la paix universelle : il tend plutôt vers la conciliation. On lui doit deux grands principes de droit international : celui de la plénitude, l’État peut exercer l’ensemble de ses prérogatives sur son territoire sans limites, et celui de l’exclusivité de la compétence territoriale, l’État est le seul à pouvoir intervenir sur son territoire : principe de non-ingérence, qui découleraient de la souveraineté de l’État sur son territoire.

Max Huber, né ce 28 décembre 1874 à Zurich, consacrera sa vie à servir son pays et les valeurs qu’il incarne. Professeur de droit international, il assumera aussi la présidence du Comité international de la Croix-Rouge. Il décèdera le 1er janvier 1960 à Zurich.

27 décembre 2018

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27 décembre – Effets secondaires de la guerre de Cent Ans (1375)

Bataille de Fraubrunnen

La guerre de Cent Ans qui déchira l’Europe et la France en particulier entre 1337 et 1453 fut une succession de campagnes entrecoupées de périodes de trêves plus ou moins longues. Durant ces pauses, les troupes devaient être occupées. Elles décimèrent plusieurs régions rurales.

La jeune Confédération ne fut pas épargnée. Enguerrand VII de Coucy, comte de Soissons et de Bedford, profite en automne 1375 d’une trêve pour rassembler des mercenaires afin de réclamer la succession de son grand-père maternel, le duc Léopold Ier d’Autriche, celui-là même qui fut vaincu par les Confédérés 60 ans plus tôt à Morgarten.

Le duc régnant, Léopold III, rejette les prétentions d’Enguerrand, mais ne fait rien pour s’y opposer. Il fait le vide sur le territoire d’Argovie et laisse les paysans se débrouiller. Des milliers de pillards anglais et français déferlent sur la campagne suisse. Ils sèment la terreur et le désarroi.

Petit à petit, une résistance s’organise. Le peuple des campagnes, abandonné par les bourgeois enfermés dans leurs villes, est excédé et commence à s’en prendre à ses agresseurs.

Büttisholz, Anet, Bienne, les victoires des paysans se multiplient aux environs de Noël 1375. Des centaines de Gugler, ainsi nommé par les paysans à cause de leurs casques à boule, sont massacrés. Le combat décisif a lieu ce 27 décembre à Fraubrunnen dans le Mittelland bernois. L’avoyer de Berne Ulrich de Bubenberg surprend les troupes d’Ivo de Galles qui prenaient leurs aises dans le couvent. Les Gugler sont sévèrement battus. Enguerrand de Coucy se retire devant tant de résistance.

Finalement, ces épisodes ont permis aux Confédérés de raffermir leur unité. Léopold III qui avait déserté le secteur voudra retrouver son autorité sur la région. Mal lui en prit puisqu’il perdit la vie en 1386 à la bataille de Sempach.

26 décembre 2018

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26 décembre – Le Département du Simplon (1810)

Emblème du passage de Napoléon dans la vallée du Simplon

Considérant que la route du Simplon, qui réunit l’Empire [français] à notre Royaume d’Italie, est utile à plus de soixante millions d’hommes ; qu’elle a coûté à nos trésors de France et d’Italie plus de dix-huit millions, dépense qui deviendrait inutile si le commerce n’y trouvait commodité et parfaite sûreté ;

Que le Valais n’a tenu aucun des engagements qu’il avait contractés, lorsque nous avons fait commencer les travaux pour ouvrir cette grande communication ;

Voulant d’ailleurs mettre un terme à l’anarchie qui afflige ce pays, et couper court aux prétentions abusives de souveraineté d’une partie de la population sur l’autre,

Nous avons décrété et ordonné, décrétons et ordonnons ce qui suit :

Le Valais est réuni à l’Empire [français]

Ce territoire formera un département sous le nom de département du Simplon…

Ce département fera partie de la 7e division militaire.


Il en sera pris possession sans délai, en notre nom, et un commissaire général sera chargé de l’administrer pendant tout le reste de la présente année.


Tous nos ministres sont chargés de l’exécution du présent décret 

Voilà, en 5 articles, le Valais entrait dans l’Empire de Napoléon. 16 nouveaux Départements sont créés en 1810 dont la Hollande, Hanovre ou encore Le Tibre (Rome), le Valais est bien entouré.

Ce 26 décembre 1810, les principaux magistrats du pays et des grands dignitaires du clergé en présence du général César Berthier sont réunis pour la prestation de serment.

Pour trois ans, le Valais est français. Sion, la préfecture, s’ancre définitivement dans la partie francophone. Cette parenthèse laissera au moins des grands axes routiers qui assureront une certaine prospérité à la vallée.

25 décembre 2018

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25 décembre – Albert Anker débute la peinture (1853)

Albert Anker

L’examen approche, et je puis le passer. Mais tous mes anciens doutes sur ma vocation m’assaillent plus vivement que jamais. Chaque nuit, mes rêves me transportent dans mes ateliers de peintres où je me vois assis avec joie à mon travail; chaque matin je me réveille surpris d’être un théologien. Le domaine de l’art m’apparaît comme un vrai paradis perdu…

L’homme qui écrit cette lettre à son père en ce jour de Noël 1853 est déchiré. Le jeune homme de 22 ans vient de prendre une décision cruciale. Albert Anker devient peintre. La peine qu’il cause à son père, qui finalement acceptera le choix de son fils, le marquera pour le restant de ses jours.

À la fin de sa vie, il expliquera pourquoi sa peinture est restée très léchée, très précise : Il fallait au moins que ma peinture fut assez ressemblante, que mes tableaux lui fassent plaisir. Durant toute sa carrière, il est demeuré très figuratif, sa peinture était son métier. Elle plaisait, cela suffisait.

Pourtant, il existe de lui des esquisses, des aquarelles, des études qui auraient pu faire d’Albert Anker un génie novateur. Il resta toute sa vie insatisfait, n’osant pas être lui-même. Ses dons exceptionnels n’ont pas été exploités. Sa décision de Noël 1853 l’a poursuivi toute sa vie.

24 décembre 2018

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24 décembre – Un sapin moderne (1880)

Premier sapin électrique

Théodore Turrettini reste bouche bée. La vision du sapin de Noël de la famille de Thomas Edison laisse sans voix le jeune ingénieur suisse. Venu se perfectionner en électricité chez le génial inventeur, le jeune genevois est sous le charme. Il découvre, ce 24 décembre 1880, le premier sapin de Noël illuminé de bougies électriques.

Le réveillon à Menlo Park, rebaptisé Edison en 1954, restera fortement gravé dans la mémoire de Théodore Turrettini. Il reviendra en Suisse, à Genève, pour y développer l’électricité. Les forces motrices du Rhône seront sont œuvre majeure.

Il sera le bâtisseur de la centrale électrique de la Coulouvrenière à Genève entre 1883 et 1886. Sa renommée deviendra internationale et il retournera aux États-Unis pour participer à un important projet aux chutes du Niagara. Fort de cette réussite, il construira l’usine genevoise de Chèvres qui fut lors de son ouverture une des plus importantes centrales au fil de l’eau.

Pour en revenir à Noël, c’est à New York en 1882 qu’un arbre de Noël est illuminé à l’électricité pour la première fois en public. Edward Johnson, un collègue de Thomas Edison, décore un arbre avec un fil garni de 80 petites ampoules électriques qu’il a lui-même fabriquées.

23 décembre 2018

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23 décembre – Vendetta à Uri (1257)

Guillaume Tell à Altdorf

Depuis 1231, la vallée d’Uri a obtenu l’immédiateté impériale. Ses habitants dépendent directement de l’empereur et ne sont plus sous la tutelle des Habsbourg. Tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, deux familles s’opposent farouchement et s’entretuent.

L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen meurt le 13 décembre 1250 ouvrant un long interrègne. La vallée est donc libre et devrait s’épanouir pleinement. Malheureusement elle est déchirée par une querelle impitoyable, un duel à mort entre la famille des Gruoba et celle des Izzelin.

Les gens d’Uri craignant un massacre, voire même la disparition de la communauté devant la vigueur des affrontements font appel à un arbitre extérieur : le comte de Habsbourg. Rodolphe qui deviendra empereur en 1273 rend sa sentence sous le tilleul d’Altdorf ce 23 décembre 1257.

Que cessent toutes les querelles et tous les combats à mort qui ont lieu entre les gens qu’on nomme ici Izzelin d’une part, et les gens qu’on nomme ici Gruoba, d’autres part. Et ils doivent jurer de ne plus s’en prendre les uns aux autres. Et celui qui brise la trêve devra payer au comte 60 marcs, et à l’autre tribu 60 marcs aussi, les vingt témoins qui signent la trêve étant caution. Et celui qui brise la trêve est au ban de L’Église et du Pape…

Ça ne suffira pas! Les Izzelins reprennent la vendetta. Le 20 mai 1258, Rodolphe confisque définitivement les biens de la famille et les donne à l’abbesse du Fraumünster de Zürich.

22 décembre 2018

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22 décembre – Convenant de Stans (1481)

Nicolas de Flüe

La Confédération des 8 cantons est composée de 4 cantons campagnards, Uri, Schwytz, Unterwald et Glaris et de 4 cantons villes, Berne, Zurich, Lucerne et Zoug. Cet équilibre est mis à mal suite aux guerres de Bourgogne.

Le partage du butin, par trop favorable aux villes, irrite les campagnards. Ils refusent absolument les traités de combourgeoisie que les villes ont passés avec les cités de Fribourg et de Soleure. Pas question qu’ils intègrent la Confédération.

C’est sur ses tensions que la Diète de Stans se réunit du 22 au 30 novembre 1481. Un compromis semble trouvé, mais il échoue au dernier moment. Les armes risquent de parler. On s’accorde, après une intervention de Nicolas de Flue, pour se retrouver le 18 décembre.

Cette nouvelle Diète aboutira au Convenant de Stans signé ce 22 décembre 1481. En changeant le préambule, les campagnards acceptent que Fribourg et Soleure rejoignent la Confédération. Une meilleure répartition des futurs butins est également prévue. Finalement on reprend des dispositions antérieures.

Selon la légende, l’intervention de l’ermite Nicolas de Flue aurait sauvé l’unité du pays. La réalité est peut-être plus prosaïque, les intérêts communs finissent par prévaloir. Une dizaine d’années plus tard, la guerre de Souabe permet à la Confédération de triompher de l’Empereur. En 1499, la Suisse devient véritablement indépendante.

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