Valais Libre

31 août 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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Gatien Lapointe (1931-1983)

Gâtine Lapointe

Né le 18 décembre 1931 à Sainte-Justine de Dorchester, Gatien Lapointe étudie au petit séminaire de Québec. Il étudie ensuite à l’Université de Montréal où il obtient une licence en lettre en 1955 avant d’entrer à l’École des arts graphiques de Montréal. Il s’initie alors à l’édition. En 1956, il obtient sa maîtrise et part pour la France grâce à une bourse de la Société royale du Canada.

Il suit des cours au collège de France et à la Sorbonne. Il profite de son séjour en Europe pour visiter l’Italie et l’Espagne. De retour au Canada en 1962, il entre comme professeur au Collège militaire de Saint-Jean. Il poursuivra sa carrière dès 1969 à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est aussi un des fondateurs de la maison d’édition Écrits des Forges.

Dès 1953, il publie régulièrement des recueils de poésie. Son Ode au Saint-Laurent, parue en 1963 le consacrera comme un poète majeur du Québec. Ne voulant pas se répéter, il mettra du temps pour inventer un nouveau langage poétique. Gatien Lapointe s’éteint le 15 septembre 1983 dans sa résidence de Sainte-Marthe-de-Champlain.

Arbre-Radar (1980)

…coeur corail, coeur primevère dans le désir safrané ellipses de muter, eux à côté, émotions en brouillons de l’avenir… les mots sont audacieux, la poésie expérimentale. Le langage neuf cherche les accents d’avant la création du langage, d’avant même la création du monde. Les textes courts et percutants s’enchaînent.

Il convient donc de lire Arbre-Radar avant tout comme des compénétrations de sons et de mots modulées sur celles des moindres parcelles effervescentes de ce qui, dans le grand chaos d’avant le Big Bang, deviendra du végétal, du minéral, de l’animal et de l’humain… L’introduction de Bernard Pozier, le directeur littéraire des Écrits des forges qui publie l’ouvrage ne nous éclaire guère plus.

Il faut simplement se laisser plonger dans l’univers de Gatien Lapointe. Roue de mots en essaims moirures du désir dans le cru écouté de créer la syntaxe des muscles racines d’uts d’yeux. Les mots écrits à la craie sur un tableau sont là pour leur musique plus que pour leur sens.

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150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

31 août 1931 – Naissance de Jean Béliveau

Jean Béliveau

Arthur Béliveau et Laurette Dubé-Béliveau sont très heureux ce 31 août 1931. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de donner le jour à une légende du hockey, mais ils se réjouissent de la venue au monde du petit Jean, le premier enfant d’une famille qui en comptera huit. Après ces premières années à Trois-Rivières, la famille déménagera à Victoriaville. Jean découvrira le hockey avec l’Académie Saint-Louis, puis avec les panthères de Victoriaville. Durant ces jeunes années, en plus du hockey, il jouera aussi au baseball, et il reçut même une offre d’une équipe professionnelle de ligue mineure.

Mais le hockey prend rapidement toute la place. À 16 ans, il rejoint les Tigres de Victoriaville, puis, à 18 ans, il participe à un camp d’entraînement des Canadiens de Montréal. Il joue alors pour les Citadelles de Québec. Il refuse l’offre des Canadiens et poursuit sa carrière à Québec. L’année suivante, il débute sa carrière senior avec les As de Québec. Il se joindra ensuite aux Canadiens de Montréal où il connaîtra une carrière exceptionnelle avec la conquête de 10 coupes Stanley entre 1955 et 1970, sans compter les multiples autres trophées.

Après l’annonce de la fin de sa carrière, son numéro 4 est retiré et il reçoit une offre pour poursuivre son travail avec l’organisation des Canadiens. Une année plus tard, en 1972, il est intronisé au Temple de la renommée du hockey sans attendre le délai normal de trois ans. En tant que membre de l’organisation des Canadiens, il verra encore son nom être gravé sept fois sur la coupe Stanley. Le Québec est en deuil. L’un des monuments de notre histoire, Jean Béliveau, est mort mardi à l’âge de 83 ans.C’est ainsi que Radio-Canada annoncera sa mort le 2 décembre 2014. Il aura droit à des funérailles nationales.

30 août 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

30 août 1960 – Publication des Insolences du frère Untel

C’est à la hache que je travaille. Le temps n’est pas aux nuances aux pays du Québec. Quand tout le monde parle joual, ce n’est pas le moment de surveiller ses ne … pas et ses ne … que. Si un homme est en train de dormir dans sa maison en feu, on ne le réveille pas au son de la petite sérénade nocturne de Mozart. On lui hurle de se réveiller, et s’il dort dur, on le taloche aller-retour. Le décor est posé ce 30 août 1960. Le frère Untel lance un cri d’alarme qui secouera le petit monde de l’éducation québécoise.

Parues d’abord sous forme de lettres dans le Devoir à partir de la fin 1959, les insolences du frère Untel suscitèrent de nombreuses réactions et déclenchèrent un feuilleton de réponses. Il en paraîtra une douzaine jusqu’en juin 1960. Ces lettres seront à la base du livre qui secoue l’automne québécois. Le frère Untel deviendra la cible de toutes les attaques et de tous les soutiens. Sa dénonciation du parler joual, mais surtout du milieu éducatif est un des signes de la Révolution tranquille qui naît dans la province.

Le frère Untel, Jean-Paul Desbiens de son vrai nom, est un frère mariste, un enseignant qui croit en son métier, mais qui se sent écraser par un système qui ne correspond plus aux besoins de l’époque. Il dénonce la peur qui plane sur ses frères en religion et en enseignement. Il donne même la parole à une soeur qui déclenchera aussi une vaste polémique. Son analyse froide, mais lucide de l’instruction au Québec rendra public un malaise qui empêche des évolutions nécessaires.

 

29 août 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

29 août 1907 – Efffondrement du pont de Québec

État du pont après l’écroulement du 29 Août 1907

Il est 17 h 37 ce 29 août 1907. Un effroyablement craquement se fait entendre sur la rive sud du Saint-Laurent sur le chantier du pont de Québec. À 20 minutes de la fin de leur journée, une centaine d’ouvriers sont entraînés dans le vide. 76 y laisseront leur vie, les autres s’en sortiront plus ou moins blessés. 33 des victimes sont des Mohaws de la réserve de Kahnawake près de Montréal. Malgré un ordre d’arrêt donné par un ingénieur deux jours plus tôt, les travaux ont continué. Des erreurs de calcul sont la cause de ce désastre qui va retarder l’ouverture du pont de Québec d’une dizaine d’années.

Catastrophe nationale, un deuil épouvantable s’abat sur Québec. Le titre de La Patrie du lendemain est sans équivoque. Le journal montréalais relate en détail la chronologie de cette tragédie. Un procès conclura à la faute professionnelle. La Phoenix Bridge Company de Pennsylvanie et son ingénieur Théodore Cooper seront blâmés. Le pont dont les travaux avaient débuté au début du siècle arrivait presque au moment où ses arches parties du sud et du nord allaient se rejoindre.

Il faudra attendre les résultats de la commission d’enquête et le dégagement des tonnes d’acier tordu avant de voir les travaux reprendre sous la direction d’un nouvel ingénieur d’une compagnie montréalaise qui reprit tous les calculs. Un nouvel accident, le 16 septembre 1916, viendra endeuiller une nouvelle fois le chantier au moment de l’élévation de la partie centrale préfabriquée en causant la mort de treize personnes. Une année plus tard, le pont sera enfin achevé et premier train le traversera le 3 décembre 1917.

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

29 septembre 1885 – L’électricité sur la terrasse Dufferin

Terrasse Dufferin

20 000 personnes sont massées sur la terrasse Dufferin ce 29 septembre 1885. Elles viennent assister à une expérience extraordinaire. Sigismund Mohr, de la Compagnie de lumière électrique de Québec et de Lévis fait une démonstration des avantages de l’électricité pour l’éclairage extérieur dans la ville de Québec.

…Instantanément, le fluide a fait surgir des ténèbres 34 foyers lumineux qui ont acquis en quelques secondes une puissance considérable. L’aspect de la terrasse a été transformé comme par une baguette magique, et les acclamations ont éclaté de toute part, réveillant les échos paisibles de la nuit.Le journaliste du Canadien décrit ainsi la scène dans l’édition du lendemain.

L’énergie électrique est produite à partir des installations des chutes Montmorency. Malgré la déperdition de fluide qui se produit nécessairement sur le parcours, on obtient une lumière d’un brillant et d’une stabilité incontestables. Cette expérience consacre en outre la substitution énormément avantageuse de la force hydraulique à celle de la vapeur qui coûte beaucoup plus cher.

L’expérience permettra de prouver les avantages de cette lumière qui se développera irrésistiblement dans la Province.

L’ingénieur Sigismund Mohr passionné également par le télégraphe et le téléphone sera dès lors considéré comme un héros.

Il y a 150 ans dans le Confédéré… Jeudi 29 août 1867

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Lettre du haut-Valais, choléra militaire et cure de raisins à Interlaken…

28 août 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

28 août 1917 – Loi sur la conscription

Soldats canadiens durant la Première Guerre mondiale

Le Canada accepte-t-il de diminuer son effort dans la période la plus critique de la guerre où il s’agit de son héritage, de sa constitution et de sa liberté. Je suis sûr que la réponse de la Chambre et du pays sera la même, à savoir que le Canada ne peut et ne doit lâcher prise. Le premier ministre du Canada, le conservateur Robert Borden ira jusqu’au bout de son idée. Ce 28 août 1917, le gouverneur général du Canada promulgue Loi sur le service militaire obligatoire. Elle sera bientôt suivie par une proclamation ordonnant aux célibataires de 20 à 34 ans de s’enrôler.

La guerre en Europe s’enlise, au Canada l’enrôlement volontaire diminue. Les hauts salaires payés par les usines de munition et les besoins de l’agriculture retiennent les hommes au pays. En avril 1917, le Canada perd plus de 13 000 hommes au combat, mais il ne recrute que 5 500 volontaires. Borden malgré ses promesses antérieures songe à appliquer la conscription. Cette idée divise le pays. Les Anglophones au fort attachement sentimental à l’Angleterre s’opposent aux Canadiens français qui ne veulent pas de cet enrôlement forcé.

Finalement la Chambre des communes adoptera en juillet la loi par 102 voix contre 44, le Sénat en fera de même en août par 54 voix contre 25. Bien que des sanctions soient prévues pour punir ceux qui désobéiront à la nouvelle loi, cela n’empêchera pas une violente manifestation de se dérouler à Montréal, deux jours après la promulgation. Plusieurs policiers se rendront sur les lieux pour calmer les récalcitrants. Le lendemain, une autre altercation causera un décès.

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

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André Langevin (1927-2009)

André Langevin

Né à Montréal en 1927, André Langevin perd ses parents alors qu’il est encore en bas âge. Il séjournera dans de nombreux orphelinats durant sept ans. Cette expérience influencera grandement son oeuvre. Après avoir obtenu un diplôme au collège de Montréal, il commence une carrière de journaliste au Devoir.

Il y sera responsable de la rubrique littéraire entre 1945 et 1948. Dans le même temps, il écrit également des articles politiques et des chroniques pour différents autres journaux. Il travaillera ensuite à Radio-Canada où il sera rédacteur d’information. En 1967, il remporte le prix Liberté pour son travail journalistique.

En parallèle, il écrit des romans en deux temps. Entre 1951 et 1957, il publie trois romans et une pièce de théâtre avant un long silence littéraire. Il publiera encore deux romans dans les années 70. Poussière sur la ville, paru en 1953, marque un tournant dans la littérature québécoise: le roman quitte le terroir pour s’occuper plus des passions humaines.

Poussière sur la ville (1953)

Le docteur Lafleur, vieillissant, voit arriver avec bonheur un jeune médecin pour l’épauler dans sa tâche. La ville minière de Macklin tourne autour de l’amiante. Une poussière emplit l’espace à chaque explosion. C’est dans ce décor industriel et étouffant qu’Alain Dubois et sa femme Madeleine débutent leur mariage.

Ils se sont rencontrés peu de temps avant. Ils ne viennent pas du même monde. Il descend de la bourgeoisie, elle vient de la classe laborieuse. Ils ne vivent pas selon le même modèle. Alain est ancré dans la tradition, Madeleine est éprise de liberté. La vie à Macklin va révéler leurs différences. Si Alain aime éperdument sa femme, il est prêt à tous les compromis, les règles sociales ne lui permettront pas de la garder.

Madeleine aime la compagnie des ouvriers. De ses passages chez Kouri, l’établissement où se retrouvent les mineurs au changement d’équipes, va naître le drame. Madeleine tombera amoureuse de Richard. Alain tolèrera l’adultère, mais les clients déserteront son cabinet. Ce sera la descente en enfer pour Madeleine. Elle finira par s’ôter la vie.

27 août 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

27 août 1758 – Les Anglais prennent Frontenac

Bataille de Fort Frontenac

Pierre-Jacques Payen de Noyan ne peut que capituler ce 27 août 1758. Le commandant du fort Frontenac ne peut compter que sur une cinquantaine de soldats français, quelques ouvriers et une centaine d’Amérindiens pour faire face aux 3000 Anglais qui assiègent son fort depuis deux jours. Le colonel John Bradstreet a réussi à ouvrir une brèche dans un bastion avec la force de ses canons. Il s’empare ainsi d’approvisionnement considérable destiné aux postes français de l’Ohio et de Niagara.

Ne fais-je consister la perte que nous faisons das cette place que dans celle de deux de nos plus grosses barques dont les Anglais sont en possession, tente de minimiser le gouverneur Vaudreuil. Il rejettera le blâme de la défaite sur le commandant Payen de Noyan, en affirmant qu’à 63 ans, il était trop vieux pour se battre. Mais, ne croyant pas que la région des Grands Lacs courait des dangers, Vaudreuil avait ordonné le retour des miliciens dans la colonie afin de faire la récolte des grains.

Malgré la belle victoire de Carillon, 1758 marque le début de la fin de la Nouvelle-France. Louisbourg est tombé quelque temps avant la perte du fort qui se situait à l’emplacement de l’actuelle ville de Kignston. Quelques mois plus tard, en novembre, fort Duquesne devenu aujourd’hui Pittsburgh, tombera à son tour. À l’aube de 1759, les routes vers Québec et Montréal sont ouvertes pour les Anglais, il ne reste que fort Niagara qui résistera jusqu’en juillet 1759 pour tenter de stopper l’hémorragie chez les Français.

26 août 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

26 août 1977 – Adoption de la Loi 101

Camille Laurin et René Lévesque

Le Québec est désormais et pour toujours français ! Camille Laurin, ministre d’État au Développement culturel, peut être fier de son travail. Par 54 voix contre 32, l’Assemblée nationale du Québec adopte, ce 26 août 1977 la Charte de la langue française aussi connue sous le nom de Loi 101. Le premier gouvernement du Parti québécois, dirigé par René Lévesque, marquera l’histoire du Québec. Cette loi adoptée durant la première année de la législature ancre la résolution à faire du français la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires.

Cette Charte fait du français la langue officielle du système judiciaire. Elle exige également que l’affichage et les autres formes de publicités commerciales ne se fassent qu’en français. Tous les enfants doivent fréquenter les écoles primaires et secondaires françaises, sauf ceux dont au moins un des deux parents a fait ses études primaires et secondaires en anglais au Québec. Enfin, la Loi 101 affirme la primauté du français au travail. Différentes parties de la loi seront contestées jusqu’en Cour suprême. Finalement, le chapitre proclamant le français langue de la législation et de la justice sera invalidé.

Il ne faisait pas de doute pour moi que le Québec majoritairement français, ne pouvait avoir qu’une seule langue officielle, commune à tous ses habitants, langue de la communication et de la cohésion sociale, langue d’usage de l’administration et de toutes les institutions qui en dépendent, langue de la vie collective, milieu de vie où se meurent avec aisance et bien-être ceux qui l’utilisent pour atteindre à leur plein développement sur tous les plans. Camille Laurin écrira quelques années plus tard les convictions qui ont conduit son action.

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