Valais Libre

20 novembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gabrielle Roy (1909 – 1983)

Née en 1909 à Saint-Boniface qui fait aujourd’hui partie de Winnipeg dans le Manitoba, Gabrielle Roy y suit sa formation primaire avant d’entrer à l’école normale de Winnipeg. Elle enseignera quelque temps dans quelques écoles rurales du Manitoba avant de faire un premier voyage en Europe en 1937. Elle étudie l’art dramatique à Londres, puis à Paris.

Elle amorce alors une carrière dans l’écriture en livrant quelques articles dans un journal. La Deuxième Guerre mondiale la renvoie au Canada où elle poursuit son travail de pigiste, tout en préparant des romans. Son premier, Bonheur d’occasion, paru en 1945, marquera son époque et lui vaudra la reconnaissance, d’autant plus que sa traduction anglaise connaitra également le succès.

Elle se mariera en 1947, séjournera avec son mari en Europe. Elle rentrera au Québec en 1950 et vivra dès lors entre Québec et Rivière-Saint-François. C’est là qu’elle rédigera l’essentiel de son oeuvre. Écrivaine essentielle de la littérature francophone canadienne, Gabrielle Roy recevra de nombreux prix et publiera régulièrement jusqu’à sa mort en 1983.

Cet été qui chantait (1972)

Le Québec c’est l’hiver, mais Gabrielle Roy nous fait découvrir que c’est aussi l’été. Cet été qui chantait est une ode au calme et à la plénitude. La narratrice évoque une vie estivale dans Charlevoix auprès de ses amis Berthe et Aimé. Les arbres, les oiseaux, le fleuve, tout est là pour chanter une saison exquise où l’on veut emmagasiner un maximum de chaleur. L’hiver est toujours proche au Québec.

La mare de monsieur Toung est un premier rendez-vous. Les dialogues naïfs, mais tendres avec cette grenouille qui finira dans le ventre du héron donnent le ton. Chaque histoire donne sa touche au tableau final. Les oiseaux parlent dans le ciel, répondent aux préoccupations des terriens, accompagnent la narratrice et ses amis tout au long de ses cartes postales estivales.

Et soudain, sans qu’on y prenne garde une histoire est plus mélancolique, voire triste. Il y a tout d’abord la vieille Martine qui a quitté quelques jours sa maison de retraite pour revoir son fleuve. Rencontre touchante de trois femmes, deux jeunes et la vieille qui nous fait voir la vie dans son essentiel. Puis, l’enfant morte, souvenir des débuts d’une jeune maîtresse d’école dans le Manitoba qui vit la mort avec sa classe: le coeur de la vie…

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16 novembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Ringuet (1895 – 1960)

Ringuet

Natif de Trois-Rivières, Philippe Panneton fera ses études classiques à Joliette, puis à Trois-Rivières. Il se destinera ensuite à la médecine et à Québec et à Montréal. À 25 ans, sa licence terminée, il s’embarque pour l’Europe où il se spécialisera en otho-rhino-laryngologie.

À son retour au Québec, il exercera comme médecin à Montréal puis à Joliette entre 1923 et 1940. Il poursuivra sa carrière comme professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il mènera ses activités professionnelles de front avec une intense production littéraire.

Trente Arpents, paru en 1938 le fait connaître du grand public. Le roman est considéré comme un classique de la littérature québécoise. Ringuet, il a pris ce pseudonyme du nom de sa mère, collaborera à de nombreux périodiques et sera membre fondateur, puis président de l’Académie canadienne-française.

Philippe Panneton décèdera en 1960 à Lisbonneau Portugal où il était ambassadeur du Canada depuis 1956.

L’Héritage (1946)

Albert Langelier a quitté la ville pour s’en venir cultiver la terre à Grands-Pins. Un héritage inattendu l’a sorti de sa pauvre vie citadine. Orphelin, confié aux soeurs, il a grandi tant bien que mal. Son métier de débardeur ne lui permet pas de grands espoirs, alors cette terre à tabac est porteuse de promesse.

Il n’aura jamais connu son père Baptiste Langelier. Fruit d’un mariage rapide et raté, l’enfant avait été confié au soeur. Son arrivée sur la terre promise est enfin un espoir de réussite. Malheureusement, la terre est ingrate et l’acclimatation difficile. On n’aime pas les étrangers dans le coin. Seule La Poune, une jeune orpheline qui faisait le ménage de Baptiste le prendra en affection. Une terrible sécheresse jetera à terre les espoirs du nouveau cultivateur.

Il ne pourra que retourner à la ville, mais dans sa main, il emmène Marie, dite La Poune. Ringuet décrit un terroir dur et ingrat où les sentiments et la vie intérieure du héros dépasse le chant de la terre.

13 novembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Pierre-Esprit Radisson (1636 – 1710)

La date et le lieu de naissance de Pierre-Esprit Radisson restent mystérieux, mais tout laisse à croire qu’il est né à Paris vers 1636. Un acte notarié le fait naître dans la paroisse Saint-Sulpice, mais les registres, disparus dans un incendie, empêchent de certifier ce fait. Il fait son premier voyage en Nouvelle-France en 1652 alors qu’il est encore adolescent.

Il sera capturé par les Iroquois qui l’adopteront. Durant deux ans, il se familiarisera avec leurs coutumes en vivant comme un des leurs. Il s’évadera et rejoindra la Nouvelle-France où il devient coureur des bois en 1659 dans la région du lac Supérieur et du lac Michigan. À son retour à Trois-Rivières en 1660, il aura quelques ennuis avec les autorités, car il n’a pas d’autorisation pour faire du commerce de fourrures.

Il ira ensuite offrir ses services à Boston aux autorités de la Nouvelle-Angleterre. Il voyagera plusieurs fois du côté de la baie d’Hudson. Il ira également en Angleterre, à la cour du roi Charles II pour financer ses voyages. Insatisfait, il reviendra un temps au service de la France. Il entra dans la marine et participa au début de reconquête de la baie d’Hudson avant de finir sa carrière au service de la compagnie anglaise de la baie d’Hudson.

Il termina sa vie à Londres où il mourut ruiné en 1710.

Voyage chez les Onnontagués (1669)

Le quinzième jour de mars, je m’embarquai sur un bateau de pêche pour me rendre à l’île Percée, qui est à cent vingt lieues de Québec; j’y arrivai le septième jour de mai. Ainsi commence la relation du deuxième voyage de Pierre-Esprit Radisson dans le pays d’en haut des Iroquois. Ce voyage débute au printemps 1654.

Coureur des bois, Pierre-Esprit Radisson nous livre un témoignage oculaire exceptionnel. Ayant vécu quelque temps auprès des Iroquois dans son enfance, il raconte avec une naïveté touchante la vie dans les bois et les contacts parfois difficiles avec les populations indiennes. Des difficultés à obtenir les autorisations de voyage des autorités françaises aux guerres et massacres entre tribus indiennes en passant par la vie de tous les jours, le récit est prenant.

Ici, un canot de quatre hommes fit naufrage; ici , tout le monde agissait pour soi et Dieu agissait pour tous; ici, il n’y avait aucun secours. Le périple est dangereux non seulement à cause des hommes, mais aussi par la force de la nature. Parti de Trois-Rivières pour y revenir, le témoignage de Radisson nous plonge dans la découverte d’un monde nouveau à travers les yeux d’un pionnier de cette épopée.

9 novembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Mordecai Richler (1937 – 2001)

Né dans le Mil-End à Montréal en 1931, Mordecai Richler a grandi dans le quartier juif populaire. Il a ensuite étudié au collège sir Georges William de Montréal qui est devenu aujourd’hui l’université de Concordia. À 20 ans, il part pour l’Europe où il séjourne en France et en Espagne, avant de s’installer en Angleterre.

Il restera en Europe plus de 20 ans et reviendra vivre à Montréal en 1972. Il publie son premier roman The acrobats en 1954. Ses livres de jeunesse dépeignent de jeunes exaltés et passionnés à la recherche des vraies valeurs. Dès la fin des années 50, avec la publication de The apprenticship of Duddy Kravitz, il se taille une solide réputation de romancier.

Son humour, son esprit satirique, son sens du burlesque lui valent de nombreux prix et un grand succès populaire. Sa vision du milieu juif québécois lui vaut la critique des siens. Certains vont même jusqu’à le traiter d’antisémite. Mordecai Richler est un Québécois anglophone qui ne se gène pas de critiquer les francophones et tout particulièrement les velléités d’indépendance ou les lois qui protègent la langue française. Il meurt à Montréal en 2001.

Joshua (1980)

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Joshua Shapiro est un journaliste sportif habitué des cahiers mondains. Les gens se retournent dans la rue à son passage, mais Joshua est au plus mal. Il se refait une santé dans sa maison au bord du lac Memphrémagog. Son père et son beau-père montent la garde et le protègent des importuns. Il faudra 600 pages qui serpentent dans son histoire pour découvrir le pourquoi de cette convalescence.

Joshua est issu du milieu juif de Montréal. Fils d’un boxeur qui complétait ses revenus en collectant les dettes au service de la mafia montréalaise, Joshua aspire à des horizons sportifs, mais surtout européens. L’Espagne est son rêve, Ibiza sera son expérience. Il fera des allers-retours entre l’île espagnole et le Québec plus souvent dans sa tête qu’en réalité.

Mais Joshua est surtout marié à Pauline, une fille d’un autre milieu. Son mariage avec cette fille de sénateur est improbable, incroyable, mais bien réel. Cette fille de bonne famille aime profondément son écrivain un peu raté, son journaliste reconnu, mais un peu passé, son homme cabossé et presque irréel.

Le roman nous entraîne dans un labyrinthe qui finit par nous livrer une clé: on échappe difficilement à son passé.

6 novembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Jacques Poulin (1937-…)

Né à Saint-Gédéon de Beauce le 27 septembre 1937, Jacques Poulin a suivi des études classiques au séminaire de Saint-Georges et de Nicolet. Après l’obtention de son baccalauréat en 1957, il terminera une licence en psychologie en 1960, puis une licence en lettre en 1964. Il commencera sa carrière professionnelle comme conseiller en orientation professionnelle dans un collège de Sainte-Foy.

Il sera ensuite traducteur pour le gouvernement du Canada avant d’aller vivre une quinzaine d’années à Paris où il se consacre entièrement à l’écriture. Aujourd’hui, il est de retour au Québec. Son oeuvre littéraire s’ouvre en 1967 avec la publication de ses deux premiers romans, Mon cheval pour un royaume et Jimmy.

Le style de Jacques Poulin est très simple, mais très efficace. C’est souvent l’introspection des personnages qui prime sur l’intrigue de l’histoire. Les voyages intérieurs de ses narrateurs interpellent les lecteurs. Il est considéré comme un des auteurs majeurs du Québec. Il publie régulièrement des romans qui obtiennent de nombreux prix à travers la francophonie.

Mon cheval pour un royaume (1967)

La vieille ville de Québec est le théâtre des errances de notre héros. Entre humour et violence, nous le suivons, deux jours durant, dans les méandres de ses pensées, de ses fantasmes, de son apprentissage de la violence. Elle finira par exploser avec la Porte Saint-Louis. L’attentat dont la minutieuse préparation a permis au roman de vivre clôt brusquement cette quête du royaume.

La rue de la Fabrique est comme femme qui s’offre à nous selon Simon le caléchier qui promène souvent notre héros. Simon lui a fait connaître Nathalie une jeune femme qui se partage entre les deux hommes. Elle est la tendre liaison, prétexte à explorer les méandres de l’amour tant charnel que sentimental. Cette valse à trois s’achève sur le pont de l’Île d’Orléans.

Une nuit Simon disparaît, laissant son cheval et sa charrette sur le pont. Tout laisse croire au suicide. On ne retrouvera jamais le corps. Mathieu apparaît alors pour recréer la trilogie. Mais une valise recueillie à la gare du Palais donne le signal de l’acte final. Histoire de tendresse, de violence qui balance entre tragique et humour, Mon cheval pour un royaume possède une puissante originalité.

2 novembre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Alphonse Piché (1917-1998)

Né le 14 février 1917 à Chicoutimi, Alphonse Piché a vécu la grande majorité de sa vie à Trois-Rivières. C’est au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Maurice que le poète a puisé une grande partie de son inspiration. Il aimait faire du bateau sur ces eaux familières. Sa grande sensibilité et son sens de l’universel se sont nourris dans cet univers.

Remous et Voie d’eau publiés en 1947 et 1950, font référence à cet amour de l’eau. Alphonse Piché célèbrera aussi les petites gens dans son premier ouvrage paru en 1946: Ballades de la petite extrace. Dès le début, il s’engage pour la défense du peuple et donne une tournure sociale à ses écrits. Son écriture rallie les générations.

Récipiendaire de nombreux prix, membre d’honneur de l’Union des écrivains québécois et docteur honoris causa de l’Université du Québec à Trois-Rivières, le poète a su traverser les époques en s’adaptant au temps. Son écriture témoigne de cette évolution qui lui a permis de toucher un vaste lectorat.

Alphonse Piché meurt le 2 décembre 1998 à Trois-Rivières suite à un cancer.

Strates d’éternité (2000)

Bienheureux alcohol, mamelle du vieillard,

Gloire du décrépit, abri de l’indigent,

Tous les feux ranimés dans le désert des plages,

ton souffle chaud dans les bruines de l’oubli,…

Estratos de eternidad, strates d’éternité est un recueil de poésie bilingue, publié 2 ans après la mort du poète. Il nous emmène sur les chemins de la vieillesse, de la maladie, de la fin. Bouteille à la mort comme le dit l’éditeur, pourtant les bouteilles ne sont pas faites pour lancer des SOS, mais bien plus pour le partage, pour rendre le néant fraternel.

Ne sachant où il va, ce qu’il va, ce qu’il est, d’où il vient,

L’homme cherche sans cesse et ne découvre rien;

Et chaque pas qu’il fait pour sortir du cloaque

De ce monde éperdu de son absurdité

Lui révèle toujours une nuit plus opaque

Où semble s’enfoncer la pauvre humanité.

26 octobre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Pierre Perrault (1927 – 1999)

Pierre Perrault

Né le 29 juin 1927 à Montréal, Pierre Perrault suivra, dès 1948, des études de droit à l’Université de Montréal. En 1954, après des séjours à Paris et Toronto, il se lance dans la pratique du droit qu’il abandonnera deux ans plus tard pour se consacrer à l’écriture radiophonique. Sa série radiophonique Au pays de Neufve-France sera diffusée en 1956 et 1957.

Par la suite, il fera du cinéma et réalisera plus d’une quinzaine de films sur le vécu des gens de son pays. Acadiens, Abitibiens, Montagnais de la Côte-Nord, chasseurs, il brosse des portraits de terroir. Il est considéré comme l’un des plus grands cinéastes québécois.

Auteur et poète profondément humaniste, Pierre Perrault a suscité, au départ, plus d’intérêt en Europe que dans son Québec. Dès les années 80, il sera largement reconnu dans son pays et recevra de nombreux honneurs et récompenses. Pour la suite du monde qu’il a réalisé en 1963 avec Michel Brault reste un chef-d’oeuvre du cinéma.

Partismes (2001)

…partismes, du habre port de Sainct Malo, le bingtiesme jour d’apbril audit an mil cinq cens trente-quatre… Partismes dit le livre et tout commença. Il faut ce commencement pour comprendre l’histoire, pour comprendre Québec. Sa fondation, sa capitulation, la répression, la soumission, puis l’irréductible acharnement d’un petit peuple sans alliance.

Pierre Perrault rêvait d’écrire un grand livre sur le fleuve, un livre définitif, véritable synthèse de son oeuvre… L’auteur n’aura pas eu le temps d’arriver au bout de son voyage. Son éditeur a recueilli différents textes qui nous permettent de voyager sur les traces de Jacques Cartier. L’humble marin parti de Saint-Malo à la recherche d’or et d’un passage vers les richesses de la Chine de Marco Polo. Il ne ramènera que les diamants du Canada et de découvrira qu’un fleuve.

Mais quel fleuve ! La base d’une histoire française mal partie, François Ier et ses successeurs ne sauront trop que faire de ces quelques arpents de neige. Mais laissons au poète Michel Garneau, témoin avec l’auteur du retour sur les embruns du voyage de Jacques Cartier les derniers mots:

le Cartier qui m’ancêtre

c’est le Cartier du dire du fleuve

dans l’ancestralité de la langue

dont Cartier use

devers le roi et toute sa France

pour leur dire le dire de l’ailleurs

d’où je suis…

23 octobre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Louis-Joseph Papineau (1786 – 1871)

Né à Montréal d’un père avocat et politicien, la famille de Louis-Joseph Papineau rejoint la bourgeoisie canadienne française en 1802 lorsque Joseph Papineau achète la seigneurie de Petite-Nation au séminaire de Québec. Louis-Joseph entra au collège de Montréal, puis au Petit Séminaire de Québec. il deviendra avocat, mais sera malheureux dans cette profession.

C’est la politique qui occupera la vie de Louis-Joseph Papineau. Élu député au Parlement du Bas-Canada en 1808, il présidera la chambre dès 1815. Chef du parti Canadien, il s’opposera de toute son énergie à la volonté anglaise de réformer la Constitution de 1791 pour réunir le Canada sous une seule colonie.

Après la rébellion des patriotes en 1837, il s’enfuit aux États-Unis, puis en France. Il rentrera au pays après l’amnistie de 1845. Il siègera au Parlement du Canada-Unis, mais il quittera les rangs du parti réformiste pour siéger en indépendant. Il se retire de la politique en 1854. Il décèdera dans son manoir en 1871.

La vie politique de ce grand homme est gravée, par le burin de l’histoire, en caractères indélébiles; les luttes qu’il a soutenues pour conserver intacte une constitution octroyée par la Grande-Bretagne, et dont l’oligarchie du Canada s’efforçait depuis longtemps d’arracher lambeaux sur lambeaux, sont inscrites en lettres de feu dans le cœur de ses compatriotes. Philippe Aubert de Gaspé a parfaitement résumé la place de Louis-Joseph Papineau dans l’histoire de son pays.

Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais (1839)

Un récit historique, impartial et succinct, des événements qui se sont passés dans mon pays pendant les deux dernières années portera dans tous les esprits cette conviction que ce ne sont pas les statuts anglais qui régleront le prochain avenir du Canada; mais que cet avenir est écrit dans les déclarations des droits de l’homme et dans les constitutions politiques que se sont données nos bons, sages et heureux voisins, les Américains indépendants.

À la fin de sa réponse en réfutation au rapport de Lord Durham, Louis-Joseph Papineau résume bien sa pensée. Il ne fait aucune confiance au Gouvernement anglais, ni à ses institutions. Le paternalisme de l’Angleterre l’a irrité durant toute sa carrière. La volonté de fusion du Haut et du Bas Canada en 1837 a causé la rébellion des patriotes.

Exilé en France, Papineau a dû fuir la répression anglaise. Le chef des réformistes a vu sa tête mise à prix. Dans une série d’articles parus dans la revue Le Progrès, il donne sa version des faits. Sa tentative de gagner les instances françaises à sa cause restera vaine.

15 octobre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Émile Nelligan (1879 – 1941)

Émile Nelligan

Émile Nelligan sera une météorite dans le ciel poétique québécois. En trois ans, entre 1896 et 1899, le poète livrera son oeuvre, puis disparaîtra. En effet, avant 20 ans, il sera atteint de psychose et interné. Il ne sortira de la Retraite Saint-Benoît en 1925 que pour aller terminer sa vie à l’asile de Saint-Jean-de-Dieu où il mourra en 1941.

Ah! comme la neige a neigé!


Ma vitre est un jardin de givre

Malgré la fulgurance de son passage, Emile Nelligan aura marqué la poésie du Québec et certains de ses vers sont restés célèbres. Né dans une famille aisée, le jeune Nelligan passe sa jeunesse entre Montréal et la résidence d’été de Cacouna près de Rivière du Loup. Son père irlandais et sa mère de Rimousky tentent au mieux de maîtriser l’extrême sensibilité du jeune homme.

Ces études ne l’intéressent pas, il vit sa poésie, le reste lui paraît futile. À 16 ans sous le pseudonyme d’Émile Kovar, il publie son premier poème dans le journal Le Samedi de Montréal. Il participera ensuite à l’École littéraire de Montréal où il lira en public certains de ses poèmes avant de disparaître emporté par la folie.

La Romance du Vin (1899)

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l’Art !

J’ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,

Des vers qui gémiront les musiques funèbres

Des vents d’automne au loin passant dans le brouillard.

Ce poème en alexandrins est composé de 9 quatrains. Émile Nelligan le lit le 26 mai 1899 lors de la dernière soirée de l’École littéraire de Montréal. Il a composé ces vers en réponse aux critiques reçues suite à une lecture de février 1899. Ce cri du coeur lui valut un triomphe.

J’ai vu un soir Nelligan en pleine gloire… Quand, l’oeil flambant, le geste élargi par l’effort intime, il clama d’une voix passionnée sa Romance du Vin, une émotion vraie étreignit la salle, et les applaudissements prirent la fureur d’une ovation. Louis Dantin, l’ami qui publiera les poèmes d’Émile Nelligan après son internement, était présent lors de cette soirée mémorable et ne cache pas son admiration.

Les cloches ont chanté ; le vent du soir odore…

Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,

Je suis si gai, si gai, dans mon rire sonore,

Oh ! si gai, que j’ai peur d’éclater en sanglots !

Tout est dit, deux mois plus tard, la folie gagne son combat et Nelligan entre à l’asile pour ne plus en ressortir…

12 octobre 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Paul Morin (1889 – 1963)

Paul Morin

Né à Montréal d’un père surindendant de l’Union mutuelle et d’une mère fille d’avocat, Paul Morin suit son école primaire à l’école protestante anglaise avant de poursuivre ses études secondaires chez les jésuites à Montréal. Il étudiera ensuite le droit à l’université Laval. Il obtiendra un doctorat en lettres à la Sorbonne à Paris.

Il enseignera brièvement la littérature à l’université Mac Gill à Montréal, puis aux États-Unis. Il sera ensuite secrétaire à l’École des Beaux-Arts de Montréal. Il oeuvrera également comme traducteur à la cours d’assises et possèdera son propre bureau d’avocat.

Journaliste, pianiste, traducteur, linguiste, mais surtout poète, Paul Morin publiera trois recueils de poésie qui lui vaudront la renommée. Il sera membre de la prestigieuse société royale du Canada et honoré de multiples prix. Il terminera sa vie à Beloeil au Québec en 1963

Poèmes de Cendres et d’Or (1922)

Cendres, où glacés

Par trop de laideur, Cendres, où lassés

Après trop d’alarmes

S’en iront la chair et le coeur blessés

Oublier leur larmes,

Il n’est de sanctuaires plus profonds

Ni de bras plus tendres

Que l’asile obscur où nous connaîtrons

Votre repos, Cendres…

Un style techniquement impeccable, une inspiration plus personnelle que dans son premier recueil Le Paon d’émail paru en 1911, Paul Morin obtiendra le prix David pour ce recueil. Il quitte les références mythologique et laisse transparaître un peu de sa personnalité. La rigueur des règles du Parnasse français se sent toujours.

Ah, j’ai longtemps rêvé de vous,

Mon enfantine fiancée,

Et c’est assise à vos genoux

Que ma jeunesse s’est passée.

Paul Morin sera fasciné par les endroits découverts, les souvenirs présents, mais toujours avec une pureté de style incomparable.

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