Valais Libre

30 novembre 2013

Calendrier historique du Valais: 30 novembre – 1651 – La Sionne déborde

Sion sous les eaux

30 novembre SionneLa ville de Sion est en émois ce 30 novembre 1651, la nature se déchaîne. Les précipitations automnales sont exceptionnelles. Les rivières débordent régulièrement et la Sionne ne fait pas exception, mais en ce dernier jour du mois de novembre, les dégâts sont importants dans la capitale valaisanne. De nombreuses maisons sont emportées par les eaux en furie.

Le centre du Valais n’est pas le seul touché par ce phénomène, à Brigue, on retrouve sur un mur d’une digue de la Saltina l’inscription 1651. Plus bas sur le cours du Rhône, on relate divers débordements exceptionnels. Des relevés montrent que l’Isère a un débit 10 fois supérieur à sa normale en cet automne 1651.

En 1651, la consternation fut générale. Jamais en France on n’avait vu de si fréquentes pluies enfler tellement les rivières et les fleuves…écrit Auguste Bouchayer dans un rapport. Colbert, alors au service de Mazarin et les ingénieurs du roi Louis XIV tenteront de limiter le déboisement qui accélérer la fréquence des crues et entreprendront des travaux de protection. En Valais, Gaspar Jodoc Stockalper, le grand homme d’affaire de l’époque, proposera divers travaux pour protéger les voies commerciales.

29 novembre 2013

Calendrier historique du Valais: 29 novembre – 1847 – Le Valais capitule

Fin du Sonderbund

 

Général Guillaume-Henri Dufour

Général Guillaume-Henri Dufour

Le Valais, dernier bastion du Sonderbund, capitule. Trois émissaires apportent l’acte de capitulation du Valais au colonel Rilliet-Constant, alors stationné à Bex. Cet accord est accepté et ratifié le jour même et les troupes valaisannes se retirent alors que les troupes fédérales entrent sur le territoire valaisan.

À peine un mois après le déclenchement des hostilités la guerre civile est terminée. La sagesse et le désintéressement du général Dufour auront permis de limiter les effusions de sang et de jeter les bases d’une reconstruction fédérale harmonieuse.

86 morts et 450 blessés, voilà le bilan de ces combats fratricides. Pourtant 100 000 hommes de l’armée fédérale faisaient face à 30 000 membres des forces du Sonderbund, mais le déséquilibre s’accentua encore par la mauvaise coordination des troupes catholiques.

La connaissance du terrain du Général Dufour qui avait cartographié la Suisse, la sagesse tactique du fondateur de l’école militaire de Thoune et sa volonté d’en finir vite sans faire couler trop de sang, auront permis au pays de se sortir des querelles religieuses sans trop de dégâts.

Le Valais, comme les autres cantons membres de l’alliance du Sonderbund, verra un nouveau pouvoir plus libéral s’installer pour quelques années.

28 novembre 2013

Madeleine Gagnon, Je m’appelle Bosnia

Madeleine Gagnon (1938 – …)

Gagnon_8802Née le 27 juillet 1938 à Amqui dans la vallée de la Matapédia au Québec, Madeleine Gagnon étudiera chez les Ursulines de Rimouski et de Québec. Elle obtiendra son baccalauréat ès arts à l’Université Saint-Joseph de Moncton (collège pour filles Notre-Dame de l’Acadie) en 1959. Elle poursuivra ensuite ses études à Montréal et obtient sa maîtrise à L’Université de Montréal en 1962, avant d’aller en France, à Aix en Provence.

Elle rentrera au Québec avec un doctorat en littérature en poche et, dès 1969, sera professeure au département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Elle collabore à plusieurs revues littéraires, dont Chroniques et Possibles. Elle donne de nombreuses conférences à l’étranger sur la littérature québécoise.

Dès la fin des années 60, elle publie régulièrement des romans et des essais. Elle participe dans les années 70 au mouvement indépendantiste, elle est également une militante féministe très active et reconnue. De nombreux prix viendront couronner une brillante carrière littéraire.

Je m’appelle Bosnia (2005)

Gagnon livreSabaheta lutte avec son père dans le maquis bosniaque en compagnie de son père. Adem se bat lui avec la résistance de Sarajevo sous les ordres de Milovan. Sabaheta entend un coup de feu et découvre son père mort. Adem profite d’un congé pour retourner dans son village, les têtes des siens sont plantées sur des pieux en bois.

Sabaheta enterre son père et rentre à Sarajevo pour retrouver des amies d’Université. Adem rentre aussi à Sarajevo après avoir tué les assassins de sa famille. Leurs chemins vont se croiser, ils vont s’aimer. Après la mort de ses amies, la folie de sa mère et la disparition de son frère. Sabaheta qui prend le nom de Bosnia veut quitter Sarajevo.

Avec l’aide de Milovan, Adem et Bosnia passeront par Paris avant de trouver paix, bonheur et sérénité au Québec. Madeleine Gagnon peint un tableau cru de la guerre en ex-Yougoslavie vue et surtout vécue par une femme qui doit faire face, en plus des terreurs de la guerre, à la place réservée aux femmes dans un milieu musulman.

Calendrier historique du Valais: 28 novembre – 1799 – Je ne suis pas un conspirateur

Rébellion du Haut-Valais

28 novembre rebellionC’était avec une vraie douleur que j’ai appris la rumeur d’avoir été dénoncé auprès des autorités supérieures comme un citoyen perfide à sa patrie et à son serment civique. Cette accusation que des apparences extérieures paraissent accréditer et à laquelle je devais presque m’attendre… Ainsi commence le mémoire de défense que Pierre-Joseph de Chastonay envoie, ce 28 novembre 1799, au commissaire Wild

L’ancien grand-châtelain de Sierre et gouverneur de Monthey sera réhabilité et disculpé en décembre. Cet épisode illustre les tensions qui règnent en Valais après l’arrivée des troupes révolutionnaire française en 1798. Le Haut-Valais n’accepte pas la prétendue libération par cet occupant. Au début mai 1799, une insurrection armée a lieu.

Les troupes haut-valaisannes descendront jusqu’à Riddes, avant de se faire repousser à partir du 15 mai 1799 par les soldats de la République helvétique. Appuyés par des renforts autrichiens, ils résisteront jusqu’à la mi-août, moment où les Autrichiens se replieront par le Simplon et la Furka. Les autorités de la République sous le contrôle de la France puniront sévèrement les chefs rebelles.

27 novembre 2013

France Théoret, une belle éducation

France Théoret (1942 – …)

ThéoretNé le 17 octobre 1942 à Montréal, France Théoret détient une maîtrise en arts de l’Université de Montréal et un doctorat en études françaises de l’Université de Sherbrooke. Elle étudiera également la sémiologie et la psychanalyse à Paris entre 1972 et 1974. Elle enseignera durant 19 ans la littérature au niveau collégial, principalement au CEGEP Ahunstic à Montréal.

En 1976, elle est une des fondatrices du journal féministe Les Têtes de pioches. Elle fondera également un magazine, Spirale, qu’elle dirigera entre 1981 et 1984. Ces genres privilégiés sont la poésie, les essais et les romans, elle s’essaiera également à l’écriture théâtrale. France Théoret se consacre totalement à l’écriture après avoir quitté l’enseignement.

Elle anime régulièrement des colloques, des conférences et des séminaires au Québec et un peu partout en francophonie. Elle siègera deux fois, de 1987 à 1990 et de 1996 à 1999 au conseil d’administration de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois. France Théoret a reçu le Prix Athanase-David en 2012.

Une belle éducation (2006)

Théoret livreÉvelyne est brillante à l’école. Tous les jours elle va chez les soeurs pour s’évader de la misère de son quartier de Saint-Henri à Montréal. Elle vit avec ses frères et sa soeur dans une demeure sale et humide où, dès la nuit tombée, les rats règnent en maîtres. Son père a acheté une épicerie, il veut devenir riche. La réussite qui ne vient pas est source de dispute fréquente entre les parents.

L’éducation est rude, une fille doit apprendre à obéir. La mère d’Évelyne est très stricte. Son père ne comprend pas l’obstination de sa fille à vouloir étudier plutôt que venir l’aider. Le latin ne sert à rien. La famille déménage à Saint-Jérôme, le père a acheté un hôtel. Les filles restent en pension à Montréal pour poursuivre les études. Évelyne aime sa solitude.

Elle doit rester humble. Elle est la plus brillante, mais les soeurs la mette en garde, un tel don lui impose des obligations. Les parents l’autorisent à entrer à l’école normale. Elle enseignera une année, après, il faut penser à se marier. Le mari ne convient pas au père, elle travaillera à l’hôtel, silencieuse. 30 ans plus tard, nous retrouvons Évelyne et sa mère à Montréal. Elles ne se comprennent toujours pas.

Calendrier historique du Valais: 27 novembre – 1614 – Hildebrand II Jost

Fin de la Caroline

 

monnaie à l'effigie d'Hildebrand II Jost

monnaie à l’effigie d’Hildebrand II Jost

Pour la première fois, le grand bailli s’avance vers le nouvel évêque pour lui remettre le glaive de la régalie et les clefs de la Majorie. Ce 27 novembre 1614, la cathédrale de Sion est le théâtre d’une étape décisive quant au contrôle du pouvoir en terre valaisannne. Les VII Dizains sont souverains. Le chapitre de la cathédrale et le nouvel évêque Hildebrand II Jost renonce à la Caroline.

Cette Caroline est un acte par lequel Charlemagne aurait donné le territoire du Valais à son premier évêque Saint-Théodule. Par cette donation, l’empereur faisait de l’évêque de Sion le comte du Valais. Pouvoirs temporel et spirituel étaient réunis. Les patriotes demandaient une concession symbolique, montrant bien qu’ils dominaient l’Église de Sion.

L’épiscopat d’Hildebrand II Jost fut mouvementé, son pouvoir remis sans cesse en question, il vécut la montée en puissance des patriotes emmenés par Michel Mageran, un notaire protestant convertit au catholicisme afin d’accéder à des charges politiques. La mort des deux hommes en 1638 calma un peu les tensions et le Valais entra dans une ère de développement.

26 novembre 2013

Gilbert La Rocque, le passager

Gilbert La Rocque (1943 – 1984)

La RocqueNé à Montréal le 29 avril 1943, Gilbert La Rocque suit des études classiques jusqu’en belles-lettres. Il sera ensuite ferblantier, ouvrier dans la chaussure et commis à l’hôtel de ville de Montréal-Nord pendant huit ans. C’est à ce moment-là qu’il écrit ses premiers romans: Le Nombril, 1970; Corridors, 1971.

En 1972, il entre dans les métiers de l’édition. Il travaillera successivement comme chef de rédaction aux Éditions de l’Homme, directeur littéraire aux Éditions de l’Aurore et directeur littéraire aux Éditions Québec Amérique.En 1979, il fonde la revue littéraire Québec Amérique tout en gardant la direction littéraire des éditions.

Gilbert La Rocque tente de créer sa propre langue: style haché, parfois télégraphique, phrases inachevées, ponctuation fantaisiste, kaléidoscope d’images poétiques et variées. Il donne ainsi un souffle caractéristique à ses romans qui connaissent plus facilement le succès que ces poèmes ou biographies.

Gilbert La Rocque est décédé le 26 novembre 1984.

Le passager (1984)

La Rocque livreBernard Pion est esclave de son corps. Passager dans être qu’il ne domine pas, nous suivons ses errances durant 60 heures décisives. Enfant peureux et soumis, il avait étouffé incompréhensiblement son canari après que son père alcoolique l’ait, une fois de plus, battu. Cet épisode reviendra le hanter durant ces quelques heures suffocantes.

Bernard Pion est un écrivain plutôt raté, plutôt inaperçu. Il menace de botter le cul d’un critique littéraire lors d’un cocktail où il est passablement éméché. Dès lors, tout va s’enchaîner, une rentrée houleuse, une errance dans la ville, le commissariat, une tentative de suicide. Pion pense avoir tué sa blonde comme son canari après avoir poignardé le critique littéraire.

Le refuge de son oncle au mont Saint-Hilaire n’en sera pas un. Arrêté après être entré dans une ferme, il finira par se pendre en prison. Liliane sa blonde qui est bien vivante viendra le récupérer, mais il est trop tard. Bernard survivra peut-être, mais la folie a gagné. L’écriture de Gilbert La Rocque nous plonge dans un malaise permanent.

Calendrier historique du Valais: 26 novembre – 1947 – Mort du loup

Eischoll

26 novembre loupMarinus et Albin Brunner, armés d’un fusil, se cachent dans la grange avec l’espoir d’éliminer les nuisibles. En fin de soirée, leur patience est récompensée, car une des bêtes passe à plusieurs reprises devant eux. Albin attend que sa proie soit suffisamment proche et tire à distance de 50 mètres. L’animal s’écroule avant d’être achevé à coups de crosses. Anne Bachmann décrit dans son mémoire de 2009 la fin du monstre du Valais.

Ce 26 novembre 1947, la mort à Eischoll près de Rarogne d’un loup met fin à plus d’une année de traque. Le 26 avril 1946, la découverte de 13 moutons égorgés à Finges met le Valais en émois. La presse valaisanne et romande va s’emparer de l’affaire. Une année de traque, d’autres carnages ovins, rien n’y fait, la peur plane sur la vallée.

Panthères, pumas, lynx, chiens-loups, toutes les hypothèses sont émises. Une prime est offerte par la police cantonale. Finalement c’est en surveillant les entrailles d’une vache fraîchement abattues que le monstre sera envoyé au musée d’histoire naturelle de Sion et l’histoire s’achèvera. Provisoirement puisque depuis la fin 1994, des loups sont régulièrement observés en Valais, mais plus question de les chasser si facilement.

25 novembre 2013

Calendrier historique du Valais: 25 novembre – 1286 – Émmigration des Walser

Diaspora haut-valaisanne

25 novembre WalserLa paroisse de Roveredo, actuellement dans les Grisons, tout proche du Tessin, et le bailli de Sax-Mixor qui administre la région, accordent des terres dans le Rheinwald de l’autre côté du San Bernardino à une communauté de Walser. Ce document daté du 25 novembre 1286 est un des premiers qui attestent de la colonisation des Walser.

La légende raconte que 12 jeunes conjurés haut-valaisans se seraient enfuis après avoir assassiné leur seigneur trop attaché au droit de cuissage… Peu importe quelle est la réalité de cette anecdote, le XIIIe siècle voit se développer dans les Alpes une série de colonies en provenance du Haut-Valais.

De l’Autriche à Chamonix en passant par les Alpes italiennes, nombreux sont les lieux-dits qui mélangent un italien germanisé ou un allemand italianisé. De nombreux historiens se sont penchés sur l’origine de ces communautés. Elles semblent toutes provenir de souches du Haut-Valais.

Ces Walser demeurent attachés aux Alpes. Ils restent accrochés à la montagne et délaissent les terres fertiles de la plaine…

24 novembre 2013

Calendrier historique du Valais: 24 novembre – 1392 – La Morge comme frontière

Paix entre la Savoie et l’évêque de Sion

24 novembre MorgeLes casques aux panaches ondoyants, les riches armures qui lancent des éclairs d’or, sont broyés sous la massue vengeresse, et leurs débris informes se mêlent à la poussière du chemin. Le peuple, poursuivant sa victoire, livre aux flammes les châteaux d’Ayent et de Conthey… le lyrisme dont fait preuve Hilaire Gay dans sa petite histoire du Valais parue en 1910 évoque la fin de l’influence de la famille de la Tour en Valais.

Après le meurtre de l’évêque Guichard Tavelli par Antoine de la Tour, les communes se révoltent et, sous la conduite de Pierre de Rarogne, chasse la famille proche du comte de Savoie. Amédée VII, dit le comte rouge ne l’entend pas ainsi et intervient violemment. En 1384, Sion est pillée et incendiée, en 1387, il s’avance jusqu’à Salquenen, mais, en 1388, le comte rouge est battu à Viège. La mort d’Amédée VII en 1391 permettra la paix.

Elle est conclue ce 24 novembre 1392. Les VII dizains de Conches, Brigue, Viège, Rarogne, Loèche, Sierre et Sion, s’engagent à payer des frais de guerre à la Savoie. Le Valais est formellement partagé entre l’évêque de Sion et le comte de Savoie. La Morge de Conthey devient la frontière entre les deux territoires. Ce traité amènera quelques années de calme.

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