Valais Libre

30 septembre 2013

Paul-Marie Lapointe, Le sacre

Paul-Marie Lapointe (1929 – 2011)

LapointeNé le 22 septembre 1929 à Saint-Félicien, près du Lac Saint-Jean, Paul-Marie Lapointe fait ses études au séminaire de Chicoutimi. Il les poursuivra au collège Saint-Laurent à Montréal avant d’entrer à l’École des Beaux-Arts en 1947. Dès 1950, il sera journaliste dans la presse écrite. En 1969, il entre à Radio-Canada où il occupera divers postes de rédacteur jusqu’à responsable des programmes et vice-président de la radio de langue française.

Il publie son premier recueil de poésie, Le Vierge incendié, en 1948 grâce à l’appui de Claude Gauvreau. Peu lu au départ, ce recueil deviendra pourtant une des sources principales de la nouvelle poésie québécoise à partir des années 1970. En 1959, Paul-Marie Lapointe sera un des membres fondateurs de la revue Liberté.

Sa poésie empreinte de sensualité et de révolte démontre une grande connaissance de la culture occidentale. Publiant régulièrement, il reçoit de nombreux prix et son aura est grande. Il est considéré comme un des grands poètes de son temps. Il décédera à Montréal, le 16 août 2011 à l’âge de 81 ans.

Le sacre (1998)

Lapointe livreLos Tabarnacos … Ainsi sont désignés les Québécois, blancs humains venus du froid par les Mexicains, ceux d’Acapulco, lieu de villégiature prisé par les gens du Nord, tout particulièrement. Tabarnacos, dérivé d’un juron prisé dans la Belle Province, est un mot prétexte à des jeux linguistiques. Le sacre est le fruit poétique de cette quête onirique.

Le jeu des itinéraires nous emmène sur 9 chemins balisés par les 10 lettres de Tabernacos. Chacun visite 10 lieux du Mexique. Itinéraires en acrostiche, et donc inséparable de son touriste, voyageur, explorateur. Au-dessus de ces itinéraires scintillent aussi 9 constellations de 10 étoiles reprenant les tracés parcourus. L’imaginaire nous emporte dans ces sonorités mexicaines.

… taratata

barbare au bar

où la nana n’a

chose éclose ni close…

Le poète joue avec les sons, les mots sont d’abord des instruments de musique. Les mélodies nous font rêver et voyager. Le livre s’achève, mais nous sommes invités à poursuivre le jeu selon nos envies, nos règles, nos voyages…

Calendrier historique du Valais: 30 septembre – -57 – Bataille d’Octodure

Galba chassé d’Octodure

30 septembre bataille  octodureLa multitude de soldats Véragres aidés de leurs voisins Sédunes occupe les montagnes qui dominent Octodure. Ils harcèlent le camp romain de pierres et de pieux. Après six heures de batailles, les troupes du général Galba tentent une sortie qui surprend et met en fuite les assaillants. Plus de 10 000 sont massacrés lors de cette manoeuvre.

Dans sa Guerre des Gaules, Jules César conte glorieusement la Bataille d’Octodure qui s’est déroulée en automne 57 avant Jésus-Christ. Après ses combats contre les Belges, Jules César a pratiquement pacifié la Gaule. Il reste quelques insécurités sur les voies marchandes. Il envoie son général Galba et la douzième légion pour prendre le contrôle du Mont-Joux, le Grand-Saint-Bernard.

Galba gagne assez facilement le contrôle de la plaine et s’apprête à prendre ses quartiers d’hiver à Octodure lorsqu’il est surpris par ses adversaires. Malgré la victoire, il ne restera pas là pour la saison froide. Il se retirera en pays allobroges dans le Jura français. Le récit de César est bien sûr glorieux, mais il montre aussi la résistance farouche des tribus locales. Le retrait des troupes romaines laisse placer un doute sur la grandeur de sa victoire.

29 septembre 2013

Calendrier historique du Valais: 29 septembre – 1891 – Concessions hydrauliques

Force de l’eau

29 septembre Rhône1. La concession doit présenter des avantages évidents pour la commune (…)

2. La demande de concession devra préalablement être soumise à l’assemblée primaire.

3. Elle ne devra pas être accordée à perpétuité, mais pour un temps limité de 99 ans au plus.

Voilà les premiers articles des Directives du Conseil d’État adressées aux communes concernant des concessions de droits d’eau édictées ce 29 septembre 1891.

Si cette première législation sur les concessions hydrauliques arrive en cette fin du XIXe siècle, ce n’est pas par hasard. Le Valais devient une cible importante dans la ruée sur l’électricité. La gestion des ressources aquatiques est bien plus vieille. En 1490, l’évêque Jost von Silenen tranchait un différend sur la répartition de l’eau. Plus tard, ce furent les autorités laïques qui gérèrent l’eau.

Mais le développement industriel allait révolutionner cette gestion. La découverte de l’électricité et, surtout dès 1891 et l’exploit de la maison Oerlikon qui réussit à transporter l’électricité sur plusieurs centaines de kilomètres, son utilisation à distance provoquèrent une très forte demande. Les richesses hydrauliques du Valais étaient convoitées. Une première concession accordée sur le Rhône au Bois-Noir le 2 mai 1891 précédait de quelques mois la directive du Conseil d’État.

Une première loi cantonale arriva le 27 mai 1898. L’ère industrielle s’imposait en Valais et ouvrait la voie à la construction des barrages alpins.

28 septembre 2013

Calendrier historique du Valais: 28 septembre – 1911 – Funiculaire à Montana

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Sierre-Montana-Vermala

28 septembre funiculaireL’ouverture à l’exploitation régulière du chemin de fer funiculaire électrique Sierre-Montana-Vermala est autorisée sous quelques réserves pour ce jeudi 28 septembre 1911. La décision du Conseil fédéral est laconique, mais elle ouvre l’exploitation d’une ligne qui relie Sierre à Vermala en 45 minutes. La société ne fera pas de fête pour célébrer ce premier voyage.

Le projet, débuté trois ans plus tôt et mis en chantier en juin 1909, permet de franchir les 1000 mètres de dénivellation en deux paliers. En effet, les 4,2 km ne pouvaient pas se faire par la traction d’un seul câble. Une station intermédiaire à Saint-Maurice-de-Lacques permettait le transfert entre les deux funiculaires. La capacité de transport est alors de 100 passagers à l’heure.

En 1997, des travaux ont permis une rénovation complète. Les deux tronçons ont été réunis et les voitures changées. Aujourd’hui, ce funiculaire est le plus long d’Europe et il permet de relier la plaine à la montagne en quelque 12 minutes. Il peut transporter jusqu’à 650 personnes par heure. Cette construction visionnaire aura bénéficié grandement à la station de Crans-Montana et à son développement.

27 septembre 2013

Calendrier historique du Valais: 27 septembre – 1962 – Un Valaisan au Conseil fédéral

Roger Bonvin

27 septembre Roger_BonvinEst élu avec 142 voix Monsieur Roger Bonvin… Le verdict de ce 27 septembre 1962 a été long, mais il met le Valais en joie. Le Fribourgeois Paul Torche dernier adversaire en ce cinquième tour reçoit 85voix. Il aura fait durer le suspens. Pour la deuxième fois, après Joseph Escher entre 1950 et 1954, un Valaisan accède au Conseil fédéral.

Sitôt l’annonce connue, la ville de Sion est en fête. La personnalité attachante et profondément humaine de Roger Bonvin rallie tous les suffrages valaisans. Il n’était pas le favori, son groupe parlementaire lui avait préféré un autre candidat, mais le Parlement fédéral en décide autrement. Le natif d’Icogne accède à 55 ans aux plus hautes charges politiques.

Ingénieur civil de l’École polytechnique fédérale de Zurich, Roger Bonvin a participé à la construction du premier barrage de la Dixence. Conseiller communal dès 1948, puis président de Sion de 1955 à 1962, conseiller national de 1955 à 1962, député au Grand conseil valaisan de 1957 à 1962, il sera responsable du Département fédéral des finances et des douanes jusqu’en 1968, puis du Département des transports, des communications et de l’énergie jusqu’à sa retraite le 31 décembre 1973. Il présidera la Confédération en 1967 et en 1973.

Roger Bonvin décèdera le 5 juin 1982 à Sion

26 septembre 2013

Paul Chamberland, Coeur Creuset

Paul Chamberland (1939 – …)

Chamberland_PaulNé à Longueuil le 16 mai 1939, Paul Chamberland suit des études classiques au séminaire de Sainte-Croix et au Collège Saint-Laurent. Il obtiendra une licence en philosophie à l’Université de Montréal avant de partir, en 1965, étudier en France à la Sorbonne à Paris. À son retour au Québec, en 1968, il débute une carrière d’écrivain.

Il est écrivain-animateur à la Fabrike d’ékriture et collabore aux revues Mainmise et Hobo-Québec. À partir de 1985, il est professeur de création au département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Ses premiers recueils de poésie, des Genèses à L’Inavouable, parus dans les années 60, révèlent un besoin sauvage de libération.

Les années 70 feront de Paul Chamberland un essayiste qui quitte l’unidimensionnel pour se jeter dans le mystique. Il poursuivra cette exploration des délires profondément lucide dans la suite de sa carrière littéraire qui sera marquée par l’obtention de nombreux prix et récompenses. Humaniste, il se lève régulièrement contre les chantres du néolibéralisme.

Coeur Creuset (2008)

Chamberland livreÉchapper, tenir tête à quoi ? À la dévoration du sens au fur et à mesure que les mots sont prononcés ou tracés. À tout moment peut se produire l’engloutissement par une bouche vorace ouverte dans la nuit des entrailles. Là, l’énigme taraude. Que tirer de toutes ces strates de mots ? Au milieu de son journal, Paul Chamberland s’interroge, pourquoi écrire ?

Du 27 octobre 1997 au 28 février 2004, nous le suivons, nous suivons le cours de ses pensées. Parfois quotidiens, parfois plus éloignés, mais toujours réguliers, ses écrits nous font pénétrer dans les méandres de son cerveau. Torturé, admiratif, interrogateur ou émotif, il nous livre des bribes d’une pensée qui se révèle par touches, comme un tableau impressionniste.

Je veux surprendre ma pensée au plus près des mouvements sinueux, imprévisibles que lui communique le cours de la vie. Penser dans la proximité de tout ce qui arrive au fur et à mesure. Je veux surprendre les plus fines inflexions de la pensée telles qu’elles surviennent en un cours imprévu. Le projet s’affine, se révèle en juillet 2001, il courra encore jusqu’à la découverte de l’intrépidité dont nous fait don la puissance de la terre.

Calendrier historique du Valais: 26 septembre – 1892 – Ouverture d’un collège

Nouveau bâtiment à Sion

26 septembre SionLitteris et Scientiis. Cet emblème résume le but et l’esprit du collège(…) Instrument d’éducation et d’instruction solides, artisan modeste, mais laborieux de la grandeur d’une Patrie... L’Abbé Zimmermann cite la devise sise au fronton du nouveau bâtiment du Collège cantonal à Sion pour clore son étude historique parue en 1914.

Ce 26 septembre 1892, le collège franchit une étape importante avec l’ouverture des nouveaux locaux, oeuvre de l’architecte Joseph de Kalbermatten, qui abriteront également les Archives de l’État, la Bibliothèque cantonale, l’École de droit, le Musée et l’École normale. Mais l’histoire du collège de Sion est bien plus ancienne.

Dès le XIIIe siècle, Sion possède son école publique et gratuite, mais c’est en 1625 que les jésuites s’installent et fondent le collège malgré de fortes réticences. Ils seront d’ailleurs chassés une première fois deux ans plus tard avant de revenir en 1734 dans la résidence du chanoine Paul-Marie de Torrenté sur la colline de Valère. Après la période troublée de la crise du Sonderbund, les nouvelles lois de 1848 instaureront un lycée cantonal de 3 ans.

25 septembre 2013

Victor-Lévy Beaulieu, La jument de la nuit

Victor-Lévy Beaulieu (1945 – …)

BeaulieuVictor-Lévy Beaulieu né dans le Bas-Saint-Laurent, à Saint-Paul-de-la-Croix, le 2 septembre 1945. Il commence ses études primaires à Trois-Pistoles, mais déménagera ensuite à Montréal-Nord où il les terminera. Il commence à écrire en 1966 dans l’hebdomadaire Perspectives. Il y tiendra une chronique durant 10 ans.

En parallèle, il devient pigiste à La Presse et pour quelques autres journaux divers. En 1968, il va passer une année à Paris. À son retour, il travaille pour CKLM, une radio de Montréal. Il sera également professeur de littérature à l’école de théâtre entre 1972 et 1978. Très jeune, Victor-Lévy Beaulieu a commencé à publier.

Des essais littéraires, Pour saluer Victor Hugo, des romans, Mémoires d’outre-tonneau, des pièces de théâtre, En attendant Trudot, se succèdent dès la fin des années 60. Documentaires, films, téléfilms et série suivront pour Radio-Canada. Il exercera aussi une activité importante dans le monde de l’édition.

La jument de la nuit (1995)

beaulieu_jument_1Abel Beauchemin rêve d’être écrivain. Il passe tout son temps libre à écrire. Mais sa vie misérable à Montréal-Nord entre un travail à la banque et sa famille digne des romans de Zola ne lui laisse que peu d’espoir. Il quitte donc sa mère qui n’a jamais voulu le toucher, son père gardien de nuit dans un asile et ses frères et soeurs.

Il rejoint Judith qui lui a fait découvrir l’amour charnel après une rencontre dans l’arrière-boutique du libraire où Abel dépense en livre une partie de sa paie. La famille de Judith n’est guère plus reluisante. Un père alcoolique qui meurt le soir de l’arrivée d’Abel, une mère amoureuse d’un pharmacien mafieux et surtout deux oncles jumeaux qui créent un univers onirique et pervers.

Abel vit à travers ces modèles, Artaud, Kafka, Bataille, Gracq et Beckett. Abel et Judith s’échangent les citations. Judith recrée des univers romanesques dans le sous-sol de la maison emplie des sculptures équestres inquiétantes des oncles jumeaux. Tout se terminera dans le sang, l’émasculation et l’horreur. Un roman hors du commun.

Calendrier historique du Valais: 25 septembre – 1510 – Arrestation à Fribourg

Georges Supersaxo à la question

Walter Supersaxo

Georges Supersaxo

Déclaré rebelle par la Diète du Valais en août 1510 à cause de son opposition à l’évêque Mathieu Schiner, le chef militaire, Georges Supersaxo s’est réfugié à Fribourg. Mal lui en prit, car la fureur du pape Jules II, ami de Schiner, lui valut une excommunication. Le pape demanda également aux Fribourgeois d’arrêter le rebelle. Ce qui fut fait ce 25 septembre 1510.

Mis au secret et appliqué à la question, Georges Supersaxo ne trouva pas beaucoup de secours à Fribourg. Il arriva toutefois à s’enfuir en décembre et à se réfugier à Neuchâtel grâce à l’appui de sa femme, de sa fille et de quelques complices. L’avoyer de Fribourg, François d’Arsent, avocat commis d’office du Valaisan fut accusé de complicité et finit décapité par le bourreau.

La lutte entre Georges Supersaxo et Mathieu Schiner ne s’arrêta pas là. Elle est le symbole des rivalités européennes entre le Roi de France et le Saint-Empire allié de la papauté. De retour en Valais en 1516, Supersaxo réussit, grâce à la Paix des patriotes de 1517 à interdire le retour de l’évêque en Valais. Mathieu Schiner mourra en 1522 à Rome sans revoir ses terres natales. Son adversaire fut également chassé du pays à cause de ses excès et finit ses jours, en 1529, en exil à Vevey.

24 septembre 2013

Roch Carrier, L’homme dans le placard

Roch Carrier (1937 – …)

Carrier portraitRoch Carrier naît le 13 mai 1937 à Sainte-Justine dans la Beauce québécoise. Il étudiera à l’Université du Nouveau-Brunswick, à l’Université de Montréal et à la Sorbonne à Paris. Il obtiendra un doctorat en littérature. Il sera enseignant dans divers collèges et universités du Québec avant d’entrer à la bibliothèque nationale du Canada qu’il quitte en 2004.

Il débute sa carrière littéraire en 1956 avec la publication d’un recueil de poésie Les jeux incompris. Son recueil de contes Jolis deuils publié en 1964 lui vaudra de nombreux prix et la reconnaissance publique. Sa réputation deviendra internationale en 1968 avec la sortie de son roman sur la conscription à l’époque de la Deuxième Guerre mondiale La guerre, yes, Sire!

Roch Carrier écrit également pour les enfants, avec le regard des enfants. Le chandail de hockey, son oeuvre pour enfant la plus connue. Un extrait de ce texte se trouve sur les billets de 5 $. Il sera repris aussi en film et en dessin animé.

L’homme dans le placard (1991)

Carrier livreNicole et Pierre Martin aiment leur maison de campagne au bout du Chemin de la montée douce. C’est l’automne, comme tous les dimanches soir, ils rentrent sur Montréal pour une nouvelle semaine de travail. Le moment de dépression hebdomadaire passé, le couple est heureux de penser à leur amie Charlotte qui va passer une semaine dans leur havre de paix.

Mais le séjour de Charlotte et de son amie Johanne, une jeune actrice, va vite tourner à l’aigre. Un homme sorti brusquement du placard de la chambre de Johanne la fait fuir. Elle se blesse au bras en brisant la fenêtre. Cette nuit troublée va mettre en émois le village, peu habitué à une telle agitation.

L’enquête sera difficile. L’inconnu n’a laissé aucune trace, la maison n’a pas été forcée. On découvrira dans ses moments de crise le fond de la société. Jalousie, racisme latent, provocation, les personnalités s’agite. Pierre Martin sera soupçonné et sa femme demandera le divorce après avoir découvert qu’elle est trompée. Charlotte qui a couché avec Martin emportera son secret dans la mort avec Johanne qu’elle aime secrètement.

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