Valais Libre

23 décembre 2014

Enterrez vos morts, Louise Penny

penny, livreL’inspecteur-chef de la Sécurité du Québec, Armand Gamache, se remet d’une douloureuse affaire chez son ami Émile dans le Vieux-Québec. Il occupe son temps en fouinant dans la bibliothèque de la Literaty and Historical Society. La vénérable institution de la minorité anglophone de Québec sera le théâtre d’un meurtre. Augustin Renaud, un original archéologue amateur à la recherche du corps de Samuel de Champlain, est retrouvé mort dans les caves du bâtiment de la « Lit and His ».

Armand Gamache enquêtera comme consultant dans cette mystérieuse affaire qui nous permettra de plonger dans la fabuleuse histoire de la ville de Québec. Les restes de son fondateur suscitent le mystère depuis l’incendie qui détruisit en 1640 la petite chapelle où il fut inhumé. Louise Penny nous promène derrière les remparts de Québec à la découverte de quelques lieux bien connus. De l’ancienne prison, siège de la « Lit and His », aux délices de la boulangerie Paillard sur la rue Saint-Jean, ses enquêtes sont un régal.

Ses enquêtes, car les affaires se mêlent. La recherche du meurtrier de Renaud laisse parfois place aux dialogues entre Gamache et un de ses hommes, Paul Morin. Malgré sa promesse, l’inspecteur-chef ne sauvera pas son agent. Il enverra Beauvoir, lui aussi blessé dans l’assaut, revisiter une autre affaire où il a commis une erreur. Les méditations dans le Vieux-Québec permettront à Armand Gamache d’enterrer ses démons.

Flammarion, 2013

Publicités

4 novembre 2014

Le rêve de Champlain, David Hackett Fischer

rêve de ChamplainObligé de naissance… Ces mots intrigants de Champlain envers son roi Henri IV laissent penser à certains que Samuel de Champlain serait un fils illégitime du Vert Galant. Né vers 1570 à Brouage dans la province de Saintonge, les circonstances de la naissance et l’enfance du fondateur de la ville de Québec sont obscures. Il apprendra le métier des armes et la cartographie avant de s’aventurer sur mer pour ses premières découvertes.

Soldat en Bretagne, espion en Nouvelle-Espagne, géographe au Louvre, toutes ces activités seront mises au service de son rêve: La Nouvelle-France. Un premier voyage à Tadoussac, une remontée du fleuve français depuis le passage de Jacques Cartier et une mauvaise expérience en Acadie le convaincront de fonder un poste de traite là où le fleuve se rétrécit: Québec en algonquin.

Peupler cette nouvelle colonie sera son rêve, pas comme les Espagnols ou les Anglais en exploitant ou en luttant contre les indigènes, mais en vivant en harmonie avec eux. Il deviendra l’ami des Amérindiens en se faisant respecter, par son exemple, son charisme, mais aussi par la force parfois. Samuel de Champlain traversera de multiples fois l’Atlantique sans encombre pour convaincre les cours des rois Henri IV, puis Louis XIII de la justesse de son rêve.

Au soir de sa vie, il effleurera son succès, les colons commencent à arriver en plus grand nombre. Ce Noël 1635 sera source de tristesse et d’espoir pour ce Québec naissant. Un peuple naît alors que son premier chef meurt.

Éditions du Boréal, 2011

23 septembre 2014

L’assassin de la Tour de Londres, Christian Jacq

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 9 h 03 min
Tags: , , ,

Jacq 2La Tour de Londres est plongée dans un épais brouillard. La danse des brumes rythme la cérémonie d’intronisation du nouveau gouverneur des lieux. Lord Henry Fallowfield va en devenir le maître. Il a réussi son rêve grâce à l’appui de son épouse Ann. Après un instant d’aveuglement, l’assemblée découvre avec horreur la tête sanglante d’Ann Fallowfield brandie par un gardien en haut des remparts.

Présent sur les lieux, le superintendant de Scotland Yard, Scott Marlow doit faire appel à l’ex-enquêteur en chef Higgins pour mener cette enquête délicate. La reine veut des résultats rapides. La Tour de Londres ne peut garder trop longtemps ses secrets. Les Yeomen, gardiens des lieux sous la direction de Patrick Holborne, aident autant qu’ils embrouillent l’enquête. Les célèbres corbeaux de la Tour et le Spectre qui rôdent déploient un rideau presque surnaturel sur la scène du crime.

Les pistes sont embrouillées et Higgins semble perdu. Les bijoux de la couronne, un vieux Yeoman, l’histoire de la Tour, tout éloigne de la solution. Une deuxième mort, celle du médecin des lieux, semble abreuver le besoin de sang du Spectre. Pourtant la solution de l’énigme n’est pas ésotérique ni surnaturelle, elle est historique. Les corbeaux mettent Higgins sur la piste. La descendante d’une ancienne suppliciée a dû décapiter la descendante d’un juge inflexible pour ôter la malédiction qui planait sur sa famille.

J Éditions, 2011

14 septembre 2014

Le crime de la Momie, Christian Jacq

JacqFrances Mortimer a peur. Elle n’aime pas le bureau de son mari. L’aile du Britisch Museum où travaille Sir John Arthur, le brillant égyptologue, est angoissant. Elle terminera sa vie en allant chercher un dossier important. Tout laisse croire qu’une momie volée il y a quelques années est la responsable de ce meurtre. Le personnel de ménage, le gardien de l’immeuble, le chauffeur et Philipp Mortimer, le fils que Sir Arthur a eu d’un premier mariage sont sur les lieux.

L’égyptologue et son assistant Eliot Tumberfast se disputaient au domicile de Sir Arthur au moment du crime. Scotland Yard est rapidement sur la piste d’un cambrioleur. William W. Dobelyou aurait tué Frances Mortimer pour l’empêcher de parler. Devant l’importance et la sensibilité de l’affaire, le superintendant Scott Marlow fait appel à son ancien collègue Higgins qui va sortir de sa retraite pour enquêter sur ce meurtre.

Les rebondissements vont se succéder, la vie de chacun des protagonistes va être mise à nu par Higgins qui n’a pas son pareil pour faire parler les moindres indices. L’ancien de Scotland Yard n’a pas son pareil pour attirer les confidences. Son petit carnet noir reçoit toutes les observations. Higgins remontera tous les fils. Le crime était presque parfait, mais rien n’échappe à ce fin limier. Finalement, celui qui aimait trop Frances, l’a tuée sur les ordres d’un mari qui ne voulait en aucun cas divorcer.

J Éditions, 2011

10 septembre 2014

La colonie pénitentiaire et autres récits, Kafka

 

kafkaL’explorateur reste perplexe devant les explications très techniques de l’officier. Il décrit minutieusement la machine qui va bientôt exécuter le condamné. Celui-ci assiste à la présentation, même s’il ne comprend pas la langue. Il ne sait ni pourquoi il est condamné ni quelle est la sentence. Il ne pourra pas la lire avant de mourir, car elle s’inscrira sur son dos.

Mais, rien ne se passe plus comme avant, le nouveau commandant du camp n’est plus aussi strict que l’ancien au grand désespoir de l’officier. Il ne peut rien contre la dégradation du précieux mécanisme. La machine est sale et donne des signes de fatigue. Tout en expliquant la situation, l’officier désespère et finira par aller lui-même dans la machine pour une exécution suicide. Le sacrifice de l’officier sera fatal à la machine qui se désintègrera petit à petit.

D’autres récits comme le Champion du jeûne, le Terrier  ou la Taupe géante nous emmène dans des univers proche de la réalité, mais complètement insensé. Le Champion du jeûne veut aller plus loin que ne l’autorise son manager. Il réussira son rêve en quittant les projecteurs. Le Terrier se construit pour protéger son habitant, mais il ne se sent en sécurité qu’en vérifiant de l’extérieur. La Taupe géante est présente, mais existe-t-elle vraiment ?

Folio, Gallimard, 1991

10 mars 2014

La vérité sur l’Affaire Harry Québert, Joël Dicker

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 9 h 59 min
Tags: , , , ,

dicker livre31 chapitres, 31 leçons d’écriture. Harry Québert est un professeur de littérature. Les Origines du mal est son chef-d’oeuvre. Le roman est étudié dans les écoles, il a marqué son temps. L’histoire d’un amour impossible qu’a livré l’auteur qui vit dans une maison un peu isolée près de la petite ville d’Augusta dans le New Hampshire américain va guider l’amitié de Marcus avec son maître.

Marcus Goldmann est le Formidable, tout lui réussit, surtout l’esbroufe. Il se dirige vers l’Université de Burrows pour rester le meilleur de son monde. Là il rencontre Harry Québert qui fera de lui un écrivain célèbre. 15 ans plus tard, en panne d’inspiration alors qu’il doit rendre un roman à son éditeur, le réveil d’une vieille affaire lui donne l’occasion de retourner près de son maître.

Celui-ci est emprisonné. On a retrouvé le cadavre d’une jeune fille dans le jardin d’Harry Québert. C’est Nola disparue depuis plus de 30 ans. Dans un sac, près du cadavre, le manuscrit des Origines du mal. Québert était fou amoureux de Nola, elle fut son inspiration. Elle avait 15 ans, lui plus de 30, l’amour était interdit. Marcus tient son roman, il va découvrir la vérité sur l’Affaire Harry Québert. Mais remuer le passé n’est pas toujours inoffensif…

 

De Fallois / L’Âge d’Homme, 2012

27 février 2014

Des noeuds d’acier, Sandrine Collette

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 9 h 06 min
Tags: , ,

noeuds-acier-1277971-616x0À sa sortie de prison, Théo n’a qu’une envie, filer à l’asile voir son frère Max. C’est à cause de lui qu’il a passé 19 mois en prison, 19 mois à tenter de survivre, 19 mois à éviter les coups du grand Gilles. La prison ne l’a pas brisé. Il a survécu. Après il retrouvera Lil, sa belle. Pour elle, il a frappé son frère qui est devenu un légume.

La visite lui a confirmé que Max finira ses jours sans autonomie. Mais, il a eu très peur qu’on le repère, il n’a plus le droit d’approcher son frère. Alors il s’enfuit à la campagne, dans une pension perdue, quelques jours pour oublier. Il découvre la marche en nature, lui le citadin commence à apprécier le grand air. Mme Pignon, sa logeuse l’envoie sur un nouveau chemin. Il trouvera son enfer.

Prisonnier des deux frères de Mme Pignon, il sera leu esclave. La prison ne l’a pas brisé, Basile et Joshua y parviendront. Les premiers temps, il partage sa vie de chien avec Luc, capturé précédemment. Lorsqu’une blessure de son compagnon ne lui permet plus de travailler, il est abattu sous les yeux de Théo. Un animal, voilà ce qu’il est devenu. Un animal à la merci des deux frères alcooliques. Joshua tuera Basile dans une dispute avant de mourir. Il n’a plus d’espoir, il va mourir enchaîné à son mur humide et froid de la cave, lorsqu’un chien surgit…

Denoël, Sueurs Froides, 2013

10 juillet 2013

Moi, mes souliers, Félix Leclerc

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 13 h 55 min
Tags: , , , ,

Moi, mes souliers LeclercLe lièvre est un animal d’humeur sauteuse et de tempérament craintif. J’ai quelque ressemblance avec lui. Cette phrase qui ouvre ce journal d’un lièvre à deux pattes encadre la démarche de Félix Leclerc. Il nous raconte, par touches successives les quarante premières années de sa vie bien garnie. Des premières années à La Tuque au retour triomphal de Paris, que de chemin parcouru !

En visite chez de la famille à Québec, Félix visite les locaux de la radio. Il décroche par hasard, un emploi temporaire. Il y restera trois ans. Son destin est lancé. De retour à la ferme familiale, il sera « boeuf man » durant un hiver. Étendant la glaise sur les champs enneigés pour que la terre sablonneuse en profite au printemps, il puisera dans cette terre, la force de s’accomplir.

Retour à la radio, mariage, théâtre, la vie s’avale à pleines dents pour notre lièvre qui devient citadin puis père. Il fera un grand saut à travers l’Atlantique, ses chansons ont traversé plus vite que lui et l’ABC, un music-hall parisien l’attend. Ce sera une période folle, pleine et insouciante. En famille ou en couple, l’Europe s’ouvre à l’artiste avant un retour triomphal à Québec.

Autobiographie, simple, sensible, au ton juste, l’image des lièvres accompagne Moi, mes souliers avec bonheur. Le livre qui reprend le titre d’une chanson de 1951 est une entrée agréable dans l’univers de Félix Leclerc.

Amiot-Dumont, 1955

12 juin 2013

La fuite aux Agriates, Marie Ferranti

Filed under: f. livres divers — vslibre @ 8 h 54 min
Tags: , , ,

Ferranti agriatesFrancesca se remet difficilement, tout tourne dans sa tête. La jeune femme libre et effrontée peine à retrouver ses esprits. La Corse, sa Corse est un pays bien difficile à cerner, bien difficile à vivre. Pourtant elle l’aime cette île, elle a son caractère dans la peau, dans le sang. Mais ce sang, le sang corse a tendance à se répandre trop facilement.

Fille d’un viol, détestée par sa mère qui a épousé le fils du violeur pour les convenances, Franscesca grandira avec l’amour de son père adoptif, mais avec l’incompréhension des autres. Elle se fiancera à Pierre qu’elle n’aime pas et sera la maîtresse de Julius, le fiancé de sa soeur. Pierre et Julius sont des activistes politiques.

Le sang d’un continental coulera. Une balle de Julius lui ôtera la vie. Pierre sera arrêté, Julius fuira dans le maquis. Franscesca le rejoindra. Ils vivront quelques beaux jours hors du temps dans le massif des Agriates avant que Franscesca ne revienne au village laissant Julius dans sa grotte.

La beauté des paysages corses mêlée à l’âpreté de la vie villageoise et à l’absolutisme politique font de ce court roman un régal. Marie Ferranti brosse un portrait de l’île de Beauté et de ses personnages au caractère bien trempé qui nous entraîne dans leur passion sans limite.

 

Folio Gallimard, 2000

20 décembre 2012

Chronique de la Côte des Neiges, Amélie Plume

†TionnˆhSˆhSXÌSTrAu 1572 de l’Avenue du Docteur Penfield à Montréal s’élève une solide bâtisse, en moellons bruts de grès rouge… Un véritable monument historique. Le Consulat général de Suisse y a ses bureaux et le consul sa résidence. La nouvelle demeure de la narratrice sera le point de départ de découvertes amusantes, tendres ou pétillantes.

La vie de compagne du Consul n’est pas toujours de tout repos, mais le rôle de Nenette à son chéri va être pleinement assumé par l’héroïne. Dire oui à l’amour, à la vie avant de dire non à l’amant, telle sera la nouvelle devise de celle qui a décidé de poursuivre sa vie au bras de Nicéphore, le nouveau Consul de Suisse à Montréal.

Elle est écrivaine, le terme ne choque pas dans la Province, elle s’amuse de cette langue française pareille, mais parfois si différente. Elle est plus dérangée par la foule de Sainte et de Sainte qui nomme les rues et les villages, son passé chez les soeurs ressurgit. Elle va nous entraîner agréablement dans son tourbillon, dans ses coups de coeur, dans ses surprises qui traversent la Belle Province. Elle dépoussière notre vision de la vie diplomatique.

Zoé 2006

Page suivante »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :