Valais Libre

15 septembre 2017

5 ans au Québec – épisode 37

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Secouriste

Les protocoles d’intervention sont connus… j’espère ne pas en avoir besoin !

« Bon eh bien, tu viens de me tuer ! » Mes collègues de cours éclatent de rire. Je viens de faire ma première victime, mais ce ne sera pas la dernière. Durant deux jours, j’ai suivi le cours de secouriste en milieu de travail. La saison de curling peut commencer, je suis prêt à toutes éventualités.

Heureusement, je ne suis pas le seul. Nous étions 13 (aïe, je ne sais pas si c’est bon signe…), mais la superstition n’a rien à voir dans ce que j’ai appris. J’ai pu efficacement réveiller les cours de samaritains suivis il y a… très longtemps.

Je n’étais pas très motivé le vendredi matin en arrivant au local du curling. La perspective de passer deux jours enfermés à suivre ce cours ne m’enchantait pas trop. J’avais accepté, certain que ça pouvait être utile, mais je regrettais presque mon engagement.

Jean-François, notre moniteur, a bien vite su me faire oublier mes réticences. Avec ses histoires et sa personnalité, il a su très vite nous embarquer dans son cours. Je connais maintenant par cœur les 10 étapes à suivre en cas de problèmes sanitaires. « Le Suisse » a su se tenir un peu en retrait pour pouvoir bien enregistrer la matière avant de laisser sortir quelques remarques hilarantes.

Après avoir mal utilisé l’ÉpiPen (pardon, l’auto-injecteur d’épinéphrine) sur un malade cardiaque, j’ai proposé de faire un garrot à la hauteur du cou à une femme qui saignait du nez ! La proposition a été acceptée seulement si on habitait à Saint-Jean-Chrysostome. Les femmes du coin sont prévenues, elles risquent leur vie en saignant en ma présence.

Plus sérieusement, j’ai appris que le BAC remplaçait le RRSS de ma jeunesse. Comment, vous ne savez pas ce que veulent dire ces lettres ? Répond-il – Respire-t-il – Saigne-t-il – Son pouls est-il normal ? De mes cours de samaritains est devenu Breathing – Airways – Circulation, mais au fond, ça reste toujours la même chose.

Chacun peut être un bon samaritain, il suffit de sécuriser les lieux et de rassurer le patient. Ensuite, si les secours sont avertis (ici, au Québec comme en Amérique du Nord, c’est simple un seul numéro : 911, prononcé 9 – 1 – 1) il suffit d’attendre 12 minutes pour leur passer le relais.

Évidemment, en cas de non-respiration, il faut un massage cardiaque en priorité durant ce temps. Et 12 minutes de massage cardiaque, c’est un excellent entraînement pour le brossage au curling !

J’ai dit en priorité, car vous pensez que les plaies sont importantes ?… Vous avez tout faux. Il ne faut pas se laisser impressionner par le sang. C’est rare qu’on en perde beaucoup. Une bonne compression, jamais de garrot, suffit avant l’arrivée des secours. Évidemment, pour les petits bobos un diachylon est toujours possible.

Eh oui, un diachylon… la première fois qu’on m’en a demandé un au bar, je me suis informé de ce qu’on mettait dans ce cocktail ! « Emplâtre considéré comme résolutif et dans lequel il entre des substances mucilagineuses; toile sur laquelle on étend le diachylon et qui se colle aux parties sur lesquelles on l’applique », bref tout simplement un pansement.

Ah oui, j’ai aussi révisé la position latérale, la même qu’en Suisse. Notre instructeur Jean-François est paraplégique après mes manipulations, mais au moins, il n’est pas mort étouffé !

Facile sur un mannequin !

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8 septembre 2017

5 ans au Québec – épisode 36

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Fête du Travail

Zebulon, l’âne zèbre ou le zèbre âne intrigue les visiteurs du zoo Miller.

Au Québec, la fête du Travail arrive à la fin de l’été, pas au printemps et, pour fêter le travail… on prend congé, on ne manifeste pas ! Le premier lundi de septembre est donc un jour férié. Ils sont plutôt rares ici. Quelques jours seulement après la rentrée, il souffle encore un vent de vacances.

Quelques chroniqueurs n’ont pas manqué de rappeler le côté déprimant de ce lundi de congé : après lui, les vacances sont bien finies… et l’été aussi. L’hiver frappe à la porte. Déjà la saison de curling se prépare, c’est dire si tout va aller très vite.

Mais pour marquer cette dernière journée de farniente, nous avons décidé, avec ma blonde et un couple d’amis, de faire une virée dans le sud. Non pas trop loin, la saison des ouragans dérange le vrai sud, mais dans la Beauce, à quelques kilomètres de Saint-Jean-Chrysostome (c’est un peu comme si les Montheysans montaient à Sierre…)

Deux bonnes raisons de sortir des sentiers battus et de partir en expédition : un zoo (prononcer «zou» et une microbrasserie). Devinez ce que j’ai préféré ? Et non, vous avez tout faux, je ne suis pas un grand amateur de bières.

J’ai été impressionné par le zoo Miller tout près de Frampton. Accueilli par le braiement de Zébulon, un drôle d’animal issu du croisement d’un âne et d’un zèbre, toute une joyeuse ménagerie s’offre à nous. Si les cochons vietnamiens ne vont pas gagner un concours de beauté, ils attirent tout de même le regard de l’autruche et de l’émeu qui logent juste en face.

Napoléon, le petit poney qui mord côtoie une belle vache holstein et quelques chèvres rebelles. Puis, on descend vers la forêt et c’est alors les ours noirs, les kodiaks ou autres loups arctiques qui peuplent ce coin de Beauce si paisible.

Arrivé devant un enclos où séjournent un lion, une lionne et un tigre, je découvre la finalité de ce zoo si particulier et improbable : il a pour mission de recueillir des animaux mal en point et de leur offrir un havre de bonheur. Le pauvre ours noir qui a perdu une main semble apprécier cette noble attention.

Mais l’heure arrive déjà où il faut quitter ce lieu avec un dernier regard à l’enclos des canards, cygnes noirs et kangourous. Les associations sont étonnantes jusqu’au bout. Il manque juste un casse-croûte pour parfaire l’expérience.

Ce n’est pas non plus sur la rue centrale de Frampton qu’on va le trouver, ce maudit casse-croûte. Nous nous butons à des portes closes. Heureusement, le dépanneur porte bien son nom et quelques provisions de bouche sont vite trouvées. Nous pouvons nous diriger vers le but notre sortie: Frampton Brasse.

Cette microbrasserie perdue au milieu de nulle part a vite gagné ses lettres de noblesse. Si la vue sur les vallons boisés de la Beauce vaut vraiment le détour, ce n’est pas pour cela que les tables se remplissent rapidement après notre arrivée. La bière est reine grâce au savoir-faire du fils du propriétaire.

Un stage en Allemagne lui a permis de bonifier ses talents et ce n’est pas la noire goûteuse, Das winter projekt, que déguste mon ami Yves qui démentira cette réputation. Je m’en tiens à la 10-93, une blonde légère, car il me reste du chemin à parcourir pour devenir un amateur de bière averti.

L’ours manchot du zoo Miller

1 septembre 2017

5 ans au Québec – épisode 35

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Quand la santé va…

Les Augustines soignaient aussi les Amérindiens dans le premier hôpital de la Nouvelle-France à Sillery.

« Quand la santé va, tout va. Quand la santé va… » Vous reconnaissez la mélodie d’une chanson du film d’animation Astérix et Cléopâtre ? Non, pas le film avec Alain Chabat, le dessin animé ! Oui, vous vous souvenez, c’est autour du gâteau empoisonné que les personnages chantent cette rengaine.

Pourquoi ai-je cette mélodie en tête en vous écrivant ces lignes ? Justement parce que les questions de santé sont très présentes dans mon entourage. Les mauvaises nouvelles s’accumulent chez quelques personnes proches ou moins proches. Mais pas d’inquiétude, je vais personnellement très bien et ma blonde aussi.

Cette ambiance hospitalière me suggère de vous parler un peu de santé cette semaine. Depuis cinq ans que je vis au Québec, j’ai découvert un système de santé unique. Quand je dis unique, je dis très différent de celui que je connaissais en Suisse. Ici la bureaucratie règne !

Mais avant de vous raconter quelques anecdotes actuelles, permettez-moi, comme d’habitude, de vous plonger un peu dans l’histoire. L’histoire hospitalière en Nouvelle-France commence le 1er août 1639. Ce jour-là, 3 sœurs augustines débarquent à Québec. Elles viennent de Dieppe à l’initiative de la duchesse d’Aiguillon, la nièce du cardinal Richelieu, pour fonder un premier Hôtel-Dieu à Sillery, à quelques kilomètres du Vieux-Québec.

Avant elles, il y a bien eu Louis Hébert, le premier colon, qui était apothicaire, mais une plaque de glace traîtresse écourta ses services puisqu’il est mort des suites d’une glissade en janvier 1626. Un premier bogue dans les services de santé !

Les Iroquois ayant forcé les Augustines à se réfugier dans les murs de la ville, c’est en 1646 que naît l’Hôtel-Dieu de Québec qui, aujourd’hui encore, reçoit les malades à côté du couvent des Augustines. On raconte que la santé de la colonie était excellente tant que les Augustines se sont occupées seules de cette question.

L’arrivée du premier médecin détériora la situation. Encore aujourd’hui, avant de penser être malade au Québec, il faut avoir un médecin ! Eh oui, sans médecin de famille, n’y pensez même pas ou soyez prêt à de longues heures d’attente aux urgences avant de passer la nuit sur une civière dans un couloir.

Enfin ça, c’est ce qu’on lit dans les journaux. Je ne l’ai pas vécu personnellement. Ce que j’ai testé c’est la recherche d’un médecin de famille. Environ un quart des résidents du Québec sont à la recherche plus ou moins active d’un médecin de famille, car sans lui, pas d’accès au système.

À mon arrivée, j’ai dû remplir un formulaire pour m’enregistrer dans une liste d’attente. Avec mon passé médical, je me suis régalé dans la rédaction. J’ai ajouté comme remarque que sans médicaments, j’avais une espérance de vie de 3 semaines… Sans médecin de famille, pas de renouvellement d’ordonnance !

Cinq ans plus tard, je n’ai toujours pas de nouvelles du centre censé me trouver un médecin de famille. Ils n’ont pas dû lire mon formulaire ou déduire qu’il était trop tard ! Mais, je suis toujours en vie et j’ai même beaucoup moins de médicaments à prendre, car évidemment la bureaucratie est faite pour être contournée.

Et je n’ai même pas fait exprès. Ici, je ne connais pas encore tout le monde comme en Valais. Quand j’ai eu besoin d’un certificat médical pour mon permis de conduire, on m’a dit que seul mon médecin de famille était habilité à le remplir… J’ai donc dû être malade, passer par une clinique sans rendez-vous pour me trouver devant un médecin à qui j’ai expliqué mon problème.

Depuis, c’est mon médecin de famille ! Quand je lui ai tendu mon certificat pour le permis de conduire, il l’a rempli et, à la question êtes-vous son médecin de famille ? il a coché : oui. La question suivante était : depuis quand ? Il m’a regardé avec un grand sourire et a écrit : depuis 10 minutes !

Hôtel-Dieu de Québec

25 août 2017

5 ans au Québec – épisode 34

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Röstigraben

Une Dôle des monts et des röstis, la Suisse est unique.

Bon, il faut que je commence par expliquer ce terme barbare à mes lecteurs québécois: Le Röstigraben /’ʁø:ʃtigʁɑ:bən/ (littéralement « fossé des Rösti » ; traduit par Barrière des Rösti ou Rideau des Rösti), est une expression d’origine suisse alémanique qui désigne les différences de mentalité et d’éventuels clivages politiques entre la Suisse romande francophone et la Suisse alémanique germanophone. L’expression Röstigraben apparaît durant la Première Guerre mondiale, durant laquelle l’opinion suisse se retrouve divisée : les uns sympathisent avec les Français, les autres avec les Allemands1.

Cependant, ce n’est qu’à la fin des années 1970 que l’expression devient populaire. La première trace écrite apparaît en 1979 dans un article polémique de la revue Sprachspiegel qui vitupère l’emploi de l’expression « Röstigrenze » (frontière des Rösti), voilà pour ce qu’en dit Wikipédia.

Pourquoi je vous parle de ça: tout simplement parce que la dernière fin de semaine ( eh oui, week-end est interdit au Québec), j’ai cuisiné des röstis pour des amis. Ah, la cuisine ! C’est toute une affaire de nostalgie. C’est un moyen magique pour garder contact avec ses origines.

Elle permet aussi un partage paisible des cultures. Chaque fois que j’ai la nostalgie de mes années d’enseignants (c’est surtout en juillet et août, quoique la rentrée vient de plus en plus tôt…), je me rappelle ma dernière journée d’enseignant où la commission santé des écoles de Moréchon avait organisé une journée « alimentation ».

Des parents nous avaient permis de déguster des plats originaires de 28 pays. Quelle fin en apothéose ! Je me suis servi de cette expérience pour m’intégrer à ma nouvelle région. Au début août, j’avais reçu le conseil d’administration de la Société d’histoire de Lévis (il n’y a pas de comité, mais des CA pour les sociétés locales au Québec) pour leur faire déguster une authentique raclette québécoise.

Il me restait un talon du demi-fromage AOC Valais, j’ai donc eu l’idée de préparer des röstis du chalet pour un couple d’amis. Ils se sont régalés. Ils ont un peu chialé (râlé en québécois) parce que je n’avais pas fait le flon de Savièse pour dessert, mais ils n’ont pas osé une remarque sur l’absence du gâteau saviésan. Les poireaux sont un peu lourds après le fromage, mais après une Williamine (pas maison elle, mais directement de chez Morand à Martigny), la question est tout de même venue sur la table.

C’est là que je me suis rendu compte combien ma cuisine avait contribué à mon intégration. Et dire que je n’avais jamais fait ni de röstis ni de gâteau saviésan avant mon arrivée au Québec. J’avais une maigre expérience du flon et pour le reste maman me régalait. Loin de chez moi, j’ai vite trouvé et adapté les recettes qui, en plus, sont très faciles à réaliser.

Et vu du Québec, le röstigraben n’a aucun sens. La Suisse est bien trop petite pour se diviser et il m’arrive même de trouver des affinités avec les Suisses allemands, c’est dire combien l’éloignement trouble l’esprit ! Quand Mark Streit gagne la coupe Stanley ou que Federer plane sur le tennis mondial: Quelle fierté !

Bon c’est bien joli de jaser avec vous, mais je dois vous laisser, je file contrôler ma viande séchée, car elle aussi, je la fais moi-même. Bon avec de la viande canadienne, mais la salaison vient du Valais !

Un plat de viande séchée du Valais faite au Québec

18 août 2017

5 ans au Québec – épisode 33

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Venise-en-Québec

Un coup de mousquet qui changea l’histoire !

Oui, c’est bien tu y es presque, cherche le vent… Bon ce n’est pas grave, l’eau est bonne, reprends ton souffle, éloigne-toi du quai et recommence. Tu verras, après une trentaine d’essais tu vas y arriver ! Charlot, le filleul de ma blonde est persévérant. Il n’abandonnera pas et, un peu plus tard, il dépassera la minute sur sa planche. Il commence ses vacances d’un bon pied.

Je l’encourage du mieux que je peux, mais la planche à voile n’est pas ma spécialité. En venant passer deux jours au bord du lac Champlain, je rêvais plus de voir des canots d’écorce glissant silencieusement sur l’eau, d’admirer la dextérité des Amérindiens qui guidaient ces embarcations avec un doigté unique.

J’imaginais rencontrer Samuel de Champlain. Le fondateur de la ville de Québec, ce héros que je glorifie à chacune de ses visites du Vieux-Québec, a aussi vogué sur les flots de l’immense lac qui a pris son nom. Quand je dis qui a pris, ce n’est pas tout à fait exact, car c’est Champlain lui-même qui a donné son nom au lac qu’il venait de découvrir.

Le 14 juillet 1609, Samuel de Champlain voit pour la première fois cette immense étendue d’eau. Parti de Québec quelque temps auparavant, il a fait une halte à Trois-Rivières, puis à naviguer sur la rivière appelée aujourd’hui Richelieu. Devant la majesté des lieux, il est ébloui et décide de ne donner rien de moins que son nom à ce lac. L’homme était modeste !

15 jours plus tard, il rencontre les Agniers qu’il cherchait. Parce que Champlain avait fait ce voyage pour tenir la promesse qu’il avait faite à ses alliés hurons et algonquins. La France venait se mêler des querelles amérindiennes et avait choisi son camp. Plus rien ne sera jamais pareil, surtout que Champlain utilise pour la première fois une arme à feu dans une bataille amérindienne.

Il faut dire que seuls deux autres compagnons français ont fait le voyage avec lui jusqu’à ce lac. Avec ses alliés, ils sont une soixantaine à faire face aux deux cents ennemis. C’est pourquoi le premier coup de mousquet tiré par Champlain est fondamental. Un tir, deux chefs tués ! Champlain avait mis 4 balles dans son canon.

Un autre coup de mousquet d’un deuxième Français et l’affaire est réglée. Les Agniers (connus aussi par l’appellation d’Iroquois) sont en déroute et, pour quelques années, la vallée du Saint-Laurent appartiendra aux Hurons.Cette domination ne durera pas, mais c’est une autre histoire.

Je n’ai pas rencontré Champlain au bord de son lac, mais j’ai apprécié le paysage grandiose. Le lac Champlain est très grand: 200 kilomètres de long sur une vingtaine de large. Une toute petite partie est québécoise et l’immense majorité est américaine.

Venise-en-Québec est une station balnéaire tout au nord du lac dans la partie québécoise. Je m’attendais à des canaux comme chez sa consoeur italienne. Je ne les ai pas trouvés, mais j’ai apprécié le tout petit marché, ses crèmes glacées et les merveilleux petits chalets qui longent les rives du lac.

C’est dans un de ces chalets que Charlot se repose après ses prouesses à voiles. Il a bien progressé pour ce premier jour. La vague était forte et je suis sûr que sa semaine sera bénéfique. Son sens de l’équilibre m’impressionne, je ne serai pas capable de tenir debout sur une planche flottante.

Mais mon passage à Venise-en-Québec n’est pas assez long pour tester mes aptitudes, après une nuit chez nos amis, c’est déjà le retour vers Saint-Jean-Chrysostome et pas besoin de trois semaines de canot comme Champlain, trois heures de char suffisent !

Les progrès sont rapides malgré un lac agité.

11 août 2017

5 ans au Québec – épisode 32

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Autocueillette

Une framboise, quel régal !

L’été, c’est le temps des petits fruits. Au Québec, les fraises et les framboises sont abondantes, mais ce sont les bleuets qui sont les vedettes incontestables. Il y a bien les canneberges qui tentent de se frayer une place, malheureusement elles ont un grand défaut : elles ne sont pas offertes en autocueillette.

Parce que l’été ce qui est le fun (eh oui, mon québécois progresse), c’est d’aller cueillir soit même ses fruits. Les panneaux « autocueillette » fleurissent au bord des routes. Avouez que c’est bien plus invitant que des « self-services ».

Si l’île d’Orléans est le paradis incontesté des fruits, comme toute bonne diva, elle se fait capricieuse. Elle se laisse désirer et il faut être prêt à affronter la traversée de son pont avant de s’engager sur le seul chemin qui fait le tour de l’île. Avec l’affluence, mieux vaut ne pas être pressé.

La queue s’étire surtout en automne pour la cueillette des pommes. C’est une tradition très prisée des citadins de Québec qui sont prêts à sacrifier leurs dimanches pour une pomme. C’est vrai que le beurre qu’on peut en tirer est délectable. C’est une de mes découvertes dont je peine à m’en passer. Mais l’heure n’est pas encore à l’automne.

L’île de Bacchus, comme l’a appelée Jacques Cartier lors de sa découverte, a rapidement dû changer son nom. Les vignes sauvages qui y proliféraient ne donnent pas un raisin capable de se vinifier. On tente aujourd’hui un renouveau viticole, mais ma politesse m’empêche de vous formuler mon opinion.

Laissons donc cette île pour cet automne et revenons à l’été. Les bleuets débutent, j’aurai certainement l’occasion d’y revenir dans quelques semaines. Je préfère les framboises. Saint-Nicolas qui forme la partie ouest de la ville de Lévis est un peu le Nendaz du Québec : les framboises y sont reines.

Pour la deuxième année, on peut bientôt parler de tradition, avec ma blonde, nous avons consacré un samedi matin à l’autocueillette des framboises. Nous n’étions pas seuls, quelques familles étaient aussi matinales que nous. La cueillette avant que le soleil n’écrase la campagne est bien plus agréable.

« Laisse les chaudières dans la voiture, on doit prendre leurs paniers ! » L’écologie ne progresse pas. Si l’année dernière nous pouvions amener nos propres contenants (lesdites chaudières), ils sont maintenant standardisés. 2, 3, 5 ou 10 litres : les choix sont imposés. En plus de gaspiller des paniers en carton, cette nouvelle coutume nous impose une quantité déterminée.

Il faut donc s’enligner selon les ordres et remplir nos paniers. Nous avons choisi 3 litres chacun, mais ma blonde en mange plus que moi durant la cueillette, je devrai donc échanger les paniers avant que le soleil ne soit trop haut pour que les deux contenants se remplissent.

Ce n’est pas grave, j’aime les framboises et des réserves pour mes confitures hivernales sont nécessaires. Elles rejoindront vite la fraîcheur de notre congélateur en attendant le moment propice de leur transformation. Fraîchement préparées, elles mettront du soleil dans le prochain hiver.

Ces moments sont magiques, mais furtifs. Je suis vite revenu sur terre. Le Vire-Crêpes était complet, donc pas de déjeuner délectable en récompense et en plus un déplacement de vertèbre m’a tenu immobile pour deux jours avant qu’un physio aux mains magiques ne réalise des miracles.

Heureusement, j’aime les framboises et je sens que l’été prochain, le rendez-vous ne sera pas manqué.

Un panier au soleil et un autre presque rempli…

4 août 2017

5 ans au Québec – épisode 31

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Fête nationale

Les Merlin chanteurs ont rehaussé le 1er août à Québec.

Les accents d’un cœur pieux… Les accents émus d’un cœur pieux… La dernière note reste suspendue dans l’air quelques secondes, puis des applaudissements éclatent. Heureusement, ce n’est pas ma voix, mais celles des Merlin de Montreux qui ont soutenu cette prestation de l’hymne national suisse. Vos oreilles seront épargnées.

Même, ou peut-être surtout, à l’étranger la ferveur patriotique fait du bien, au moins pour quelques instants. Le premier août est une occasion traditionnelle de rassemblement du Club Suisse de Québec. Grâce à Marina, notre consul honoraire et Nicole, son adjointe efficace, la rencontre est toujours agréable.

Cette année, un octuor vocal venu directement des bords du Léman a enchanté ces instants helvétiques en terre québécoise. Les Merlin chanteurs, j’ai trouvé cette association entre leur nom et leur fonction digne de la forêt de Broceliande, les Merlin chanteurs donc, ont été une agréable surprise.

En arrivant, à la Base de plein air de Sainte-Foy, le Québec a aussi l’art des noms bien choisis, j’ai rencontré Marc. Habillé en noir et blanc, je l’ai tout de suite situé comme un membre du groupe invité. Après quelques secondes de jasette, j’apprends qu’il habite La Sage en surplomb de mon chalet d’Évolène. Le monde est tout petit.

Cet infirmier clinicien vaudois a vécu 25 ans au Québec où il a travaillé dans une petite communauté du Grand Nord. Il y soignait les habitants et parfois faute d’autres solutions, aussi leurs huskies. En 2010, il est rentré en Suisse avec sa femme québécoise. Leurs enfants sont restés au Québec. C’est lui qui guidait un peu les Merlin chanteurs durant leur périple. Il venait également en repérage pour sa future retraite.

Nous sommes au Québec une douzaine de jours. Nous nous sommes produits à Sutton pour la grande fête des Suisses samedi dernier. Nous avons un bus et un chauffeur et nous alternons entre productions planifiées comme ce soir et d’autres plus improvisées au gré de notre voyage.

C’est Jacques, le directeur des Merlin chanteurs qui parle. En quelques mots, il me raconte la naissance de ce groupe pour faire la nique au déclin des chœurs d’hommes, leur passion de la musique et leur plaisir de chanter.

La java des bouchons, parole et musique de membres des Merlin pour bien marquer leur amour des vignobles et de leurs fruits, suivi de L’amour de la patrie pour préparer l’hymne national, avant La complainte du phoque en Alaska comme preuve d’adaptation aux coutumes locales et une série en quatre langues en honneur à la diversité suisse: leur programme collait parfaitement à l’esprit de ce premier août.

Très vite est arrivée l’heure d’écouter le message de notre Doris présidente qui s’adressait tout particulièrement à nous les Suisses de l’étranger. Un dernier verre de Lavaux, quelques dernières anecdotes autour des desserts préparés un peu par tous et l’heure de quitter est déjà arrivée.

Comme d’habitude, les habitués du Club Suisse de Québec traînent un peu plus. Le temps de dire un grand merci aux conjoints de Marina et Nicole qui ont géré le barbecue et les photos. On est bien au Québec, ce sont les femmes qui dirigent.

Le feu d’artifice attendra le lendemain. En effet, c’est le 2 août que commencent les Feux Loto-Québec sur le Saint-Laurent.

Ce monde est presque parfait…

Marina, notre Consule honoraire ouvre la soirée.

28 juillet 2017

5 ans au Québec – épisode 30

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Grands voiliers 2017

Les jets terminent la parade.

L’Esméralda, un 4 mats majestueux, passent devant le Château Frontenac suivi à quelques encablures par un navire-remorqueur du port de Québec qui joue avec ses lances à incendie. Le rendez-vous 2017 des grands voiliers se termine à Québec par un défilé matinal.

Pas plus que les quelques amis réunis sur la terrasse de Denise, je ne regrette de m’être levé aux aurores pour assister à ce défilé. 38 voiliers historiques ont vogué devant nous, sur le Saint-Laurent, durant 2 heures avant de mettre les voiles en direction d’Halifax.

Organisé dans le cadre des festivités du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, ce rendez-vous restera le point d’orgue des manifestations québécoises. Durant 4 jours, le port de Québec a connu une affluence monstre. Le quai Paquet du côté de Lévis n’a pas été en reste.

La présence d’un 3 mats équatorien a attiré son flot de visiteurs sur la rive sud. Je n’ai pas eu la patience, je ne suis pas marin dans l’âme, de faire la file pour monter à bord d’un de ces seigneurs de la mer, mais j’ai apprécié la fresque offerte par leur présence. Québec est une ville maritime, elle respire le fleuve.

Le Saint-Laurent est à l’origine de la naissance de la forteresse qui contrôle l’endroit le plus étroit du fleuve. « Là où le fleuve rétrécit », la signification de Québec en langue amérindienne est bien plus que le symbole de la ville, c’est la raison originelle de son existence.

Jacques Cartier, puis Samuel de Champlain ne s’y sont pas trompés. Ils ont choisi cet endroit parce qu’il est quasi imprenable. Attaquée 6 fois au cours de son histoire, Québec n’a cédé que deux fois et encore parce qu’elle n’avait pas de défense en 1629 ou par incompétence en 1759.

Bien avant les Français, les Amérindiens avaient fait de ce passage étroit sur le fleuve un point de rencontre essentiel entre les différentes communautés. Aujourd’hui réunies autour du fleuve, les populations de Québec et de Lévis se tournent à nouveau vers leur colonne vertébrale.

Le quai Paquet ouvert en 2016 du côté sud et la place des Canotiers ouverte au début de l’été 2017 sur la rive nord sont les signes tangibles de ce retour aux sources, de ces villes qui n’ont plus peur, comme au 20e siècle, du fleuve. Elles retrouvent leurs élans millénaires pour ce lien irremplaçable.

Les 38 fiers navires qui viennent de défiler sous mes yeux me laissent rêveur. Moi qui suis né dans les montagnes, je n’ai pas le pied marin, mais je sais qu’on ne lutte pas contre l’essence d’une région. Ce n’est qu’en respectant ce que l’on est vraiment qu’on peut s’épanouir.

Même si je comprends, de la terrasse où j’admire ce spectacle, la force que devaient ressentir les canons anglais en 1759, je ne sens pas la vulnérabilité de la ville en face de moi. Je respire sa fierté de pouvoir offrir un si beau panorama.

Et même si le Château Frontenac n’a jamais été qu’un hôtel pour voyageur, il donne à la carte postale toute la majesté qui fait de cet endroit un havre splendide.

Bon, assez d’émerveillement, les bateaux voguent vers d’autres cieux, il est temps de faire honneur au brunch qui a patienté sur la terrasse. Parce que si le décor de Québec est magnifique, sa cuisine n’a rien à lui envier…

L’Esméralda devant le Château Frontenac

21 juillet 2017

5 ans au Québec – épisode 29

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Les canons de Frontenac

Frontenac repoussant l’offre de reddition de l’émissaire anglais : « La seule réponse que je ferai à votre général viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets. » 1915, Charles William Jefferys — Bibliothèque et Archives Canada

Allez, Denis raconte-nous ton rêve ! Non, non … Oui, vas-y ! Bon d’accord. Moi, j’ai rêvé que je mangeais le cuissot de chevreuil… et je crois que mon rêve a dû être vrai, parce que ce matin au réveil, je n’ai retrouvé que les os ! Les deux jeunes enfants ne peuvent s’empêcher de rire.

Je suis content de moi, il ne me reste plus qu’à finir l’histoire. À leur raconter comment en bandant les yeux à l’émissaire anglais, en utilisant les os du cuissot de chevreuil, en faisant crier la foule, en jouant aux habitants repus et sans souci, le comte de Frontenac sauva sa ville.

Sans oublier de crier bien fort sa célèbre phrase: dites à votre amiral que je lui répondrai par la bouche de mes canons ! Vraiment, j’adore ce conte d’Honoré Beaugrand qui glorifie le sauvetage de la ville de Québec en automne 1690. La flotte anglaise commandée par l’amiral William Phips n’aura plus qu’à s’en retourner.

La ville de Québec ne se rend pas facilement. Cette citadelle presque imprenable ne deviendra anglaise qu’en 1759 après la célèbre bataille des plaines d’Abraham. Durant ses 150 premières années d’existence, elle sera française et la Nouvelle-France ne manque pas de héros légendaire. Un des plus truculents est bien le comte de Frontenac.

BUADE, LOUIS DE, comte de FRONTENAC et de PALLUAU, soldat, gouverneur général de la Nouvelle-France ; une des figures les plus turbulentes et les plus influentes de l’histoire du Canada, surtout connu comme l’architecte de l’expansion française en Amérique du Nord et le défenseur de la Nouvelle-France contre les attaques de la confédération iroquoise et des colonies anglaises ; né, après la mort de son père, le 12 mai 1622 à Saint-Germain-en-Laye ; mort le 28 novembre 1698 à Québec, inhumé dans l’église des Récollets de cette ville.

Voilà ce qu’en dit le dictionnaire biographique du Canada, mais il faut surtout retenir qu’il fut deux fois gouverneur général de la Nouvelle-France, soit de 1672 à 1682, puis de 1689 à sa mort en 1698. Aujourd’hui, c’est un personnage incontournable de la ville de Québec parce qu’il a donné son nom au Château Frontenac, l’hôtel qui trône en haut du cap Diamant et qui est certainement l’image la plus connue de la ville.

Louis de Buade, comte de Frontenac, est aussi une inspiration presque infinie pour les conteurs qui s’intéressent à la Nouvelle-France. Que ce soit ses crises d’autorité envers Monseigneur de Laval, le premier évêque de Québec ou sa propension à la fête et aux dépenses somptueuses, tout chez le comte en fait un personnage unique.

Je l’aime bien, parce qu’il me permet d’animer mes visites et ce me laisser aller au plaisir de raconter des histoires. C’est ce que j’ai pu faire en début de semaine avec une famille suisse. Ils avaient deux jeunes enfants. Je leur ai proposé une visite en leur racontant des histoires et Frontenac a été mon fil rouge.

Et ça a marché. Bon, peut-être que mon costume de la Nouvelle-France a aidé un peu, mais le tour de la vieille ville a semblé les intéresser. Quand, à 6 et 8 ans, on est prêt à monter les escaliers Casse-cou, à marcher presque deux heures sans se plaindre, il faut croire que le guide est intéressant ou alors, on est particulièrement bien élevé !

Le Château Frontenac la nuit…

14 juillet 2017

5 ans au Québec – épisode 28

Filed under: k. saga québécoise — vslibre @ 4 h 30 min
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Même un ami !

Caricature de Serge Chapleau (1998)

Chez Jean Coutu, on trouve de tout même un ami ! Cette publicité mythique qui appartient aux 10 publicités marquantes du Québec selon le journal La Presse, me donne le sujet de cette chronique hebdomadaire. C’est en sortant de chez mon pharmacien que j’ai enfin trouvé mon sujet de la semaine.

Parce que oui, Jean Coutu est un pharmacien, certainement le plus connu au Québec puisqu’il a donné son nom à une chaîne de pharmacie qui compte aujourd’hui 419 établissements franchisés au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

Son objectif principal? Vous offrir les avantages d’une grande chaîne de pharmacies tout en préservant cette qualité de service personnalisé offerte par un pharmacien de quartier. Voilà pour ce qu’en dit le site internet officiel du groupe.

Jean Coutu et Louis Michaud fondent leur première pharmacie, appelée « Pharm-Escomptes Jean Coutu » en 1969 à Montréal. Principe révolutionnaire à l’époque, ils basent leur commerce sur la vente de produits pharmaceutiques à escompte et sur des heures d’ouverture prolongées. (merci Wikipédia)

Le concept a réussi puisqu’aujourd’hui, le Groupe Jean Coutu, abrégé PJC (Pharmacies Jean Coutu) est le 4e au Canada. Son fondateur, du haut de ses 90 ans, il est né le 29 mai 1927 à Montréal, a toujours son franc-parler. Il n’hésite pas à donner son opinion sur l’actuel ministre de la Santé.

Ce qui m’a le plus étonné, c’est le manque de respect dans ce débat public, a-t-il lancé au cours de son discours. Un manque de respect avec des tactiques de négociations, de réductions d’honoraires (…) presque toujours injustifiées, a-t-il déclaré mardi dernier à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires de son entreprise.

Il faut dire que le milieu de la santé est un peu dans la tourmente permanente au Québec. Et l’omnipotent ministre de la Santé, Gaëtan Barrette règne en maître depuis 2014. Ce médecin radiologiste en impose. Il a des solutions et des réponses à tout et personne ne peut le faire dévier.

Mais je ne vais pas ici refaire la politique de la santé au Québec, comme dans la plupart des pays développés, ça coûte cher et ce n’est pas assez efficace !

Non, je vais vous faire part de ma surprise lorsque je suis rentré pour la première fois dans une pharmacie au Québec. On y trouve vraiment de tout. Cosmétiques: c’est normal, produits de soins corporels: c’est évident, papeterie: c’est plus particulier, chocolats et autres friandises: sûrement pour la santé, livres: pour le mal de tête, fleurs: et tout va pour le mieux !

Et j’en oublie, d’ailleurs, c’est là que je vais faire mes photos d’identité où il faut avoir l’air malade, sans sourire ni lunettes pour passer le test. L’impression de photos occupe une belle place au coin de la pharmacie de ma ville.

Au milieu de tout ça, il y a bien sûr les médicaments. Ceux sans ordonnance sont en libre-service dans des rayonnages abondants. Heureusement, il y a des employés pour nous conseiller et nous montrer que souvent, des produits génériques (fabriqués par le groupe PJC) ont la même composition pour un coût moindre.

Et, il y a les pharmaciens qui préparent nos prescriptions. C’est là que j’ai eu ma plus grande surprise pharmaceutique en arrivant au Québec. Je prends des médicaments tous les jours depuis 16 ans et mon opération de l’hypophyse. En Suisse, j’allais à la pharmacie avec mon ordonnance annuelle et on me remettait mes boîtes de médicaments pour six mois ou une année, comme je le désirais.

Rien de tout ça au Québec,  mes pilules pour un mois sont mises dans de petits contenants, pas question de me donner une boîte originale ! Et j’en ai pour un mois seulement, enfin presque, parce qu’après de multiples demandes, j’ai réussi à en avoir pour deux mois… mais ne dites rien, Jean Coutu c’est mon ami.

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