Valais Libre

21 septembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Françoise Loranger (1913-1995)

Née à Saint-Hilaire le 18 juin 1913, Françoise Loranger est issue d’une famille de la grande bourgeoisie. Elle compte parmi ses aïeux de nombreux avocats, écrivains ou hommes politiques. Elle tirera de cet héritage une grande ouverture d’esprit, un sens aigu de la liberté et une soif de culture qui guidera ses pas durant toute sa vie.

Très tôt, l’écriture dramatique s’impose à elle. En 1939, sa rencontre avec Robert Choquette lui ouvre les portes de la radio. Elle écrira des romans-feuilletons. Sa carrière se tourne aussi vers les journaux. Nouvelles et textes divers seront publiés régulièrement. Dans les années 1960, elle sera directrice artistique au théâtre du Trident et professeure de création littéraire à l’Université Laval.

Son oeuvre montre la fierté qu’elle a de son milieu, elle le décrit avec finesse. Elle connaît rapidement beaucoup de succès. Elle se tourne dès les années 60 vers le théâtre qui lui donne beaucoup de liberté. Inspiré souvent d’événements d’actualité qui révèlent l’identité collective, son théâtre suscite beaucoup d’intérêt. Françoise Loranger s’éteint à 81 ans, le 5 avril 1995.

Medium saignant (1969)

Le Centre culturel de la ville est le théâtre de rencontres imprévues. Les animateurs préparent la salle pour le Mardi gras alors que le Conseil de ville doit siéger. On évitera l’esclandre, mais les délibérations auront lieu dans un décor en chantier. La réunion est ouverte au public qui est venu nombreux. On sent que les débats pourraient déstabiliser le maire.

En effet, on ne va pas tarder à parler d’un sujet fondamental et controverser: la langue. Quelques personnes ne parlent pas français et les débats doivent être traduits. Une demande intervient pour que la ville impose désormais le français. Les vannes sont alors ouvertes et les masques vont tomber. Les anglophones, les émigrants, les Canadiens français, tous vont en prendre pour leur grade.

C’est un peu la lutte des anciens et des modernes, les avis se choquent, les discussions s’enflamment, les identités se dévoilent. Démon de la peur, hors de moi. La litanie finale dévoile le contenu véritable de cette pièce atypique: la peur. La société québécoise vit dans la peur du lendemain, dans la peur de se prendre en main.

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18 septembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Jean-Aubert Loranger (1896 – 1942)

Jean-Aubert Loranger

Jean-Aubert Loranger voit le jour le 26 octobre 1896 à Montréal. Il est le premier enfant de la famille, son père est médecin.On ne sait que peu de chose sur sa jeunesse, sinon qu’il devient orphelin de père à 4 ans et qu’il suit des études. On le retrouve en 1918 où il assiste à des salons littéraires et participe à la rédaction de la revue Le Nigog, revue littéraire née de ces rencontres.

Il sera ensuite agent d’assurances avant de poursuivre une carrière à la régie des alcools. Il deviendra journaliste. En 1920 paraît son premier recueil de poésie: Les atmosphères. Un second, Poëmes, suivra en 1922. Il écrira ensuite beaucoup de contes qu’il publiera dans les journaux auxquels il collabore, notamment La Patrie et La Presse.

Peu après sa nomination de chef de l’information à Montréal-Matin, il décède le 28 octobre 1942 d’une crise aiguë de rhumatisme. Beaucoup de ses contes, parus dans différents journaux, seront publiés après son décès dans divers recueils posthumes.

Le passeur (1920)

Et le courant amena la chaloupe qui descendait seule, avec ses deux rames pendantes, comme deux bras qui ne travaillent plus, comme deux bras qui ne font plus rien. Ainsi se termine le conte qui ouvre le premier recueil de poésie de Jean-Aubert Loranger. Les atmosphères, le titre du recueil, illustre bien l’intention de l’auteur.

Prologue, le passeur, les reins, le vent, la tête, les vieilles rames, les vieilles rames (deuxième version), ensuite, l’ennui et le retournement, les chapitres rythment cette courte histoire qui nous amène dans les réalités d’une vie monotone, laborieuse, mais qui a tout son sens pour cet homme solitaire.

Le passeur passe sa vie à faire traverser la rivière. Hommes, animaux et marchandises trouvent place sur son bac ou sur sa chaloupe qu’inlassablement, entre deux siestes, il mène d’une rive à l’autre. Mais un jour, la fatigue se fait sentir. Bientôt, il sera remplacé par un passeur plus jeune. Il le regardera agir jusqu’au jour où il remontera sur sa chaloupe pour disparaître dans SA rivière.

14 septembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Jean Lemieux (1954 – …)

Jean Lemieux

Jean Lemieux est un médecin, romancier et nouvelliste québécois né à Saint-Jean-sur-Richelieu (Iberville), le 21 janvier 1954. Après des études secondaire dans sa ville natale, il fera des études de médecine à l’université de Montréal. Son diplôme en poche, il fera un long voyage à travers l’Europe.

Jean Lemieux pratique ensuite la médecine aux Îles-de-la-Madeleine durant trois ans, entre 1980 et 1982. Il voyage ensuite pendant une année complète entre l’Australie, l’Asie et les Antilles. Après un séjour d’une année dans sa région natale du Richelieu, il retourne aux Îles en 1984 et y renoue avec la médecine et l’écriture.

Il s’installe à Québec en 1994. Il y pratique toujours la médecine. L’œuvre de Jean Lemieux, essentiellement peuplée de personnages masculins, explore les thèmes de la quête d’identité et des liens familiaux. Il écrit aussi bien pour la jeunesse, pour l’adolescence que pour les adultes.

Le trésor de Brion (1995)

Guillaume Cormier est un jeune des Îles-de-la-Madeleine. Il pêche les moules en attendant le retour de son amoureuse Aude Brousseau. Ils se sont rencontrés l’été précédent, ils se sont écrits durant toute l’année. Aude revient passer l’été aux îles sur le bateau de son père. En attendant, Guillaume découvre une mystérieuse croix dans la mer.

Ce sera le début d’une fabuleuse chasse au trésor. Une énigme a patiemment recomposé, des personnages pittoresques à rencontrer, des méchants concurrents à déjouer, tous les ingrédients de l’aventure sont là pour nous emmener dans le récit. Mais c’est aussi un prétexte pour découvrir les Îles-de-la-Madeleine, quelques habitants, les coutumes et un pan d’histoire grâce au mystère de l’abbé Donnegan.

Aude et Guillaume sortiront vainqueur de ce défi, ils vaincront les mystères de l’île de Brion surmonteront les obstacles de leur concurrent américain, reviendront en héros, mais surtout, découvriront l’amour et renoueront avec leurs pères respectifs qui vivent le même abandon de leurs femmes.

11 septembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Roger Lemelin (1919 – 1992)

Roger Lemelin

Roger Lemelin né à Québec le 7 avril 1919, voit le jour dans un milieu ouvrier modeste du quartier Saint-Sauveur dans une famille de 10 enfants. Il fréquentera l’école durant 8 ans avant de pratiquer plusieurs petits métiers. Autodidacte, il travaille entre autres pour un marchand de fruits et légumes, puis comme comptable. À l’adolescence, sportif, une grave blessure à la jambe stoppe ses ambitions olympiques et le force à une quasi-immobilité.

Il découvrira alors sa « vocation » d’écrivain. En 1944 paraît son premier roman Au pied de la pente douce. L’accueil est favorable et il connaît rapidement le succès. Lemelin devient journaliste. De 1944 à 1952, il sera correspondant canadien des magazines américains Times et Life. Durant cette période, il publie Les Plouffe qui connaîtront un immense succès. Le roman sera adapté pour la radio et pour la télévision.

Roger Lemelin fera de bonnes affaires dans la charcuterie et dirigera ensuite La Presse de 1972 à 1981 sans cesser de publier des romans ou des nouvelles. Il recevra d’innombrables prix littéraires. Autopsie d’un fumeur sera son dernier ouvrage en 1988.

Les Plouffe (1948)

La famille Plouffe est une famille ouvrière de Québec. Joséphine mène d’une main de fer sa maisonnée. Elle suit les consignes de l’abbé Folbèche et impose sa loi. Théophile, son mari typographe, est un ancien champion cycliste qui vit dans le souvenir de ses exploits passés. Fervent indépendantiste, il se méfie des anglais.

Napoléon l’aîné, collectionneur d’articles de presse sur le sport est un passionné de baseball. Il tombera amoureux de Jeanne, la bonne tuberculeuse. Cécile, célibataire dans la quarantaine cause bien des soucis à sa mère par la fréquentation d’Onésime qui, lassé d’attendre, en a marié une autre. Guillaume, le petit dernier, surdoué du baseball, signe un contrat pour les États-Unis et en attendant traîne ses pieds à la maison. Ovide, enfin, le jeune premier chéri de sa mère deviendra frère convert par dépit amoureux.

La guerre viendra faire exploser et évoluer cette famille si bien réglée et chacun suivra son destin. Roger Lemelin nous propose une saga qui décrit un monde finissant qui s’interroge sur son avenir qui lui paraît sombre.

7 septembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Félix Leclerc (1914-1988)

Félix Leclerc

Né à La Tuque au milieu de l’été, Félix Leclerc est fils d’un commerçant bien ancré sur sa terre. Il est le sixième d’une famille qui comptera onze enfants. Après ces études primaires à La Tuque, il poursuivra son secondaire à Ottawa. À 20 ans, il débute dans une radio de Québec et suit des cours de guitare. Annonceur radiophonique, auteur de sketches, il se fera remarquer et entrera à 25 ans à Radio-Canada.

Il commencera à chanter sur les ondes. Il participera à plusieurs séries comme comédien et à 29 ans, il publie son premier livre de contes Adagio qu’il avait lu à la radio. Il fonde ensuite une troupe de théâtre et monte le spectacle P’tit bonheur. En 1951, il part pour une tournée en France.

Elle durera deux ans, il triomphera. Il rentrera au pays en vedette enfin reconnue. Ce ne sera ensuite que succès tant au théâtre, dans la littérature, mais surtout dans la chanson. L’île d’Orléans deviendra son havre créateur. Les prix et les honneurs se succèderont jusqu’à sa mort le 8 août 1988. Un grand québécois, connu loin à la ronde quitte alors un monde qu’il a su si bien chanté.

Carcajou (1973)

Un pauvre écrivain se fait arrêter par l’escouade de la Surveillance des idées. C’est qu’on ne plaisante pas avec ceux qui ont des visées subversives dans ce pays sous haute surveillance. Dieu fit venir le diable et lui promit la terre à une condition: il y a un juste dessus, trouve-le et ramène-le-moi vivant. Voilà le début du conte qui valut l’arrestation de notre écrivain.

Le diable se mit donc à la quête du juste. Il le chercha chez les vieux, chez les ambitieux, chez les amis des amis, il rencontra des êtres intéressants, amusants, bons, mais tous cachaient au moins un défaut. Pourtant, grâce au déguisement confectionné par sa femme, Marcel Carcajou, séminariste, pouvait voyager à sa guise. Mais rien n’y fit, il rentra fourbu, fatigué, la barbe longue, mais sans son juste.

Devant la colère de sa femme, il repartit. Thomassine, une vieille fille, un accusé, un poète, un général en procès, des animaux et même des enfants, rien n’y fit, tous avaient une pointe d’égoïsme, un soupçon de machiavélisme, quelque chose de diabolique. Il rentra bredouille et peu fier de lui pour annoncer à sa femme un échec. C’est alors que l’écrivain se réveille dans son lit, il avait rêvé.

4 septembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Paul-Marie Lapointe (1929 – 2011)

Paul-Marie Lapointe

Né le 22 septembre 1929 à Saint-Félicien, près du Lac Saint-Jean, Paul-Marie Lapointe fait ses études au séminaire de Chicoutimi. Il les poursuivra au collège Saint-Laurent à Montréal avant d’entrer à l’École des Beaux-Arts en 1947. Dès 1950, il sera journaliste dans la presse écrite. En 1969, il entre à Radio-Canada où il occupera divers postes de rédacteur jusqu’à responsable des programmes et vice-président de la radio de langue française.

Il publie son premier recueil de poésie, Le Vierge incendié, en 1948 grâce à l’appui de Claude Gauvreau. Peu lu au départ, ce recueil deviendra pourtant une des sources principales de la nouvelle poésie québécoise à partir des années 1970. En 1959, Paul-Marie Lapointe sera un des membres fondateurs de la revue Liberté.

Sa poésie empreinte de sensualité et de révolte démontre une grande connaissance de la culture occidentale. Publiant régulièrement, il reçoit de nombreux prix et son aura est grande. Il est considéré comme un des grands poètes de son temps. Il décédera à Montréal, le 16 août 2011 à l’âge de 81 ans.

Le sacre (1998)

Los Tabarnacos … Ainsi sont désignés les Québécois, blancs humains venus du froid par les Mexicains, ceux d’Acapulco, lieu de villégiature prisé par les gens du Nord, tout particulièrement. Tabarnacos, dérivé d’un juron prisé dans la Belle Province, est un mot prétexte à des jeux linguistiques. Le sacre est le fruit poétique de cette quête onirique.

Le jeu des itinéraires nous emmène sur 9 chemins balisés par les 10 lettres de Tabernacos. Chacun visite 10 lieux du Mexique. Itinéraires en acrostiche, et donc inséparable de son touriste, voyageur, explorateur. Au-dessus de ces itinéraires scintillent aussi 9 constellations de 10 étoiles reprenant les tracés parcourus. L’imaginaire nous emporte dans ces sonorités mexicaines.

… taratata

barbare au bar

où la nana n’a

chose éclose ni close…

Le poète joue avec les sons, les mots sont d’abord des instruments de musique. Les mélodies nous font rêver et voyager. Le livre s’achève, mais nous sommes invités à poursuivre le jeu selon nos envies, nos règles, nos voyages…

31 août 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gatien Lapointe (1931-1983)

Gâtine Lapointe

Né le 18 décembre 1931 à Sainte-Justine de Dorchester, Gatien Lapointe étudie au petit séminaire de Québec. Il étudie ensuite à l’Université de Montréal où il obtient une licence en lettre en 1955 avant d’entrer à l’École des arts graphiques de Montréal. Il s’initie alors à l’édition. En 1956, il obtient sa maîtrise et part pour la France grâce à une bourse de la Société royale du Canada.

Il suit des cours au collège de France et à la Sorbonne. Il profite de son séjour en Europe pour visiter l’Italie et l’Espagne. De retour au Canada en 1962, il entre comme professeur au Collège militaire de Saint-Jean. Il poursuivra sa carrière dès 1969 à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est aussi un des fondateurs de la maison d’édition Écrits des Forges.

Dès 1953, il publie régulièrement des recueils de poésie. Son Ode au Saint-Laurent, parue en 1963 le consacrera comme un poète majeur du Québec. Ne voulant pas se répéter, il mettra du temps pour inventer un nouveau langage poétique. Gatien Lapointe s’éteint le 15 septembre 1983 dans sa résidence de Sainte-Marthe-de-Champlain.

Arbre-Radar (1980)

…coeur corail, coeur primevère dans le désir safrané ellipses de muter, eux à côté, émotions en brouillons de l’avenir… les mots sont audacieux, la poésie expérimentale. Le langage neuf cherche les accents d’avant la création du langage, d’avant même la création du monde. Les textes courts et percutants s’enchaînent.

Il convient donc de lire Arbre-Radar avant tout comme des compénétrations de sons et de mots modulées sur celles des moindres parcelles effervescentes de ce qui, dans le grand chaos d’avant le Big Bang, deviendra du végétal, du minéral, de l’animal et de l’humain… L’introduction de Bernard Pozier, le directeur littéraire des Écrits des forges qui publie l’ouvrage ne nous éclaire guère plus.

Il faut simplement se laisser plonger dans l’univers de Gatien Lapointe. Roue de mots en essaims moirures du désir dans le cru écouté de créer la syntaxe des muscles racines d’uts d’yeux. Les mots écrits à la craie sur un tableau sont là pour leur musique plus que pour leur sens.

28 août 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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André Langevin (1927-2009)

André Langevin

Né à Montréal en 1927, André Langevin perd ses parents alors qu’il est encore en bas âge. Il séjournera dans de nombreux orphelinats durant sept ans. Cette expérience influencera grandement son oeuvre. Après avoir obtenu un diplôme au collège de Montréal, il commence une carrière de journaliste au Devoir.

Il y sera responsable de la rubrique littéraire entre 1945 et 1948. Dans le même temps, il écrit également des articles politiques et des chroniques pour différents autres journaux. Il travaillera ensuite à Radio-Canada où il sera rédacteur d’information. En 1967, il remporte le prix Liberté pour son travail journalistique.

En parallèle, il écrit des romans en deux temps. Entre 1951 et 1957, il publie trois romans et une pièce de théâtre avant un long silence littéraire. Il publiera encore deux romans dans les années 70. Poussière sur la ville, paru en 1953, marque un tournant dans la littérature québécoise: le roman quitte le terroir pour s’occuper plus des passions humaines.

Poussière sur la ville (1953)

Le docteur Lafleur, vieillissant, voit arriver avec bonheur un jeune médecin pour l’épauler dans sa tâche. La ville minière de Macklin tourne autour de l’amiante. Une poussière emplit l’espace à chaque explosion. C’est dans ce décor industriel et étouffant qu’Alain Dubois et sa femme Madeleine débutent leur mariage.

Ils se sont rencontrés peu de temps avant. Ils ne viennent pas du même monde. Il descend de la bourgeoisie, elle vient de la classe laborieuse. Ils ne vivent pas selon le même modèle. Alain est ancré dans la tradition, Madeleine est éprise de liberté. La vie à Macklin va révéler leurs différences. Si Alain aime éperdument sa femme, il est prêt à tous les compromis, les règles sociales ne lui permettront pas de la garder.

Madeleine aime la compagnie des ouvriers. De ses passages chez Kouri, l’établissement où se retrouvent les mineurs au changement d’équipes, va naître le drame. Madeleine tombera amoureuse de Richard. Alain tolèrera l’adultère, mais les clients déserteront son cabinet. Ce sera la descente en enfer pour Madeleine. Elle finira par s’ôter la vie.

24 août 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Blanche Lamontagne-Beauregard (1889 – 1958)

Blanche Lamontagne

Née aux Escoumins, Blanche Lamontagne grandira à Cap-Chat. Elle se brise une jambe vers 11 ou 12 ans. La blessure guérira mal et la laissera claudiquante pour le restant de ses jours. Son infirmité est peut-être à l’origine de son repli sur soi. Blanche est une solitaire qui préfère les études aux activités du ménage.

Elle étudiera chez les soeurs à Saint-Anne-des-Monts, puis, grâce au financement d’un oncle, à Montréal où elle suit le premier programme classique ouvert aux femmes. Elle étudiera ensuite la littérature à l’université de Montréal.

En 1911, elle participe anonymement à un concours de la Société du Parler français. Elle gagne le concours. Le journal le Devoir lui propose de publier son recueil qui deviendra Visions Gaspésiennes. Le succès est au rendez-vous. Elle deviendra la première femme de lettre qui publie sous son vrai nom. Ses différentes productions connaitront un grand succès jusque vers la fin des années 20. Ensuite, elle tombera dans l’oubli jusqu’au moment des mouvements nationalistes et féministes des années 70. En attendant, elle mourra en 1958 dans l’oubli.

La Vieille Maison (1920)

La maison s’ouvrait, comme offerte

À mes voeux: j’entrai, le coeur las.

Mais la maison était déserte:

Mon bien-aimé n’était plus là…

Ce recueil, son troisième, est écrit par Blanche Lamontagne après le décès tragique de son amoureux. La mélancolie et la langueur transparait dans ses lignes. Mais la peinture de sa terre est toujours bien présente. Blanche chante son époque et son coin de pays.

C’était là que, le front tout nimbé de lumière,

Cependant que le lin séchait aux soliveaux,

Elle filait, filait ses écheveaux,

Mon aïeule, la belle et robuste fermière.

Mais sa Gaspésie, c’est aussi la mer et les grands espaces. Blanche s’y ennuie, elle rêve de la ville qu’elle rejoindra bientôt lorsqu’elle se mariera. Mais en attendant, elle rêve, elle pleure:

Petite voile blanche qui t’en vas, là-bas,

Aile pure et légère,

Emporte-moi dans la lumière,

loin des ténèbres d’ici-bas !

La poésie est simple, touchante. Elle est en phase avec son époque. Une époque où la femme a de la peine à sortir de son rôle traditionnel. Blanche Lamontagne-Beauregard aura contribuer à casser le stéréotype.

21 août 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Robert Lalonde (1947 – …)

Robert Lalonde

Né à Oka le 22 juillet 1947, Robert Lalonde suivra des cours au Séminaire de Sainte-Thérèse où il obtiendra un baccalauréat en art. Il poursuivra ensuite durant 3 ans des études en interprétation théâtrale au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Il obtient en 1970 le premier prix d’interprétation du Conservatoire et une bourse d’un an qui lui permet de voyager en Europe et aux États-Unis.

Il commence alors une carrière de comédien qui se poursuit tant au théâtre qu’à la télévision. Il fait aussi des adaptations pour la scène, il enseigne l’art dramatique au Cégep Lionel-Groulx, il a aussi enseigné au Conservatoire d’art dramatique de Montréal ainsi qu’à l’Université du Québec de Trois-Rivières. Il sera directeur artistique du Théâtre d’aujourd’hui de 1987 à 1989.

En 1981, son premier roman, La belle épouvante, reçoit le prix Robert-Cliche. Le dernier été des Indiens, publié en 1982, obtient en France le prix Jean-Macé. Une belle journée d’avance publiée en 1986 sera honorée du prix Paris-Québec. Le Grand Prix du livre de Montréal lui est décerné en 1988 pour Le fou du père. On retrouve dans son oeuvre le contact avec la nature sauvage, la liberté obtenue après un parcours initiatique et la présence de la culture amérindienne.

Sept Lacs plus au Nord (1993)

Et tous deux, avec Angèle aux commandes, avançaient follement vers une mort « qui marche à reculons ». Michel conduit sa mère vers cet indien mystérieux qui lui a donné rendez-vous plus au Nord, après sept lacs. L’errance en voiture et violente, tendue, mais amoureuse. Un fils et sa mère dans une quête d’amour, dans une quête d’histoire.

Un chien décharné les suit. Cette bête malingre a rendu folle Angèle en lui apparaissant comme signe de la mort prochaine de Louis-Paul, son mari. Il sera emporté peu de temps après par un cancer. Il ne les abandonnera pas totalement, il laissera une philosophie, des pensées, des expériences de vie qu’Angèle veut retrouver et partager avec son fils le long du chemin vers la mort.

Elle a rêvé d’un indien, d’un homme de sa race qui tenait toujours avec lui un enfant. Elle, la passeuse, l’accompagnatrice des futurs morts, oblige son fils à voyager. Elle ne quitte pas sa précieuse valise d’où elle sort parfois quelques reliques. Ils finiront par adopter le chien, par perdre la voiture trop usée pour continuer, mais un canot les mènera vers une plage où l’indien et son fils les attendent.

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