Valais Libre

30 décembre 2017

5 ans au Québec – épisode 50 (fin)

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Fin d’année

Les chutes Montmorency sont belles , mais il faut du courage pour les admirer de l’extérieur….

Oh non, ça ne nous dérange pas ! J’avais prié pour avoir de la neige et du froid, donc nous sommes servis. La réponse de la touriste belge donne immédiatement le ton au reportage de la télévision québécoise sur la vague de froid qui déferle sur la province. Du jamais vu en 100 ans, titrait aussi le Journal de Québec.

-25 est une température qui arrive régulièrement en février, mais à la mi-décembre, c’est un peu vite. Même si j’avais le sourire lorsque les premiers grands froids étaient annoncés, il y a une semaine, je commence à trouver ça difficile et il faudra patienter jusqu’en 2018 avant un redoux relatif.

J’avais le sourire parce que ma mère venait me visiter et qu’elle voulait se rendre compte de ce que frette voulait dire. Frette c’est bien plus que froid, c’est un froid qui vous prend au corps. Parce que -25 c’est froid, mais avec le vent, la température ressentie descend facilement à -35, voire – 38 comme mercredi dernier.

Cette année se termine donc froidement, mais j’ai eu la chance d’avoir ma famille en visite pour Noël et ça, ça réchauffe le cœur. Heureusement, les premiers jours de présence de ma mère, ma sœur, mon neveu et sa blonde, la température était encore acceptable pour des activités extérieures.

Glissade à Valcartier, visite du vieux Québec, traversée du Saint-Laurent en traversier et marché de Noël allemand ont occupé ces journées, puis le froid est venu. Il n’a pas dérangé le concert de Gregory Charles ou l’initiation au curling, mais il a fait passer rapidement devant les chutes Montmorency et a étiré les séances de magasinage.

Oui, le magasinage parce qu’au Québec on magasine, même le Boxing Day… D’ailleurs, ma sœur m’a fait remarquer que mon langage avait changé. Je commence à intégrer des expressions québécoises même si je fais attention en présence de Suisses. J’évite les quatre-vingt-quinze, mais son regard, lorsque je lui ai parlé de mon feu sauvage (boutons de fièvre), m’a fait comprendre que je n’utilisais pas ce mot avant.

Par contre, la tourtière, le pâté chinois ou le ragoût de pattes ont bien passé. Les recettes traditionnelles du temps des Fêtes créent de la chaleur partout sur la planète. La cuisine est différente dans chaque région, mais elle réunit toujours. Même s’il faut affronter une tempête de neige pour retrouver une table amie, ces moments sont inégalables.

C’est au moment de reconduire ma famille à l’aéroport que j’ai pris conscience que l’année arrivait à son terme, tout comme ma cinquième année au Québec. Me voici donc à ma cinquantième et dernière chronique de cette série. Le temps file et je constate que je m’intègre de mieux en mieux au Québec.

Comme le dit souvent ma blonde, je chiale de plus en plus en plus. Je critique régulièrement les Canadiens de Montréal et leurs dirigeants incompétents. Je retrouve mes anciens réflexes de supporters du FC Sion. Surtout, je peine à masquer ma sympathie pour les indépendantistes. Je crois que la biographie que je suis en train d’écrire m’influence beaucoup.

Le premier volume de la trilogie paraîtra en mars prochain. Je franchirai alors une nouvelle étape dans mon périple outre-Atlantique. Ma vie a beaucoup changé et même si je dis parfois que si j’avais su combien le défi professionnel serait difficile, pas sûr que j’aurai osé faire le saut, je ne regrette absolument pas cette aventure. Je suis trop bien auprès de ma blonde.

Meilleurs vœux pour 2018 !

Notre tableau prgramme….

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15 décembre 2017

5 ans au Québec – épisode 49

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Jour de tempête

Une belle tempête de neige, c’est toujours bien pour commencer l’hiver.

Le Québec et le Valais ne sont pas si éloignés. Si le Valais a connu sa première tempête hivernale durant la dernière fin de semaine, la région de Québec a eu la sienne mardi et mercredi. Soixante-dix centimètres (eh oui, le Québec ne sait pas plus compter que les Français, septante pour ceux qui savent…) à Sion contre une grosse vingtaine à Québec.

Mais les difficultés routières ont été très semblables. J’ai lu quelques récits découragés sur Facebook. Quelques amis ont connu des galères dans le Chablais et ont dû passer une nuit à l’hôtel. Ici, deux carambolages à quelques kilomètres de chez moi ont inauguré l’hiver, heureusement avec seulement des blessés légers et des dégâts matériels.

Si le style de conduite des énormes trucks (camions) qui sillonnent les autoroutes québécoises mériterait une analyse détaillée, je la laisserai à des spécialistes et je vais vous narrer une autre spécificité de la Belle Province (c’est ce qui était écrit sur les plaques d’immatriculation du Québec avant que l’actuelle devise Je me souviens ne s’impose en 1978).

Les jours de tempête, les écoles sont fermées. Ainsi mardi, ma blonde (inutile de vous rappeler que ce qualificatif n’a rien de péjoratif au Québec), a reçu un coup de téléphone à 6 h 00 pour lui dire qu’elle avait congé. Elle a appelé deux collègues pour poursuivre la chaîne téléphonique et s’est recouchée. La neige pouvait tomber en paix.

Les parents et les élèves apprendraient la nouvelle par la radio qui égraine chaque matin de tempête la liste des commissions scolaires qui ferment leurs écoles ou par les sites internet. Ils savent qu’en cas de doute, il vaut mieux s’informer avant de trouver les portes closes. Car, on ne badine pas avec la sécurité.

La neige tombe peut-être moins abondamment qu’en Valais, mais sa structure légère et la force des vents sont dévastatrices. La température oscille entre -10 et -15 degrés ces jours, mais le vent fait qu’on ressent plutôt des – 20. C’est encore acceptable. Au plus froid de l’hiver des – 40, -45 ressentis ne sont pas rares.

Le vent soulève et disperse la neige en créant un brouillard opaque et des congères qui peuvent surprendre facilement les automobilistes. Une belle tempête de neige peut se comparer à une tempête de sable dans le désert. L’hiver dernier, des téméraires ont payé leur audace de leur vie (la bureaucratie s’enlise).

Ces épisodes débutent souvent la nuit et se terminent dans la journée. Il est donc facile pour les commissions scolaires de décider de fermer pour la journée. Celle de cette semaine est arrivée durant la matinée, mais la décision a été facilitée par une mauvaise expérience de l’année dernière où la fermeture des écoles décidées vers midi avait contraint certains élèves à dormir à l’école.

Ces journées de tempête ne sont pas des jours d’école en moins. Elles font partie des journées pédagogiques. Au Québec, les élèves ont beaucoup moins de congés qu’en Valais. La semaine est de 5 jours d’école sans interruption et il n’y a que deux semaines de congé à Noël et une semaine de relâche au début mars.

Mais, environ une fois par mois, il y a une journée pédagogique où seuls les enseignants vont à l’école, les élèves ont congé. Six de ces journées sont réservées pour les tempêtes. Ainsi le congé de mardi entraînera la suppression d’une journée pédagogique au printemps. Une manière simple de s’adapter aux réalités du climat.

Les trucks (camions) sont téméraires.

8 décembre 2017

5 ans au Québec – épisode 48

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Roar of the Rings

Belle ambiance avec près de 10 000 passionnés de curling

Rugissement des anneaux… Drôle de titre, mais c’est la traduction de l’expression Roar of the Rings qui donnait son nom à la compétition à laquelle j’ai assisté la fin de semaine dernière à Ottawa. J’ai fait 5 heures d’autobus le samedi matin et 5 heures dans la nuit de dimanche à lundi pour entendre rugir les anneaux !

Un peu fou me direz-vous, mais quand je vous aurai expliqué que c’est en fait le plus important tournoi de curling, vous aurez compris pourquoi j’étais enthousiaste à suivre cette longue route que je vais vous conter ici.

Tout a commencé l’hiver dernier lorsque Michel, le président de l’époque du club de curling Etchemin et mon maître technique (même s’il est un peu découragé de son élève qui manque tellement de bases…), m’a informé de la tenue des essais olympiques tout près de chez nous.

Parce que oui, ici au Canada, 450 km, c’est à côté. Le club organisait un autobus pour aller assister aux parties de la première fin de semaine. J’avais raté les championnats canadiens quelques mois auparavant, je n’allais pas manquer cette édition quadriennale (les Jeux olympiques c’est chaque 4 ans…).

Samedi dernier donc, à 5 h 30, Michel passait me chercher (même s’il n’est plus président du club, son dévouement n’a pas diminué) et nous embarquions quelques minutes avant 6 h 00 dans l’autobus qui devait nous mener, les 41 membres du club Etchemin, vers l’Eldorado du curling.

Ceux qui me suivent régulièrement connaissent mon amour du Tim Hortons et j’ai été comblé. La célèbre franchise canadienne de café nous offrait par l’intermédiaire du gérant local (merci, Stéphane !) notre potion matinale. Nous étions tout de suite dans l’ambiance, car Tim Hortons est aussi le commanditaire (sponsor) principal du Roar of the Rings.

Une halte pipi avant Montréal et nous voilà déjà à Casselman pour l’arrêt dîner. J’ai toujours eu un peu de peine avec les horaires de repas avancés du Québec, mais dîner à 10 h 10, c’est difficile. Heureusement, nous avions le choix entre un Tim Hortons et un McDonald : devinez mon option ?

Après un Tim matin et un muffin, nouveau départ et à 12 h 30, le Canadian Tire Center se dressait devant nous. Le domicile des sénateurs d’Ottawa ne verra pas de hockey pour une dizaine de jours, il s’est fait une beauté pour les curleurs.

Et c’était réussi. Après le passage des portiques de sécurité où certains ont un malin plaisir à les faire sonner, nous voici très vite installés dans nos sièges pour la cérémonie d’ouverture et le son des cornemuses. Je pouvais vibrer une première fois au Ô Canada qui sera chanté au début de chaque draw (série de parties).

Je ne vous embêterai pas avec des conditions techniques de jeu, sachez simplement que les 9 meilleures équipes canadiennes féminines et masculines s’affrontent pour savoir qui va représenter le pays au prochain Jeu olympique. Sur ces 18 équipes, il y en a une bonne dizaine qui pourrait gagner une médaille.

C’est plus facile d’être champion olympique que de gagner ces essais canadiens ! Mais, même si on est champion olympique, on n’est pas infaillible. Brad Jacob a été d’un grand réconfort pour tous les capitaines (skip) de curling au monde en ratant une dernière pierre facile. Surtout qu’à l’heure où j’écris ces lignes, il est toujours dans la course.

Car le tournoi se termine dimanche prochain, mais nous sommes rentrés pour être prêts au travail lundi matin. Départ à 22 h 30 d’Ottawa et arrivée à 3 h 15 à Saint-Romuald : très rapide, surtout en dormant le long du chemin, mais lundi après-midi un peu plus dur derrière le bar du club. Pas grave, j’ai entendu rugir les anneaux !

Le Canadian Tire Center d’Ottawa

1 décembre 2017

5 ans au Québec – épisode 47

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Première neige

L’abri « tempo » de notre voisin…

Elle est enfin arrivée. Je l’avais souvent côtoyée dès le mois d’octobre. Elle tentait d’égayer un peu le triste novembre, mais cette année, elle n’avait fait qu’une furtive apparition. Pour l’apprécier, je n’avais que les photos postées sur Facebook par mes amis Valaisans. Je me sentais un peu orphelin. Elle est arrivée: plus que les 5 cm annoncés m’attendent ce matin.

Elle, c’est évidemment la neige. Elle qui fait le lien entre mon nouveau pays et mes origines. En cette fin d’automne, elle ressemble encore un peu à la neige d’avant, celle du Valais. Il ne fait pas encore trop froid, juste -2 au réveil. Elle est encore épaisse, moelleuse, presque douce. Lorsque l’hiver régnera, elle deviendra légère, fine et piquante.

Tout était prêt pour sa venue. Je vous ai déjà expliqué le gazon et les arbres protégés. Je vous l’ai déjà dit, je vis dans un quartier résidentiel organisé comme dans les films avec une rue large, les maisons alignées en retrait avec un stationnement et un bout de gazon à l’avant et le terrain où l’on vit dehors à l’arrière. Les entrées de maison sont délimitées par des piquets de différentes couleurs.

Des bleus pour Artic, des jaunes et rouge pour Bilodeau ou encore des oranges pour Couture, chaque déneigeur installe son signe distinctif et le bal peut commencer. Couture, notre contracteur, s’est modernisé, fini ses vieux échalas en bois peint en orange éclatant, maintenant, il se signale par de nouveaux pieux métalliques d’un jaune orangé qui donne de la classe.

Je l’ai entendu plusieurs fois cette nuit, lui ou celui du voisin, qui dégageait notre entrée, car nous n’avons pas installé d’abri « tempo ». Parce que si on ne fait pas appel à un déneigeur, il faut un abri sinon la corvée de pelletage est trop grande. Donc, dès la fin octobre, on voit pousser d’étranges structures métalliques devant beaucoup de maison, parfois même en prolongement du garage.

Lorsqu’arrive le 1er novembre, des toiles blanches viennent recouvrir le tout. Il est interdit de les mettre avant cette date fatidique, tout comme il faut qu’elles disparaissent avant le 1er mai. L’hiver est bien circonscrit. Mais, il y a toujours des retardataires qui montent leur abri à la dernière minute dans le froid et le vent.

Je n’ai pas ce problème, car même si nous n’avons pas de garage, nous ne mettons pas d’abri, nous nous fions à une autre solution magique: le démarreur à distance. Quelle invention réconfortante. Démarrer sa voiture, tout en restant bien au chaud dans sa maison, puis, une dizaine de minutes plus tard, embarquer dans un char (c’est comme ça qu’on appelle les voitures ici) bien chaud, c’est le pied !

Les abris « tempo » peuvent vous paraître bien légers et vous avez raison. Mais le poids de la neige n’est pas un problème. Dès qu’il fait froid, elle tombe comme de la poudre qui s’envole au moindre coup de vent. Elle peut créer ainsi des tempêtes aussi dévastatrices que celles de sable dans le désert, mais elle ne s’accumule pas sur les toiles des abris, elle vole plus loin. Par contre, elle est plus difficile à pelleter (ou peler, mais ça ne se dit pas au Québec).

Mais, le temps que je vous raconte tout ça, le soleil brille et il fait presque dix degrés. Cette première neige n’est pas encore celle qu’on aura à Noël. Pourtant, il faut qu’elle arrive, j’ai de la visite qui s’en vient pour voir le vrai hiver.

Des retardataires…

24 novembre 2017

5 ans au Québec – épisode 46

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Dindes et jambons

Tout est une question de stratégie au curling.

Ça ne paraît pas d’après le titre, mais je vais vous parler de sport. Bien que nous sommes au lendemain de Thanksgiving, les dindes dont il est question ici ne sont pas sacrifiées sur l’autel des réunions de famille. Je laisse ça aux Américains. Le Canada a déjà fêté son Action de grâce en octobre. (Je vous en ai déjà parlé en 2012).

Les dindes de mon sujet, dont je fais partie, n’ont pas été sacrifiées, car elles ont réussi à sauver leur tête à la dernière pierre. Eh oui, je vais vous parler de curling. Vous le savez, je suis un fier membre du club de curling Etchemin, le meilleur club de curling du Québec. Amélie, une membre éminente, a d’ailleurs récolté la médaille d’argent samedi dernier au championnat canadien de curling mixte.

Cette parenthèse, pour vous rappeler que le niveau de compétition est élevé et que mon club possède presque tous les titres québécois. Mais le tournoi Dindes et jambons dont la première édition s’est déroulée du 16 au 19 novembre 2017 est d’un tout autre calibre. Il se veut un peu la coupe Ryder (que connaissent les amateurs de golf) de notre club.

Si au golf, l’Europe affronte chaque deux ans les États-Unis, plus modestement, à Saint-Romuald, deux groupes de membres choisis aléatoirement vont s’affronter pour définir le menu de la prochaine édition. Je sais, je ne suis pas très clair, mais retenez que c’est une compétition amicale et ce sera suffisant.

Tout ça pour remplacer le tournoi Roger Saint-Hilaire qui a pris fin en 2016 avec la 30e édition. Roger Saint-Hilaire était un membre éminent du club qui a connu une fin tragique lors du tournoi 4 bouts dont je vous ai parlé ce printemps. Voilà ce qu’on peut lire sur le site du Club de curling Etchemin:

C’est lors de ce tournoi, en 1984, que survint un événement tragique : Roger St-Hilaire s’écroule sur la glace en pleine partie. Lui qui a dominé le monde du curling de la région 30 ans auparavant ne remportera pas cette dernière partie, car son décès est constaté dès son arrivée à l’hôpital. Il aura eu le bonheur de faire ce qu’il aimait jusqu’à la toute fin.

Durant 30 ans un tournoi a eu lieu en sa mémoire et son nom restera à jamais gravé dans le coeur des membres. Donc en cette fin d’année, une formule originale inaugure une nouvelle ère. Évidemment, j’ai tenu, intégration oblige, à participer à cette première et j’ai inscrit mon nom dans la colonne des dindes me disant que je trouverai bien quelques inconscients pour jouer avec moi.

Finalement, on a dû scinder le groupe de volontaires en deux et nous avons fièrement défendu l’honneur de la basse-cour. Il fallait voir caqueter les joueurs après chaque victoire. J’ai découvert en vrai les appeaux que je décris parfois dans mon travail de pigiste pour les textes commerciaux au moment de la chasse. La résonnance du cri du dindon dans une halle de curling est étonnante.

Je vous passe les détails de la compétition, des pierres réussies ou ratées, du cauchemar de ma dernière pierre de ma première partie, heureusement rattrapée par les deux autres parties, des exploits de ma blonde qui va bientôt devenir meilleure que moi (qui a dit ce n’est pas difficile ? !!!), pour en venir immédiatement à l’essentiel: l’année prochaine, les dindes pourront redéfier les jambons et nous mangerons à nouveau du smoked meat.

J’ai même gagné une dinde pour Noël !

17 novembre 2017

5 ans au Québec – Épisode 45

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Un hiver en préparation

Un tapis jaune pour préparer l’hiver

Nous voici déjà à la mi-novembre. L’automne laisse déjà place à l’hiver. Tout va très vite cette année dans la tradition. L’été des Indiens (comme on dit ici) s’est terminé brutalement. En une semaine, la température du vendredi matin (c’est mon point de repère hebdomadaire) a chuté de 13 à -7 degrés.

Tout a commencé le mercredi entre ces deux jours repères. Alors que je sortais pour prendre le bus pour m’en aller travailler le matin, il neigeait des feuilles jaunes d’érable. À mon retour, tôt dans l’après-midi, mon gazon était recouvert d’un merveilleux tapis couleur soleil.

Le soleil était aussi dans le ciel même s’il ne jouait pas son rôle de chaufferette. Quelques coups de râteaux plus tard, le vert gazon avait repris le dessus grâce à l’énergie de ma blonde. Mais le lendemain, tout était à recommencer.

Ce qu’il y a de bien avec ce combat contre les feuilles, c’est qu’on sait qu’on finit toujours par le gagner. Si ce n’est pas à la force des bras, le froid nous aide beaucoup en ratatinant les feuilles et l’arbre, aussi majestueux soit-il, finit par s’épuiser et perdre ses derniers atours.

Cette lutte contre la chute des feuilles n’est que le début de la préparation à l’hiver. Parce que oui, l’hiver se prépare. Déjà que notre corps doit prendre le temps de s’acclimater. C’est froid parce que c’est l’automne. Avec la même température au printemps, on aura chaud! Mon collègue Fred a raison. Tout est question d’habitude. Les -5 ou 0 degrés qui nous font grelotter aujourd’hui nous sembleront des chaleurs tropicales en avril après avoir survécu aux – 45 ressentis avec le facteur éolien.

Ce sacré facteur éolien qui transperce nos maigres enveloppes pour s’attaquer directement à nos os ne m’a pas trop fait sacrer (eh oui, au Québec on sacre, on ne jura pas) lorsqu’est arrivé le temps de recouvrir notre beau gazon de sa toile protectrice. Je ne sais pas si c’est l’expérience, mais à ma 5e édition, tout m’a semblé facile.

L’hiver est tellement long et exigeant, la neige longtemps présente, qu’il faut préparer le terrain à subir sans trop de dommage cette période rêvée des amateurs de blanc (et là je ne parle pas de mes amis qui le préfère en ballon). Une toile facilitera le ramassage de la terre et de roches (petits cailloux en québécois) qu’inévitablement la souffleuse va envoyer sur notre terrain.

Les routes sont vite nettoyées après chaque tempête de neige, mais les terrains en bordure dégustent. Il faut bien mettre la neige quelque part, car elle ne veut pas fondre lorsque le thermomètre est en dessous de zéro. Elle va donc s’accumuler jusqu’en avril. Les petits cèdres (qu’on appelle thuyas en Europe) doivent aussi être solidement emballés pour résister à la pression des souffleuses.

Comme d’habitude, à la mi-novembre tout est prêt. Il y a juste mon baril qui récupère l’eau du toit pour l’arrosage du jardin que j’ai tardé à vider. Il est un peu gelé et j’ai beau le mettre au soleil, je ne suis pas sûr de l’assécher avant le printemps. Les maringouins auront aussi une patinoire cet hiver.

Bref, la préparation est faite. Il ne manque qu’une chose : la neige. Pour la première fois depuis mon arrivée au Québec, elle n’a pas fait de visite en octobre. Je crois qu’elle est restée prise en Valais à ce qu’on m’a dit. Soyez sympa, laissez-là venir chez nous. Je suis prêt, je l’attends.

Cèdre emballé, hiver préparé

10 novembre 2017

5 ans au Québec – épisode 44

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L’homme de la situation

Cette semaine, l’homme de la situation au Québec c’est Valérie Plante. La nouvelle mairesse de Montréal avait attiré mon attention à la fin de l’été en dévoilant son slogan électoral: L’homme de la situation. Il fallait oser. Surtout que le maire de Montréal, Denis Coderre, semblait indéboulonnable.

Eh oui, je vais vous parler un peu de politique. Dimanche dernier, le Québec vivait à l’heure des élections municipales. Si tout semblait tranquille dans les villes que je suivais, la journée réservait une surprise.

Mais commençons par le début.

Bonjour, je m’appelle Guy Dumoulin et je suis candidat dans votre district.

Oui, vous êtes le conseiller actuel. Vous savez, vous avez un nom de chez moi.

C’est par cette amorce de dialogue que j’ai fait la connaissance de mon échevin (c’est ainsi que se nomme aussi les conseillers municipaux) alors qu’il faisait du porte-à-porte dans ma rue. La politique locale se fait un peu partout de la même manière.

C’était fin septembre et je ne lui ai pas dit que je ne voterai pas pour lui. Je n’ai pas le droit de vote. J’attends ma naturalisation, mais c’est une autre histoire. Mais, ma voix ne lui a pas manqué puisqu’il a été élu tacitement, faute d’adversaire.

Le système politique municipal découpe la ville en district, un par conseiller. Dans chacun des districts, le candidat qui obtient le plus de voix est élu. On vote aussi en même temps pour un maire sur l’ensemble de la ville. Le maire n’est pas élu d’abord comme conseiller comme en Suisse.

Lévis où je réside est une ville de plus de 140 000 habitants. Il y a 15 conseillers municipaux et un maire, Gilles Lehouiller. Il a été élu pour un deuxième mandat avec près de 92 % des voix. Il faut dire qu’il n’avait qu’un adversaire de dernière minute qui ne s’appuyait même pas sur une organisation politique.

À la fin du délai de mise en candidature, son équipe avait déjà 10 élus comme Guy Dumoulin qui étaient seuls candidats dans leur district. Dimanche soir, le maire pouvait s’appuyer sur 15 élus de son équipe. Un balayage prévisible au vu du bon travail fait ces quatre dernières années.

De l’autre côté du Saint-Laurent, la stabilité a aussi prévalu puisque je pourrai continuer à faire mes jokes (gags) sur le Palais Labeaume ou Napoléon Labeaume lors de mes visites guidées. Le brave Régis n’a fait que 56 % des voix, mais il avait, cette fois, deux adversaires. Il reste le maître.

Par contre, au grand dam des caricaturistes, il perd son acolyte de l’autre bout de la 20 (L’autoroute 20 relie Québec à Montréal). Astérix et Obélix sont séparés. Le grand Denis a été terrassé par l’homme de la situation. Les analystes insistent sur l’arrogance de celui que personne ne voyait menacé avant le mois de campagne.

Denis Coderre était devenu maire de Montréal, il y a 4 ans. Il héritait d’une ville en dépression, minée par les scandales de corruption. Il a redonné sa fierté à la métropole québécoise, mais ça n’a pas suffi. Son obstination à ne pas vouloir reconnaître quelques erreurs mineures et ses petits secrets ont ouvert la porte à Valérie Plante.

Cette jeune femme souriante, enjouée était déjà connue dans sa ville. Elle siégeait au conseil municipal et avait gagné la course à la chefferie de son parti en 2016. Projet Montréal avait bien l’homme de la situation. Il fallait oser jouer avec les mots. Maintenant, il reste à se mettre au travail.

Caricature de Ygreck du Journal de Montréal

3 novembre 2017

5 ans au Québec – épisode 43

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Halloween-Mouffette

Pauvre petit chien tout propre…

Halloween-Mouffette, drôle de titre pour ma chronique hebdomadaire. Initialement, j’avais prévu de vous parler d’Halloween. C’est de saison et la grande fête des enfants en Amérique du Nord vaut bien quelques explications pour nous européens qui ne voyons qu’une fête commerciale importée pour mieux piller le porte-feuille des parents.

Ce n’est pas tout faux, mais il ne faudrait pas oublier que la fête d’Halloween est originellement une fête celtique connue sous le nom de Samain et fêtée au début de l’automne. Elle occupe une grande place dans le monde anglo-saxon. Son nom actuel est  une contraction de l’anglais All Hallows-Even qui peut se traduire comme la veille de tous les saints.

Wikipédia nous apprend aussi que c’est à partir du  siècle, sous le pape Grégoire III (731-741) et, au siècle suivant, sous le pape Grégoire IV (827-844), que l’Église catholique déplaçât la fête de la Toussaint, qui pouvait se fêter jusqu’alors après Pâques ou après la Pentecôte, à la date du  novembre, christianisant ainsi la fête de Samain.

Bref tout ça pour dire que comme souvent, c’est un beau mélange de culture païenne, catholique et commerciale qui fait qu’aujourd’hui, en Amérique du Nord, Halloween est la grande fête des enfants. Ils se déguisent comme à Carnaval en Europe et vont de porte en porte à la quête des bonbons. C’est aussi le moment où les déguisements tentent de faire peur.

Et bien, je n’ai pas eu peur des déguisements et Halloween 2017 restera pour moi Halloween-Mouffette, car nous avons vécu l’horreur. Quand je dis nous, c’est ma blonde, mon chien et moi. Notre chat ne semble pas avoir trop souffert. Pourtant la fin de semaine précédant Halloween se présentait bien, même si le temps s’annonçait pluvieux.

L’horreur a commencé au curling. Pour ma deuxième partie de la ligue du vendredi soir, j’ai vécu un blanchissage (j’ai fait 0 point pour les non-initiés), dur pour le moral, mais cette péripétie a vite été oubliée. Arrivé à la maison, une odeur fétide planait sur les lieux.

Wilson venait de faire la rencontre de son amie la mouffette. Mephitis mephitis, pour faire savant, a la taille d’un gros chat et a la particularité de sécrété un liquide nauséabond (d’ailleurs le nom latin de mephitis signifie nauséabond). Et pour être nauséabond, je peux vous dire que c’est nauséabond.

Car notre bon Wilson ne semblait pas avoir été atteint trop abondamment par sa nouvelle amie et nous avons eu le grand coeur de le laisser entrer dans la maison… Quelle nuit d’enfer ! Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est que de tenter de dormir dans cette atmosphère pestilentielle… Non, c’est encore bien pire que ça.

Samedi, toute la maison a été lessivée, contenant et contenu. Tout a été essayé et finalement la potion du Dr Paul Krebaum, un chimiste américain nous a sauvé: du peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée), du bicarbonate de soude et du liquide à vaisselle, simple et efficace. Wilson a été douché malgré son aversion pour l’eau et depuis, il étrenne un poil soyeux.

Le pauvre ne sait pas encore qu’il va avoir droit régulièrement à ce traitement. Pour le reste, vinaigre et café bouilli permettent de vaincre l’odeur et de redonner à la maison des effluves accueillante. Un conseil, si ça vous arrive, oubliez les produits du commerce chers et inefficaces et surtout, ne perdez pas espoir, l’horreur a une fin.

Enfin, je crois, car je n’arrête pas de me renifler et je ne peux bientôt plus me sentir !

La mouffette rayée parait majestueuse, mais gare à ses glandes !

27 octobre 2017

5 ans au Québec – épisode 42

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Journée maritime

Le Saint-Laurent est beau !

Le 4e mardi du mois de novembre est, depuis 2002, la journée maritime québécoise. Cette journée, reconnue par l’Assemblée nationale du Québec, permet à la communauté maritime québécoise de rencontrer les ministres et les députés. Pourquoi je vous parle de cette journée ?

D’abord parce que la 17e avait lieu cette semaine, ensuite parce que je voulais profiter de cette occasion pour insister sur le fait que le Québec est une région maritime et, enfin, mais c’est plus anecdotique, parce que j’ai rédigé la majeure partie du cahier promotionnel paru dans le journal Le Soleil.

Mon boss m’a d’ailleurs très gentiment remercier sur Facebook. J’en ai profité, car ce n’est pas souvent que les écrivains fantômes sortent de l’ombre (merci Halloween !). Ce clin d’œil à mon ego réalisé, je peux en venir au cœur de mon sujet : Le Québec, région maritime.

Je vous l’ai dit souvent, la mer est omniprésente dans la région où je vis. La mer, c’est le fleuve Saint-Laurent, c’est le cordon ombilical de la province. Bien sûr, il y a le Nord, mais la vie du Québec se passe autour du Saint-Laurent.

Aujourd’hui, il y a 21 ports commerciaux de différentes importances au Québec. Les ports de plaisance ne font pas partie de ce décompte, pas plus que la quinzaine de ports éloignés de la baie du Saint-Laurent. Moi qui raconte que le commerce maritime local s’est arrêté au début du XXe siècle dans mes tours guidés, je dois revoir ma copie.

En travaillant ce dossier, j’ai appris que le temps et les moyens techniques n’ont pas vraiment changé les choses. Le Saint-Laurent reste un fleuve difficile à naviguer. Champlain en 1608 avait laissé son grand navire (le Don de Dieu) à Tadoussac et avait remonté le fleuve avec deux barques (avec 28 personnes à bord) pour venir fonder Québec. Un siècle plus tard, l’amiral Walker en 1711 voulait envahir Québec, mais sa flotte subit les foudres du fleuve à l’Île aux œufs. Ces deux exemples illustrent bien les dangers du fleuve.

Aujourd’hui encore, les navires commerciaux doivent faire appel à des pilotes du Saint-Laurent pour naviguer en sécurité malgré les marées, les courants, les bancs de sable et autres vents capricieux. Il en faut trois pour dompter la bête : un des Escoumins à Québec, un autre jusqu’à Trois-Rivières et un dernier pour amener le navire aux écluses de Saint-Lambert.

Ces pilotes brillamment formés ne sont que la partie immergée de la multitude des métiers de la mer qui occupent directement ou indirectement 18 000 personnes le long du Saint-Laurent et du Saguenay. La force économique du secteur des transports maritimes est donc indéniable.

Mais je ne vais pas vous inonder de chiffres, si vous êtes intéressé vous n’avez qu’à lire mon dossier spécial.

Pour les autres, je veux simplement vous partager, encore une fois, la beauté de cette mer nourricière qui fait que cette vallée est si belle. Je ne me lasse pas d’admirer ce fleuve, ses marées, ses embruns, ses couleurs changeantes. L’automne lui donne une robe multicolore, mais ce que je préfère c’est sa blancheur qui ne va pas tarder.

Car, ne le dites pas, mais l’hiver est à la porte. Le Québec transpire encore sous des températures hors norme, mais les signes de la fin de la belle ne trompent pas. Le temps de la série mondiale de baseball est arrivé et les malheurs des Canadiens emplissent les journaux…

Extrait de la page Facebook de mon boss

15 octobre 2017

5 ans au Québec – épisode 41

Filed under: k. saga québécoise — vslibre @ 11 h 07 min
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Un automne à Québec

La ville de Québec est belle en automne

Je suis en retard pour la chronique de cette semaine. C’est la faute à l’automne ! L’automne est trop beau à Québec et je ne suis pas le seul à en profiter. Les touristes sont très nombreux. Si la tendance se maintient (c’est la formule consacrée pour les soirées électorales au Québec avant d’annoncer le vainqueur…), 2017 battra le record de visiteur de 2008.

L’année des festivités du 400e anniversaire de la naissance de la ville détient toujours ce record. Je ne pense pas que ce soit le 150e de la Confédération canadienne qui soit à l’origine du record qui va être battu à la fin de cette année. Ce jubilé n’a pas eu beaucoup d’écho en ville de Québec. Je crois simplement que la hausse constante de la notoriété touristique de la Capitale nationale explique plus sûrement ce record.

Il faut dire que ce n’est pas d’hier que la ville de Québec joue la carte touristique. Si c’est en 1985 que le Vieux-Québec est devenu un site du Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, lord Dufferin avait donné une impulsion décisive un siècle plus tôt.

Frederick Hamilton-Temple-Blackwood, né le21 juin 1826 et mort le 12 février 1902, fut le premier comte de Dufferin. La reine Victoria le nomma gouverneur général du Canada. Il occupa se poste entre le 25 juin 1872 et le 19 octobre 1878.

Quand les fonctionnaires municipaux de la ville de Québec commencèrent à démolir les murs de la vieille cité, Dufferin était consterné, et les persuada d’arrêter la démolition et de réparer et restaurer ce qui avait été déjà endommagé.

Cette phrase tirée de sa biographie sur Wikipédia résume son action. Il a été un visionnaire en voulant faire de Québec une destination touristique, c’est ce que je raconte aux touristes que je guide à travers la ville. Il a aussi donné son nom à la terrasse publique qui offre un belvédère incomparable devant le Château Frontenac dominant le fleuve Saint-Laurent.

Lord Dufferin est donc aussi un peu responsable du record battu. L’achalandage touristique de ce mois d’octobre mobilise tous les guides du Vieux-Québec. Les beautés de la saison, mais aussi les ouragans de l’Atlantique qui poussent les bateaux croisières sur le Saint-Laurent, expliquent la masse de visiteurs présents dans les rues de Québec.

C’est donc presque quotidiennement que je marche dans les rues. Parfois avec un groupe d’une quinzaine de touristes de tous les horizons francophones, parfois en visite privée avec un couple et même une fois, en taxi avec deux soeurs québécoises qui voulaient profiter des beautés de leur capitale. Je ne m’en lasse pas. Je raconte des histoires et, même si je n’ai pas l’accent d’Amérique, les visiteurs semblent attentifs.

« À l’époque, les guerres se réglaient plus vite, car on mettait les chefs devant… » J’aime voir les sourires apparaître sur les visages qui me font face. Je n’ai pas toujours le temps de parler de la jambe du général Arnold ou de raconter la légende des canons de Frontenac, mais l’amour de la ville née du rêve de Samuel de Champlain est partagé par beaucoup.

Un automne à Québec, c’est un moment agréable et même si elle ne supprime pas tous les soucis et aléas de la vie, la saison est exquise et il faut profiter de son soleil, car l’hiver ne va pas tarder.

Un permis bien utile…

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