Valais Libre

14 janvier 2016

Faut-il réinventer l’hiver

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Bonhomme Carnaval et son palais de glace (lapées.ca)

Bonhomme Carnaval et son palais de glace (lapresse.ca)

Les empaillés d'Évolène (valais-community)

Les empaillés d’Évolène (voyages.blogs.rfi.fr)

La dernière conférence de Paris a permis de mettre en vedette les changements climatiques. Plus concrètement, nous le constatons concrètement chaque saison, le temps n’est plus ce qu’il était. Les régions qui vivent du tourisme d’hiver s’inquiètent, doit-on réinventer l’hiver ? – Quelques réflexions sur mon vécu valaisan et québécois.

Sion et Québec sont deux villes d’hiver. Le 16 juin 1995 à Budapest, leur destin est lié. Sion 14 voix, Québec 7 voix, elles sont balayées par les 54 voix de Salt Lake City. La corruption généralisée fomentée par la ville américaine envoie aux oubliettes les rêves de Jeux olympiques. Sion retentera l’aventure 4 ans plus tard sans plus de succès.

Aujourd’hui, les deux villes se questionnent à nouveau. Les retrouvera-t-on face à face pour les JO de 2026 ? Rien ne semble avoir changé dans les pays de l’hiver, le temps passe, les rêves restent. Pourtant, ce n’est pas tout à fait vrai.

Le temps a été très doux en ce début d’hiver. Il a fait 12 degrés à Québec le 24 décembre 2015, du jamais vu. Sion a connu un Noël un peu plus froid, mais à peine. Ces constats font réfléchir. Certains, comme Christophe Clivaz publie leurs études et leurs solutions (Tourisme d’hiver, le défi climatique, Presses Polytechniques Romandes, 2015), d’autres se lancent dans les défis technologiques et la création de neige artificielle à toujours plus grande échelle.

Il faut se diversifier

Tous arrivent au même constat, il faut diversifier l’offre hivernale. Le ski ne sera plus la solution à tout, le pétrole des montagnes. La technologie avec l’apparition des skis taillés avait redonné un élan à un sport en perte de vitesse, il y a une vingtaine d’années. Pas sûr que la science sauvera le sport. Le défi est tout autre aujourd’hui.

L’ouverture de centre de bain au bas des pistes est une tendance marquée depuis quelques années. De nouveaux sports comme le paraski, la luge gonflable ou le ski à voile demandent le même ingrédient de base: la neige. On n’ira pas très loin avec ça.

Dans la région de Québec, le Club Med vient de renoncer à construire un village de vacances d’hiver dans une région grandiose où les pistes de ski plongent jusqu’au Saint-Laurent. Le coup est rude pour le domaine du Massif, mais il est le reflet d’une industrie en perte de vitesse.

La ville de Québec qui se veut la ville d’hiver par excellence investit beaucoup pour son image de ville blanche. Ça fonctionne assez bien, les événements se multiplient: Red Bull Crashed Ice, Jamboree, etc. La ville est sportive, mais son carnaval, rassemblement populaire par excellence, bat de l’aile. Bonhomme Carnaval, célèbre tout autour de la planète, a le spleen. Malgré un voyage à Paris en 2015, il peine à sourire. Son carnaval a des soucis financiers. La fête a changé depuis quelques années, l’alcool ne coule plus autant. Le virage familial produit une féérie avec les sculptures de glace, la course en canot et le palais de Bonhomme, mais même le retour des duchesses de carnaval n’a pas réussi à redonner le lustre d’antan à l’événement.

Heureusement, du côté d’Évolène, les peluches et les empaillés restent fidèles à eux-mêmes. Ils font toujours frémir les étrangers et les enfants. La tradition est bien ancrée et rien ne semble la faire vaciller. Sera-ce suffisant pour sauver l’hiver ?

7 janvier 2016

La fin des journaux papier ?

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Crédit photo: Agence QMI

Crédit photo: Agence QMI

Depuis le 1er janvier 2016, l’édition papier du quotidien québécois La Presse est remplacée par une version numérique. Ce changement marque un tournant dans l’histoire des journaux, pour la première fois, un quotidien d’importance fait le pari d’un virage numérique. Est-ce une folie ou le début de la fin pour les journaux papier ?

« Le succès de La Presse+, l’édition numérique gratuite pour tablettes, permettra à La Presse de franchir un jalon important de son histoire le 1er janvier prochain. À compter de cette date, La Presse+ remplacera complètement la version papier de La Presse du lundi au vendredi. La Presse deviendra ainsi le premier quotidien imprimé au monde à être 100 % numérique en semaine et se positionnera comme le leader numérique de l’information au Québec. »

Guy Crevier, président et éditeur de La Presse, présentait fièrement le projet en septembre 2015. Après 30 mois, l’édition numérique de La Presse + pouvait compter sur 460 000 lecteurs par semaine, soit une meilleure performance que La Presse papier qui compte 131 ans d’existence. Ce succès en est aussi un du côté des annonceurs qui font de plus en plus confiance à cette plateforme.

Ce basculement est encouragé par le conseil d’administration présidé par M. André Desmarais. Le représentant de la célèbre et puissante famille québécoise déclarait à l’occasion du lancement de La Presse + : «Le conseil a privilégié la voie de l’innovation avec l’objectif de permettre à chacun des lecteurs de La Presse de maîtriser en tout temps et en tout lieu son accès à une information de qualité.»

Faire face au déclin

Ce changement arrivé voici quelques jours n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une longue réflexion. Le déclin des grands médias généralistes est patent, tout particulièrement pour les quotidiens imprimés qui traversent une période critique sans précédent. La dégringolade est si rapide qu’elle met en péril la qualité des contenus.

Entre 2006 et 2013, les revenus publicitaires de l’industrie nord-américaine des journaux ont chuté de 63 %, soit une perte de 29 milliards de dollars. Dans le même temps, les tirages payants des quotidiens déclinaient de 22 %. Ces descentes paraissent irrémédiables et demandent une réaction innovatrice de cette industrie.

« On ne peut pas continuellement vivre dans un monde qui est en déclin, il faut trouver un autre modèle d’affaires, » assure Guy Crevier, président et éditeur de La Presse. C’est pourquoi, Gesca, une filiale de Power Corporation qui possède La Presse, a investi quelque 40 millions de dollars pour le développement de sa plateforme numérique La Presse +

« On entre un peu dans l’inconnu, mais en même temps, on l’a déjà testé. C’est sûr qu’il n’y a rien de garanti dans l’avenir. Quand on innove, on ne peut pas être sûr à 100 % de l’issue », a confié le chroniqueur Yves Boisvert, qui se réjouit de ce « projet emballant ». La Presse garde une rédaction forte, mais va-t-elle résister à cette transformation ?

Le changement est brutal pour les éditions du lundi au vendredi, l’édition du samedi, bonifiée par des cahiers spéciaux, reste en papier pour suivre les tendances du lectorat qui ont plus de temps ce jour-là et qui semble encore apprécier le journal papier. Le mouvement est lancé, les principaux concurrents directs de La Presse se réjouissent du champ laissé libre en semaine, mais leur joie sera-t-elle durable ?

Faites-vous votre propre idée en jetant un oeil sur l’application pour tablettes numériques La Presse +

30 décembre 2015

Une année électorale

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Les cinq leaders canadiens

Les cinq leaders canadiens

151230 Suisse

Le Conseil national suisse

L’heure est au bilan de fin d’année. Ils sont nombreux et variés, touchant tous les domaines. Si les attentats, l’État islamique et la crise des immigrants ont laissé une marque sanglante et durable sur 2015, je vais profiter de mon double regard sur la société québécoise et valaisanne pour revenir sur l’automne électoral qui a vu mes deux régions connaître des élections fédérales.

Le dimanche 18 octobre, la Suisse votait, le lundi 19 octobre, le Canada votait. Ces deux dates montrent déjà une différence: en Suisse, on vote le dimanche, au Canada, c’est toujours sur un jour de travail. D’un côté le vote par correspondance est généralisé et l’on se déplace aux urnes le samedi ou le dimanche selon un rituel courant, on vote au minimum quatre fois par année, de l’autre, une seule journée de vote ou alors un vote anticipé la fin de semaine précédente, le tout sous le contrôle d’un directeur des élections.

Deux systèmes démocratiques si différents…

Cette organisation est le reflet de deux systèmes démocratiques bien différents, de deux mondes politiques qui ne fonctionnent pas selon les mêmes règles. La Suisse est le royaume de la démocratie directe et son système électoral en découle directement. Le Canada est une monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire, la reine Élisabeth II est reine du Canada, les élections sont empreintes de cette solennité.

En Suisse, une foule de candidats plus anonymes les uns que les autres sont les rois dans leur cercle électoral, dans leur canton. Au Canada, seuls les chefs de parti sont connus. La campagne a tourné autour de cinq personnalités, dont trois pouvaient prétendre au poste de premier ministre. Les candidats des différents comtés n’étaient qu’à peine connus de leurs électeurs.

Les 200 membres du Conseil national sont élus au système proportionnel et sont un reflet très fidèle de l’électorat. La Suisse est diverse et ses représentants le sont aussi. Les 338 députés de la Chambre des communes sont élus dans 338 circonscriptions selon un scrutin uninominal majoritaire à un tour (le candidat qui obtient le plus de voix est élu). Le Canada est représenté par des membres de partis qui dominent leur région.

Le gouvernement suisse est toujours de 7 ministres, membres du Conseil fédéral et élus par le Conseil national et le Conseil des États (constitué par 2 représentants élus pour chaque canton). Les 4 plus grands partis sont représentés dans ce gouvernement collégial qui doit travailler ensemble. Le Canada est dirigé par un premier ministre qui est le chef du parti qui obtient le plus de sièges à la Chambre des communes. Celui-ci constitue son cabinet. Il fait face à une opposition dirigée par le chef du deuxième parti représenté à la Chambre. Il nomme les membres du Sénat.

Et pourtant une même désillusion !

Tout pourrait opposer ces deux mondes. Je pensais suivre deux campagnes électorales bien différentes. J’ai dû revoir mes idées préconçues. Finalement, si l’on lève un peu le regard, si l’on écarte l’anecdotique, si l’on embrasse l’essentiel, tout est très semblable. Les systèmes électoraux ne changent pas l’électrice ou l’électeur.

Au-delà des réactions des commentateurs politiques, j’ai suivi les prises de paroles des citoyens ordinaires dans mes deux régions et j’ai été très surpris d’y retrouver une même désillusion. On allait voter sans conviction, parce qu’il fallait bien passer par là. Si l’on écarte les militants, l’immense majorité semblait résignée.

En Suisse, le système proportionnel ne semblait pas amener de grands changements, on allait voter parce qu’il le fallait bien. Au Canada, après une décennie de pouvoir conservateur, on voulait du changement, mais les deux challengers semblait diviser le vote, on s’apprêtait à se résigner à un gouvernement minoritaire. Peu d’enthousiasme, beaucoup de cynisme, l’exercice démocratique des deux côtés de l’Atlantique était une corvée plus qu’un plaisir.

Finalement, la Suisse se retrouve avec un parlement nettement plus à droite et un gouvernement rééquilibré et le Canada avec un jeune premier ministre glamour qui peut s’appuyer sur une solide majorité parlementaire. Les commentateurs se sont un peu trompés, plus au Canada qu’en Suisse, mais la politique s’est imposée dans les deux cas. De quoi redonner de l’espoir et surtout démontrer que la démocratie est un exercice vivant. Même pour ceux qui n’y croient plus, elle reste le meilleur moyen d’organiser la société.

Et juste ça, c’est une sacrée leçon d’espoir pour notre monde de 2016 qui pointe son nez !

22 décembre 2015

La grève, est-ce bien nécessaire ?

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Source: csn.qc.ca

Source: csn.qc.ca

L’actualité de ces derniers jours au Québec a été marquée par l’accord trouvé entre le gouvernement et sa fonction publique. La convention collective du secteur public, échue depuis la fin mars 2015, pourra être renouvelée pour 5 ans. Une année de tension entre rigueur budgétaire et défense des conditions de travail a abouti à un compromis. Les syndicats assurent que leur mouvement de grève a été décisif.

Grève dans les hôpitaux, dans les écoles ou dans des services publics, l’automne a été chaud au Québec. Le gouvernement libéral au pouvoir depuis avril 2014 a fait de la rigueur budgétaire et du retour à l’équilibre des finances provinciales la priorité du début de son mandat. Le retour dans les chiffres noirs lui a donné une marge pour conclure cet accord.

Rien n’était pourtant gagné au début du mois de décembre. Une offre d’une hausse de 3,5 % sur 5 ans contre une demande de 13,5 %, une retraite à 62 ans contre un statu quo à 60 ans, les positions semblaient inconciliables. Malgré les grèves tournantes de novembre et du début décembre, la situation semblait bloquée et l’on se dirigeait tout droit vers une loi spéciale et des conditions de travail imposées par le gouvernement.

Alors, comment expliquer ce revirement et cet accord avec une hausse de 9 à 10 % sur 5 ans et une retraite à 61 ans ? Les chefs syndicaux plaident pour la victoire de leur mobilisation alors que le gouvernement se félicite que les premiers résultats de leur gestion rigoureuse leur ont donné la possibilité d’aller à la rencontre des demandes de leurs employés.

Un vrai compromis suisse à la veille de Noël ! Quoique je ne sois pas sûr que la Suisse fasse encore longtemps exception dans les rapports de travail. Les grèves de la fonction publique genevoise témoignent d’un changement dans les comportements.

J’ai été 20 ans enseignant en Valais et jamais nous n’aurions imaginé faire la grève. Jamais cette possibilité n’a été évoquée dans nos discussions. J’ai été délégué durant de longues années à la SPR (Société pédagogique romande) devenue SER (Syndicat des enseignants romands) et je me souviens de discussions houleuses, mais pas de grèves en vue.

Pourtant, durant toute cette période, nos conditions de travail ont évolué plutôt favorablement. Nous avons connu une revitalisation dans les années 80, puis une longue période de stagnation où seule l’inflation retouchait notre rémunération. Malgré cela, les discussions entre les dirigeants de la SPVal (Société pédagogique valaisanne) et le gouvernement ont toujours été cordiales.

Alors, la grève est-elle vraiment un moyen de pression adéquat pour la fonction publique ? À chacun son avis. Au final, chacun trouve toujours des éléments de satisfaction pour faire croire que son camp a gagné. Si je reviens à la situation québécoise, je constate que la prime de 500 $ promise à tous les employés en cette fin d’année 2015 revient, en moyenne pour le gouvernement, à rembourser la retenue de salaire faite après 3 journées de grève… Les uns exultent, les autres sont restés dans leur cadre budgétaire.

17 décembre 2015

Cédrika, Sarah, savoir ou espérer ?

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Cédrika Provencher (Québec Secours)

Cédrika Provencher (Québec Secours)

Sarah Oberson (Médiathèque Valais)

Sarah Oberson (Médiathèque Valais)

La découverte du crâne de Cédrika Provencher dans une forêt près de Trois-Rivières a suscité une grande émotion à travers tout le Québec et bien au-delà. La disparition de la fillette en 2007 avait causé l’émoi, aujourd’hui l’espoir de la revoir vivante est mort. Cette histoire se rapproche de celle de Sarah Oberson qui a disparu en Valais en 1985 et dont on est toujours sans nouvelle.

La découverte faite par trois chasseurs le vendredi 11 décembre a réveillé une bien triste histoire. Cédrika Provencher a disparu le 31 juillet 2007, elle serait partie à la recherche d’un chien perdu. On retrouvera son vélo dans la soirée, mais aucune trace de la fillette de 8 ans. Après une forte mobilisation et des jours de recherche, l’enquête a piétiné et aucune piste n’a donné de résultats jusqu’à cette découverte.

« Avec la grosseur du crâne, on a senti qu’on avait affaire à Cédrika Provencher ». Pascal Lanthier, un des chasseurs à l’origine de la découverte, n’avait pas tort. Le lendemain, la Sûreté du Québec identifiait formellement les restes de Cédrika Provencher. L’émotion a immédiatement envahi la province. Il faut dire que cette affaire était toujours présente dans bien des mémoires.

« Maintenant, le deuil peut commencer à se faire tranquillement », dit le père de Cédrika dans un message sur Facebook. Martin Provencher, huit ans après la disparition de la famille affirme qu’il peut entamer un processus de guérison.

Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, à l’origine de la Fondation Cédrika Provencher, a tenu lui aussi à remercier les chasseurs et toute la population pour leur soutien, mais il n’a pas pu s’empêcher d’avouer que cette nouvelle était un choc terrible qui déchirait le coeur de toute la famille.

Une famille qui sait maintenant et qui peut espérer que la vérité éclate au grand jour. La Sûreté du Québec déploie les grands moyens pour ratisser la région. L’enquête n’est plus celle d’une disparition, mais d’un meurtre et un suspect est dans leur ligne de mire. Les éléments recueillis après la disparition sont complétés par de nouveaux témoignages et les découvertes de terrain.

Cette affaire me replonge dans le drame qui s’est joué à Saxon le 28 septembre 1985. Là aussi, en fin d’après-midi, on ne retrouvera que le vélo de la petite Sarah. Malgré les recherches, des images diffusées à travers tout le pays, la fillette restera introuvable.

Une fondation sera, là aussi, créée pour venir en aide à l’enfance en souffrance et plus particulièrement aux disparitions. Malgré des relances épisodiques, l’enquête est au point mort. 30 ans après la disparition, la famille ne sait toujours rien.

Cédrika Provencher est morte, Sarah Oberson est introuvable: entre savoir et espérer, quel est le meilleur sentiment ? Impossible de trancher, il n’y a que des familles atteintes, meurtries, touchées à jamais.

14 juin 2013

Oui, l’enseignant est un artisan

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Réponse à l’article « Des choses et des mots » paru le 13 juin sur le site http://www.1dex.ch

instituteurVouloir en faire un scientifique ne me semble pas la plus opportune des démarches. Je peux comprendre en partie la révolte de Jean Romain contre ce qui me paraît à moi aussi comme une dérive.

J’ai été formé par l’École Normale de Sion dans les années 80, j’ai enseigné à l’école primaire durant 20 ans. En 2004, j’ai obtenu une licence en Sciences de l’Éducation grâce à une formation à distance de l’université de Bourgogne à Dijon. J’ai donc mené de front une gestion de classe à plein temps et des études universitaires.

Ce parcours m’a permis de voir l’immensité de la tâche qui m’était demandée, à moi, l’instituteur.

J’ai accueilli des stagiaires de la HEP, j’ai fait partie de la première volée des praticiens-formateurs, enfin, je voyais l’aboutissement d’un combat politique (eh oui, j’ai fait aussi de la politique): la fin de l’école normale…

Et, j’ai été déçu. Certainement que je n’étais pas fait pour recevoir ces étudiantes (eh oui, bien peu d’homme dans cette nouvelle filière, mais c’est une autre question). À vouloir trop théoriser, à vouloir trop décortiquer, on en oublie les gestes professionnels, on en oublie l’indéfinissable, l’expérience des anciens.

À l’école normale, j’avais eu une bonne formation en culture générale. La pédagogie était assez basique. J’ai appris le métier en l’exerçant grâce à mes collègues plus expérimentés. Ça n’était pas idéal, mais j’ai fait mon chemin. J’espérais mieux de la HEP.

Malheureusement, mes espoirs initiaux ont été refroidis. Pourquoi vouloir que tous les praticiens-formateurs sortent du même moule, pourquoi vouloir appauvrir la richesse de la diversité des approches, pourquoi réduire la caisse à outils ?

Et surtout, j’espérais que cette nouvelle formation réduise les erreurs de « casting ». Un enseignant pas fait pour ce métier, eh oui, ça existe, même si le métier s’apprend, certain ne sont pas faits pour cela, un enseignant pas fait pour ça donc est une plaie pour l’École. La carrière est longue… La HEP n’évite pas mieux ces erreurs. À trop vouloir encadrer les étudiants, à trop vouloir les couler dans un moule, il arrive que certains se cachent derrière ce stéréotype… et après, quelle catastrophe pour les élèves!

J’ai vécu un bel exemple après ma carrière d’enseignant lorsque je fus membre d’une commission scolaire.

Oui, l’enseignant est un artisan qui doit connaître les outils et les dessous théoriques de son métier, mais il doit être bien ancré dans la pratique. L’école doit être conservatrice (ceux qui connaissent mon parcours savent ce qu’il m’en coûte de dire cela), elle doit évoluer lentement. Elle doit surtout s’appuyer sur l’expérience, sur les habitudes, sur ce qui fonctionne.

Même si je suis critique, je reconnais que la HEP fait du bon travail. Mais elle doit plus profiter de l’expérience de ceux qui ont un long parcours (10 ans minimum) dans les classes valaisannes. Elle doit surtout profiter de l’expérience de ceux qui sont critiques envers la nouvelle formation critique envers elle.

Pour terminer, deux éléments me paraissent essentiels pour une école de qualité:

1. L’enseignant est au coeur de l’efficacité scolaire et pour qu’il soit efficace, il faut qu’il soit à l’aise avec la méthode, sa méthode d’enseignement. Bien plus que la théorie pédagogique, c’est l’enseignant qui fait que l’élève apprenne plus ou moins. Un enseignant convaincu et à l’aise est bien meilleur que la plus belle méthode théorique.

2. L’école doit être en phase avec son milieu. Une école qui fonctionne bien est une école sans controverse, une école sans révolution, une école qui s’adapte à son entourage. La paix scolaire vaut bien des ressources pédagogiques.

4 avril 2013

3 mars (quatrième) – Deuxième tour inutile?

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King Oskar

caricature: Vigousse

Tentative d’analyse de ce qui s’est passé en Valais à l’occasion des élections cantonales 2013. En aucun cas une vérité absolue (ça n’existe pas en politique), mais quelques considérations basées sur mon expérience et mon regard lointain avec la volonté de susciter le débat.

Alors n’hésitez pas à réagir.

Quatrième et dernière pièce de l’édifice: Le deuxième tour

 

Au soir du 3 mars, passé la consternation du résultat, une seule question restait dans l’air: Faut-il un deuxième tour? – Les verts ont très vite annoncé qu’ils renonçaient. Pour le PLR, trois options me semblaient possibles: poursuivre avec le candidat Varone, se retirer et lancer une nouvelle candidature. Chacune des ses options possédaient, selon moi des avantages et des inconvénients. C’est ce que je me propose de disséquer dans cette analyse.

Malgré la gifle ressentie le 3 mars, poursuivre avec Christian Varone m’apparaissait comme possible. 20 756 voix de retard était insurmontable. Mais poursuivre avec Christian Varone, c’était mettre les partenaires gouvernementaux devant leur choix. Ils n’auraient jamais appelé à un rassemblement républicain, Oskar Freysinger n’est pas Jean-Marie Le Pen. Qu’il soit un symbole pour les mouvements d’extrême-droite européens n’en fait pas un paria en Valais.

Christian Varone n’a pas voulu persévérer, je le comprends. Il n’a pas démérité, il a fait un score au-delà des espérances au sein du PLR. Il n’a pas été soutenu en dehors. Personne ne l’avait prévu. Il n’a pas voulu tendre la deuxième joue, personne ne lui en tiendra rigueur.

Fallait-il alors renoncer ? – C’était envisageable. Devant la solitude dans laquelle se trouvaient les libéraux-radicaux, cette solution semblait sage. Elle aurait fait un peu mauvais perdant et boudeur, mais elle pouvait aussi passer pour responsable. Elle confirmait la ligne suivie lors des dernières élections au Conseil des États.

Restait l’alternative de changer de candidat pour montrer qu’on se battait jusqu’au bout. Cette solution a été choisie par le comité directeur en lançant Léonard Bender dans l’arène. Léonard faisait partie des valeurs sûres du PLR face à Oskar Freysinger (voir la troisième partie de l’analyse ). En arrivant à ce stade de l’élection, il allait au sacrifice. Il le savait. Figure emblématique du PLR, il se voulait un candidat rassembleur de ses troupes, mais peu enclin à recevoir des autres partis.

Pour cela, il aurait fallu choisir une nouvelle cible. Le combat direct avec Oskar Freysinger ayant échoué, le PLR aurait pu attaquer frontalement un autre candidat. Léonard et le comité directeur ne l’ont pas voulu. Peut-être trouvait-il la cause perdue ou plus simplement, n’avait-il pas d’autres candidatures?

Attaquer Esther Waeber-Kalbermatten était impossible, le PLR est trop faible dans le Haut-Valais, la logique voulait qu’un siège PDC soit revendiqué. Ayant perdu sa majorité absolue au Grand conseil, le PDC n’est plus légitime pour la maintenir au Gouvernement. Une attaque frontale aurait pu réussir.

Cina hors de portée pour des raisons régionales, restaient Melly et Tornay. Maurice Tornay aurait été la cible idéale, malheureusement la perte d’un siège PLR en Entremont ne favorisait pas une telle attaque. Surtout qu’aucune candidature de la région ne s’imposait naturellement. Ce combat arrivait trop tard pour Adolphe Ribordy.

Sierre pouvait donc entrer en jeu. Marc-André Berclaz, vaillant deuxième des primaires aurait pu entrer en lice. Je suppose que ça a été évoqué. Une nomination à un poste intéressant a peut-être empêché ce combat incertain. Il y aurait eu d’autres candidats comme René Constantin ou Laetitia Massy. L’un avait renoncé à l’idée et l’autre a un avenir prometteur qu’il aurait été risqué de sacrifier dans un combat perdu d’avance.

Car l’élément déterminant est que le PLR a été seul dans cette élection au Conseil d’État. Ce fut sa perte, mais c’est aussi sa Liberté pour les quatre années à venir. La reconstruction du siège au Gouvernement passe par une judicieuse utilisation de cette Liberté.

 

PM, 04.04.2013

 

 

2 avril 2013

3 mars (troisième) – Un candidat PLR

Tentative d’analyse de ce qui s’est passé en Valais à l’occasion des élections cantonales 2013. En aucun cas une vérité absolue (ça n’existe pas en politique), mais quelques considérations basées sur mon expérience et mon regard lointain avec la volonté de susciter le débat.

Alors n’hésitez pas à réagir.

Troisième pièce de l’édifice: Le candidat sacrifié

 

caricature: Vigousse

caricature: Vigousse

Oskar était invincible, la stratégie consistait à tout miser sur un candidat,… restait à choisir la candidature et à mener le combat. C’est ce que je me propose de scruter dans cette troisième partie. Des règles claires et connues, des primaires décevantes et un duel de campagne m’apparaissent comme les éléments pertinents de ce décryptage.

Organisés en parti de membres depuis une dizaine d’années, les radicaux allaient léguer cette structure au nouveau parti libéral-radical. La succession de Claude Roch serait la première grande assemblée à devoir trancher selon cette nouvelle organisation. Les désignations au Conseil national avaient toujours été consensuelles entre les diverses régions.

Pour se préparer au mieux, le comité directeur a analysé les règles de l’assemblée du PDC du 6 juin 2008 qui avait désigné Tornay et Melly au détriment de Darbellay et Perruchoud Massy. Deux éléments apparaissaient comme garants de l’équité: des règles claires et un calendrier connu bien à l’avance. Tous les membres en règle avec leurs cotisations 30 jours avant l’assemblée ont le droit de vote et un calendrier connu près de deux ans à l’avance, les conditions étaient en place.

Je ne reviendrai pas sur le choix de proposer une liste à un candidat, mais le début 2012 aura aussi posé une autre règle discutable: pas de candidature provenant d’un district d’un sortant. Cette volonté de ne pas attaquer le PDC ou le PS pour espérer des reports de voix aura été erronée.

Dans l’esprit de tous les dirigeants PLR (moi y compris à l’époque) et de beaucoup de militants, quelques noms s’imposaient pour battre Oskar Freysinger. Un consensus se formait autour de Jean-René Germanier, Léonard Bender et Christian Varone: contre un de ces trois, l’UDC n’aurait aucune chance. Nous comptions sur l’appui de nos partenaires gouvernementaux…

Finalement, après le renoncement de Jean-René Germanier en début 2012, trois candidats se sont proposés pour les primaires du 6 septembre. Très vite, Christian Varone a pris de l’avance face à Lise Delaloye et Marc-André Berclaz. Vu de loin, j’ai regretté le peu de débats entre les candidats. Le PLR avait une occasion unique d’occuper l’espace médiatique étant le seul à amener un renouveau. Jusqu’à l’affaire turque du mois d’août, je n’ai pas vu grand chose. L’occasion était pourtant belle de débattre d’un projet pour le Valais.

Un mois avant la décision, la pierre turque est venue animer le débat. Elle n’a eu aucune influence sur la décision interne. Christian Varone avait une large avance, même sans la mobilisation de sa commune. Sa majorité absolue était acquise depuis longtemps: il faisait partie des favoris incontournables du PLR.

Le duel Varone / Freysinger était en place. La pierre turque a tout occulté. L’intérêt médiatique s’est focalisé sur cet incident. La configuration des candidatures qui concentrait le seul enjeu sur le district de Sion aura favorisé ce duel. La certitude que les partenaires gouvernementaux feraient barrage à l’UDC a masqué l’humeur des électrices et des électeurs.

Le Valais voulait du changement et un candidat PDC compatible ne représentait pas ce changement… Christian Varone, ou toute autre candidature n’avait aucune chance. Christian Varone a fait le maximum des voix de son parti, mais il n’a pas été soutenu en dehors. Le PLR a voulu jouer contre l’UDC, seul il n’avait aucune chance, car en face ce n’était pas l’UDC, mais Oskar Freysinger…

PM, 02.04.2013

 

Prochainement: deuxième tour

28 mars 2013

3 mars (deuxième) – PLR, la stratégie impossible

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Tentative d’analyse de ce qui s’est passé en Valais à l’occasion des élections cantonales 2013. En aucun cas une vérité absolue (ça n’existe pas en politique), mais quelques considérations basées sur mon expérience et mon regard lointain avec la volonté de susciter le débat.

Alors n’hésitez pas à réagir.

Deuxième pièce de l’édifice: L’impasse du PLR

plrLe PLR a perdu son siège au Gouvernement. Après 110 ans de bons et loyaux services (je cite Philippe Bender dans le NF du 27 mars), il est rejeté hors de l’exécutif cantonal. Pas besoin d’être un fin analyste politique pour conclure à une mauvaise stratégie du parti. Mais, il est facile d’être critique après la tempête. Objectivement, le PLR n’avait pas beaucoup de marge de manoeuvre, ni surtout de cartes en mains.

Analysons la stratégie globale, les candidatures personnelles feront l’objet du troisième volet. Deux aspects pour cette analyse: les alliances potentielles et la structure de la liste. Fallait-il faire une alliance ouverte avec un autre parti ? Le PLR a répondu non à cette alternative. Je pense qu’il n’avait que ce choix, mais jetons tout de même un oeil aux différentes alternatives.

Tout d’abord une liste commune avec l’UDC. Les instances de l’UDC ont proposé une liste Ruppen et un candidat PLR. Ce ticket aurait eu ses chances. Il aurait certainement mis en danger le siège socialiste. Aurait-il réussi ? Personne ne peut le dire.

Même si une bonne partie des programmes des deux partis sont proches, je pense au volet économique, il s’agit de deux visions de droites qui diffèrent: conservatisme contre progressisme. Cette première divergence peut se surmonter, mais il y a plus grave. Les positions et les déclarations extrêmes de l’UDC sur la politique des étrangers ou sur la famille sont incompatibles avec les valeurs fondamentales du PLR. Dès lors toute alliance était impossible.

Une liste commune PLR et socialistes ne fait aucun sens. Un homme, une femme; Haut et Bas Valais; c’est de l’arithmétique, mais pas de la politique. Aujourd’hui, les visions de la société sont trop différentes. Aucun des deux partis n’aurait accepté cette alliance que personne n’a imaginé.

L’alliance PDC et PLR était la plus plausible. Des responsabilités gouvernementales partagées depuis longtemps, des valeurs proches, des votes au Grand conseil souvent concordants, une logique politique certaine. Un dominant en péril, toujours arrogant, et un adversaire historique dont une partie des troupes n’auraient pas compris de servir la cause de la survie majoritaire: l’histoire n’aurait pas pardonné cette mésalliance.

Finalement, seule une alliance avec les verts aurait eu une infime chance d’exister, mais ils sont trop petits pour un apport décisif. Cette alliance aurait clairement divisé les verts libéraux qui naturellement se seraient rapprochés du PLR et les verts de gauche qui auraient rejoint l’alliance de gauche. Mais le temps n’est pas encore mûr pour ce mouvement.

Pas d’alliance donc, reste à évoquer la composition de la liste. Là, se trouve un noeud de la tragédie. La possibilité d’une liste ouverte n’a pas suffisamment été analysée selon moi. Une liste à deux avec un candidat du Haut-Valais aurait peut-être aidé le FDPO à exister pour le Grand conseil, mais n’aurait rien amené pour le Conseil d’État.

Par contre ouvrir la liste à deux candidats du PLR au premier tour aurait certainement influé une dynamique différente. Je l’avais dit souvent, la seule certitude de l’élection du 3 mars était que personne ne pouvait avoir de majorité absolue au premier tour. Ce premier tour permettait donc de positionner les forces des partis pour un deuxième tour décisif (c’est ce qui s’est finalement passé). Le système de majorité à deux tours allaient pour la première fois prendre tout son sens en Valais. Selon moi, le comité directeur a passé trop vite sur cette réflexion au début 2012.

Il est facile de critiquer après… car je répète l’élément décisif du résultat du 3 mars: Personne n’imaginait qu’Oskar Freysinger ferait un score de cette ampleur….

PM, 28.03.2013

Prochainement: 3 mars (troisième) – un candidat sacrifié

27 mars 2013

3 mars (première) – Oskar, l’invincible

Tentative d’analyse de ce qui s’est passé en Valais à l’occasion des élections cantonales 2013.

En aucun cas une vérité absolue (ça n’existe pas en politique), mais quelques considérations basées sur mon expérience et mon regard lointain avec la volonté de susciter le débat.

Alors n’hésitez pas à réagir.

Première pièce de l’édifice: Oskar Freysinger.

Oskar-2012Oskar Freysinger était imbattable et personne ne l’avait imaginé avec un tel score. Ça me semble un constat incontestable. Certains diront qu’il a forgé sa victoire dans les derniers jours de la campagne. Je n’en crois rien. Je pense que son score imprévisible repose sur une triple constellation favorable: son long travail de sape, une configuration politique opportune et un électorat prêt au changement.

En 2001, Oskar Freysinger faisait son entrée au Grand conseil en offrant un premier siège sédunois à l’UDC. Deux ans plus tard, il ouvrait la porte du Conseil national pour sa jeune formation. Sa carrière politique débutée comme conseiller communal PDC à Savièse était lancée. Depuis le 1 janvier 1997, ce n’est donc que deux mois où Oskar Freysinger n’a pas été dans la peau d’un élu. Un parcours sans faute.

L’homme a beaucoup appris et a démontré une capacité d’adaptation impressionnante. Je ne partage pas sa vision de la société, mais je ne peux que m’incliner devant sa maîtrise stratégique. Il sait s’adapter aux différentes situations. Sage beau-fils de famille sur le plan communal, trublion coloré et fanfaron exubérant pour secouer le landerneau du Conseil national si lointain et si terne, et enfin, calme et appliqué pour capitaliser tout le travail au Conseil d’État. De la belle ouvrage!

Mais ce travail n’aurait pas suffi s’il avait fallu faire feu de tout bois. Opportunément pour le candidat UDC, il pouvait se concentrer sur une seule cible. Seul le siège PLR était en changement. La reconduction des 4 autres conseillers d’État lui ont grandement facilité la tâche. Cette situation prévisible longtemps à l’avance lui a permis de se préparer et de concentrer sa stratégie sur un seul objectif: être devant le candidat PLR.

Ne pas mettre en danger les autres lui facilitait les apports. Une fois encore, il a su tirer parti de cet avantage. Icône pour les siens, il n’avait plus besoin de les convaincre. Sa discrétion, son calme et sa sagesse durant les mois précédants l’élection ont assoupi les réticences.

Les Valaisannes et les Valaisans voulaient un changement. La période est propice à une révolte contre la politique traditionnelle. Les temps sont difficiles, l’ambiance générale est à la crise. La mondialisation fait peur, la globalisation perturbe, avoir le monde à sa lucarne tous les jours déstabilise. Les assauts contre les irréductibles valaisans ont terminé le travail. Les électrices et les électeurs étaient mûrs pour le changement, mais un changement conservateur!

Car quand l’incertitude règne, il est naturel de se replier sur soi. Oskar représentait l’archétype de ce mouvement. Exhubérant, fort en gueule, prêt à ruer dans tous les brancard, mais défenseur des valeurs traditionnelles. Le respect de la loi, des traditions, de la famille, rien de révolutionnaire dans son projet. L’identité comme étendard. Il n’en fallait pas plus.

1 sur 3 au premier tour, puis presque 1 sur 2 au deuxième tour, les électrices et les électeurs l’ont plebiscité. Il a donc toute sa légitimité démocratique. Aujourd’hui certains semblent découvrir ses accointances avec les milieux d’extrême-droite: Quelle bande de faux-c… !!! Comme si personne ne le savait!

Le plus beau succès d’Oskar est d’avoir réussi à endormir même ses plus grands détracteurs. On les a peu entendu durant la campagne. En proposant de laissser sa place à un ticket UDC du Haut et PLR, il a réussi son coup de maître: Faire croire qu’il se désintéressait de la Planta!

Nous (je me mets dans le lot) avons beaucoup à avoir été naïf. Ce temps doit est révolu, maintenant la vigilance est de mise…

PM, 26.03.2013

 

Prochainement: 3 mars (deuxième) – PLR, la stratégie impossible

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