Valais Libre

30 avril 2018

366 histoires suisses

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30 avril – Un héritage mouvementé (1436)

Frédéric VII de Toggenbourg

Ce 30 avril 1436, le comte Frédéric VII de Toggenbourg meurt à l’âge de 66 ans. Cette mort pourrait être banale, mais elle va causer une première guerre civile au sein de la Confédération. Le comte de Toggenbourg est le dernier de sa lignée et il ne laisse pas de testament. Les vues sur son territoire vont déclencher ce qu’on appellera l’Ancienne guerre de Zurich.

À la tête d’un vaste territoire qui allait du Toggenbourg aux Grisons et du lac de Zurich au Voralberg autrichien Frédéric VII vivait en paix. En bon diplomate, il équilibrait la balance entre l’Empereur, la Maison d’Autriche et les Confédérés. Sa mort va réveiller bien des envies. Zurich est la première à réclamer le Toggenbourg.

Schwytz et Glaris avec l’appui des autres cantons feront de même. Mais en 1438, la ville de Zurich annexe la vallée et bloque l’approvisionnement en céréales des autres cantons. La crise est totale. En 1440, Zurich est exclue de la Confédération et la guerre est déclarée. La ville se tourne alors vers l’Empire et les Habsbourg.

En 1443, les troupes zurichoises sont battues à Saint-Jacques sur la Birse. La France interviendra alors sur demande de l’Empereur Frédéric III. Ce sera une nouvelle bataille une année plus tard au même endroit. La vaillance des Confédérés éblouira le Dauphin qui renoncera, malgré la victoire, à poursuivre son action en Suisse.

En 1446, les belligérants en ont assez de la guerre, un cessez-le-feu est conclu. En 1450 la paix d’Ensielden met un terme définitif à la guerre. Zurich revient dans la Confédération et renonce à son alliance avec l’Autriche.

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29 avril 2018

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29 avril – John Webber (1793)

Mort de James Cook

Monsieur Webber fut engagé et embarque avec moi pour suppléer aux insuffisances inévitables des descriptions écrites, pour ramener l’image des scènes les plus mémorables que nous aurons vécues, tel que peut les représenter un artiste professionnel expérimenté et pour rendre le résultat de nos efforts intéressant et instructif pour le marin, le savant, le lecteur en général.

En montant à bord du Résolution le 16 juillet 1776 à Plymouth, John Webber ne sait pas encore que sa mission, définie dans le journal de bord par le capitaine James Cook, durera quatre ans. Le dessinateur reverra l’Angleterre,pas son capitaine qui terminera son voyage le 14 février 1779 sur une île du Pacifique, tué par des indigènes.

John Webber est le fils d’Abrahma Waeber, venu de Berne à Londres pour poursuivre sa carrière de sculpteur. Abraham enverra son fils John à Berne pour sa formation. Il travaillera chez un peintre paysager et imprimeur avant d’aller apprendre les techniques de peinture à l’huile à l’Académie royale de Paris. C’est un autre artiste suisse Daniel Solander, compagnon de Cook dans son premier voyage autour du monde, qui recommanda son compatriote.

Après son retour, Webber a participé à l’illustration de l’édition officielle du journal de Cook. Son art contribua grandement à la popularité du voyage et à la connaissance des contrées découvertes. John Webber s’éteint à 42 ans, ce 29 avril 1793 à Londres.

28 avril 2018

366 histoires suisses

28 avril – Nicolas-Manuel Deutsch (1530)

Danse macabre de Nicolas-Manuel Deutsch

Plus claire est la flamme d’une chandelle, plus vite elle se consume. Notre Manuel avait 46 ans; il était une brillante lumière au milieu de nous, mais la maladie l’a emporté pour la douleur de tous les amis de la Vérité, et pour la joie des autres. Cet hommage d’un de ses amis au moment de sa mort résume le parcours de Nicolas-Manuel Deutsch qui disparaît ce 28 avril 1530 à Berne.

Les traces de sa naissance sont vagues, comme celles de ses premières années. Il né à Berne vers 1484, sa formation initiale s’est faite dans des ateliers de fabriques de vitraux à Berne. Comme c’était la règle de l’époque, il a poursuivi son apprentissage dans un tour de compagnonnage qui l’a mené à parcourir, le nord des Alpes, l’Allemagne du sud et le Rhin supérieur. Il a dû terminer sa formation artistique à Bâle auprès des Maîtres de la renaissance allemande.

Maniant aussi bien la plume que l’épée, le ciseau que le pinceau, la pointe que la dague, le crayon que le marteau, et ne dédaignant pas l’humour, la politique, le pamphlet, la religion, les vierges espiègles ou coquettes, Nicolas-Manuel aura traversé son temps avec intensité.

Artiste, il a laissé de nombreuses oeuvres picturales et littéraires, dont des danses macabres; soldat il a participé comme mercenaire aux campagnes d’Italie du début du 16e siècle; politique il a été bailli, banneret et membre du Petit conseil de Berne. À la fin de sa vie, il sera partisan de la Réforme et de Zwingli. À partir de 1528, il fut chargé par Berne de nombreuses missions dans un esprit d’apaisement des conflits confessionnels entre Confédérés.

Ses œuvres sont conservées notamment aux Musées des beaux-arts de Bâle et de Berne, au Musée d’histoire de Berne, dans la collégiale de cette ville et dans diverses églises rurales du canton.

27 avril 2018

366 histoires suisse

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27 avril – Défaite dans le milanais (1522)

Les piquiers suisses marchaient à travers champs sous un tir d’artillerie nourri en direction des positions ennemies lorsqu’ils tombèrent sur un chemin inondé surplombé d’un glacis. Déjà en partie décimés par les tirs des arquebusiers espagnols, les Suisses durent se replier. Ils finiront par quitter le champ de bataille et regagner leurs cantons respectifs.

Ainsi se termine une période glorieuse du mercenariat suisse à la bataille de la Bicoque, ce 27 avril 1522, à quelques kilomètres au nord du centre de Milan. Sans solde depuis leur retour en Lombardie, les Helvètes au service de François Ier ne voulaient pas attendre le moment propice pour attaquer les troupes de Charles Quint. Ils obligent le vicomte de Lautrec de fondre immédiatement sur les Espagnols.

Mal leur en prit, les difficultés du terrain s’ajoutant aux frustrations d’une solde impayée et surtout à l’efficacité de l’artillerie ennemie les força à la retraite. Lorsqu’ils se replièrent, ils laissaient plus de 3 000 morts, dont leurs deux chefs, sur le champ de bataille. Ce fut un tournant dans le comportement futur des troupes suisses.

Dès lors, finis les charges fougueuses, les attaques frontales ou les assauts directs. La prudence et le manque d’initiative marqueront les conflits suivants. Cette bataille marque également le début de la place prépondérante des armes à feu sur le théâtre des batailles. Les mercenaires suisses ne sauront jamais s’y adapter vraiment.

26 avril 2018

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26 avril – Mort d’un pionnier (1869)

Théodore Maunoir

Le décès subit et inattendu de Théodor Maunoir, ce 26 avril 1869, place, pour la première fois, le Comité international de la croix rouge devant la question d’une succession. Le médecin âgé de 63 ans disparaît brusquement après avoir participé activement à la mise sur pied du mouvement né en 1863.

Né en 1806 dans une famille de médecin genevois, Théodore Maunoir suit la tradition familiale et parcourt l’Europe pour étudier la médecine. Il obtiendra son doctorat de chirurgie à Paris. Il rentrera ensuite à Genève où il devient membre de la Commission d’hygiène et de santé de Genève ainsi que de la Société genevoise d’utilité publique.

un homme qui possédait de grandes qualités. Exceptionnellement intelligent, il était aussi charmant et ses lettres étaient illuminées d’un délicieux sens de l’humour…Pierre Boissier le décrit ainsi dans son histoire du CICR. Grand ami du chirurgien Louis Appia, ils répondront tout deux à l’appel d’Henri Dunant après la bataille de Solférino.

Lors de la première conférence de la Croix rouge en 1863, ses interventions seront décisives afin de convaincre la délégation française d’adhérer au projet. Son plaidoyer en faveur de l’action des volontaires sur les champs de bataille fera vibrer les bonnes cordes.

Théodore Maunoir sera également un des pionniers des statistiques médicales en Suisse.

25 avril 2018

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25 avril – Football et télévision (1954)

Affiche du championnat du monde de football 1954 en Suisse

En ce dimanche 25 avril 1954, les équipes de Suisse et d’Allemagne peaufinent leur préparation en vue de la Coupe du monde de football qui se déroulera en Suisse dès le 16 juin 1954. Elles disputent une rencontre amicale à Bâle. Cette partie est la première à être diffusée en direct par la télévision suisse. L’Eurovision se chargera de la diffusion de nombreux match de la Coupe du monde.

L’Allemagne remportera cette partie sur le score de 5 à 3. Cette victoire lance une merveilleuse aventure pour l’équipe d’Allemagne qui gagnera la Coupe du monde le 4 juillet 1954. Le miracle de Berne marquera l’histoire du football et empêchera la légendaire équipe de Hongrie emmenée par Ferenc Puskas de gagner un trophée qui lui était promis.

En match de groupe, la Hongrie n’avait fait qu’une bouchée de l’Allemagne qu’elle avait battue 8 à 3. Après avoir éliminé le Brésil en quart et l’Uruguay en demi-finale, rien ne semblait pouvoir arriver aux artistes hongrois, mais c’était sans compter sur le réalisme allemand. La Suisse se comporta également très bien lors de cette Coupe du monde. Deux victoires face à l’Italie, en phase de groupe et en barrage, ont effacé la défaite contre l’Angleterre.

Elle était donc au rendez-vous des quarts de finale le 26 juin 1954 au stade de la Pontaise à Lausanne. Trois buts entre la 16e et la 19e minute n’auront pas suffi. Elle s’inclinera 7 à 5 face à l’équipe d’Autriche au terme d’un match fou qui reste le plus prolifique en terme de buts de l’histoire de la Coupe du monde.

24 avril 2018

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24 avril – Mort du Major Davel (1723)

Major Davel sur l’échafaud

C’est ici la plus excellente et la plus glorieuse journée de ma vie. Je sens au-dedans de moi l’amour de Dieu et son secours, qui me soutient dans ces derniers moments après m’avoir conduit et protégé pendant tout le cours de ma vie. Je prie Dieu que ma mort vous soit utile et salutaire pour le redressement de tous les abus…

Ces mots sont les derniers du major Davel. Jugé par le tribunal lausannois des bourgeois et citoyens pour sa rébellion du 31 mars, il est condamné à mort et décapité le 24 avril 1723 à Vidy. La foule est nombreuse au bord du lac pour voir rouler la tête de celui qui passe pour un illuminé.

Le major Davel avait préparé un manifeste pour la libération du Pays de Vaud. Son réquisitoire contre les abus des impôts, contre les malversations bernoises, contre les baillis qui rendent la justice sans connaître le droit, contre les humiliations infligées au vaudois ou contre les atteintes à l’esprit de la Réforme, avait fortement dérangé Leurs Excellences de Berne.

La hache du bourreau a mis un terme à sa tentative et le Pays de Vaud devra attendre trois quarts de siècle encore avant d’être libéré du joug bernois. Mais la mémoire du Major Davel sera réhabilitée au 19e siècle avec l’accès aux documents d’archives. Plaques commémoratives, monuments, pièces de théâtre, peintures ou études universitaires ont fait du Major Davel le héros du peuple vaudois, le martyr qui a osé dénoncer le régime bernois.

23 avril 2018

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23 avril – Fête fédérale de Gymnastique (1832)

Au 19e siècle, la gymnastique connait un regain d’intérêt en Suisse. Les étudiants en sont friands et la société de Zofingue devient un vecteur important de cette pratique sportive. Des sociétés de gymnastique sont créées un peu partout à travers le pays. Berne, Bâle, puis Zurich verront les premières naissances.

Les 23 et 24 avril 1832, une soixantaine de gymnastes de Zurich, Berne, Lucerne, Bâle et Baden se réunissent à Aarau pour un concours. Ils se disputent cinq couronnes de laurier et fondent la Société fédérale de gymnastique. Cette première Fête fédérale de gymnastique sera annuelle jusqu’en 1874, puis biennale jusqu’en 1888. Aujourd’hui elle a lieu tous les cinq ou six ans.

La Société fédérale de gymnastique avait pour but d’unir les gymnastes et les sociétés par des liens d’amitié et des sentiments patriotiques, de promouvoir l’éducation nationale, physique et intellectuelle de la jeunesse et de développer et cultiver les exercices gymniques en favorisant la diffusion dans la population.

Après 1848, le mouvement devint le porte-parole des valeurs démocratiques, progressistes et laïques. L’activité gymnique participa à l’édification d’un pays rendu prospère et stable grâce à sa modernisation politique et économique.

22 avril 2018

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22 avril – Essai de révolte à Fribourg (1853)

Révolte fribourgeoise

Nous n’avons jamais connu un caractère plus noble que celui de Nicolas Carrard. Sous la veste de bure du paysan battaient les sentiments les plus élevés. C’était un homme d’un autre temps. Il s’en trouve encore dans le canton de Fribourg, mais hélas cette génération va finir, car le radicalisme pour éteindre la religion catholique a jugé à propos, par une ruse infernale, de prendre les enfants au berceau et de les mettre entre les mains de régents impies et corrompus…

Ces mots parus dans l’Union franc-comtoise quelques jours après la mort de Nicolas Carrard illustrent toutes les tensions qui divisent certaines régions du pays après la guerre du Sonderbund. À l’issue de cette crise, se met en place à Fribourg, comme dans les autres cantons catholiques, un régime radical privé de soutien populaire, mais appuyé par la Confédération régénérée.

L’opposition au nouveau pouvoir s’exprime dans la légalité ou par la violence. À Fribourg, Nicolas Carrard prend alors la tête du mécontentement extrémiste. Dans la nuit du 4 octobre 1850, cet ancien instituteur d’origine vaudoise parvient avec trois cents hommes jusqu’aux portes de Fribourg, mais renonce à attaquer, n’ayant pas trouvé le soutien attendu.

Le 22 mars 1851, il s’empare avec une soixantaine d’insurgés de l’arsenal et du haut de la ville, mais la bande est défaite après un combat sanglant. Enfin, Carrard et quelques centaines d’hommes tentent de renverser une nouvelle fois le gouvernement dans la matinée de ce 22 avril 1853.

Nouvel échec, il perd la vie au cours de la fusillade engagée sur la place du collège Saint-Michel. Le sang des martyrs a été autrefois et sera toujours une semence de nouveaux chrétiens. La mort d’hommes justes par les mêmes raisons ne saurait manquer d’être profitable à la cause qu’ils ont servie avec tant d’abnégation …

Mais c’est par la voie de la légalité qu’aux élections de 1856 les libéraux-conservateurs reprendront le pouvoir à Fribourg.

21 avril 2018

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21 avril – Migros arrive en Suisse Romande (1932)

Premier magasin Migros en Suisse romande (1932)

Ce 21 avril 1932, un premier magasin Migros ouvre en Suisse Romande, à Neuchâtel. Deux semaines plus tard, ce sera La Chaux-de-Fonds qui verra l’enseigne s’installer. La société fondée par Gottlieb Duttweiler 7 ans plus tôt prend son envol et devient nationale.

Après quelques expériences dans le commerce, Gottlieb Duttweiler décide de lancer sa société de distribution. Il développe une idée novatrice, à savoir baisser les prix afin de vendre deux ou trois fois plus de marchandises. Pour commencer, il achète 5 camions Ford T. Il les garnit de six articles de base: café, riz, sucre, pâtes, graisse de coco et savon, qu’il offre parfois à un prix de 40 % inférieur à celui de la concurrence.

Quelques mois plus tard, il ouvre un premier magasin à Zurich. Pas de décorations, les marchandises simplement posées sur des étagères, une boîte à cigare comme caisse, les frais sont limités au maximum. La clientèle afflue, les prix attrayants priment sur la qualité du décor. Les affaires deviennent rapidement florissantes.

Duttweiler introduira aussi des prix ronds en adaptant les poids et les mesures pour faciliter la tâche de ses camions-magasins. Petit à petit, il développera un réseau de fournisseurs, des marques propres. Il diversifiera ses domaines d’activité: presse, agence de voyages, banque, assurance, essence, parcs de loisirs, tout pour le bien-être du client.

Ce développement ne plaît pas à tout le monde. Les embûches sont nombreuses, mais Duttweiler persévèrera. Migros deviendra une coopérative en 1941 et son expansion continuera sans cesse. Elle fait partie des marques les plus connues en Suisse.

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