Valais Libre

31 juillet 2013

31 juillet

Filed under: j. La Suisse en 365 anniversaires — vslibre @ 4 h 09 min
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Voltaire, le théâtre, Genève (1755)

31 juillet voltaireM le pasteur de Roches a dit que le sieur de Voltaire se dispose à faire jouer des tragédies chez lui à Saint Jean, et qu’une partie des acteurs qui les représentent sont des particuliers de cette ville. On ajoute qu’il fait établir un théâtre et des décorations Dont opiné, l’avis a été d’en parler à monsieur le premier syndic, et dire que le Consistoire est dans une parfaite confiance que le Magnifique Conseil ne se prêtera jamais à donner atteinte à ses arrêtés des 18 mars 1732 et 5 décembre 1739, qui défendent toutes représentations de comédies…

Le registre du Consistoire de Genève du 31 juillet 1755 est clair. Voltaire ne peut faire jouer ses pièces. Pourtant, on en joue à Genève, en cachette, mais Voltaire est trop en vue pour oser défier le Consistoire. Il fera jouer Zaïre à Lausanne. Il tombera sous le charme de ce public: il y a dans mon petit pays romand, car c’est son nom, beaucoup d’esprit, beaucoup de raison, point de cabales, point d’intrigues…

Paris est bien loin. Profitant du passage de son ami d’Alembert, Voltaire lui souffle un texte pour encourager Genève à admettre la comédie. Rien n’y fait, le Consistoire résiste. On continuera de jouer en cachette et Voltaire aménagera, quelques années plus tard, un joli petit théâtre dans la maison qu’il acquiert en terre française, à la frontière genevoise.

30 juillet 2013

30 juillet

Fin des mercenaires (1859)

30 juillet piquierssuissesbr3Il est interdit aux citoyens suisses de prendre du service militaire à l’étranger sans la permission du Conseil fédéral. Cette permission ne peut être accordée qu’en vue de l’instruction militaire et pour mettre celui qui l’a obtenue à même de rendre des services dans l’armée fédérale… La loi fédérale du 30 juillet 1859 marque un tournant dans l’histoire militaire du pays.

La mutinerie des régiments suisses à Naples donne le coup de grâce au service mercenaire. La décision était dans l’air depuis la Constitution de 1848. Une longue tradition née avec la Confédération se termine. Il ne restera plus que les soldats de la garde pontificale pour témoigner de la tradition des mercenaires suisses au service des dignitaires étrangers.

Déjà avant la fondation de la Confédération, les Suisses s’engageaient volontiers à l’étranger. La pauvreté du sol rend ce service indispensable sur le plan économique. La seule main-d’oeuvre recherchée en dehors des frontières est la main d’oeuvre guerrière. Les Suisses acquièrent rapidement une excellente réputation militaire.

Dans les guerres d’indépendance, dans les guerres d’Italie, au service des plus grands d’Europe, les mercenaires suisses sont prisés. Ils deviennent rapidement d’excellents instructeurs, les piques de l’infanterie suisse détrônent la chevalerie et sont un modèle pour toutes les armées. L’apparition des armes à feu changera un peu la donne.

Mais les Suisses resteront de fidèles serviteurs, on en retrouve à la Révolution française à la défense du roi, puis au service de Napoléon. Certains iront conquérir le Nouveau-Monde. La tradition militaire fait partie de l’essence du pays.

29 juillet 2013

29 juillet

Johann-Martin Usteri (1827)

29 juillet Johann_Martin_Usteri_-_DichterFreut euch des Lebens,

weil noch das Lämpchen glüht,

pflücket die Rose, eh´ sie verblüht !

Réjouissez-vous dans la vie,

parce que la lumière est toujours brillante,

cueillez la rose, avant qu’elles ne se fanent!

Johann-Martin Usteri est un poète suisse allemand, Freut euch des Lebens, est sa chanson la plus connue. Sa notoriété est surtout forte dans la partie germanophone de la Suisse. Sa langue vernaculaire chante magnifiquement son pays, mais est difficilement traduisible. Passionné du bon vieux temps, Martin Usteri sera aussi un illustrateur de talent.

Il se repose à l’Auberge du Paon à Rapperswil ce 29 juillet 1827. Assis à une table, il écoute paisiblement le choeur d’homme de Stäfä qui lui demande s’il ne le dérange pas. Pas du tout, le vieil homme qui ne se fait pas connaître écoute les chansons de sa composition. Paisiblement, il s’endort… éternellement.

Plus légendaire que réel, ce récit de la mort du poète illustre parfaitement la vie de Martin Usteri: discrète, modeste et paisible, comme le pays qu’il a si bien chanté.

28 juillet 2013

28 juillet

Félix Platter (1614)

28 juillet Felix_Platter_1584Le médecin qui décède ce 28 juillet 1614, n’est pas seulement le médecin de la ville de Bâle, c’est également un professeur, un écrivain et un découvreur. Né dans cette même ville de Bâle 78 ans plus tôt, Félix Platter a joué un rôle important dans la cité rhénane. Recteur de l’université, il a créé un jardin botanique et une école d’anatomie.

Attiré par la médecine dès son plus jeune âge, Platter l’étudiera à Montpellier entre 1552 et 1557. Il obtiendra son doctorat à Bâle en 1557 et ouvre un cabinet. Il enseigne la médecine pratique, car là est son intérêt. Félix Platter ne se satisfait pas des seules connaissances livresques, il veut aller plus loin, il veut saisir le fonctionnement du corps humain, trouver les sources des maladies et comprendre les causes des décès.

Il sera le précurseur de la médecine légale. Ses autopsies se voulaient non seulement un moyen de connaître le corps humain, mais aussi une source d’informations sur les causes du décès. Durant la peste qui sévit à Bâle, il tient un registre statistique précis. Il s’intéressera également à l’ophtalmologie et aux maladies mentales dont il est le premier à exclure des raisons démoniaques.

Durant son temps libre, il collectionne les instruments de musique et, surtout, s’intéresse à la botanique et constitue un herbier, expérimente l’élevage des vers à soie ou des canaris. Il s’occupa également d’un jardin botanique. Il nous laisse de nombreux ouvrages de médecine ainsi qu’une autobiographie qui nous livre des informations sur son époque.

27 juillet 2013

27 juillet

Les Bernoulli (1667)

27 juillet Jean_BernoulliMa raison est que la Suisse a porté des héros qui nous ont rendu la liberté, et des Bernoulli qui ont éclairé les hommes... Voltaire est un de ceux qui reconnaissent l’importance de la famille, la dynastie peut-on même dire, Bernoulli dans le monde scientifique. Calcul intégral, calcul infinitésimal, ces mathématiciens vont révolutionner l’univers des chiffres.

Lorsque naît, ce 27 juillet 1667, Jean Bernoulli, son grand frère Jacques ne sait pas encore qu’il vient de trouver un concurrent et un stimulant pour sa carrière scientifique. En effet, durant toute leur vie, les deux frères vont se disputer la priorité de leurs découvertes. Il en sera de même, lorsque Daniel, le fils de Jean, commencera, à son tour à explorer de nouveaux théorèmes.

Nicolas Bernoulli, le fondateur de la dynastie, est un riche marchand d’épices. Il quitte Anvers devant la terreur que fait régner dans la région le duc d’Albe pour se réfugier à Bâle. Jacques fera des études en théologie, mais découvrira les mathématiques en autodidacte. Jean lui, sera un vrai pur-sang, doté d’intuitions géniales.

En 1684, ils découvrent un texte de Leibniz où il dévoile une partie des secrets de son calcul infinitésimal. Les deux frères lui écrivent, lui posent des questions. Ils recréent le calcul différentiel, ouvrent de nouvelles voient, fondent une école qui donne à la pensée de nouveaux instruments. Daniel poursuivra l’oeuvre, mais c’est un de leur élève, Léonard Euler, qui deviendra le plus grand mathématicien de son époque.

26 juillet 2013

26 juillet

Rainer-Maria Rilke (1921)

26 juillet Rainer_Maria_Rilke,_1900Mais ce qui d’autre part me retient encore, c’est ce merveilleux Valais : je fus assez imprudent pour descendre dans cette vallée, jusqu’à Sierre et à Sion : je vous avais parlé de la magie combien singulière que ces lieux exerçaient sur moi, lorsque je les vis pour la première fois, l’an dernier à l’époque des vendanges. Le fait que dans la physionomie de ce paysage l’Espagne et la Provence s’interpénètrent de façon si étrange m’avait déjà fortement ému naguère; car ces deux pays au cours des dernières années d’avant-guerre m’ont tenu un langage plus puissant et décisif que tout le reste…

Ce 26 juillet 1921, Rainer Maria Rilke s’installe au château de Muzot au-dessus de Sierre. L’errance du poète né à Prague le 4 décembre 1875 s’apaise. Un mécène, Werner Reinhart de Winterthur, met cette demeure à disposition de celui qui chantera si bien sa terre d’adoption. Il retrouve en Valais, après Vienne, Venise ou Rome, une nouvelle Provence:

Pays, arrêté à mi-chemin

entre la terre et les cieux,

aux voix d’eau et d’airain

doux et dur, jeune et vieux, 

comme une offrande levée

vers d’accueillantes mains :

beau pays achevé,

chaud comme le pain !

Rilke finira ses jours en Valais, Muzot sera son dernier domicile. Atteint d’une leucémie, il mourra le 29 décembre 1926 à la clinique Valmont à Glion sur Montreux. Le poète repose à Rarogne dans le Haut-Valais.

25 juillet 2013

25 juillet

25 juillet – Rapport du Grütli (1940)

ZWEITER WELTKRIEG, 2. WELTKRIEG, II. WELTKRIEG, ZWEITER WK, 2. WK, II. WK, AKTIVDIENST, LANDESVERTEIDIGUNG, REDUIT, OFFIZIERE, URI, RUETLI, RUETLI-RAPPORT, RUETLIRAPPORT,J’ai tenu à vous réunir en ce lieu historique, terre symbolique de notre indépendance, pour vous mettre au courant de la situation et vous parler de soldat à soldats. Nous sommes à un tournant de notre histoire, il s’agit de l’existence même de la Suisse.

Ici, soldats de 1940, nous nous inspirerons des leçons et de l’esprit du passé pour envisager résolument le présent et l’avenir du pays, pour entendre l’appel mystérieux qui monte de cette prairie. Aussi longtemps qu’en Europe, des millions d’hommes demeurent sous les armes et que des forces considérables peuvent nous attaquer d’un moment à l’autre, l’armée doit rester prête.

Quoi qu’il arrive, les travaux que vous avez effectués n’ont rien perdu de leur valeur, vos sacrifices n’ont pas été vains puisque nous sommes toujours maîtres de notre destin. N’écoutez pas ceux qui sont mal renseignés ou mal intentionnés, ceux qui par ignorance ou par intérêt vous incitent à douter. Croyez non seulement à notre bon droit, mais à notre force et, si chacun le veut, à l’efficacité de notre résistance.

Ce 25 juillet 1944, 300 officiers se tiennent en demi-cercle devant le Général Guisan. Ils ont pris le bateau depuis Lucerne pour rejoindre la prairie mythique. L’heure est grave le pays est entouré par les forces de l’Axe. La France a capitulé. En Europe, seule l’Angleterre résiste encore à Hitler. L’idée du Réduit national est expliquée: un minimum d’hommes aux frontières, la clé de la résistance est les Alpes avec les forteresses de Saint-Maurice, de Sargans et du Gothard qui sera le dernier bastion en cas d’attaque nazie.

L’initiative du général Guisan permit de souder les liens au sein de l’armée et resta auprès de la population comme un symbole de l’unité helvétique. Le pays savait où il voulait aller. Heureusement, il sera été épargné par la guerre.

24 juillet 2013

24 juillet

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Louis Agassiz (1837)

24 juillet Louis_AgassizCette manière de voir, je le crains, ne sera pas partagée par un grand nombre de nos géologues qui ont sur ce sujet des opinions arrêtées; mais il en sera de cette question comme de toutes celles qui viennent heurter des idées reçues depuis longtemps. Quelque opposition qu’on puisse lui faire, toujours est-il que les nombreux faits nouveaux (…) ont amené la question sur un autre terrain que celui sur lequel elle a été débattue jusqu’à présent…

Le discours prononcé à Neuchâtel par Louis Agassiz ce 24 juillet 1837 devant la Société helvétique des sciences naturelles va révolutionner la vision de la formation géographique de notre pays. Pour la première fois, le jeune savant neuchâtelois explique que les glaciers ont recouvert une grande partie du territoire et ont façonné le relief.

Spécialiste des fossiles et des mollusques, le président de la société scientifique, se lance dans une théorie glacière basée sur l’observation des moraines, des blocs erratiques et des mouvements des glaciers. Sa théorie révolutionnera la géologie suisse. Mais Agassiz ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

Il poursuivra sa carrière aux États-Unis et deviendra un des premiers savants de ce pays à acquérir une renommée mondiale. Plusieurs fois invité à revenir travailler en Suisse, il refusera toujours, car les moyens mis à la disposition de la recherche étaient bien supérieurs en Amérique.

Botaniste, zoologiste, ichtyologiste et géologue, Louis Agassiz a embrassé de vastes domaines. Malgré son savoir immense, son refus de la théorie de l’évolution de Darwin et sa théorie des races humaines basée sur les zones climatiques qui donnera une caution scientifique au racisme laissent quelques zones d’ombres.

23 juillet 2013

23 juillet

La société de Zofingue (1819)

23 juillet zofingueNous ne sommes pas ici comme étudiant ni comme protestants seulement, mais avant tout comme Suisses, fils d’une même patrie, comme Confédérés. Il est très nécessaire que le sentiment patriotique et le souci de l’intérêt général soient cultivés chez les jeunes, de manière à produire un jour un résultat bénéfique à la patrie commune…

Ces paroles de Jean Schultess de Zurich illustrent bien la volonté de la soixantaine d’étudiants bernois et Zurichois réunis à Zofingue les 22 et 23 juillet 1819. Ils fondent la société de Zofingue. Nourris des passions de la Révolution française de 1789 qui a entraîné la libération de 1798, puis éblouis par les triomphes de Napoléon, les étudiants suisses ne comprennent pas la Restauration helvétique.

Les souverainetés cantonales ne les enflamment pas. Ils veulent un pays, ils se veulent Suisses. Que personne ne dise: je suis Zurichois, Lucernois, Bernois! qu’il dise je suis Suisse! qu’il soit fier de ce nom et défende son honneur. Le but sera atteint en 1848 avec la Constitution de la Suisse moderne.

« Patriae, Amicitiae, Litteris », à la Patrie, à l’Amitié, à la Science, telle est la devise adoptée le 23 juillet 1819. Le sigle de la Société suisse des étudiants de Zofingue est un mélange calligraphique de quatre lettres, V, C, F et T, signifiant Vivat Crescat Floreat Tobinia ! « que vive, croisse et fleurisse Zofingue ! ». La société fleurit toujours.

22 juillet 2013

22 juillet

Bataille de Dornach (1499)

22 juillet DornachL’artillerie autrichienne est surprise en fin d’après-midi par la brutale apparition des troupes confédérées. Le gros des forces autrichiennes est plus difficile à mettre en déroute, les 5 000 Suisses peinent à faire la décision. Heureusement, les renforts lucernois et zougois arrivent sur les arrières de l’ennemi. Sa déroute sera totale ce 22 juillet 1499.

La Guerre de Souabe est terminée. Près de 3 000 Autrichiens, dont leur chef, le comte Heinrich von Fürstenberg perdent la vie. Les Confédérés ont perdu environ 500 hommes, mais récoltent un précieux butin: canons, armes, munitions et quelques bannières. Devant cette déroute, l’empereur Maximilien n’aura d’autres choix que de chercher la paix.

Maximilien Ier voulait prendre le château de Dornach aux mains de Soleure afin que les forces impériales puissent pénétrer jusque dans la vallée de l’Aar. Il avait mandaté son intendant général, le comte von Fürstenberg pour cette opération. Il pensait ainsi retourner le cours de la guerre où il connaissait déjà des défaites sur le haut cours du Rhin.

Prévenu de l’imminence de l’attaque, Soleure appelle les autres Confédérés à l’aide. La victoire sera totale. Le traité de Bâle mettra un terme à la guerre le 22 septembre 1499. La Suisse reste sous le giron de l’Empire, mais son indépendance est reconnue de fait. L’arrivée de Bâle et de Schaffhouse dans la Confédération en 1501 fixera la frontière nord.

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