Valais Libre

29 juin 2012

Saga québécoise – épisode 26 – Fin des classes

Océane et Raphaël ont été bien courageux.

Les nuages noirs s’éloignent, le vent souffle, le parcours à vélo est agréable malgré la chaleur. Pourquoi est-ce que le vent est toujours contraire? Hier à l’aller, je l’avais trois-quart dans la face et aujourd’hui au retour c’est pareil… il a tourné comme moi! Les 40 km qui séparent Sainte-Claire de Saint-Jean-Chrysostome seront bouclés en 1h 36 minutes, 7 minutes de moins que la veille. Il faut dire que le retour est un peu plus facile.

J’ai profité de la fin des classes pour parfaire mon entraînement en vélo. Comme j’ai été réquisitionné les deux derniers jours afin d’animer des ateliers sportifs, j’ai obtenu de ma blonde le droit de voyager à ma guise. Le jeudi matin, j’ai donc enfourché mon vélo à Saint-Jean-Chrysostome pour rejoindre l’école Morissette de Sainte-Claire. Quelques nuages voilaient le ciel, mais la température estivale était au rendez-vous.

Un passage à la salle des maîtres pour déguster mon lunch : céréales, yogourt et fruits, et l’heure de la sortie en vélo avec les enfants de maternelle est déjà arrivée. Une trentaine d’enfants de 5 ans, 5 adultes accompagnateurs et 2 enseignantes : la colonne qui traverse le village a belle allure. La descente vers le pont de la rivière Etchemin provoque une première petite chute. Heureusement rien de grave et très vite la piste cyclable qui chemine dans la campagne offre un cadre idyllique à cette balade.

Je reste à l’arrière avec Océane et Raphaël. Ils ne semblent pas être des habitués de la bicyclette (du bicycle pour les québécois). Ils sont les seuls à avoir encore leurs petites roues. Très vite le reste du groupe prend le large. Mais le couple est courageux. Ils avancent lentement, mais dans la bonne humeur. La ligne jaune centrale est un guide précieux pour apprendre à diriger son engin et à avancer en ligne droite. Après 3 kilomètres, je propose une halte. Le soleil est chaud et un peu d’eau est la bienvenue. L’arrivée d’une maîtresse me permet de rejoindre l’autre groupe. La vitesse est plus soutenue. La discipline des enfants m’impressionne. Malgré un soleil étouffant, les rires sont au rendez-vous. Les consignes de prudence sont parfaitement respectées. Ils auront fait 11 km à la fin de la journée et mes deux débutants 6 km. Le cyclisme québécois a de l’avenir.

Je rentre en voiture en cette fin de jeudi. Le soleil m’a assommé. Je suis bien content de retrouver le ciel du vendredi matin recouvert par des nuages rafraîchissants. Ils ne sont pas menaçants. Les activités de plein air de la dernière journée se dérouleront dans les meilleures conditions. Je suis chargé d’animer l’atelier pétanque. Pas de soucis, je suis dans mon domaine.

Les pistes aménagées par la municipalité de Sainte-Claire sont parfaites. Tout le secteur de l’aréna (la patinoire couverte) offre une panoplie divertissante des plus intéressantes. Les jeux d’eau, les jeux jambettes (nos aires de jeux avec toboggans, balançoires, etc.), le terrain de soccer (football) et le terrain de base-ball vont permettre de multiplier les activités et d’offrir à chaque âge des jeux adaptés.

Les plus petits (maternelle à deuxième primaire) viendront en 3 groupes à la pétanque. Je suis habilement épaulé par 8 retraités habitués de ce jeu provençal. Ils jouent tous les mardis et jeudis soirs entre mai et septembre. Le partage entre aînés et enfants est vivifiant. La matinée passe très vite.

L’heure du repas arrive. Les enfants dégustent des hot-dogs préparés joyeusement par le club optimiste du village. Les classes maternelles et primaires défilent avec enthousiasme devant l’étal. Ils vont ensuite garnir les alentours du terrain de base-ball. L’orage n’éclatera pas. La partie de tchouk-ball entre enseignants et élèves mettra un terme à l’année scolaire des enfants. Les profs iront encore une semaine en classe pour clôturer leurs affaires.

Je m’éclipse discrètement avant la fin. Mon vélo et la route pour Saint-Jean-Chrysostome m’attendent.

 

Saint-Jean-Chrysostome

jeudi 28 juin 2012

 

Le partage entre les aînés et les enfants de maternelle sur les pistes de pétanque a été un beau moment.

Enfin un évêque du Bas !

Adrien Jardinier, premier évêque bas-valaisan

En 1807, au moment de pourvoir à la vacance du siège épiscopal, suite au décès de Mgr Antoine Blatter, la Diète confirme par décret1 le maintien de sa prérogative à la nomination du nouvel évêque sur proposition des candidatures par le Vénérable Chapitre. Une bonne douzaine de lustres plus tard, Mgr Pierre-Joseph de Preux décède et il faut procéder à son remplacement ; le Grand Conseil a succédé à la Diète et maintient sa prétention à sa nomination de la haute dignité d’Évêque du Diocèse de Sion. Le parti libéral serait bien disposé à renoncer à cette coutume ancestrale, mais seulement dans l’hypothèse d’une séparation « complète et réelle » de l’Église et de l’État.

C’est ainsi que le jeudi 19 août 1875, dans le respect de la loi et de la coutume, les parlementaires se retrouvent à la cathédrale de Sion pour nommer le nouveau chef du diocèse. Les membres du Chapitre prennent place dans les stalles de gauche du chœur ; les membres du Grand Conseil et du Conseil d’État, précédés de leurs huissiers et d’un peloton de gendarmerie, se rassemblent dans le chœur. Après un éloge funèbre à la mémoire de Mgr de Preux, le chanoine Ruppen déclare, au nom du Chapitre et dans un discours en latin, que le clergé conteste à l’État le droit de nommer l’évêque [dès lors qu’il ne possède plus de pouvoir temporel], néanmoins le Chapitre consent à ce qu’il fut procédé à la nomination. Puis il annonce les candidatures : trois chanoines hauts-valaisans François Blatter, François Allet, François-Xavier Inalbon et le Bas-valaisan Adrien Jardinier2, révérend curé de Troistorrents3 et membre titulaire du Chapitre de Sion.

Ainsi nantis des candidatures, les députés se retirent dans la chapelle latérale de St-Maurice afin de procéder à l’élection. La rumeur nous rapporte qu’à l’instant de l’annonce du résultat, une hirondelle voletant dans les parages aurait gazouillé « chaque oiseau n’occupe pas toujours le nid qu’il a préparé ». M. Jardinier est élu au premier tour par 49 voix ; les autres candidats totalisent 474 suffrages d’où 96 voix pour 95 députés présents ! Serait-ce la voix de l’hirondelle ? Ainsi, avec une voix de majorité, Adrien VI devient le premier évêque Bas-valaisan depuis Guillaume de Saillon [décédé en 1205]. Ce résultat provoque la déception chez les Hauts-Valaisans et une légitime satisfaction du côté du Bas-Valais où l’on considère ceci comme une sorte de consécration de l’égalité entre le Bas-Valais et « leurs anciens maîtres des dizains supérieurs. »

Pour bien manifester sa prédominance sur l’autorité civile, la curie romaine casse la nomination du Grand Conseil, puis nomme l’évêque élu par l’autorité civile.

1 Du 22 mai 1807.

2 Sa nécro et liste des évêques valaisans dans Le Confédéré, no 18 du dimanche 2 mars 1901.

3 Surveillant du district de Monthey.

4 Allet 6, Blatter 11, In-Albon 25, Grenaz 2, de Stockalper 1 et blanc 2 donc 47 !

28 juin 2012

1863 – Le capitaine Fracasse, Théophile Gautier (1811 – 1872)

Le baron de Signorac se morfond dans son château délabré au fond de la Gascogne. La fortune fuit sa famille. Il est le dernier d’une lignée illustre. Le passage d’une troupe de comédien ambulant va changer son destin. Malgré la misère qui l’entoure Signorac accueille la troupe perdue. Il repartira avec elle, car il est tombé éperdument amoureux de la belle Isabelle.

Le Capitaine Fracasse est né pour remplacer un acteur mort de froid. Signorac/Fracasse va montrer sa vraie valeur en défendant Isabelle contre les assauts du duc de Vallombreuse, un noble riche et arrogant à qui rien ne résiste. Duels à l’épée, guets-apens, enlèvement, l’action sera au rendez-vous et les amateurs de capes et d’épées seront rassasiés. Le dénouement verra la belle Isabelle être la sœur du duc de Vallombreuse qui se radoucira à ses côtés. Signorac pourra épouser sa belle et redonner du lustre à sa famille.

Théophile Gautier nous entraîne dans la vie tumultueuse de la France de Louis XII avec moult détails, avec emphase, avec passion.

Épiscopat et politique

De la nomination des évêques

Nous nous proposons de consacrer les prochaines chroniques à la question de la nomination de Mgr l’évêque de Sion. Cet objet fait en effet partie des relations parfois tumultueuses entre l’État et l’Église, jusqu’à empoisonner les débats du Grand Conseil pendant plusieurs décennies au cours du XIXe siècle et même jusqu’à l’aube du XXe. Depuis le XVe siècle, la nomination de l’évêque appartient à l’autorité civile, d’abord à la Diète puis, dès 1840, au Grand Conseil. Une pratique poursuivie sous les différentes Constitutions successives et qui perdure jusqu’au moment de la succession de Mgr Jules-Maurice Abbet en 1918.

En quoi, en dehors de l’aspect purement historique, cette affaire de nomination trouve-t-elle sa place dans notre chronique libérale-radicale ? Tout simplement par le fait que les radicaux, fidèles à leurs convictions anticléricales et tout en étant respectueux des choses de la religion, tiennent à garder un œil sur les affaires de leur diocèse. Enfin, Louis Courthion témoigne de cette préoccupation en nous rappelant dans son article Les Episcopables, que « le choix d’un évêque ne saurait être indifférent à un seul habitant de ce canton, fût-il protestant, grec ou musulman ».

Nous devons remonter au XVe siècle pour trouver les motifs de la nomination de l’évêque par l’autorité civile, une pratique fondée sur le droit coutumier et qui constitue une des premières conquêtes de nos ancêtres au profit des libertés civiles. Cette pratique appartient à l’histoire du Haut-Valais, lorsque les patriotes grignotent peu à peu le pouvoir temporel de leur prince-évêque qui, de son côté, compte sur leur aide pour « sauvegarder l’indépendance du Valais » contre ses ennemis. Tout commence avec la Guerre de Rarogne (1415-1420) lorsque les patriotes, révoltés contre l’évêque Guillaume V de Rarogne, manifestent leur volonté de surveiller la nomination des évêques. Puis, c’est à partir de l’avènement de l’évêque Guillaume VI de Rarogne en 1437 que les patriotes prennent une part prépondérante dans cette nomination. Souvenons-nous qu’en ce temps-là, l’évêque détient quatre suffrages à la Diète, un état de fait qui explique l’exigence des patriotes qui ne tiennent pas à se faire imposer par Rome un hypothétique évêque étranger. Et depuis, le pouvoir civil choisit, sur une proposition par le Vénérable Chapitre de la Cathédrale de Sion de quatre candidats, parmi ceux-ci l’évêque qu’il estime apte à conduire les affaires du diocèse ; une manière de procéder qui ne rencontre pas forcément l’assentiment du souverain Pontife et qui se trouve bien éloignée du concept de séparation État-Église.

27 juin 2012

Mangeons maintenant!

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De la viande au menu du samedi

Malgré les réitérées promesses du gouvernement, nous restons sur notre faim en ce qui concerne l’obligation de faire maigre le samedi. À la session du Grand Conseil du printemps 1870, le radical Jean-Baptiste Calpini – étonné par la lenteur apportée par le clergé pour régler quelques points encore litigieux, notamment celui de « faire gras le samedi » – interpelle à nouveau le gouvernement ; le président Allet lui répond que l’évêque serait en possession des pouvoirs nécessaires à la suppression de l’abstinence obligatoire pour le samedi, mais ignore les motifs de Monseigneur à tarder de les mettre en œuvre.

Néanmoins et selon l’adage « tout vient à point à qui sait attendre », le 17 août 1870, Pie IX adresse à Mgr l’évêque de Sion la dispense de l’abstinence du samedi, avec cependant une grande parcimonie puisque cette libéralité est accordée pour trois ans seulement ; une façon pour le clergé de manifester sa volonté de maintenir un droit de regard sur la manière de vivre des Valaisans. Finalement, les souverains pontifes successifs, un peu à l’image des privilèges accordés par le seigneur à ses sujets, renouvelleront périodiquement la permission de « faire gras le samedi ».

Puis nous subissons une forme de jeûne de décisions jusqu’en 1920, lorsque Le Confédéré nous apprend qu’enfin, conscient de la difficulté des condition de vie difficiles – ralentissement économique, accroissement du chômage – le pape accorde, à tous les catholiques des divers diocèses, la «dispense générale du jeûne et de l’abstinence », sauf les vendredi, les vigiles des quatre grandes fêtes de Noël, Pentecôte, Assomption et Toussaint. Une décision, finalement clarifiée civilement, en 1921, par une loi sur le jeûne et l’abstinence.

Ces péripéties offrent l’occasion à la presse anticléricale de gloser sur ces limitations alimentaires, à l’instar de ce chroniqueur qui, moquant la vie dissolue d’un bon « pratiquant », ironise malicieusement qu’il est « plus facile de faire maigre le vendredi que de rester brave et honnête homme toute la semaine ! ». Ou encore, cet échange de piques sur la liberté de conscience, lorsque le rédacteur du Confédéré rappelle, à son confrère du Nouvelliste, cette époque où « des policiers […] enquêtant dans les ménages pendant le carême, pour s’assurer, par la visite des marmites, si l’abstinence de viande était observée».

La laïcité n’interdisant en rien de faire carême, voilà une opportunité de manifester notre esprit de sacrifice, à l’image du « carême civique » décrété par le ministre Chaumette pour imposer des privations volontaires à la population parisienne lors des événements dramatiques de la Commune en 1793.

 

26 juin 2012

Echos de la Pierre de Chrysostome – 20 – Argent

Mon cher Lynx,

Ton dernier propos me permet de disserter un peu sur les rapports délicats entre argent et politique. Dans toutes les démocraties, ce couple maudit est au cœur de bien des préoccupations et de bien des péripéties. La démocratie a besoin d’argent pour fonctionner. Les partis politiques sont au centre de ce système et ne peuvent fonctionner sans argent. Malheureusement, dès qu’on parle d’argent, les dérives sont proches et la corruption frappe à la porte.

Dans la Belle Province, des scandales sont fréquemment dénoncés. Actuellement, la commission « Charbonneau » est à l’oeuvre pour enquêter sur ce sujet délicat. J’ai déjà parlé de cette démarche qui me semble exemplaire. La juge France Charbonneau a une réputation sans tâche et elle incarne l’indépendance de la justice. Elle ne s’est pas laissée intimidée ni par les médias, ni par le politique et elle assure une démarche transparente (tout est visible sur Internet), volontaire et sans compromission.

Jacques Duchesneau, policier renommé, ancien chef de l’unité anticollusion du ministère des transports, a été le premier témoin a passé devant la commission « Charbonneau ». Il est l’auteur d’un rapport qui défraie la chronique depuis qu’il a été rendu public en septembre 2011. Ses dernières déclarations sur les systèmes de financement des partis politiques à partir des marchés publics éclaboussent tout le monde. Malheureusement, grisé par la médiatisation, il s’est laissé aller à des déclarations excessives et peu rigoureuses (70% du financement des partis politiques est illégal…)

Il n’en a pas fallu plus pour que ses grands soutiens d’hier, comme la cheffe de l’opposition, Pauline Marois, dénoncent ces excès. Tant que seul le parti libéral au pouvoir était en cause, Duchesneau était un héros. Mais lorsqu’il met en doute les autres formations, il n’est plus crédible…

La reprise des travaux de la commission après la pause estivale promet un feuilleton passionnant.

1957 – À la gloire de mon père, Marcel Pagnol (1895 – 1974)

Deux coups de feu secouent le Garlaban, deux bartavelles s’effondrent au pied du jeune homme qui avait secrètement suivi son père et son oncle en ce premier jour de chasse. Cet exploit unique et mémorable de Joseph fera de l’instituteur de Marseille une vedette du village de la Treille. Le fils de l’instituteur est fier de son père malgré les coups de canif donné aux grands principes de modestie.

Marcel Pagnol nous raconte avec poésie son enfance dans la région de Marseille. Après sa naissance à Aubagne, son père gagne le droit d’enseigner dans un beau quartier de la grande ville du sud. Les jeudis et les dimanches sont propices aux flâneries dans le parc Boléry et aux préparations de l’été dans la maison des Bellons dans le Garlaban.

Le jeune garçon est en admiration de son père instituteur fier de la République, anticlérical et convaincu de la pureté de sa mission. Ce Joseph sait tout faire. Il n’a pas son pareil pour dénicher des trésors chez le brocanteur. Marcel et son petit frère Paul découvrent la vie féérique de la garrigue où chantent les cigales.

Journal de Montréal/Québec – mardi 19 juin – Richard Martineau

 

Cliquez pour voir la chronique de Richard Martineau où je suis cité:

Et si Drainville avait raison

Cliquez pour voir le message envoyé à Richard Martineau:

Martineau 17 juin

Cliquez pour voir la chronique d’origine:

Ma théorie à cinq sous | Chroniqueurs | Opinion | Le Journal de Québec

Combat pour un samedi carné

En ce temps-là, le samedi on faisait maigre

Au XIXe siècle, le jeûne et l’abstinence jouent un rôle non négligeable dans les relations entre l’État et l’Église. C’est au temps de Grégoire VII (1073/85), un pape réformiste à qui nous devons, entre autres choses, le calendrier actuel ou la punition de Canossa, que les « jeûnes de vigile » se multiplient ; une pratique instaurée pour préparer dans la pénitence une grande fête ; le vocable « vigile », au féminin, signifie veille de fête, voilà la raison pour laquelle le samedi est considéré comme jour d’abstinence.

En Valais, c’est au XVIIe siècle, lorsque les idées calvinistes inquiètent le monopole de l’Église catholique sur les consciences, qu’apparaissent les premiers indices d’interdiction de consommer de la viande ; une diète réunie en juillet 1603 sur la prairie de la Planta pour décider de la religion des Valaisans, décrète quelques règles pour la pratique de la religion catholique notamment cet extrait « Tous ceux qui, les jours de vendredi et samedi, donneront à manger ou mangeront de la viande seront punis rigoureusement ».

En 1852, le gouvernement libéral-radical constatant que l’obligation de l’abstinence de viande le samedi ne rencontre pas l’assentiment de l’ensemble de la population, pour la simple raison que cette interdiction est incompatible avec le mode de vivre de la population. C’est dans cet esprit qu’il adresse une requête à Mgr de Preux afin d’obtenir que les Valaisans puissent faire gras le samedi ; une des raisons invoquées : s’abstenir de la viande le samedi constitue une difficulté pour les personnes qui fréquentent les foires et les marchés de Sion. Un autre facteur milite en faveur de « faire gras le samedi » : depuis le début du XIXe siècle, les Valaisans ont modifié leur manière de se nourrir – aux laitages ils privilégient la viande.

Dix ans plus tard, face à l’incurie de l’autorité cléricale concernant la requête du pouvoir civil, les radicaux, soucieux du bien-être de leurs concitoyens, s’impatientent et interviennent lors de la session d’automne du Grand Conseil. Maurice Barman s’élève contre le précepte de l’abstinence de viande – deux jours consécutifs, vendredi et samedi de chaque semaine et attire l’attention du Gouvernement sur le dilemme auquel les gens de la montagne sont confrontés : respecter la règle imposée par la religion au détriment de leurs intérêts personnels ; en effet, dans l’impossibilité de consommer le produit de leur boucherie, ils risquent de les « céder à vil prix » ou de les « voir passer à la décomposition ». Alphonse Morand presse le Conseil d’État d’activer les négociations avec le clergé, compétent en matière de jeûne et d’abstinence.

 

25 juin 2012

Brèves du Lynx du Mayen bleu- 20 – richesse

Filed under: o. échanges helvético-québécois — vslibre @ 9 h 58 min
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Les Valaisans sont riches

Le passé, quelle source inépuisable de vérités ; ainsi cet article du Confédéré de 18911 qui nous relate le geste solidaire et désintéressé d »un groupe de valaisans, émigrés en Argentine pour y trouver du travail et des moyens de vivre, qui organisent une substantielle souscription pour la survie du Confédéré ; ce journal d’opinion traverse à ce moment-là quelques turbulences financières.

Rien de tout ça aujourd’hui, le Valais est un pays riche, habité par de riches Valaisans qui, quoiqu’en disent quelques jaloux zurichois, contribue largement, au bien-être de la mère patrie ; c’est vrai, un entrepreneur du coude du Rhône, ancien gardien de but au FC Fully le déclarait il y a quelques jours sur le plateau de ma télévision locale préférée ; mais oui, si Dame Helvétia nous octroie bon an mal an quelque 500 millions de subsides et bien le Vieux Pays les vaut bien puisque à son tour sous forme de TVA, de ceci et de cela il alimente tout autant sinon plus les caisses fédérales..

Quant au Confédéré, il se porte bien, cet aïeul de plus de cent-cinquante années de bons et loyaux service poursuit son bonhomme de chemin ; un phénix s’est installé sur la branche du hibou et le lynx se délecte de ses coups de gueule et n’hésitera pas à lui souffler quelque rosserie ; du côté lectorat, certains élus auraient même souscrit jusqu’à deux abonnements ; une solidarité de campagne …électorale.

1 No 11 du samedi 14 mars 1891.

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