Valais Libre

31 mars 2013

31 mars

Manifeste du major Davel (1723)

 

31 mars DavelNobles, Illustres et Souverains Seigneurs,

Un moment de juste attention, et de serieuse reflexion sur vôtre conduitte envers le Pays de Vaud, vous rendra convaincu par vous même, que c’est par votre inegalité, presomption, et tirannique gouvernement, que vous êtes decheus de la souveraineté du Pays de Vaud, qui a pris la resolution de ne plus à l’avenir reconoitre aucune ordre de vôtre part, sans qu’aucune menace ou promesse de quelle nature que ce soit y aporte jamais aucun changement….

Ainsi commence le manifeste du major Davel. Sa lecture, ce 31 mars 1723 lui vaudra la mort. Pourtant, lorsqu’il investit la Place de la Cathédrale à Lausanne et qu’il demande la convocation du Conseil de ville, les autorités semblent l’écouter avec bienveillance. Mais, en douce, ils avertissent Berne et le commandant de l’arrondissement de Lavaux est arrêté le lendemain.

Jean Daniel Abraham Davel est un fils de pasteur né à Morrens (VD) en 1670. Après une formation de notaire, il s’engage au service étranger. Il servira sous les ordres de Guillaume III, stathouder de Hollande et roi d’Angleterre, puis au service du roi de France. Il rentre dans son pays en 1712 et participe à la guerre de Villmergen en juillet. Son courage et son sang-froid attire l’attention de Berne qui va le nommer grand-major commandant de l’arrondissement de Lavaux.

Au matin du 31 mars, Dieu l’appelle pour délivrer son pays. Il rassemble ses 600 hommes et marche sur Lausanne pour livrer son manifeste. Cet acte aussi fou qu’héroïque lui vaudra d’entrer au panthéon des libérateurs vaudois.

 

Autres 31 mars

1576,

Jean-François Naegeli conquiert le pays de Vaud pour les Bernois et s’installe à Lausanne

1845,

Deuxième échecs des corps-francs à Lucerne

1857,

Naissance à Nyon de l’écrivain Édouard Rod

30 mars 2013

30 mars

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Baillages communs (1415)

30 mars BerneBaillages communs, voilà un terme qui apparaît fréquemment dans l’histoire Suisse. Gemeine Herrschaft, baillage commun en français, décrit une région, un territoire qui est géré conjointement par plusieurs cantons. C’était en fait des pays sujets d’un ou de plusieurs cantons, mais en aucun cas de tous. Les premiers baillages communs apparaissent en Argovie.

C’est à la fin mars 1415 que Berne envahit la région d’Argovie. En deux semaines, les villes d’Aarau, Zofingue, Brugg et Lenzburg sont conquises. Berne a profité de la mise au ban de l’Empire du comte Frédéric IV d’Autriche. L’Empereur a ordonné la confiscation de ses terres pour avoir soutenu l’anti-pape Jean XXIII lors du Grand Schisme d’Occident.

Les territoires conquis sont divisés entre Berne, Lucerne et Zürich. Deux baillages communs sont créés dans la région de Baden et du Freiamt. Cette organisation territoriale durera jusqu’à la fin de l’ancienne Confédération en 1798. Il y aura divers types de baillages communs.

Leurs droits sont différents de celui des cantons et de celui des pays alliés. On retrouve des baillages communs dans la région d’Argovie, de Thurgovie et dans la Suisse orientale pour ce qu’on appelle les baillages « allemands ». De nombreux baillages « italiens » sont créeés au moment des prises sur le duché de Milan à la fin du XVe et début du XVIe siècle. Ils recouvrent le Tessin actuel.

Il en existera aussi en Suisse romande. Les Dizains valaisans sujet des Dizains du Haut-Valais sont souvent classés aussi comme baillages communs.

Autres 30 mars

1474,

Signature à Constance de la paix perpétuelle entre les Confédérés et le duc d’Autriche Sigismond

1522,

Zwingli, dans son premier sermon au Grossmünster, s’oppose à la doctrine de Rome.

1828,

Naissance à Lausanne du peintre François Bocion

1838,

Mort à Lausanne de Frédéric César de la Harpe

1911,

Le code des obligations est voté par l’assemblée fédérale.

29 mars 2013

Du Lys dans les Étoiles – 11

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semaine 11d

semaine 112

29 mars

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Le Liechtenstein (1923)

 

29 mars liechtensteinLe territoire de la Principauté de Liechtenstein est réuni au territoire douanier suisse et en constitue une partie intégrante.

Il s’ensuit que, pendant la durée du présent traité, aucuns droits ne pourront, d’un côté comme de l’autre, être perçus à la frontière entre la Suisse et Liechtenstein et qu’aucune restriction ou interdiction des importations et exportations ne pourra être édictée, à moins que des restrictions et interdictions de ce genre ne soient considérées comme admissibles dans le trafic de canton à canton.

L’article premier du traité conclut entre la Suisse et le Liechtenstein le 29 mars 1923 résume clairement les dispositions prises entre les deux États. L’union monétaire et postale suivront. La petite principautée enclavée entre l’Autriche et la Suissese a trouvé dans ses accords les moyens d’assurer son développement.

Son histoire est étroitement lié à celle des cantons de Suisse orientale. Après l’abandon par le Chapitre de Coire des droits qu’il détenait sur la région, les princes de Liechtenstein les acquièrent au début du 17ème. Ces territoires sont érigés au rang de Principauté du Saint-Empire en 1719.

La famille princière saura manoeuvrer habilement durant les mouvements du début du 19ème. Napoléon les intègrera dans sa Confédération du Rhin. En 1818, le prince a la sagesse de transformer sa monarchie absolue en monarchie constitutionnelle ce qui lui permettra de survivre. En 1921, la démocratie parlementaire vient compléter le pouvoir constitutionnel du prince.

 

Autres 29 mars

1316,

Louis de Bavière étend à Uri et Unterwald les franchises déjà octroyées à Schwytz.

1766,

Mort à Zifingue (AG) du physicien et topographe Jacques-BarthélemyMicheli du Crest

1855,

Mort à Berne d’Henry Druey membre du premier Conseil fédéral

 

28 mars 2013

3 mars (deuxième) – PLR, la stratégie impossible

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Tentative d’analyse de ce qui s’est passé en Valais à l’occasion des élections cantonales 2013. En aucun cas une vérité absolue (ça n’existe pas en politique), mais quelques considérations basées sur mon expérience et mon regard lointain avec la volonté de susciter le débat.

Alors n’hésitez pas à réagir.

Deuxième pièce de l’édifice: L’impasse du PLR

plrLe PLR a perdu son siège au Gouvernement. Après 110 ans de bons et loyaux services (je cite Philippe Bender dans le NF du 27 mars), il est rejeté hors de l’exécutif cantonal. Pas besoin d’être un fin analyste politique pour conclure à une mauvaise stratégie du parti. Mais, il est facile d’être critique après la tempête. Objectivement, le PLR n’avait pas beaucoup de marge de manoeuvre, ni surtout de cartes en mains.

Analysons la stratégie globale, les candidatures personnelles feront l’objet du troisième volet. Deux aspects pour cette analyse: les alliances potentielles et la structure de la liste. Fallait-il faire une alliance ouverte avec un autre parti ? Le PLR a répondu non à cette alternative. Je pense qu’il n’avait que ce choix, mais jetons tout de même un oeil aux différentes alternatives.

Tout d’abord une liste commune avec l’UDC. Les instances de l’UDC ont proposé une liste Ruppen et un candidat PLR. Ce ticket aurait eu ses chances. Il aurait certainement mis en danger le siège socialiste. Aurait-il réussi ? Personne ne peut le dire.

Même si une bonne partie des programmes des deux partis sont proches, je pense au volet économique, il s’agit de deux visions de droites qui diffèrent: conservatisme contre progressisme. Cette première divergence peut se surmonter, mais il y a plus grave. Les positions et les déclarations extrêmes de l’UDC sur la politique des étrangers ou sur la famille sont incompatibles avec les valeurs fondamentales du PLR. Dès lors toute alliance était impossible.

Une liste commune PLR et socialistes ne fait aucun sens. Un homme, une femme; Haut et Bas Valais; c’est de l’arithmétique, mais pas de la politique. Aujourd’hui, les visions de la société sont trop différentes. Aucun des deux partis n’aurait accepté cette alliance que personne n’a imaginé.

L’alliance PDC et PLR était la plus plausible. Des responsabilités gouvernementales partagées depuis longtemps, des valeurs proches, des votes au Grand conseil souvent concordants, une logique politique certaine. Un dominant en péril, toujours arrogant, et un adversaire historique dont une partie des troupes n’auraient pas compris de servir la cause de la survie majoritaire: l’histoire n’aurait pas pardonné cette mésalliance.

Finalement, seule une alliance avec les verts aurait eu une infime chance d’exister, mais ils sont trop petits pour un apport décisif. Cette alliance aurait clairement divisé les verts libéraux qui naturellement se seraient rapprochés du PLR et les verts de gauche qui auraient rejoint l’alliance de gauche. Mais le temps n’est pas encore mûr pour ce mouvement.

Pas d’alliance donc, reste à évoquer la composition de la liste. Là, se trouve un noeud de la tragédie. La possibilité d’une liste ouverte n’a pas suffisamment été analysée selon moi. Une liste à deux avec un candidat du Haut-Valais aurait peut-être aidé le FDPO à exister pour le Grand conseil, mais n’aurait rien amené pour le Conseil d’État.

Par contre ouvrir la liste à deux candidats du PLR au premier tour aurait certainement influé une dynamique différente. Je l’avais dit souvent, la seule certitude de l’élection du 3 mars était que personne ne pouvait avoir de majorité absolue au premier tour. Ce premier tour permettait donc de positionner les forces des partis pour un deuxième tour décisif (c’est ce qui s’est finalement passé). Le système de majorité à deux tours allaient pour la première fois prendre tout son sens en Valais. Selon moi, le comité directeur a passé trop vite sur cette réflexion au début 2012.

Il est facile de critiquer après… car je répète l’élément décisif du résultat du 3 mars: Personne n’imaginait qu’Oskar Freysinger ferait un score de cette ampleur….

PM, 28.03.2013

Prochainement: 3 mars (troisième) – un candidat sacrifié

28 mars

Libération de Bonivard (1536)

 

28 mars BonivardCe pilier autour duquel mes pas avaient creusé un sillon qui semblait gravé par quelque outil dans la pierre... Ce pilier du château de Chillon restera à jamais attaché à la mémoire de François Bonivard, mais le 28 mars 1536, après y avoir été enchaîné durant 6 ans, il est libéré par les troupes bernoises.

Le capitaine commandant le château avait reçu l’ordre du duc de Savoie de tuer les prisonniers en cas d’attaque, mais la garnison effrayée par la terrible réputation des Bernois avait préféré s’enfuir durant la nuit abandonnant les prisonniers à leur sort. Bonivard fut délivré et lord Byron put écrire, trois siècle plus tard, Le prisonnier de Chillon: Le lac Léman baigne les murs du château de Chillon. Du haut des créneaux blancs comme la neige, la sonde s’enfonce à mille pieds dans la profondeur des ondes qui enveloppent le donjon de toutes parts

François Bonivard, destiné à l’Église, hérita de son oncle le prieuré de Saint-Victor aux portes de Genève. Sujet du duc de Savoie, il sympathisa avec les patriotes Genevois qui s’opposaient aux velléités de Charles III. Il fut emprisonnée en 1530 dans les cachots du château de Chillon.

L’obscur caveau où nous gisions est construit plus bas que le niveau du lac. Nous entendions jour et nuit les flots battre la muraille au-dessus de nos tête… Byron chantera cette longue attente au son du Lac Léman.

Libéré, François Bonivard ne retrouva pas son prieuré à cause de la Réforme.Il reçut une pension en compensation. Il fut chargé d’écrire les Chroniques de Genève, et plus particulièrement de décrire les événements qui avaient conduit à l’autonomie de Genève.

 

Autres 28 mars

1798,

Adoption de la Constitution de la République Helvétique

1868,

Naissance à Soleure du peintre Cuno Amiet

1933,

Mort à Genève de l’écrivain Louis Dumur

27 mars 2013

3 mars (première) – Oskar, l’invincible

Tentative d’analyse de ce qui s’est passé en Valais à l’occasion des élections cantonales 2013.

En aucun cas une vérité absolue (ça n’existe pas en politique), mais quelques considérations basées sur mon expérience et mon regard lointain avec la volonté de susciter le débat.

Alors n’hésitez pas à réagir.

Première pièce de l’édifice: Oskar Freysinger.

Oskar-2012Oskar Freysinger était imbattable et personne ne l’avait imaginé avec un tel score. Ça me semble un constat incontestable. Certains diront qu’il a forgé sa victoire dans les derniers jours de la campagne. Je n’en crois rien. Je pense que son score imprévisible repose sur une triple constellation favorable: son long travail de sape, une configuration politique opportune et un électorat prêt au changement.

En 2001, Oskar Freysinger faisait son entrée au Grand conseil en offrant un premier siège sédunois à l’UDC. Deux ans plus tard, il ouvrait la porte du Conseil national pour sa jeune formation. Sa carrière politique débutée comme conseiller communal PDC à Savièse était lancée. Depuis le 1 janvier 1997, ce n’est donc que deux mois où Oskar Freysinger n’a pas été dans la peau d’un élu. Un parcours sans faute.

L’homme a beaucoup appris et a démontré une capacité d’adaptation impressionnante. Je ne partage pas sa vision de la société, mais je ne peux que m’incliner devant sa maîtrise stratégique. Il sait s’adapter aux différentes situations. Sage beau-fils de famille sur le plan communal, trublion coloré et fanfaron exubérant pour secouer le landerneau du Conseil national si lointain et si terne, et enfin, calme et appliqué pour capitaliser tout le travail au Conseil d’État. De la belle ouvrage!

Mais ce travail n’aurait pas suffi s’il avait fallu faire feu de tout bois. Opportunément pour le candidat UDC, il pouvait se concentrer sur une seule cible. Seul le siège PLR était en changement. La reconduction des 4 autres conseillers d’État lui ont grandement facilité la tâche. Cette situation prévisible longtemps à l’avance lui a permis de se préparer et de concentrer sa stratégie sur un seul objectif: être devant le candidat PLR.

Ne pas mettre en danger les autres lui facilitait les apports. Une fois encore, il a su tirer parti de cet avantage. Icône pour les siens, il n’avait plus besoin de les convaincre. Sa discrétion, son calme et sa sagesse durant les mois précédants l’élection ont assoupi les réticences.

Les Valaisannes et les Valaisans voulaient un changement. La période est propice à une révolte contre la politique traditionnelle. Les temps sont difficiles, l’ambiance générale est à la crise. La mondialisation fait peur, la globalisation perturbe, avoir le monde à sa lucarne tous les jours déstabilise. Les assauts contre les irréductibles valaisans ont terminé le travail. Les électrices et les électeurs étaient mûrs pour le changement, mais un changement conservateur!

Car quand l’incertitude règne, il est naturel de se replier sur soi. Oskar représentait l’archétype de ce mouvement. Exhubérant, fort en gueule, prêt à ruer dans tous les brancard, mais défenseur des valeurs traditionnelles. Le respect de la loi, des traditions, de la famille, rien de révolutionnaire dans son projet. L’identité comme étendard. Il n’en fallait pas plus.

1 sur 3 au premier tour, puis presque 1 sur 2 au deuxième tour, les électrices et les électeurs l’ont plebiscité. Il a donc toute sa légitimité démocratique. Aujourd’hui certains semblent découvrir ses accointances avec les milieux d’extrême-droite: Quelle bande de faux-c… !!! Comme si personne ne le savait!

Le plus beau succès d’Oskar est d’avoir réussi à endormir même ses plus grands détracteurs. On les a peu entendu durant la campagne. En proposant de laissser sa place à un ticket UDC du Haut et PLR, il a réussi son coup de maître: Faire croire qu’il se désintéressait de la Planta!

Nous (je me mets dans le lot) avons beaucoup à avoir été naïf. Ce temps doit est révolu, maintenant la vigilance est de mise…

PM, 26.03.2013

 

Prochainement: 3 mars (deuxième) – PLR, la stratégie impossible

27 mars

À la découverte du pays (1699)

27 mars scheuchzerLa Suisse n’est pas un désert aride et inculte, ni un coin de perdu du vaste monde, mais elle recèle autant et davantage de merveilles naturelles qu’aucun autre pays. Johann Jakob Schneuchzer est convaincu de cela, mais pour en avoir le coeur net, il envoie, à la fin mars 1699, une lettre invitant à rechercher toutes les merveilles naturelles qui se trouvent en Suisse.

Publiée en latin et en allemand, cette invite, avec ses 186 questions annexées, voulait rassembler des informations sur les différents aspects de la Confédération suisse. Le savant zürichois tirera de ces réponses de nombreux ouvrages qui jalonneront son parcours. Il fondera aussi des revues scientifiques: la Nova literaria helvetica, paru en latin de 1702 à 1715, ainsi que la description germanophone des Histoires naturelles du pays suisse, publiée comme hebdomadaire de 1705 à 1707.

Scheuchzer est un chercheur novateur. Médecin de formation, il englobe un vaste savoir. Il voue une grande partie de sa vie à une meilleure connaissance de son pays. Il publiera en 1712 une carte de la Suisse qui sera la meilleure de son époque. En 1708, dans Doléances et Revendications des poissons, il montre que les fossiles sont d’origines organiques et prouvent, selon lui, la réalité du déluge.

Né à Zürich en 1672, Johann Jakob Scheuchzer y décèdera en 1733 au terme d’une vie entière vouée à la science. La recherche et l’illustration des richesses de son pays ont occupé son esprit.

Autres 27 mars

1536,

Adoption de la Confession de foi d’Heinrich Boulinger

1563,

Mort à Fribourg en Brisgau du chroniqueur gloronnais Glarean (parfois la date du 28 mars est évoquée pour sa mort)

1604,

Les protestant sont exclus de la ville de Viège

1817,

Naissance près de Münich, du botaniste suisse Karl Wilhelm von Nägeli

1840,

26 mars 2013

Le changement c’est … pas tout de suite!

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photo:Nouvelliste

photo:Nouvelliste

La composition du premier perchoir de la législature 2013/2017 me laisse un goût amer. Le nouveau Parlement a-t-il pris la mesure de ses responsabilités?

Je pense (les historiens confirmeront ou me démentiront) que pour la première fois depuis la naissance du Valais moderne en 1848, le Grand conseil ne connaît pas de majorité absolue. Le peuple a mis fin à l’hégémonie d’un parti: l’événement n’est pas banal. Bien sûr, le Gouvernement reste majoritaire, le mode d’élection impose un décalage, dans 4 ans, tout rentrera dans l’ordre, mais le Parlement est le reflet du Peuple. Il se doit de le représenter, de ressentir le pouls des électrices et des électeurs.

Au moment de nommer son bureau, d’élire trois députés au perchoir de la salle du Casino, le législatif pose un premier acte symbolique. L’occasion était belle de montrer le changement, de dire au Peuple, nous vous avons entendu… Malheureusement, je n’ai rien vu!

La majorité absolue est passée à l’histoire. Il ne peut plus, il ne doit plus y avoir un parti qui s’accapare la majorité des postes. Le premier endroit où l’on pouvait corriger le tir, c’était bien au perchoir du Grand conseil. La fonction est honorifique, symbolique, importante plus parce qu’elle représente une image de l’État que pour son pouvoir réel. Un-e Président-e du Grand conseil est une vitrine du Valais.

Aujourd’hui, sur les trois marches de la présidence, c’est une hérésie de retrouver deux fois le même parti! Et qu’on ne vienne pas me parler des groupes parlementaires, trop souvent ils sont artificiels. Le Valais compte 5 forces politiques, les dernières élections nous l’ont montré: La famille C (le président Rothen a assez martelé leur nécessité d’union et de cohésion pour qu’on le prenne à la lettre), l’alliance de gauche, l’UDC, le PLR et les verts. Ces derniers sont trop peu nombreux, ils le savent, pour prétendre au perchoir.

Quatre forces, trois places: il est clair que personne n’a droit a deux marches en même temps. La fonction, de par sa dignité, mérite un peu de sérénité. Les chicanes, les combats, la politique se passent au premier échelon, à l’élection à la deuxième vice-présidence, après ce n’est que formalité.

C’est pourquoi, je salue l’accession de Marcelle Monnet-Terrettaz à la Présidence du Grand conseil. Voilà la place socialiste prise. Grégoire Dussex a été nommé par ses pairs l’année dernière, sa montée d’une marche est logique et louable. Voilà pour le PDC. Mais que la deuxième vice-présidence revienne à un PDC et francophone par dessus le marché est un non sens, une gifle à la figure des électrices et des électeurs.

L’UDC ou le PLR se devait de remplir cette fonction. Ma préférence allait vers le battu du Gouvernement, vous le pensez bien. L’histoire de notre pays nous montre que quand on a su intégrer le perdant, demandez aux cantons catholiques après le Sonderbund, le pays en ressortait plus fort. Certes, ici, on est au niveau symbolique, mais ça a son importance, sa signification.

Inutile d’ergoter maintenant, la première erreur de la législature est faite. Espérons qu’elle serve de leçon pour l’avenir. Sinon, les électrices et les électeurs risquent de devenir encore un peu plus cynique envers un monde politique (et surtout les 14 minoritaires, minimum, qui ont soutenu le PDC) qui ne les entend pas.

 

Pierrot Métrailler

Saint-Jean-Chrysostome

26 mars

Une loi contre le communistme (1846)

 

26 mars communismeOn me reproche de tendre au renversement de l’État ? Au contraire: je tends à son accomplissement. Ce qui met l’État en danger, c’est l’appauvrissement constant de ceux qui ne possèdent rien. La classe possédante ne pense qu’à défendre ses biens contre une révolution sanglante: Je ne cherche qu’une solution pour éviter ce conflit meurtrier et pour améliorer le sort des ouvriers par des moyens pacifiques.

Le jeune rédacteur du journal Der Bote von Uster n’a que 23 ans lorsqu’il écrit ses lignes en 1845. Jean-Jacques Treichler ira même jusqu’à proposer des réformes politiques pour le canton de Zürich. Le 2 mars 1845, ils proposent ses principes politiques pour ouvrir le suffrage universel. Il demandera, entre autres, l’élection du Grand Conseil par le peuple.

Mais le 26 mars 1846, le Grand Conseil de Zürich adopte une loi contre les menées communistes. Cette Maulkrattengesetz (loi muselière) mettra un terme aux activités révolutionnaires du jeune instituteur. C’est une première mondiale. Treichler ira se faire oublier à Bâle-Campagne et reviendra sur ses terres natales quelques années plus tard.

Il deviendra, en 1851, le premier socialiste élu au parlement zurichois. Mais Treichler s’éloigne ensuite de la classe ouvrière sous l’influence d’Alphonse Escher et devient, en 1856, conseiller d’Etat libéral, tout en siégeant au Conseil national de 1852 à 1869. Il reviendra ensuite au Grand-Conseil jusqu’à la veille de sa mort en 1906.

 

Autres 26 mars

1516,

Naissance à Zürich du naturaliste Conrad Gesner

1637,

Le Maréchal de Rohan capitule dans les Grisons

1879

Naissance à Schaffhouse de l’ingénieur Othmar Ammann qui construisit, entre autres, le pont Verrazano à New York

1982,

Mort à Saint-Saphorin (VD) du chansonnier Jean Villard, dit Gilles

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