Valais Libre

20 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Antoine Guérin-Lajoie (1824 – 1882)

Issu d’une famille dont l’ancêtre était arrivé au Canada avec les troupes de Montcalm en 1755, Antoine Guérin Lajoie naît à Yamachiche le 4 août 1824. Il fera ses études classiques au collège de Nicolet. À 18 ans, ses talents littéraires naissent. Il écrit une tragédie en trois actes, Le jeune Latour qui sera jouée sur la scène de son collège.

La même année, il écrit, en mémoire de la Rébellion des patriotes et suite à la déportation de 58 d’entre eux en Australie, Un Canadien errant. Cette chanson sera reprise par Léonard Cohen. Deux ans plus tard, il se fixe à Montréal pour étudier le droit. Pour financer ses études, il entre à La Minerve comme correcteur, puis comme rédacteur.

En 1848, il est admis au barreau du Bas-Canada, mais se tourne assez vite vers une carrière de fonctionnaire. Ministère des Travaux publics, arbitrages provinciaux précèdent sa nomination à la bibliothèque du Parlement. Il fondera diverses publications dont Soirées canadiennes et Foyer canadien. Ses romans paraîtront dans ces revues. Frappé d’une attaque de paralysie en 1880, il mourra le 7 août 1882 à Ottawa.

Jean Rivard, le défricheur (1862)

Aîné d’une famille de 12 enfants, Jean Rivard a l’esprit poète. Il aime les études. Studieux, d’une conduite régulière, il n’était pas le plus brillant, mais il était constant et réfléchi. Sa mère le rêvait prêtre, lui se régalait déjà de sa future classe de rhétorique. La mort de son père allait bouleverser cet avenir.

Avec un capital de cinquante louis, il doit vivre et s’établir. Les professions libérales sont encombrées, la terre paternelle ne pourra jamais nourrir toute la tribu, il se décide donc à aller défricher un lot dans les nouveaux cantons. Il quitte donc sa paroisse de Grandpré au nord du Saint-Laurent pour la région de Bristol au sud du fleuve. Il engage un journalier, Pierre Gagnon, pour le seconder.

Couper les arbres et arbustes, brûler les branches et les souches inutiles, préparer le sol, l’automne passe vite. L’hiver permettra d’avancer le défrichement pour qu’une première plantation puisse se faire au printemps. Très vite l’ordre et l’organisation alliés au courage et à la persévérance bâtissent un domaine qui deviendra prospère. La belle Louise pourra bientôt rejoindre son amoureux. L’exemple de Jean Rivard donne espoir aux plus jeunes de la famille. Le travail est source d’avenir.

16 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Claude-Henri Grignon (1894 – 1976)

Claude-Henri Grignon nait à Sainte-Adèle dans les Laurentides. Son père est médecin-vétérinaire. Après avoir fréquenté l’école communale, il suivra durant deux ans les cours classiques au collège Saint-Laurent à Montréal. Il poursuivra ensuite sa formation à domicile. Très tôt, il baigne dans la littérature française et devient un lecteur vorace.

À la mort de son père en 1915, il débute une carrière d’agent de douane à Montréal, avant de verser dans le journalisme. Il commencera cette carrière à L’Avenir du Nord de Saint-Jérôme en 1916. En 1922, il publie son premier livre, un recueil d’essais: Les Vivants et les autres. Il en publiera quatre autres, mais c’est l’homme et son péché qui feront de lui un auteur reconnu et lu.

Dès 1936, il lance la revue Les pamphlets de Valdombre. Je n’ambitionne qu’une chose: défendre la cause de la Vérité. Défendre la lumière. La lumière est une, perpendiculaire, brutale et foudroyante Pamphlétaire né, Grignon collaborera ensuite à la radio et à la télévision. Il toucha aussi à la politique puisqu’il fut maire de Sainte-Adèle de 1941 à 1951. Il finira d’ailleurs sa vie dans son village natal en 1976.

Un homme et son péché (1933)

Séraphin est avare. Sa pingrerie deviendra de plus en plus aiguë. Elle finira par tout détruire. Le roman de Claude-Henri Grignon pourrait se résumer ainsi. Ce thème est éternel. Mais s’il est devenu un des romans les plus connus de la littérature québécoises, c’est parce qu’il peint magistralement une époque, un terroir, un mode de vie.

La belle et pauvre Donalda a épousé Séraphin qui a le double de son âge, pour son plus grand malheur. Elle ne connaîtra qu’une fois le plaisir de la chair. Son mari ne veut pas risquer un enfant, ça coûte si cher. L’homme cultive sa terre, soigne ses animaux et prête de l’argent. Il n’en dépense pas. Donalda en mourra faute de soins appropriés. Alexis, Bertine et Arthémise n’y pourront rien. La famille parente arrive trop tard.

Veuf, Séraphin sombrera toujours plus dans l’avarice. Il en oubliera de manger parfois. Le goût de l’or fait oublier la faim. Il finira brûlé dans sa maison en essayant de sauver sa richesse. Un homme et son péché deviendra un feuilleton radiophonique, puis télévisé, faisant connaître cette oeuvre à toutes les familles québécoises.

13 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Alain Grandbois (1900 – 1975)

Né en au début du 20ème siècle à Saint-Casimir tout près de Portneuf au Québec, Alain Grandbois est le troisième d’une famille qui comptera neuf enfants. Il commencera des études classiques à Montréal qu’il terminera au Petit Séminaire de Québec. Ensuite il voyagera en Europe avec ses parents tout en étudiant la philosophie et le Droit au Petit Séminaire.

Grâce à un héritage, il voyagera ensuite à travers l’Europe où il rencontrera de nombreux artistes et poètes. Il publie son premier livre, Né à Québec, en 1933. De retour au Québec en 1939, il écrira Les voyages de Marco Polo qui sera publié en 1939. Il travaillera pour des bibliothèques, des revues et enfin à Radio Canada, avant de devenir fonctionnaire au Musée provincial de Québec.

Rompant avec le classicisme québécois, Alain Grandbois sera un précurseur. Son lyrisme et son écriture symbolique influencera les générations suivantes. Il mourra à Québec en 1975. L’académie des lettres du Québec a créé un prix en son honneur.

Avant le chaos (1945)

J’ai écrit ces nouvelles pour retrouver ces parcelles du temps perdu, pour ressusciter certains visages évanouis, pour repêcher mes propres jours. Car il y eut une époque invraisemblable où un jeune garçon pouvait entreprendre de parcourir la vaste terre sans matricule au col, sans havresac au dos, sans godillots réglementaires, sans casque d’acier…

La préface d’Alain Grandbois est claire, son projet est de nous emmener dans son monde d’avant les dévastations du second conflit mondial. Djibouti, Paris, le midi de la France, Shanghai, nous errons plaisamment dans un univers insouciant. Les amours, les voyages, la vie de bohème nous permet de découvrir des personnages étonnants et attachants.

Bill Carlton, conteur, buveur et secret, Tania, la belle et énigmatique ukrainienne, Grégor le jeune prince russe, le major D et Mantoni, personnages de cette Chine énigmatique des colonies, les portraits sont multiples. Mais toujours ils nous raconte des histoires prenantes et profondément touchantes.

10 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Godbout Jacques (1933 – …)

Né à Montréal, Jacques Godbout a grandi dans le quartier de la Côte-des-neiges. Son enfance est marquée, comme pour beaucoup, par la découverte de la lecture vers 6 ans. Ce fut une révélation, il ne quittera plus le monde des mots.

Des études classiques chez les jésuites, une maîtrise en lettres à l’université de Montréal, il partira ensuite enseigner en Afrique, à Addis Abeba. Son retour au Canada passe par le monde de la publicité avant d’atterrir à l’office national du film, puis à Radio-Canada.

Ancré dans son Québec, il participe à la fondation du Mouvement Souveraineté-Association qui deviendra le parti québécois. Il est aussi considéré comme un des intellectuels de la Révolution tranquille. Il fut également le fondateur de l’union des écrivaines et des écrivains québécois dont il fut le premier président en 1977.

Les têtes à Papineau (1981)

Charles et François Papineau ne font qu’un. Ils sont le seul fils de la famille. Ce monstre bicéphale doit décider s’il accepte que le docteur Northridge les opère pour réunir leurs deux cerveaux qui trônent sur un corps unique. L’opération est risquée, les deux hémisphères sont indécis.

Charles pense et écrit en anglais. Il admire le Canada anglais. François pense et écrit en français et ne jure que par le Canada français. Ils nous racontent leur vie qui se confond avec le Québec et ses déchirements. Leur père, journaliste à la Presse, leur sert d’imprésario. Il dirige leur carrière médiatique.

Finalement, ils accepteront la délicate opération si toute la famille est pour. Ils subissent de nombreux tests, passent des épreuves compliquées avant de s’endormir pour l’opération ayant obtenu le feu vert de la famille. L’opération réussit, mais on ne connaîtra rien de leur réveil. L’anglais est la seule langue qui reste.

Écrit au lendemain de l’échec référendaire de 1980, ce roman est une agréable allégorie d’un Québec démuni à la recherche de son identité.

6 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gérald Godin (1938-1994)

Né le 13 novembre 1936 à Trois-Rivières, Gérald Godin fera ses études au Séminaire Saint-Joseph de sa ville natale. Il en sortira en 1959 pour entrer comme correcteur d’épreuves puis comme journaliste au quotidien Le Nouvelliste. Dès 1963, il s’installera à Montréal et travaillera à Radio-Canada, puis deviendra directeur de l’information à Québec-Presse de 1969 à 1973.

Il publiera durant ses années à Trois-Rivières trois recueils de poésie qui, republié ensemble sous le titre Ils ne demandaient qu’à brûler, lui vaudront de nombreux prix littéraires. En 1975, il devient professeur de journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Dès 1976, il se lance en politique. Il deviendra député, puis ministre de l’Immigration. En 1982, il est ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française.

En juin 1984, Gérald Godin ressent les premiers symptômes d’une tumeur au cerveau. Après une opération parfaitement réussie, il pourra reprendre sa vie d’homme politique. En 1985, il sera ministre des Affaires culturelles. Le 12 octobre 1994, il succombera d’une tumeur au cerveau.

Ils ne demandaient qu’à brûler (1987)

je veux être seul

tuez mes chevaux

que je les entende crever d’ici

que je croie du moins qu’ils pleurent leur maître

non laissez la vie à l’un d’eux

que je sois moins seul à souffrir

dans cette baraque

Le langage est cru et direct, Seul est un des poèmes de jeunesse qui ouvre le recueil qui retrace le cheminement du poète. Le langage est bien québécois, en cohérence avec les combats de Gérald Godin. Quand il compose les cantouques, il utilise le mot de l’outil qui sert à trimballer des billots pour créer des poèmes qui trimballent des sentiments. Il restera réaliste, cru et direct jusqu’au bout pour parler de la maladie qui l’emportera:

tu constatais

que ta main gauche

la maudite

ne répondait plus

« C’est normal », disaient-ils

ta tumeur était à droite…

3 juillet 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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André Giroux (1916-1977)

André Giroux est né en 1916 à Québec où il suivra ses études secondaires à l’Académie de Québec. À 20 ans, à la mort de son père, il quitte ses études et entre comme secrétaire au Secrétariat de la province. Il sera ensuite publiciste, puis secrétaire au ministère de l’Industrie et du Commerce, toujours à Québec. Il sera durant 3 ans directeur de l’information à la délégation générale du Québec à Paris. Il finira sa carrière comme sous-ministre adjoint au ministère des Affaires culturelles.

Dès 1940, il s’engage en littérature en fondant la revue Regards. En 1948, son premier roman, Au-delà des visages, est très bien reçu par la critique. Il écrira ensuite des sketchs pour la série Trois de Québec de Radio-Canada. En 1953, Le gouffre a toujours soif sera son deuxième roman. Il publiera encore un recueil de nouvelles en 1959 Malgré tout, la joie!

Il rédigera aussi un téléroman hebdomadaire, 14 rue de Galais entre 1954 et 1957, toujours pour Radio-Canada. André Giroux décèdera le 28 juillet 1977, 4 jours après avoir été victime d’un accident de la route près de Drummondville.

Au-delà des visages (1948)

Jacques Langlet a commis un meurtre. Il a assassiné sa maîtresse dans un hôtel. À partir de ce simple fait divers, nous allons explorer l’entourage du meurtrier. Tour à tour, le marchand de journaux, l’avocat, les parents, les amis de Langlet vont nous livrer leurs sentiments. Langlet finira en prison, mais l’image d’une femme le laissera libre dans sa tête.

Enfin, il se passe quelque chose dans la ville. Le journal se vend bien, les fonctionnaires, collègues de Langlet, peuvent diversifier leurs discussions internes. Les amies de la mère de l’assassin peuvent pimenter leurs rencontres, pensez, un fils de bonne famille… on savait bien qu’il y avait des lacunes d’éducation. L’avocat novice rêve du procès qui le rendra célèbre et aimé de sa femme. Le père de l’accusé reverra sa jeunesse et ses fautes. Enfin, un ami prendra la défense envers et contre tout.

Procédé narratif innovant, André Giroux nous laisse découvrir ce fait divers à travers le prisme des autres. Sa critique de la société bien-pensante est sévère. L’univers balisé par les conventions sociales et l’influence de l’église vole petit à petit en éclat. Jacques Langlet est le prétexte d’une introspection du Québec d’après-guerre.

29 juin 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Roland Giguère (1929-2003)

Roland Giguère

Roland Giguère

Né à Montréal le 4 mai 1929, Roland Giguère y étudiera à l’Institut des arts graphiques de sa ville natale. En 1950, au sortir de l’école, il fonde les éditions Erta qui feront paraître ses premières oeuvres ainsi que celles de ses amis. Il travaillera dans sa maison d’édition durant plus de 50 ans. Il séjournera quelques années en France où il collaborera à diverses revues.

En 1949, il publie son premier recueil de poèmes, Faire naître. Une dizaine suivront régulièrement avant qu’il atteigne la reconnaissance publique avec L’âge de la parole publié en 1965. Son rôle déjà grand dans le développement de la culture québécoise devient alors capital. Fortement influencé par le surréalisme, il est un des premiers à faire émerger l’être intérieur de l’homme.

En 1974, il refuse le prix du gouverneur général pour des raisons politiques. Ne voulant pas limiter la poésie à l’écrit, il en a fait une manière de vivre et de traduire sa révolte. En 1999, il a reçu le prix David pour l’ensemble de son oeuvre. Malade, souffrant de problèmes de vue et d’ouïe, Roland Giguère mettra fin à ses jours à 74 ans. On retrouvera son corps dans la Rivière des Prairies à Montréal le 17 août 2003.

Cœur par cœur (2004)

giguere-livreJe sais par cœur mille chansons vieillottes

et des vers sublimes de poètes inconnus

je sais par cœur des noms de villes perdues

des noms de femmes aimées des noms peu communs…

je te connais par cœur et même sans mémoire

je t’aime encore et toujours

pour finir en beauté cette dernière rengaine.

Les mots sont pour Marthe, la muse du poète, celle qui a conduit la réalisation de Cœur par cœur. Ouvrage posthume, faits de textes publiés dans des revues ou complètement inédits. Avant de partir sur d’autres rivages, le poète lui a laissé carte blanche. Les textes sont profonds, les mots chantent facilement.

… mille sentiers perdus dans une forêt de plombagine

un crayon qui erre et ne reviendra jamais plus

à sa ligne initiale en bas de la page

comme le fils des mots brisés dans les bruits.

26 juin 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Jean-Claude Germain (1939-…)

Jean-Claude Germain

Jean-Claude Germain

Né à Montréal le 18 juin 1939 dans la Rue Fabre, Jean-Claude Germain suivra ses écoles primaires et son secondaire classique au collège Sainte-Marie. Il deviendra très jeune un homme de théâtre. Durant ses études à l’Université de Montréal, il fonde, en 1958, le Théâtre Antonin-Artaud. Devant l’échec de ce projet, il se fait épicier durant 3 ans.

Il deviendra ensuite journaliste, critique dramatique et, dès 1972, il enseigne à l’École nationale de théâtre du Canada et devient directeur du Centre du théâtre d’aujourd’hui. Son premier échec théâtral ne le décourage pas, il fonde en 1968 le Théâtre du même nom (TMN), un théâtre expérimental qui s’écarte des dogmes du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).

Jean-Claude Germain écrit dans de nombreuses revues culturelles, il écrit ou coécrit une dizaine de pièces de théâtre. Dans les années 60, il publiera des poèmes dans l’Action nationale. Il recevra de nombreux prix et récompenses. Dans les années 2000, il écrira une série d’ouvrages à partir de ses souvenirs de jeunesse.

Le coeur rouge de la bohème (2008)

germain-livreLe Montréal des années 50 s’ignore, mais il est proche des grandes capitales mondiales. Une population jeune, artistique et sans limites vit son rêve de plénitude. La bohème, le refuge de ces marginaux est une pépinière de personnalités hors du commun qui a fait le Québec moderne. Jean-Claude Germain nous emmène sur les pas de sa jeunesse.

Il venait de fêter ses 20 ans lorsque, le 7 septembre 1959, Maurice Duplessis décédait. La Révolution tranquille pouvait débuter. Les lumières se sont alors allumées, la Grande noirceur basculait dans l’histoire. C’est la vie en marge du régime conservateur que nous présente Jean-Claude Germain. Toutes les révolutions futures étaient déjà en marche dans la bohème montréalaise.

Sur le parcours de l’autobus 52, dans les méandres des nuits de la capitale économique, nous découvrons la vie d’un monde foisonnant. Le Refus global, Claude Gauvreau, Jean Saint-Pierre, son épouse sur sa vespa rouge et tant d’autres nourrissent les pages de ce retour sur une jeunesse vécue au rythme du coeur alternatif de Montréal.

22 juin 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gratien Gelinas (1909-1999)

Gratin Gélinas

Gratin Gélinas

Gratien Gélinas est né à Sainte-Tite en Mauricie dans un milieu pauvre. Il est encore très jeune lorsque sa famille décide de s’installer à Montréal. En 1928, il doit quitter le collège de Montréal où il suivait des études classiques. Il doit travailler pour aider sa famille. Il fonde alors, avec quelques camarades, une troupe de théâtre amateur.

Dès 1934, il travaillera pour la toute jeune Radio-Canada où il décroche un rôle dans un radio-roman. Dès 1937, Le Carousel de la gaité, une émission humoristique dont il est l’auteur, donnera à Gratien Gélinas et à son personnage Fridolin, la notoriété. Sa carrière théâtrale est lancée. Fridolinons est une revue annuelle tirée des incartades du personnage qui fera le tour de la Province.

En 1948, Tit-Coq, une pièce qui raconte les déboires d’un bâtard, militaire au chômage, sera un très grand succès. Gélinas est un auteur et un acteur de théâtre reconnu. Il jette les bases de l’art dramatique québécois.Il enchaînera ensuite des pièces qui dépeignent la société québécoise. Il travaillera aussi pour le cinéma à la fin de sa carrière. Il meurt aux Deux Montagnes, proches de Montréal, en 1999.

Bousille et les justes (1959)

gelinas-livreAimé Grenon est accusé de meurtre. La famille Grenon se retrouve donc dans un hôtel de Montréal afin de suivre le procès. Il faut absolument que ce fils de bonne famille s’en sorte, sinon la honte va leur devenir insupportable et ils devront quitter Sainte-Tite. Ces petits bourgeois honnêtes, catholiques et bien-pensants sont prêts à tout pour disculper un des leurs.

Ils ont à leur service Bousille, un simple d’esprit. Il est le seul témoin de la bagarre entre Aimé Grenon et Bruno Maltais qui est décédé parce qu’il courtisait la soi-disant fiancée d’Aimé. Bousille a entendu des paroles compromettantes qui pourrait faire condamner le fils Grenon pour préméditation. La thèse de l’accident ne tient pas si Bousille dit toute la vérité.

Henri et Phil, les beaux-frères vont le convaincre de la loyauté nécessaire à la famille. Bousille ne peut pas se parjurer, il a trop peur du jugement de Dieu. Ruse et violence permettront de le convaincre. Il omettra le passage compromettant. Pendant que la famille fête l’acquittement d’Aimé, un téléphone leur apprend qu’en rentrant à Sainte-Tite, Bousille s’est pendu.

19 juin 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Claude Gauvreau (1925-1971)

Claude Gauvreau

Claude Gauvreau

Né à Montréal le 19 août 1925, Claude Gauvreau fera ses études classiques au collège Sainte-Marie de Montréal. Il obtient en 1947 un baccalauréat en philosophie à l’Université de Montréal. Cette même année sera celle de la parution de sa première oeuvre littéraire: Bien-être. Cette pièce de théâtre a été écrite pour sa muse Murielle Guilbault dont il est amoureux.

Amour à sens unique qui se terminera pas le suicide de Murielle en 1952. Claude Gauvreau, par l’intermédiaire de son frère, fait la connaissance de Paul-Émile Borduas et devient le poète et l’avocat du groupe des Automatistes. Il cosignera en 1948 le Refus global. Après la mort de Murielle, il suivra plusieurs traitements psychiatriques. En 1952, paraîtra également son unique roman, Beauté baroque.

Parallèlement à son oeuvre créatrice, Gauvreau sera critique de théâtre et polémiste pour diverses publications. Il organisera la dernière exposition des Automatistes en 1956.

Sa participation à la nuit de la poésie du 27 mars 1970 sera remarquée. En 1971, après les dernières mises au point avec le metteur en scène des Oranges sont vertes, il se défenestre le 7 juillet.

Les oranges sont vertes (1970)

gauvreau-livreIvirnig est un auteur, critique d’art et polémiste à succès. Il a autour de lui une cour d’artistes qui le courtisent. Cochebenne, Ivulka et Drouvoual viennent tour à tour lui offrir une de leurs oeuvres. Ils sont la crème d’un mouvement encensé par Ivirnig. Mais la belle Cégestelle dont Ivirnig est éperdument amoureux se suicide brutalement.

Commence alors la lente déchéance. Les mots d’Ivirnig se déstructurent petit à petit, seule son écriture est encore fulgurante. Son salon devient poussiéreux et le laisser-aller physique illustre la descente psychique. Une polémique artistique dont le groupe sort vaincu donne le signal de l’abandon. Le groupe semble se désintégrer, chacun veut sauver ce qu’il peut.

La pièce finit avec la mort d’Ivirnig et l’arrivée redoutée durant toute la pièce du mystérieux Batlam qui détruira tout. Le langage « exploréen » est souvent déroutant. Claude Gauvreau nous emmène, dans cette dernière oeuvre, dans une expérience de déstructuration du langage et de recherche du son juste qui peut laisser perplexe, mais la force de la pièce réside dans son expression biographique des tourments d’un artiste.

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