Valais Libre

31 octobre 2014

31 octobre 1790 – Pétition pour une université

Pas encore le temps

James McGill dans le parc de son université

James McGill dans le parc de son université

Vos suppliants en conséquence prient humblement votre excellence qu’une université soit érigée dans cette province, dans laquelle la jeunesse puisse être instruite dans les langues et les sciences (la théologie exceptée) et que la dite université soit établie sur les principes et termes les plus libéraux; Qu’elle soit libre et ouverte à toutes dénominations chrétiennes, sans aucun égard aux différents principes de religion, et que votre excellence veuille bien leur accorder une charte de Sa Majesté…

Ce 31 octobre 1790, une pétition portant 175 signatures de Canadiens et de Britanniques demande à Carleton, devenu lord Dorchester, qu’une suite soit donnée aux dernières volontés du notaire Simon Sanguinet qui avait laissé un leg de 15 000 livres pour la création d’une université. Dorchester lui-même, dans une lettre au ministre de l’Intérieur, responsable des colonies, concernant les questions d’éducation, se déclare en faveur du projet.

Les résultats de l’enquête sur l’éducation instituée en 1787 ainsi que l’opposition de Mgr Hubert firent capoter le projet. Il faudra attendre 1821 et un legs d’un riche marchand écossais, James McGill, pour voir la création de la première université au Canada. En 1853, le Séminaire de Québec créa l’Université Laval qui sera la première université francophone.

30 octobre 2014

30 octobre 1995 – Deuxième référendum

Si proche !

Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont, trois leaders du Oui

Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont, trois leaders du Oui

Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le 12 juin 1995 ? 50,58 % des Québécois répondent non à cette question ce 30 octobre 1995. L’écart entre le oui et le non a été de 54 288 voix sur près de 5 millions de votants soit un taux record de participation de 93,5 %.

Malgré les immenses moyens mis en oeuvre par le gouvernement fédéral pour soutenir le non au référendum, le résultat a été beaucoup plus serré que prévu. Par exemple, 3 jours avant le scrutin, quelque 150 000 Canadiens de toutes les provinces du Canada se sont donné rendez-vous à la Place du Canada, au centre-ville, pour ce que les organisateurs ont appelés un Unity Rally. Pour faire venir ces personnes, les organisateurs ont obtenu d’importantes réductions sur des billets d’avion d’Air Canada et des billets de train de Via Rail.

Le lendemain, tirant la leçon de cette défaite et conformément à sa promesse, le premier ministre du Québec, Jacques Parizeau donne sa démission. Le soir du référendum, il avait dénoncé la victoire de l’argent et du vote ethnique, critiquant surtout ainsi les dépenses illégales engagées par les forces fédéralistes du « non »2 et les communautés ethnoculturelles pour leur rejet massif du projet souverainiste. Il sera remplacé en janvier 1996 par Lucien Bouchard.

29 octobre 2014

29 octobre 1764 – Des ordres en français

Demandes des commerçants

James Murray

James Murray

Depuis quatre ans nous jouissons de la plus grande Tranquilité; Quel bouleversement vient donc nous l’enlever ? De la part de quatre ou cinq persones de Loy, dont nous respectons le Caractère, mais qui n’entendent point notre langue, et qui voudroient, aussitôt qu’elles ont parlé, nous puissions comprendre des Constitutions qu’elles ne nous ont point encore expliquées et auxquelles nous serons toujours prêts de nous soumettre, lorsqu’elles nous seront connües; mais comment les Connoître, si elles ne nous sont point rendües en notre Langue ?

94 parmi les plus importants marchands canadiens français se réunissent ce 29 octobre 1764. La demande des Anglais d’établir une Assemblée législative composée de sujets protestants leur est intolérable. Ils adressent une pétition au roi et au gouvernement britannique où ils demandent que les ordres du roi soient disponibles en français et qu’il soit possible à tous les Canadiens de participer au gouvernement.

Pourtant, après la proclamation royale de 1763, le gouverneur James Murray se voulait accommodant et son point de vue triomphera avec l’Acte de Québec en 1764 où la foi catholique sera permise et les lois civiles françaises garanties alors que le Code criminel sera, lui, britannique.

28 octobre 2014

28 octobre 1748 – Paix d’Aix-la-Chapelle

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Début de la fin

10.28 paix d'Aix la ChapelleBête comme la paix ! L’adage fait rage en France après la signature, ce 28 octobre 1748, du traité de paix d’Aix-la-Chapelle qui met fin à la guerre de succession d’Espagne. Les grandes puissances européennes acceptent un retour au « statu quo ante bellum » Louis XV fait preuve de mollesse. Dans les colonies, la France abandonne Madras aux Indes et retrouve Louisbourg. Personne n’est content et rien n’est réglé.

Le gouverneur de la Nouvelle-France, le comte de la Galissonière, affirme: Tandis que la paix paraît avoir assoupi la jalousie des Anglais en Europe, elle éclate dans toute sa force en Amérique; et si on n’y oppose, dès à présent, des barrières capables d’en arrêter les effets, cette nation se mettra en état d’envahir entièrement les colonies françaises au commencement de la première guerre. L’avenir lui donnera trop vite raison.

La France a besoin du Canada pour tenir en échec les Anglais et la Galissonière propose un plan à son roi: bloquer les Anglais en Acadie, coloniser la région de Détroit, empêcher les Anglais de s’établir sur l’Ohio et reconquérir la baie d’Hudson. Pour réaliser son plan, il réclame au moins 10 000 nouveaux colons militaires. La Jonquière, successeur de la Galissonière dès 1749 travaillera dans le même sens, mais Louis XV n’entendra pas ses appels. La fin de la Nouvelle-France est proche.

27 octobre 2014

27 octobre 1642 – Mort de Jean Nicolet

Fin d’un explorateur

Jean Nicolet auprès des Amérindiens

Jean Nicolet auprès des Amérindiens

Un fort coup de vent fait chavirer une chaloupe près de Sillery. Ce 27 octobre 1642 Jean Nicolet se noie dans le Saint-Laurent. Un des premiers explorateurs de l’Amérique du Nord disparaît tragiquement à 44 ans. En route vers Trois-Rivières pour délivrer un prisonnier iroquois que les Hurons s’apprêtaient à torturer, le commis de la Compagnie des Cent-Associés qui avait passé une grande partie de sa vie sur l’eau ne savait pas nager.

Né vers 1598 à Cherbourg en Normandie, Jean Nicolet arrive au Canada en 1618, au service de la Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo. Envoyé par Samuel de Champlain auprès des Algonquins, il s’installe auprès d’eux et gagne leur confiance. À partir de 1624, il sera un interprète reconnu, un intermédiaire privilégié entre les colons venus d’Europe et les Amérindiens, ce qui lui confère déjà un réel prestige.

En 1634, à la demande de Champlain, accompagné de guides hurons et de quelques autres commerçants, Jean Nicolet est le premier à se lancer dans l’exploration des terres de l’ouest en direction d’une hypothétique mer de Chine. Il fera la paix avec les tribus amérindiennes et les convaincra de commercer avec les Français. Dès 1637, il obtient la concession d’une terre près de Trois-Rivières, il se remarie, il avait déjà une fille métisse, et aura deux nouveaux enfants. Une ville et une rivière portent aujourd’hui son nom.

26 octobre 2014

Napoléon Bourassa (1827 – 1916)

BourassaNé à Saint-Jean-sur-Richelieu le 21 octobre 1827, Napoléon Bourassa étudiera durant onze ans chez les sulpiciens au collège de Montréal. En 1848, il entre en droit, mais opte très vite pour la peinture qu’il apprend, entre 1850 et 1852, avec Théophile Hamel. Il voyage ensuite à travers l’Europe pour apprendre son métier à Rome, Florence ou Paris.

De retour au pays, il épouse la fille de Louis-Joseph Papineau et enseigne le dessin à l’école normale Jacques Cartier. Il réalisera des peintures murales dans différentes chapelles et tracera les plans de monastères et églises. Il construira notamment la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes à Montréal. Il aura plusieurs apprentis et sculptera le buste de son beau-père.

Il participera à la fondation de la Revue canadienne dont il deviendra le directeur. C’est pour cette revue qu’il écrira son seul roman, Jacques et Marie en 1865/1866. En 1880, il fonde le musée des beaux-arts du Canada avec ses confrères artistes. Il participe en 1883 à la construction de l’Assemblée législative du Québec. Napoléon Bourassa meurt le 27 août 1916 à Lachenaie, aujourd’hui Terrebonne.

Jacques et Marie (1865)

Bourassa livreSouvenir d’un peuple dispersé, le sous-titre de ce roman résume bien le sujet de l’oeuvre: la déportation des Acadiens. Jacques Hébert et Marie Landry seront les héros malgré eux d’un drame que peu de peuples ont connu. Les deux jeunes acadiens qui habitent des fermes voisines s’aiment et leur avenir semble tout tracé. La menace anglaise vient tout bouleverser. La famille Hébert décide de quitter Grand-Pré alors que les Landry restent.

Jacques promet à Marie de revenir après avoir installé ses parents sur de nouvelles terres. Entre-temps, la situation politique change, l’Angleterre gagne la guerre en Europe et l’Acadie lui revient. Elle décide de déporter les Acadiens qu’elle ne peut obliger à changer de langue et de religion. En l’absence de Jacques, Marie l’attend, mais un jeune officier anglais qui ne partage pas la politique de son pays s’éprend de la jeune fille.

Monsieur Georges n’en est pas moins un soldat obéissant. Il fera tout pour épargner la famille Landry au moment de la déportation, mais avant il vivra une confrontation avec Jacques. Celui-ci est revenu en soldat, s’est fait prendre et sera condamné à mort. Miraculeusement sauvé, il s’enfuira, retrouvera le lieutenant Georges mourant sur les plaines d’Abraham. Il retrouvera également son père et Marie dans un Canada devenu anglais.

26 octobre 1992 – référendum sur les accords de Charlottetown

Accord défait

10.26 1990_05L’Accord de Charlottetown est mort-né ! Le commentaire de Radio-Canada est aussi laconique que clair ce 26 octobre 1992. Le référendum tenu dans les provinces et territoires du Canada et au Québec est largement rejeté. 5 l’acceptent et 7 le rejettent, dont le Québec. Acceptez-vous que la Constitution du Canada soit renouvelée sur la base de l’entente conclue le 28 août 1992 ? 54,3 % des Canadiens ont répondu non à cette question.

Après le rapatriement unilatéral de la Constitution par le premier ministre Trudeau en 1982, les Accords du Lac Meech de 1987 avaient été un espoir de réconciliation. Malheureusement, les espoirs du premier ministre Brian Mulroney ont été de courte durée. Le Manitoba et Terre-Neuve ont refusé de le ratifier. En 1990, tout le processus doit reprendre.

Dans les deux années qui suivirent, l’avenir du Québec a dominé l’agenda national. Le gouvernement du Québec de Robert Bourassa a instauré en septembre 1990 la Commission Bélanger-Campeau pour discuter de l’avenir du Québec à l’intérieur ou à l’extérieur du Canada. En août 1992, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que des représentants de l’Assemblée des Premières Nations conclurent l’Accord de Charlottetown qui redéfinissait l’organisation de la Confédération. En vain, le peuple rejetait ces efforts. La route pour le référendum de 1995 s’ouvrait.

25 octobre 2014

25 octobre 1939 – Godbout gagne les élections

Les libéraux aux pouvoirs

Adélard Godbout

Adélard Godbout

Je vous affirme avec toute la force dont je suis capable que le gouvernement d’Ottawa ne décrétera jamais la conscription militaire tant que vous laisserez la politique libérale diriger vos destinées. Cette déclaration de campagne du chef des libéraux Adélard Godbout aura peut-être fait pencher la balance. Ce 25 octobre 1939 l’Union nationale de Maurice Duplessis est balayé lors des élections provinciales. Le parti libéral de Godbout remporte 70 sièges contre 15 pour le parti de Duplessis.

Un vote pour Maurice Duplessis, c’est un vote pour l’autonomie…contre la conscription. Le premier ministre élu en 1936 avec de grands espoirs n’aura pas réussi à convaincre. Incapable de satisfaire les attentes suscitées par son élection, Maurice Duplessis entre dans l’opposition, il reviendra avant la fin de la guerre. Le très fort appui des ministres libéraux fédéraux du Québec aura largement contribué au succès de Godbout

Adélard Godbout est un fermier né dans le Bas-Saint-Laurent, à Saint-Éloi, en 1892. Après des études au Séminaire de Rimouski et à l’école d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il devint enseignant dans cette dernière école. Député, puis ministre de l’Agriculture sous l’administration Taschereau, il succède brièvement à son chef en 1936, mais perdit les élections deux mois plus tard. Il revient au pouvoir en 1939, mais sera battu par Duplessis en 1944. Il restera chef de l’opposition jusqu’à sa nomination au Sénat canadien en 1949. Adélard Godbout meurt le 18 septembre 1956.

24 octobre 2014

24 octobre 1869 – Canadian Illustrated News

Innovation dans la presse

1ère similigravure parue le 24 octobre 1869

1ère similigravure parue le 24 octobre 1869

La première similigravure paraît ce 24 octobre 1869 dans le premier numéro du Canadian Illustrated News. Georges Desbarats lance à cette occasion l’un des journaux les plus innovateurs qui marquera l’histoire de l’imprimerie au Québec. C’est le premier périodique canadien distribué à l’échelle nationale. Son but est de définir l’identité canadienne et de resserrer les liens entre les populations de l’Est et les nouveaux colons de l’Ouest.

En 1864, Georges Desbarats a inventé avec William Augusto Leggo le procédé de similigravure qu’il appelle photographie grenée, un procédé photographique permettant d’obtenir une reproduction d’un document en demi-teinte. Cette innovation permettra le lancement du nouveau magazine qui n’aura plus besoin d’avoir recours à des gravures faites à la main.

Cette époque est marquée par un renouveau industriel, technologique et commercial, l’émergence des moyens de communication comme le chemin de fer et le développement de l’Ouest canadien. Le Canadian Illustrated News est le reflet de tout cela. En 1870, Desbarats sortira l’Opinion publique selon la même formule. Plus de 15 000 images du Québec paraîtront dans ces revues. Les deux magazines seront publiés jusqu’en décembre 1883.

23 octobre 2014

23 octobre 1837 – Assemblée des six-comtés

Rébellion des Patriotes

Assemblée des six-comtés

Assemblée des six-comtés

Et bien moi je diverge d’opinion avec M. Papineau et je crois que le temps est venu de fondre nos plats d’étain pour en faire des balles ! Le député Wolfred Nelson est bien plus radical que Louis-Joseph Papineau. Ce 23 octobre 1837, il lance son appel qui restera dans l’histoire comme le tournant dans la rébellion des patriotes.

Ils sont 13 membres de l’Assemblée législative du Bas-Canada présents à cette Assemblée des six-comtés. Près de 6000 partisans les écoutent à Saint-Charles depuis la veille. Wolfred Nelson préside les débats, mais Papineau a une forte influence. Il prône la poursuite de la lutte constitutionnelle par la voie du boycottage économique de produits britanniques. Il est soutenu par Étienne Parent, mais d’autres, comme le Dr Côté, sont plus proches des positions de Nelson.

L’assemblée votera des résolutions qui proclament les droits de l’homme, refusent la reconnaissance du nouveau Conseil exécutif du Bas-Canada et approuvent la Société des fils de la liberté. Elles ne mentionnent pas l’usage de la force. Au même moment, à Montréal, des loyaux sont aussi massés par milliers au marché Sainte-Anne et appelle l’armée à rétablir l’ordre dans la province. La force anglaise pouvait se mettre en marche et elle n’allait pas tarder à s’imposer.

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